Le Parti conservateur du Québec (PCQ) est un parti politique provincial québécois fondé en 2009. Depuis 2021, le chef du parti est Éric Duhaime.

Sur le plan économique, il est le parti le plus à droite de l'échiquier politique du Québec., préconisant une baisse d'impôts des particuliers et une réduction de la taille de l'État.

Relation avec le Parti conservateur du Canada Bien que le Parti conservateur du Québec (PCQ) et le Parti conservateur du Canada (PCC) portent un nom similaire et partagent certaines orientations de droite économique, ils constituent deux organisations totalement distinctes. Le PCQ est un parti exclusivement provincial, enregistré auprès du Directeur général des élections du Québec, tandis que le PCC est une formation fédérale active dans l’ensemble du Canada. Les deux partis ne partagent ni structure, ni organisation interne, ni financement commun.

Plusieurs dirigeants ou membres du PCQ ont déjà indiqué être personnellement membres du PCC, mais ces adhésions demeurent individuelles et ne constituent pas un lien officiel entre les deux formations. Le chef du PCQ, Éric Duhaime, a affirmé être membre du PCC tout en soulignant que les deux partis sont entièrement indépendants l’un de l’autre et qu’aucune collaboration organisationnelle n’existe entre eux.

Différences idéologiques et programmatiques Même si les deux partis sont associés à la droite, leurs priorités politiques diffèrent en raison de la nature de leurs juridictions. Le PCQ concentre son programme sur des enjeux provinciaux comme la santé, l’éducation, la fiscalité québécoise et l’organisation des services publics. Il met de l’avant une réduction du rôle de l’État, une plus grande place accordée au secteur privé dans certains services, ainsi qu’une valorisation marquée des libertés individuelles.

Le PCC, pour sa part, structure ses politiques autour de compétences fédérales, notamment la fiscalité nationale, la régulation environnementale, l’énergie, la défense et l’immigration fédérale. Parmi ses engagements récents figurent l’abolition de la taxe carbone et une relance de l’exploitation des ressources naturelles, des enjeux qui relèvent de la sphère fédérale et non provinciale.

Sur les questions identitaires, les positions divergent également. Le PCQ inscrit son discours dans le contexte culturel et linguistique québécois, et plusieurs analyses soulignent la présence d’un courant autonomiste au sein du parti. Le PCC, de son côté, adopte une approche pancanadienne axée sur l’unité fédérale, conformément à sa portée nationale.

Les travaux universitaires confirment par ailleurs que le PCQ doit être analysé comme un acteur propre au système politique québécois, avec une base électorale, des enjeux et une dynamique distincts de ceux du PCC. Les deux partis évoluent donc dans des environnements politiques différents, ce qui se reflète dans leurs priorités et leurs positionnements idéologiques.

Controverses Depuis l'élection d'Éric Duhaime à la tête du Parti conservateur du Québec (PCQ) en , le parti a été au centre de plusieurs controverses, notamment liées à son opposition aux mesures sanitaires durant la pandémie de Covid-19, à des allégations de proximité avec des théories du complot, aux déclarations de son chef ou de candidats, ainsi qu'à des questions de conformité électorale et de positions sur la santé publique.

Liens avec les théories du complot et la pandémie de Covid-19 Une enquête de CBC/Radio-Canada en a révélé que, parmi les 54 premiers candidats annoncés par le PCQ pour l'élection générale d', 16 (près de 30 %) avaient relayé sur les réseaux sociaux de la désinformation médicale, des théories du complot relatives à la pandémie ou interagi avec des contenus d'extrême droite.

Une étude de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violent a indiqué qu’environ 50 % des sympathisants potentiels du PCQ adhéraient à des théories conspirationnistes, un taux supérieur aux autres partis. Éric Duhaime a défendu la liberté d’expression, y compris le droit de relayer certaines théories, tout en se dissociant personnellement de l'idée d'un complot orchestré pour la pandémie. Le parti et son chef ont également été associés au convoi des camionneurs de 2022 à Ottawa.

Accusations de populisme et déclarations controversées Le PCQ et Éric Duhaime ont été qualifiés de populistes de droite par plusieurs analystes et médias en raison d’une rhétorique anti-élites et de positions sur les libertés individuelles, l’immigration et les institutions. Duhaime rejette ces qualificatifs, se présentant comme défenseur des libertés et d’un conservatisme fiscal.

En , sur les ondes de CHOI Radio X, Éric Duhaime a tenu des propos controversés sur les attachées politiques féminines (« Sont toutes "laites", Jeff, oublie ça »), qualifiés de disgracieux par le premier ministre François Legault.

Le , Duhaime a qualifié la première ministre Christine Fréchette de « matante Christine » en critiquant les subventions gouvernementales, ce qui a été dénoncé comme misogyne par plusieurs commentateurs et politiciens.

Questions de conformité électorale En , le Parti québécois a déposé une plainte auprès du Directeur général des élections du Québec (DGEQ) accusant Éric Duhaime et le PCQ d'avoir sous-estimé leurs dépenses lors de l'élection partielle d'Arthabaska en 2025 (déclarées à environ contre un plafond de , avec des estimations réelles entre et selon le PQ). Les allégations incluent notamment la distribution de biographies à prix réduit. Duhaime a rejeté ces accusations, parlant de « campagne de salissage ». L'enquête du DGEQ est en cours.

Positions sur la santé publique et boissons énergisantes En , le PCQ s'est initialement opposé à un projet de loi interdisant la vente de boissons énergisantes caféinées aux mineurs (moins de 16 ans), notamment après la mort de Zachary Miron. La députée Maïté Blanchette Vézina a repris des arguments de l'industrie, ce qui a valu au parti d'être qualifié d'« ignoble » et « sans-cœur » par des élus et commentateurs. Le parti a ensuite accepté des consultations particulières.

Gestion interne Des tensions internes ont été rapportées après les élections de 2022, incluant des départs et des débats entre différentes factions.

Ces controverses ont contribué à polariser l'image du PCQ, tout en lui permettant d'attirer des appuis chez des électeurs frustrés par la gestion de la pandémie et le gouvernement caquiste.

Base électorale Lors des élections générales québécoises de 2022, le Parti conservateur du Québec (PCQ) obtient 12,91 % des suffrages exprimés, ce qui constitue à ce jour son meilleur résultat électoral, mais il ne remporte aucun siège à l'Assemblée nationale en raison du système majoritaire uninominal à un tour.

Selon une note de recherche publiée en science politique, la base électorale du Parti conservateur du Québec montre une proportion d'électeurs considérés comme « solides » comparable à celle de partis bien établis tels que le Parti libéral du Québec et Québec solidaire, ce qui suggère que le PCQ a consolidé un noyau de soutien durable malgré son émergence récente dans le paysage politique québécois.

Selon un sondage Pallas Data de , le PCQ recueillait 15 % des intentions de vote à l'échelle provinciale, se positionnant devant certaines formations politiques traditionnelles dans certaines mesures d'opinion publique.

Un sondage mené en indique qu'une proportion importante d'électeurs souhaite que le PCQ fasse élire au moins un député à l'Assemblée nationale, signe d'un désir potentiel de représentation pour ce parti dans l'institution législative.

Lors de l'élection partielle d' dans Arthabaska, Éric Duhaime obtient 35,13 % des voix, ce qui représente l'une des meilleures performances locales du PCQ et une augmentation sensible de l'appui par rapport au niveau antérieur dans cette région.

Le PCQ présente une portée provinciale entière, car il propose une candidature dans les 125 circonscriptions lors de l'élection de 2022, ce qui indique une stratégie d'implantation robuste à travers le Québec.

Des projections électorales établies en suggèrent que le PCQ pourrait obtenir autour de 14 % des voix, avec des circonscriptions localement favorables notamment Beauce-Sud, Beauce-Nord et Bellechasse, qui sont vues comme des zones où le soutien conservateur est potentiellement plus élevé.

Historique Le parti est autorisé en par le directeur général des élections..

En , Serge Fontaine propose à Éric Caire – qui rompt alors avec l'ADQ – de rejoindre les rangs de son parti, quitte à lui laisser sa place de chef.. Le député ne donne cependant pas suite et siège en tant qu'indépendant.

En , le chef du parti, Serge Fontaine, quitte le parti pour joindre la Coalition avenir Québec de François Legault..

En , le parti, qui existait toujours sur papier, est redémarré et présidé par l'animateur de radio et analyste politique Jeff Plante qui avec l'aide de son équipe en établit les bases et la constitution et en confie le leadership intérimaire à l'ancien député conservateur fédéral de Louis-Hébert Luc Harvey. Le et à Drummondville a lieu le congrès de fondation du parti. Stéphane Guinta agit alors comme directeur général du parti..

À la suite de l'élection provinciale de où le parti obtient 0,18 % des suffrages exprimés, Luc Harvey démissionne de son poste de chef.. Par la suite, l'ex-député adéquiste du comté de Huntingdon, Albert De Martin, est nommé chef intérimaire du parti.

Course à la direction de 2013 vignette|Adrien D. Pouliot est chef du parti de 2013 à 2021. En , se déroule une course à la chefferie entre deux candidats : Daniel Brisson et Adrien D. Pouliot.. Adrien D. Pouliot est alors bien connu dans le milieu du conservatisme fiscal de par sa participation à la fondation de l'Institut économique de Montréal.. Il est vice-président de la commission politique de l'Action démocratique du Québec alors que celle-ci fusionne avec la Coalition avenir Québec de François Legault. Pouliot se prononce d'ailleurs contre la fusion en public et participe, avec le président de la commission politique de l'ADQ, Claude Garcia, à une tournée du Québec dans le but de convaincre les membres de l'ADQ de rejeter la fusion.. Pouliot argumente, après une rencontre avec François Legault, que la CAQ n'est en fait pas un parti à droite mais un parti faisant la promotion de ce qu'il appelle la gauche efficace, et que notamment François Legault est opposé à plusieurs des politiques revendiquées par l'ADQ de l'époque.. Déçu de la fusion, Pouliot ne se joint pas à la CAQ et se déclare publiquement comme étant "un orphelin politique". Après plusieurs mois de réflexion, et après avoir considéré se présenter à la chefferie du Parti libéral du Québec dans le but d'amener ce parti plus à droite dans les dossiers économiques, il décide en de se présenter comme chef du Parti conservateur du Québec.. Le , Daniel Brisson retire sa candidature. et le , Adrien D. Pouliot devient chef du Parti lors du Conseil général.. Les et , les membres adoptent la nouvelle plateforme officielle du Parti lors du congrès national 2013..

Course à la direction de 2020-2021 vignette|L'ancien conseiller politique de l'ADQ Éric Duhaime est le chef du Parti conservateur du Québec depuis le . Le , le parti annonce sur sa page Facebook la démission de son chef Adrien D. Pouliot et la tenue d'une course à la chefferie. Le chef sortant Adrien Pouliot assure lui-même l'intérim.

Le , l'ancien conseiller politique de l'ADQ et animateur de radio Éric Duhaime annonce qu'il sera candidat dans la course à la chefferie du parti.. Par la suite, il reçoit le soutien du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu., de l'ex-députée fédérale Josée Verner. et de l'ex-maire de Trois-Rivières Yves Lévesque..

Éric Duhaime remporte la course à la direction avec 95,99 % des voix.

Direction d'Éric Duhaime