Éliane Georgette Diane de Meuse, née à Bruxelles le et morte à Forest le , est une artiste peintre belge.

Elle est l'épouse de Max Constant Armand Van Dyck. Tous deux suivent les cours des mêmes professeurs à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles.

Biographie Éliane de Meuse s'initie au dessin à l'âge de 14 ans avec Ketty Hoppe, l'épouse du peintre Victor Gilsoul. Elle fréquente l'atelier particulier de Guillaume Van Strydonck, cofondateur du cercle Solange de Behr, Les XX, Musée d’Art moderne et d’Art contemporain Liège, 1994 . et ami de James Ensor, en même temps qu'elle reçoit les conseils du sculpteur Marcel Rau (Prix de Rome belge - 1908). En 1916, Éliane de Meuse décide de devenir peintre. Elle entre à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxellesinscrite au registre de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles sous le numéro matricule 18568 - de 1916 à 1920 - source archives de l'ARBA-ESA .Elèves prestigieux. Pour fêter ses 300 ans d'existence, l’Académie a rendu hommage aux grands artistes qui ont marqué leur passage dans cette institution comme Victor Horta qui en fut le directeur pendant quatre ans (de 1927 à 1931), Henry Lacoste (directeur de 1954 à 1957), Amédée Lynen, Herman Richir, Victor Servranckx, Éliane de Meuse, Robert Schuiten, Albert Mangonès, Claude Strebelle, Max Van Dyck, Paul Delvaux, René Magritte, Vincent van Gogh, James Ensor… . où elle étudie le dessin chez Jean Delville (Prix de Rome belge - 1895) et la peinture d'après nature chez Herman Richir. Elle y rencontre son futur époux, le peintre et dessinateur Max Van DyckMax Van Dyck (1902-1992), professeur puis directeur à l'Académie d'Anderlecht (section des Arts décoratifs)., qui obtient le Grand Prix de Rome belge en 1920 à l'âge de 17 ans.

En 1921, Éliane de Meuse décroche le prix Godecharle créé en 1881 par Napoléon Godecharle, le fils de Gilles-Lambert GodecharleGuy Dotremont, Les Concours Godecharle ont cent ans 1881-1981, 1981., décerné jusqu'alors aux seuls peintres masculins.

Dans son rapport au ministre, le président du jury signale les qualités de style de la composition. Le jury, composé d’Émile Claus, d'Albert Ciamberlani et d'Armand Rassenfosse, y désigne à l’unanimité et sans discussion le tableau d'Éliane de Meuse comme méritant l’attribution du prix. Le président du jury précise : « Cette toile se place à tous égards bien au-dessus de celles qui ont été soumises. Elle témoigne d’un véritable tempérament de peintre. Le coloris en est robuste tout imprégné de jeunesse et de naïve émotion. Enfin, qualité rare, l’œuvre a du style. C’est plus qu’une promesse, la vie s’y marque intensément.»Paul Caso, monographie Éliane de Meuse, p 7.Paul Piron, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des , volume 3, p 235-238.. L'œuvre laurée, Daphnis et Chloé (), représente deux jeunes gens tendrement enlacés. Son titre s'inspire d'un roman pastoral du même nom attribué à l’auteur grec Longus.

Prémonitoire que cet avis prometteur du président du jury ? C'est selon, à en croire les critiques qui, quinze ans après l'obtention du Prix Godecharle, distinction, à l'époque considérable, selon Paul Caso, ne tarirent pas d'éloges pour saluer son premier passage dans la vie des arts.

« Une révélation... une artiste qui renouvelle l’impressionnisme d’Ensor et de Rik Wouters, qui l’enrichit d’apports nouveaux… ». C'est en ces termes que l'écrivain et critique d’art belge Charles BernardCharles Bernard., la voix la plus autorisée de ce temps làPaul Caso, monographie Éliane de Meuse, p. 9., commentait la première exposition personnelle<ref>Un demi-siècle d'expositions Palais des beaux-arts Bruxelles, édité par la Société des expositions du Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, p. 50.</ref> d’Éliane de Meuse dans un article paru dans La Nation belge le .

Avis partagé par K. de Bergen lequel relève, en regardant les toiles d'Éliane de Meuse, «… le travail du peintre à l'intérieur de la couleur même…» et souligne que « la couleur possède sa vérité propre… » et estime encore que «… c'est à la vibration et non à la violence de la couleur que se mesure le don du coloriste.»K. de Bergen, Le Journal des Beaux-Arts du 23 octobre 1936., ou encore celui de Sander Pierron qui commente en ces termes l'exposition transférée au Cercle artistique d'Anvers « …Cette jeune artiste est appelée à un grand destin; déjà son talent touche à la maîtrise. Depuis Rik Wouters, on ne connaît point dans notre école contemporaine la manifestation d'un si prodigieux talent. Éliane de Meuse est une coloriste de race ; elle saisit les infimes nuances, les harmonise comme s'il s'agissait d'accords de notes : chez elle, tout est musical. »Sander Pierron, Le Courrier d'Anvers, 13 novembre 1936..

Ou encore l'avis d'un certain L. J. qui estime quant à lui qu'il faut placer « …Éliane de Meuse au nombre de peintres les plus sensibles, dans la lignée d'Édouard Manet et de Marcel Jefferys, parmi les praticiens d'une peinture sapide et voluptueuse où tout s'innerve de ce qui déclenche instantanément de dociles réflexes. Tout y est exprimé, en apparence, du premier coup, à la façon de ces exécutants privilégiés qui, les outils aux doigts, sans jamais insister, formulent brillamment ce qu'ils ont à dire sous l'inspiration de la nature... »L. J., La Flandre libérale (Gand) du novembre 1936..

Principales expositions personnelles 1936 : Palais des beaux-arts de Bruxelles à Bruxelles (Belgique) 1936 : Cercle artistique d'Anvers à Anvers (Belgique) 1981 : Galerie Rencontre à Bruxelles (Belgique) 1982 : Kelterhaus-Muffendorf à Bad Godesberg (Bonn, Allemagne) 1991 : Rétrospective Éliane de Meuse, une exposition conjointe organisée par la Ville de Bruxelles et la banque du Crédit Généralaujourd'hui CBC Banque & Assurance., en la Salle de la milice et en la Salle ogivale de l'Hôtel de ville et à la Maison de la Louve, Grand-Place de Bruxelles (Belgique)

Principales expositions collectives

1937 : Femmes artistes d'Europe, Galerie nationale du Jeu de Paume à Paris (France)aux côtés de Berthe Morisot, Mary Cassatt, Marie Laurencin et Marie Bashkirtseff. 1937-1938 : L'Art belge, à la Fondation Carnegie (Carnegie Museum of Art, Pittsburgh aux États-Unis)aux côtés d'Anto Carte, Constant Permeke, Gustave de Smet, Isidore Opsomer et René Magritte. 1939 : Exposition du Progrès social, Galerie du Palais de la Mairie de Lille (France) 1996 : Le Fauvisme brabançonAux côtés de Rik Wouters, Jos Albert, Charles Dehoy, Philibert Cockx, Jean Brusselmans, Ramah, Ferdinand Schirren entre autres., Cercle artistique communal de Waterloo (Les Écuries) à Waterloo (Belgique)

Œuvres Daphnis et Chloé, huile sur toile, () - Prix Godecharle 1921 Les Dahlias blancs, huile sur toile, ancienne collection d'Élisabeth de Bavière, Reine de Belgique Les pantoufles rouges, 1944, et , huile sur toile, (), collection du Musée des beaux-arts de Gand (MSK), cf. monographie Éliane de Meuse, Paul Caso, p. 26, Les Éditions Prefilm, Bruxelles, 1991 Nature morte au coquillage (60 x 80 cm), s.d., collection privée, Liège. L'enfant, huile sur panneau, (), collection du Musée des beaux-arts de Tournai, catalogue des peintures et des sculptures du Musée des Beaux-Arts de Tournai, p. 68 (n° d'inventaire 451) imprimé par Casterman S.A. Tournai JL 1494-5054 D.1971, voir également la monographie Éliane de Meuse, Paul Caso, p. 21, Les Éditions Prefilm, Bruxelles, 1991 Marianne (portrait de sa nièce) , huile sur toile, (), collection du Musée des beaux-arts de Tournai, catalogue des peintures et des sculptures du Musée des Beaux-Arts de Tournai, p. 68 (n° d'inventaire 453) imprimé par Casterman S.A. Tournai JL 1494-5054 D.1971, voir également la monographie Éliane de Meuse, Paul Caso, p. 56, Les Éditions Prefilm, Bruxelles, 1991Bouquet de fleurs ou Vase aux fleurs, huile sur toile, (), collection du Ministère de la Culture - Administration des Beaux-Arts, cf. monographie Éliane de Meuse, Paul Caso, p. 82, Les Éditions Prefilm, Bruxelles, 1991 Bouquet, huile sur toile marouflée sur bois, (), collection du Musée des beaux-arts de Tournai, catalogue des peintures et des sculptures du Musée des Beaux-Arts de Tournai, p. 68 (n° d'inventaire 452) imprimé par Casterman S.A. Tournai JL 1494-5054 D.1971 Nu à contre-jour, circa 1920, huile sur toile, ( ), collection particulière, reproduite dans le dictionnaire Paul Piron, volume 3, p. 234 Rêverie, 1932, huile sur toile, (), cf. plaquette les Concours Godecharle et monographie Éliane de Meuse, Paul Caso, p. 52, Les Éditions Prefilm, Bruxelles, 1991 Centaurées, huile sur toile, (), entrée en janvier 1992 dans la collection de la CBC Banque & Assurance(ex Crédit Général). Cette toile, reprise au catalogue des œuvres exposées en la Galerie du Crédit Général sous le n° 23, fut offerte par l'artiste à la banque en remerciement de leur gracieux soutien. Les pantoufles rouges ou Intérieur, huile sur toile, (), collection de la Communauté française de Belgique, cf. monographie Éliane de Meuse, Paul Caso, p. 71, Les Éditions Prefilm, Bruxelles, 1991 et catalogue de l'exposition Le Fauvisme brabançon au Cercle artistique communal de Waterloo (1996), œuvre exposée portant le n° 12, p. 32

Notes et références

Liens externes

Liste des lauréats des Concours Godecharle depuis sa fondation Liste des élèves prestigieux de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles du Musée des beaux-arts de Tournai Site officiel du Musée des beaux-arts de Gand Bibliothèque des Musées royaux des beaux-arts de Belgique Institut royal du patrimoine artistique, Bruxelles, Belgique Le Dictionnaire des peintres belges du à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains en 2 volumes, La Renaissance du Livre, département de De Boeck-Wesmael, Bruxelles, 1995 Les pantoufles rouges (titre néerlandais : Stilleven met rode schoentjes ) et Marianne Carnegie Institute Pittsburgh Archives du Palais royal du Royaume de Belgique Frans Hens (1856-1928) Frans Hens et Frans Hens Charles Bernard (1875-1961)

Reportage télévisé Personnalité à domicile : Éliane de Meuse, Télé-Bruxelles, 1991 (interview réalisée par Éric Russon)

Annexes Articles connexes Impressionnisme Fauvisme brabançon

Bibliographie « Éliane de Meuse », in: Les Concours Godecharle ont cent ans 1881-1981, p. 36 Paul Caso, Éliane de Meuse, Bruxelles : Prefilm, 1991, Catalogue commun des bibliothèques fédérales, 88 pages Mabille M et Geirlandt Karel J., Un demi-siècle d'expositions Palais des beaux-arts Bruxelles, Bruxelles : Société des expositions du Palais des Beaux-Arts, 1981 Zeebroek-Hollemans, Adriaens-Pannier, A., Le dictionnaire des peintres belges du à nos jours ; depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la principauté de Liège, jusqu'aux artistes contemporains, 3 volumes, La Renaissance du Livre, département de De Boeck-Wesmael, Bruxelles, 1995 (notice Éliane de Meuse, tome 1, p. 325) Benezit, Dictionnaire critique et documentaires des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays en 14 volumes, Paris : Gründ, 1999 (notice Éliane de Meuse, volume 9 - Maganza à Muller-Zschoppach -, p. 554) (tome 9) Benezit Dictionary of artists, en 14 volumes, Paris, France, Gründ, 2006, Volume 9 (Maele-Müller), Paul Piron, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIX et XX siècles, Lasne : Art in Belgium, 2006, Volume 3, pages 235-238 Alexia Creusen, Femmes artistes en Belgique XIX et début XX siècle, L'Harmattan, Paris Gustaaf Janssens, archives du Palais royal de Bruxelles (rue Ducale n° 2, 1000 Bruxelles) Christian Desclez, Fauvisme brabançon, catalogue d'exposition, - , Cercle artistique communal de Waterloo Bernadette de Visscher-d'Haeye, conférence Les fauves brabançons et la primauté de la Couleur'', , au Cercle artistique communal de Waterloo, (Les Écuries), à Waterloo.