Galeazzo da Sanseverino, comte de Caiazzo, dit le fils de Fortuna, en français Galéas de Saint-Séverin, né le 1450-60 ca. et tué le à la bataille de Pavie, est un important condottiere et militaire italien puis français, considéré comme le meilleur écuyer de sa génération.

Issu de l'illustre famille Sanseverino, il fut d’abord le favori de Ludovico il Moro et de Béatrice d’Este, puis de Louis XII et François , ainsi qu’un ennemi juré de Jacques de Trivulce. Il devint ainsi grand écuyer de France et a été l'un des mécènes de Léonard de Vinci qui habita dans sa maison de Milan, puis ami d'Albrecht Dürer.

Sa personnalité, ses qualités militaires, ses relations, son rôle de mécène font de Galeazzo Sanseverino un aristocrate de tout premier plan du Quattrocento et Cinquecento réputé dans toute l'Europe.

Biographie Quatrième fils de Roberto Sanseverino (1418-1487) et de Giovanna da Correggio († 1467), Galeazzo Sanseverinoest issu de la famille Sanseverino, famille de la haute noblesse italienne, toute-puissante dans le royaume de Naples. Galeazzo est aussi le descendant de Giacomo Attendolo, fondateur de la famille Sforza qui règne en maitre sur le duché de Milan. Sa date de naissance n’est connue précisément, à placer vers 1458-60 et peut-être à Milan, où sa mère Giovanna était certainement dans les années 1458-59, attendant le retour de son mari de son pèlerinage en Terre sainte. On ne sait pas si son frère Antonio Maria est né avant ou après, mais certainement après son deuxième fils Gaspare, dit Fercasse (Fracasso), qui était déjà marié en 1475. Il est un cousin d'Antonello Sanseverino, prince de Salerne.

Il fit ses premières expériences militaires en compagnie de son père Roberto et en 1475 il obtint, avec ses frères, son premier commandement à la solde de Florence.

Il devient un proche de Pietro del Monte (1457-1509), condottiere et homme de lettres qui enseigne les sciences de la préparation militaire, du maniement des armes et du commandement.

Au service du duc de Milan En , pendant la guerre du sel, Galeazzo et son frère Gianfranceso délaissent l'armée vénitienne dirigée par leur père Roberto et entrent au service du duc de Milan, Ludovico il Moro, malgré le fait que son père était son ennemi acharné. Leurs deux demi-frères, Giorgio connu sous le nom de Faccenda et Ottaviano, les ont également suivis. Deux autres frères, Fracasso et Antonio Maria, sont restés fidèles à leur père Roberto, et ce n’est qu’après la mort de Roberto, en 1489, qu’ils sont passés dans les rangs du duc de Milan.

Gendre de Ludovic Sforza, duc de Milan dit Le maure ou Il Moro Galeazzo en particulier est immédiatement devenu le favori du duc de Milan Ludovico, en raison de ses excellentes qualités de courtisan, C'est à cette période que Galeazzo a commencé une carrière militaire qui conduisit à sa renommée. D’origine méridionale mais sans patrie, le chroniqueur Andrea Prato lui fait allusion, lorsqu’il reproche à Ludovico ses mauvais choixCronache milanesi, Volume 1, Gio. Pietro Vieusseux, 1842, . : Pourtant, les qualités qu'avaient Galeazzo ne manquaient pas. En 1485, il bénéficiait déjà du plus grand respect du duc, qui l'appelait « fils » et ne cessait de le louer, le déclarant innocent des péchés de son père. Il annonça également que personne ne devait s'étonner de sa réussite, car il le rendrait encore plus grand ; et, de fait, à cette époque déjà, il lui avait promis en mariage sa fille unique, Bianca Giovanna, alors âgée de trois ans. À la mort de Pietro dal Verme, un condottiere italien qui aurait été empoisonné sur ordre de Ludovico lui-même, l'ensemble du domaine du défunt - à l'exception de Bobbio, qui est allé en dot à Bianca Giovanna - a été dévolu à Galeazzo, qui est ainsi devenu seigneur de Voghera, Rocca d'Olgisio, Zavattarello, Castel San Giovanni et Pieve di Incino. En 1486, le roi de Naples Ferdinand Ier chargea son ambassadeur milanais de saluer Galeazzo en son nom, lui disant qu'il avait entendu parler « de ses vertus, de sa bonne conduite et de la très grande affection qu'il nous porte » et qu'il serait disposé à lui rendre service volontiers, si l'occasion se présentait.

En 1488, il fut envoyé prêter main-forte à Caterina Sforza, retranchée dans la Rocca di Ravaldino suite à la conjuration des Orsi. Après avoir libéré la ville, il retourna à Milan et fut nommé capitaine général de l'armée des Sforza. Cette nomination semble avoir récompensé l'ardeur avec laquelle, l'année précédente, Galeazzo avait défendu les intérêts de Ludovico, gravement malade, empêchant les autres nobles du conseil de le faire sortir du château, craignant que sa mort subite ne provoque une sédition de ses frères..

Ces traitements de faveur envers Galeazzo lui valurent, ainsi qu'à Ludovico, la haine implacable de Gian Giacomo Trivulzio, et plus généralement l'envie de ses autres frères. Il nourrissait également une forte inimitié envers le marquis de Mantoue, François II de Mantoue, pour les mêmes raisons : le marquis de Mantoue ayant été remercié au tout début de 1489, peu après que Galeazzo eut obtenu le titre de capitaine général. Floriano Dolfo fait très probablement référence à ce dernier dans une lettre pleine de vulgarité écrite en 1496, lorsqu'il dit au marquis François de passer au service de la Seigneurie de Venise, car « un organe génital d'un cheval qui ne craint ni éperons ni fouets » (Galeazzo) avait rompu le lien familial qui unissait François à Ludovic Sforza, les deux étant en réalité beaux-frères..Couvert d’avantages et souvent chargé de missions très délicates par le duc qui lui faisait entièrement confiance, en 1489, il épousa la fille illégitime de Ludovico, légitimée pour l’occasion: Bianca Giovanna. Cette dernière était à l’époque une fillette de sept ans, de sorte que le mariage était purement nominal, ne prenant effet qu’en 1496, lorsque la fille a eu quatorze ans. Avec le mariage, il a été investi avec les possessions des comtés de Bobbio, Castel San Giovanni, Val Tidone et Voghera. Dans les mêmes années, il reçut le château de Mirabello.

La nouvelle duchesse Au début de l'année 1491, après dix ans de fiançailles, Ludovico épousa enfin la très jeune Béatrice d'Este. Galeazzo, par son affabilité et son charme naturel, gagna les faveurs de la nouvelle duchesse et devint son serviteur le plus fidèle.. On les voyait souvent ensemble aux divertissements quotidiens de la cour, ainsi que lors d'affaires plus importantes.

Ainsi, par exemple, durant des mois, Béatrice écrivait à sa sœur : « chaque jour, le très illustre Sir Galeatio et moi, ainsi que quelques autres courtisans, nous amusons à jouer aux ballades et à manger de la mayonnaise après le dîner. ».À cette même occasion, Galeazzo était le prince du tournoi organisé du 26 au pour célébrer les noces du duc, et il en fut proclamé vainqueur. Le premier jour, il apparut vêtu d'un costume sublime : il portait un casque d'or d'où jaillissaient de longues cornes torsadées et un long serpent ailé, tandis que son cheval était couvert d'écailles d'or ornées d'yeux de paon. Il était accompagné d'une foule d'hommes déguisés en sauvages. Le troisième jour, cependant, au moment du tournoi, il resplendit d'une façon jamais vue ; le chroniqueur Tristano Calco le décrit ainsi : vignette|Béatrice d'Este à 18 ans par Giovanni Pietro Birago « Mais l’esprit et le regard de tous furent également éveillés lorsque Galeacius Saint Severinatus prit les choses en main : il n’était plus terrible, ni ne reculait devant ses vêtements barbares, mais apparaissait d’une grande beauté dans un manteau et un voile de soie, embrassant cheval et homme. »

Galeazzo réussit à briser douze lances en douze attaques, le score maximal possible, et reçut ainsi le premier prix - une bannière de brocart de trente-deux bras de long - directement des mains de Béatrice. Quelques jours plus tard, il baptisa le petit Francesco, le premier-né des ducs Jean Galéas Sforza et Isabelle.

L'incertitude du nom Dans ses lettres, Galeazzo signait généralement du triple nom de famille Sfortia Vicecomes de Sancto Severino, soit parce qu'il avait été « adopté » par la famille Sforza par son mariage avec Bianca Giovanna – comme l'affirme Julia Cartwright–, soit en raison de sa descendance de Muzio Attendolo. vignette|Giacomo ou Muzzio Attendolo, fondateur de la famille Sforza. Une série de lettres écrites durant cette période à la marquise Isabelle d'Este relate une curieuse et interminable dispute concernant la supériorité d'Orlando ou de Rinaldo en tant que paladin, ainsi qu'un voyage de Béatrice d'Este à Cusago et les nombreux divertissements de la nouvelle duchesse. Cependant, ces lettres ne portent que la signature Galeazzo Sfortia Vicecomes armorum capitaneus. Cela a généré une certaine confusion parmi les historiens, puisqu'il y avait au moins un autre Galeazzo Visconti (1455-1531), son contemporain, également appelé « messer Vesconte », également courtisan et ami des ducs et du comte de Busto Arsizio.

Le nom apparaît à plusieurs reprises dans les chroniques et les lettres, et il est impossible de déterminer s'il s'agissait toujours de la même personne ou de différentes. L'incertitude tient à la variabilité des noms qui pouvaient désigner une même personne à l'époque : Ludovico Sforza lui-même est parfois mentionné comme « Ludovico Vesconte », et il n'était pas obligatoire de signer les lettres de son nom complet. L'identité de l'expéditeur des lettres à la marquise demeure incertaine, et à cet égard, les points suivants sont à noter :

C'est Galeazzo Visconti qui se chargea d'amener les deux sœurs d'Este de Ferrare à Pavie et de leur tenir compagnie pendant l'absence des courtisans milanais, comme l'attestent d'autres sources.

Rien ne prouve que Visconti portait également le nom de famille Sforza.

Il est fait mention d'un frère nommé « Gasparo », qui pourrait correspondre à Fracasso.

L'expéditeur raconte avoir accompagné la duchesse Béatrice en vacances à Cusago et être monté avec elle dans une charrette, où, durant le trajet, ils ont chanté plus de vingt-cinq chansons, « faisant beaucoup de bruit », puis ils ont pêché, chassé et joué au ballon parmi de nombreux autres divertissements, retournant à Milan après le coucher du soleil, à tel point – ajoute-t-il en plaisantant – qu'il a failli devenir fou à force de suivre Béatrice :

« Nous sommes arrivés à Milan à une heure du soir et avons présenté toute la maison à Son Illustre Seigneur, mon duc de Barri, qui en a tiré un tel plaisir et une telle consolation qu'on ne pouvait rien désirer de plus, bien plus que s'il avait été présent en personne. Je crois que ma duchesse y a trouvé plus que moi, car je crois que moi, Son Illustre Seigneur Louis, je lui donnerai Cuxago [...] mais j'ai usé mes bottes et, comme je l'ai dit plus haut, je suis devenu impatient, et voilà les avantages que l'on tire du service des femmes [...] Cependant, je serai patient en toutes choses, agissant toujours dans l'intérêt de ma duchesse, à qui je n'entends rien manquer jusqu'à ma mort.» (Lettre de Galeazzo à Isabelle d'Este, .) vignette|Galeazzo Sanseverino par Messale Arcimboldi Il jouissait également du rare privilège d'avoir libre accès aux appartements ducaux, comme il le conclut en rappelant à la marquise Isabelle ces fois où, entrant dans le cabinet de toilette de Béatrice, il les trouva encore dévêtues et occupées à se coiffer :

« Ma dame marquise, je ne peux renoncer à nos soirées ni à votre douce compagnie, et je me rends donc au cabinet de Madame, m'attendant à la trouver la tête haute, ainsi que Son Altesse, Teodora [degli Angeli] et Béatrice [degli Contrari] en manches de chemise, et Violante [de' Preti] et Maria également dévêtues. Et quand je ne la trouve pas, je suis malheureux. » (Galeazzo à Isabelle d'Este)