, né Ichien Dōkyō, est un moine bouddhiste japonais de l'époque de Kamakura, et un écrivain. Il s'est formé au zen de l'école Rinzai, mais il a également étudié d'autres sectes du bouddhisme japonais.
Sur le plan littéraire, on lui doit essentiellement le Shasekishū (« Collection de sable et de pierres », 1279-1283), importante compilation d'histoires qui offre des tableaux très vivants du Japon et du bouddhisme à la fin du .
Biographie Né à Kamakura dans une famille de guerriers du clan des Kajiwara, Mujū commence à servir à 13 ans comme page au temple Jufuku-ji. Il se forme auprès du maître zen rinzai Enni Ben'en. Il devient moine à 18 ans dans la Province de Hitachi, puis part au Kantō pour étudier. En 1262, il fonde le temple Chōraku-ji à Owari (actuel Nagoya) et bien d'autres avant de se retirer à l'âge de 80 ans.
Contexte religieux Si Mujû a bien été un disciple zen de Enni, son univers religieux était dominé par la secte Tendai, qui était encore et toujours le centre du bouddhisme de son temps, et c'est dans ce courant qu'il puisait son vocabulaire et ses règles fondamentales. Certes des mouvements populaires se montraient de plus en plus nettement, mais les préoccupations, les questions et les écritures du Tendai occupaient une place de premier plan.
Approche syncrétique Bien qu'il ait été affilié à l'école Rinzai, Mujû avait une approche syncrétique du bouddhisme: à ses yeux, les différents enseignements du bouddhisme étaient autant de moyens habiles (sanskrit: upaya) de réaliser l'objectif final de la religion. Il écrit ainsi dans la préface du Shasekishū : « Ce n'est pas qu'il n'y ait qu'un seul moyen d'entrer dans la Voie du bouddhisme. Les conditions débouchant sur l'Éveil sont bien nombreuses. Quand on connaît leurs significations majeures, les diverses doctrines ne diffèrent pas quant à leur contenu. Quand on passe aux pratiques, on trouve qu'elles sont, quant à leur intention profonde, toutes les mêmes dans leur diversité. »Mujū, Collection de sable et de pierres, préface, p. 41 Cet œcuménisme se marque dans l'intérêt de Mujû pour les courants Tendai, Jōdo shū et Hossō-shū, ainsi que les doctrines Shingon et Ritsu.
Par ailleurs, dans le Shasekishū, il introduit l'idée de l'« unité des kami et des bouddhas » (jap. Shinbutsu shūgō), voyant les divinités (kami) comme des manifestations du Bouddha.
Œuvres On lui doit, outre le Shasekishū, compilé entre 1279 et 1283, le Tsuma kagami (« Miroir pour les femmes ») en 1300, et le Zōdanshū, (« Collection de conversations au hasard ») en 1305.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Traduction
Études
Liens externes
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