Jon[c]ker (gentilhomme, seigneur) Jan Baptista van der Noot (connu en Angleterre sous le nom de John van der Noodt De Vries, .), né en 1536-1537 ou 1539 à Brecht dans la ferme seigneuriale de PulleFrederiks et Van den Branden, . et mort entre 1595 et 1601 à AnversKnuvelder, ., est un poète qui écrivait en néerlandais et en françaisZaalberg et Hoogerhuis, .. Sa devise (latine) était (« Il faut s'accommoder au temps »).
Biographie 1536/37-1579 Enfance – éducation – débuts Pendant plusieurs siècles, les ancêtres de Van der Noot furent tenus en grande estime en Brabant, où ils remplissaient les plus hautes fonctions. Van der Noot était issu d'une vieille lignée noble originaire de Bruxelles, où elle fit partie des Lignages, et établie à Anvers du fait du mariage de son grand-père Cornelis van der NootFils de Jan van der Noot (vers 1399-1474), échevin de Bruxelles en 1435, en 1442, en 1447, en 1452 et en 1469, bourgmestre de Bruxelles en 1449 et en 1454. Van Parys, de Cacamp et Houwaert, . avec l'anversoise Catharina Draeck, fille de Waelraven (Waleran) Draeck et Gertrude van de WerveVan Parys, de Cacamp et Houwaert, .. Avant de devenir (bailli) à Brecht, où il habitait la ferme seigneuriale de Pulle, son père, le chevalierKnuvelder, . Adriaen Van der Noot, décédé le , avait exercé le mandat d'échevin à plusieurs reprises, il était seigneur d'Ossendrecht, et l'époux de Vrouwe Josyne Daems, décédée le . Leur pierre tombale était située en l'église Saint-Jacques d'Anvers devant le chœur de Sainte-AnneVan Parys, de Cacamp et Houwaert, ..
Jan van der Noot reçut une éducation polyvalente et soignée, et, quoi qu'on en puisse dire, pour le moins très artistique : il pratiqua la musique, développa l'amour de la peinture et apprit à écrire en latin et à bien se débrouiller en italien et en espagnol, alors qu'en langue française, il s'exprimait presque aussi bien qu'en néerlandais, sa langue maternelle. Dès l'enfance, Jan van der Noot se sentit attiré par la poésieOverdiep, .. Après la mort de son père, survenue en 1558, il s'installa à AnversDe Vries, ., ville dont il devint , ou bourgeois, le Willems,..
De 1558 date son , un proche parent qui avait combattu à la bataille de Gravelines et qui avait été tué près du en 1573. Par la répartition entre strophes, antistrophes et épodes, ce poème témoigne de l'influence de Ronsard. Un autre poème de la même année se rapporte à la paix conclue entre l'Espagne et la FranceKalff, ..
De 1562 à 1563 et de 1565 à 1566, Van der Noot remplit le mandat d'échevin de la ville d'Anvers.
Ayant embrassé la Réforme protestante et étant devenu membre du consistoireKnuvelder, ., il prit part à l'insurrection calviniste à Anvers en mars 1567 et, à l'arrivée du duc d'Albe, dut s'exiler, comme cent mille autres personnes, laissant derrière lui sa femme, originaire de LouvainVerwey, ., pour voyager à travers l'Europe onze ans durant. Sur une liste de suspects ou proscrits, probablement établie par le Conseil privé de la Régente, le nom de Van der Noot apparaît avec le commentaire : Kalff, .. En effet, les calvinistes l'avaient voulu voir nommé margrave d'Anvers.
En 1568Ter Laan, ., comme des milliers de réfugiés originaires des Pays-BasDe Vries, ., il s'installa à Londres.
Jan van der Noot avait épousé Jo Cecilia Beyvliets.
Angleterre
de Van der Noot, publié en 1568, est illustré de vingt gravures allégoriques ; le peintre d'origine gantoise Lucas d'Heere étant l'auteur d'une ode en guise d'introduction à cet ouvrage, certains auteurs les lui ont attribuéesOverdiep, .Te Winkel, .. L'ouvrage comprend des épigrammes d'après six stances sur la mort de Laure de Pétrarque et des sonnets d'après le Songe de Du BellayKnuvelder, . qu'accompagne un manifeste calviniste en prose, par lesquels Van der Noot chante la vanité du monde et la constance de l'amour de Dieu. Cet ouvrage sera adapté en français encore la même année et donc précédant l'adaptation anglaise, publiée en 1569, qu'en avait faite Edmund Spenser, un jeune poète dont Van der Noot avait sans doute fait la connaissance. Sur cette version anglaise suivit, en 1572, une en allemand, intitulée , cependant sans les passages anticatholiquesZaalberg et Hoogerhuis, .. Alors que la version originale, en néerlandais, du est dédiée à Rogier Martens, lord-maire de Londres, originaire des anciens Pays-Bas, sa traduction sera dédiée, le , à la reine Élisabeth d'Angleterre ; le marquis de Northampton avait droit à une ode. Surtout dans les sonnets et chansons apparaît l'influence de Ronsard. Onze sonnets sur la dépravation de Rome ont été traduits de Du Bellay, six autres de Pétrarque, à l'aide d'une adaptation de MarotKalff, .. Chaque poème est illustré d'une gravure de Marcus Gheraerts. Quatre sonnets en alexandrins d'après l'Apocalypse, pourvus de commentaires, comptent parmi les œuvres les meilleures et les plus originales de Van der Noot. D'après sa propre déclaration, c'est lui qui introduisit l'alexandrin français dans la littérature néerlandaise.
Selon Tiemen de Vries, qui a fait la critique de la traduction anglaise, il faut voir dans cette œuvre une allusion à la situation des protestants réfugiés. Dans tous les exemples de la vanité du monde, pris de Pétrarque et de Du Bellay, les protestants persécutés ne lisaient que leur propre misère et leur état de deuil qui, en eux-mêmes, auraient dû les déprimer et les décourager à mort. La vanité de ce monde que nous endurons n'est pas exceptionnelle : elle est partout. Mais notre espoir et notre consolation sont ailleurs. Nos ennemis, l'Antéchrist et l'Église de Rome, qui est sous la direction de l'Antéchrist dans la persécution des martyrs, tomberont comme Babylone la grande ; notre Seigneur et Sauveur, le Christ, sera victorieux et notre avenir est la vie éternelle dans la ville sainte de DieuDe Vries, ..
De la poésie religieuse, des poèmes d'amour et, d'autres, sur l'amitié ont été rassemblés dans (vers 1568-1570) : un recueil comprenant des psaumes d'après Marot et Dathenus, considéré comme le premier de poésie lyrique de style Renaissance en langue néerlandaise. Une recherche typographique aurait établi que cet ouvrage serait sorti des presses de deux imprimeurs londoniens, à savoir Henry Bynneman et John DayWaterschoot TNTL 104, .. Le titre du recueil est apparemment inspiré du Bocage Royal de Ronsard, de 1560. Dans ce recueil, Van der Noot est encore tributaire du style des rhétoriciensOverdiep, ..
Errant à travers l'Europe, il passa peut-être même par Valence, car un sonnet de Luís Franco, composé dans cette ville et daté 1570, lui est dédiéKalff, . ; le poète, d'origine portugaise, y fait observer que Van der Noot dissimule les inconvénients de son exil, montrant toujours un visage riant et serein ()Kalff, .
Cologne / Paris thumb|right|Portrait du seigneur Jan van der Noot ; illustration gravée par Dirck Volkertsz. Coornhert (1522-1590) pour , datée de 1573
En 1571, il se retrouva à Cologne, où Anne d'Egmont, la mère du comte de Horne, soutenait une communauté de calvinistes exilés.
Le recueil de Van der Noot, publié à Cologne, contient également un poème dédié au jésuite Johannes Rethius (Johannes von Reidt). Les autres personnalités auxquelles Van der Noot dédie les poèmes de ce recueil, appartiennent à un milieu confessionnel mixte, ce qui crée l'image d'un climat de tolérance religieuseBostoen, ..
Nourrissant le projet de doter la littérature néerlandaise d'un grand poème épique à l'instar de la Franciade, il compose , dont la version française est parue sous le titre Abregé des douze livres Olympiades ; c'est le récit en plus de vers d'une longue quête au terme de laquelle le poète, dont l'idéal est incarné par Olympia, retrouve sa dame au milieu des divinités de l'Olympe et est uni à elle dans le mariage. L'œuvre, illustrée de dix-sept gravures de la main de Coornhert - graveur et humaniste dont il avait fait la connaissance - fut pourtant d'abord publiée dans son intégralité en Allemagne et en allemand, entre 1573 et 1576, sous le titre (Livre de l'Extase), et ne paraîtra à Anvers, en néerlandais et en français, que sous forme abrégée (1579)Larousse en ligne.. Olympia est l'idéal auquel il aspirait et qu'il vénérait comme Dante Béatrice et Pétrarque Laure. Mercure lui montre Olympia (le Ciel) dans son rêve ; il va à sa recherche et la trouve enfin dans des champs séduisants, entourée de dieux et de déesses. Tout cela en imitation de Dante et de PétrarqueTer Laan, ..
En 1578, à Paris, il rencontra Dorat et Ronsard. C'est là aussi que l'ambassadeur Ogier de Busbecq recommanda Van der Noot auprès de l'archiduc Matthias d'Autriche, gouverneur des Pays-Bas.
1579-1601 thumb|right|Illustration par Dirck Volkertsz. Coornhert (1522–1590) pour le sonnet du seigneur Jan van der Noot, de l'édition de 1579 du
Jusqu'en 1585 : Anvers, ville réformée
En 1579, ruiné, Van der Noot rentra finalement à Anvers, redevenu catholique. Là, humblement, il écrivit un poème en hommage à Matthias.
Si l'exil et la pauvreté avaient brisé sa conviction, on ne peut pas en dire autant de son orgueil ou, du moins, de ses prétentionsGeyl, .. Comme un vrai poète de la Renaissance, il glorifie son métier. Il immortalise des personnes haut placées dans ses louanges, principalement recueillies dans les , qui paraissent entre 1580 et 1595. En outre, en 1580, il chanta son Brabant bien-aimé ainsi que la langue brabançonne dans un éloge intitulé / Hymne de Braband ; dans la dédicace de cet ouvrage, adressée aux États de BrabantKalff, ., il exprime le désir de se hisser au niveau d'Homère, de Virgile et de PétrarqueGeyl, . ; cité de Kalff, ..
Il semble avoir connu des difficultés financières à cette époque, étant donné que, de 1581 à 1592, il adressa des requêtes aux autorités ; ainsi, après s'être adressé au de la ville de Hulst, dont il obtint deux livres et cinq shillings pour un ouvrage qu'il avait présentéKalff, ., le , afin d'être en mesure de créer une nouvelle œuvre poétique à l'instar des Français, il demanda au magistrat d'Anvers 100 florins en prêt pour un mois ; toutefois, il n'en obtint que cinquante qu'il ne remboursera jamais, alors que l'œuvre ne fut jamais achevée. L'année suivante, le magistrat lui alloua de nouveau une somme, cette fois-ci d'un montant de cent florins destinés à la publication de son Olimpias. En 1581, se considérant comme injustement méconnu, il menaça de quitter sa patrie pour chanter dans des lieux plus propices la louange des grands hommes d'autres pays. Après que les calvinistes eurent libéré la ville d'Anvers en 1581, Van der Noot devint leur chantre.
Dans cette période, Van der Noot écrivit un sonnet sur chacun des seize livres du , datant de 1582 ou 1583, de son contemporain Iehan Baptista Houwaert, ainsi qu'un genre de témoignage par lequel il confirme avoir assisté à la création de cette œuvre de son ami bruxelloisWitsen Geysbeek, ., qu'il n'aurait, selon l'avis de certains, jamais surpassé en poésie, bien qu'il employât moins de mots bâtardsVan der Aa, ..
En 1584, Van der Noot obtint de nouveau une subvention de la ville, vu son état de nécessité. Il s'agissait de cinquante florins auxquels s'ajoutèrent vingt-cinq autres quelques mois plus tardKalff, .Verwey, ..
Dès 1585 : Anvers, ville catholique
Lorsqu'en 1585, après l'avoir assiégée, le duc de Parme eut pris la ville, Van der Noot fit volte-face ; en décembre de cette année, il reçut même un soutien financier des royalistes pour la publication d'une œuvre favorable à Sa Majesté, Son Altesse et la ville. Cité de Frederiks et Van den Branden, ..
À l'occasion de nouveaux événements ou engagements, Van der Noot, s'épuisant à rendre des services en sa qualité de poète attitré de tous ceux prêts à le rémunérer, n'hésitait pas devant le réemploi de ses louanges .
Jan van der Noot mourut après 1595. Il était encore en vie en cette année. En 1601, sa femme est signalée comme veuve.
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