thumb|upright=1.5|Production par grande catégories de produits (2009) En France, le secteur de la pomme de terre occupait en 2009 une superficie de pour une production de , plaçant le pays au dixième rang mondial des pays producteurs de pomme de terre. Le rendement moyen se situait à par hectare. Cette culture occupe une place modeste en superficie, environ 0,9 % de la surface arableLa surface arable est égale à la surface agricole utile (SAU) déduction faite des surfaces toujours en herbe (prairies permanentes,) et des cultures pérennes (vignes, vergers). (France entière, y compris DOM), contre 51,5 % pour les céréales et 2 % pour la betterave industriellesource Agreste.. C'est une activité qui concerne environ .

La production française de pommes de terre a beaucoup régressé depuis 1960, année où elle a connu son maximum historique, avec 14 millions de tonnes. Dans le même temps, le rendement moyen a presque triplé.

Cette évolution de la production reflète celle de la consommation qui a baissé parallèlement, notamment du fait de la mauvaise image nutritionnelle de ce tubercule. La consommation, estimée en 2007 à par habitant et par ansource FAOSTAT., a aussi évolué, les pommes de terre fraîches ne représentant plus que les deux-tiers de la consommation moyenne, le reste étant utilisé en produits transformés, en particulier les frites surgelées dont la consommation s'est développée en grande partie avec l'expansion des chaînes de restauration rapide.

Dans l'Union européenne la France, avec 11 % du total communautaire, est le quatrième pays producteur de pommes de terre derrière l'Allemagne (10,7 Mt) et la Pologne (10,5 Mt), sensiblement au même niveau que les Pays-Bas, et devant le Royaume-Uni. Elle est aussi le troisième exportateur européen, derrière les Pays-Bas et l'Allemagne, avec , constituées aux trois quarts de pommes de terre fraîchesle chiffre comprend aussi les produits transformés, exprimés en équivalent pommes de terre fraîches. exportées principalement vers l'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Belgique. Les importations s'élèvent à 1,6 Mt, constituées pour les trois quarts de produits transformésAgreste, Campagne 2008/2009 de pomme de terre..

Les principales régions productrices se situent dans la moitié nord du pays : le Nord-Pas-de-Calais (38 % du total français), la Picardie (23 %), la Champagne-Ardenne et la Haute-Normandie. C'est dans ces régions que se trouvent la plupart des usines de transformations et les féculeries.

Histoire La pomme de terre, découverte pour la première fois chez les Incas, dans l'actuel Pérou, par les conquistadors espagnols vers 1537 est probablement arrivée en France vers la fin du . La première mention attestant sa culture en France est due à l'agronome Olivier de Serres dans son Théâtre d’Agriculture et mesnage des champs qui en décrit la culture et la donne comme provenant de Suisse. : . Le naturaliste suisse Gaspard Bauhin, dans son Pinax theatri botanici publié en 1623, indique que la pomme de terre est cultivée en BourgognePinax Theatri Botanici, Liber quintus - Sectio prima XIII Solanum tuberosum exculentum p. 167 (Gallica)..

Tandis qu'elle s'était répandue en Irlande, dans les Flandres et en Allemagne, la pomme de terre ne fut utilisée pendant plus de deux siècles, dans une grande partie de la France, que pour l'alimentation du bétail.

En 1757, la pomme de terre est cultivée en Bretagne qui connaissait une disette, d'abord dans la région de Rennes par Louis-René Caradeuc de La Chalotais, bientôt suivi dans le Léon par monseigneur de la Marche, surnommé « l'Évêque des patates » (eskob ar patatez). Jean-François Mustel, agronome rouennais (auteur d’un Mémoire sur les pommes de terre et sur le pain économique), encourage sa culture en Normandie : en 1766 on cultive la pomme de terre à Alençon, à Lisieux et dans la baie du mont Saint-Michel La pomme de terre « la Bleue de la Manche », sur Normandie Héritage..

En 1768, un certain Dottin, maître de poste à Villers-Bretonneux, adresse à M. Dupleix, intendant de Picardie, un mémoire de huit pages sur la culture et l'usage de la pomme de terre, document conservé par les Archives départementales de la Somme.. Ces essais sont probablement un des facteurs qui ont incité Parmentier à lancer sa campagne en faveur des pommes de terre..

thumb|upright=0.6|Portrait de Parmentier. C'est surtout Antoine Parmentier qui, revenant de captivité en Prusse, fit la promotion de la pomme de terre pour l'alimentation humaine et réussit à développer son usage dans toutes les couches de la société française. Fait prisonnier par les Prussiens pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), il avait découvert à cette occasion la pomme de terre, principale nourriture fournie aux prisonniers. À la suite d'une terrible disette survenue en 1769, l'académie de Besançon lance en 1771 un concours sur le thème suivant : Parmentier remporte le premier prix, devant d'autres concurrents qui avaient eux aussi rédigé un mémoire sur la pomme de terre, preuve que l'usage de ce tubercule était vraiment à l'ordre du jour.

Plus d'un siècle avant Parmentier, grâce à Jean Bauhin (1541-1612), frère de Gaspard Bauhin et directeur des « Grands-Jardin » de Montbéliard, la patate était consommée pour pallier la famine qui sévissait dans le Comté de Montbéliard indépendant et devenu français en 1793. Cette année même, Grand Dictionnaire de Cuisine, Alexandre Dumas, p. 455..

Par la suite, Parmentier réussit à obtenir l'appui des autorités pour inciter la population à manger des pommes de terre. Il fait notamment usage d'un stratagème resté célèbre : il fait monter une garde (légère) autour d'un champ de pommes de terre, donnant ainsi l'impression aux riverains qu'il s'agit d'une culture rare et chère, destinée au seul usage des nobles. Certains volent des tubercules, les cuisinent et les apprécient. Le roi Louis XVI le félicite en ces termes : . Leur emploi dans la cuisine populaire se développe alors très rapidement.

À la fin du , ² étaient consacrés en France à la culture de la pomme de terre. Un siècle plus tard, en 1892, cette surface était passée à . Peu avant la Révolution, l'agronome Jean Chanorier développe cette culture sur ses terres de Croissy-sur-Seine.

En France, le 25 nivôse an II (), la Convention, confrontée à l'insuffisance des réquisitions de blé et aux émeutes, adopte la loi relative à la culture de la pomme de terre qui demande la généralisation de cette culture dans le pays. L'article premier de cette loi dispose que :

Évolution et structure de la production upright=2|left|thumb|Évolution de la production française de pommes de terre de 1961 à 2009. La production française de pommes de terre a sensiblement diminué au cours des dernières décennies. Selon les statistiques publiées par la FAO, elle est passée de 14,3 millions de tonnes en 1961 à 7,16 Mt en 2009, diminuant pratiquement de moitié. En fait, après avoir connu son minimum historique à 4,33 Mt en 1976 (année de forte sècheresse en été au cours de laquelle le rendement moyen fut égal à 15,3 t/ha, revenant à son niveau de 1962), puis à 4,75 Mt en 1990 (deux années de sécheresse en 1990 et 1991 ont fait chuter le rendement moyen), elle s'est légèrement redressée et stabilisée depuis le début des années 1990. Dans le même temps la surface emblavée était divisée d'un facteur égal à 5,4, passant de à , tandis que le rendement moyen était multiplié par 2,7, passant de 16,1 à 43,8 tonnes par hectare..

Cette forte augmentation du rendement est liée à de multiples facteurs : nouvelles variétés plus productives, plants de meilleure qualité (élimination des virus qui affaiblissaient considérablement la production), meilleure maîtrise des techniques agronomiques (préparation du sol, désherbage chimique, développement de l'irrigation, etc.), réduction des pertes à la conservation (réfrigération, traitements anti-germinatifs..). Elle s'explique aussi en partie par la concentration de la production dans les régions les plus fertiles et les plus favorables à cette culture (Nord, Picardie, Champagne).

Répartition géographique de la production thumb|Répartition géographique de la production totale de pommes de terre en 2009. La production française de pommes de terre est fortement concentrée dans la partie nord du pays (Nord et bassin parisien) où se trouve aussi l'essentiel de l'industrie de transformation. Les trois premiers départements producteurs sont en 2009 la Somme (1,5 Mt), le Nord (1,2 Mt) et le Pas-de-Calais (0,95 Mt), soit 51 % du total national. La production de plants est localisée principalement dans les régions littorales, en Bretagne (Finistère) et dans le Pas-de-Calais, tandis que celle des primeurs se répartit sur le littoral, du Pas-de-Calais aux Landes en passant par le Finistère et la Charente-Maritime, dans le Centre, ainsi que dans les régions méridionales (Pyrénées-Orientales). .

Variétés et indication géographique Variétés thumb|Tubercules de Ratte.

De nombreuses variétés de pomme de terre sont cultivées en France. Environ 200 variétés (alors qu'on en compte plusieurs milliers au niveau mondial) sont inscrites au catalogue officiel des espèces et variétés de plantes cultivées en France, mais d'autres variétés appartenant au catalogue communautaire sont également cultivées, ainsi que quelques variétés traditionnelles.

Le catalogue officiel français est géré par le comité technique permanent de la sélection (CTPS) et répertorie les variétés ayant satisfait aux tests DHS (Distinction, Homogénéité, Stabilité) et VATE (Valeur Agronomique Technologique et Environnementale), préalables à l'autorisation de commercialisation, et ce pour les listes ASemences multipliées en France en vue de leur commercialisation en France. et BSemences multipliées en France en vue de leur exportation..

Les principalesc'est-à-dire multipliée sur plus de 300 hectares. variétés multipliées pour la production de plants certifiés étaient, en 2009, les suivantes : Spunta, Bintje, Charlotte, Agata, Kaptah Vandel, Monalisa, Amyla, Atlas, Kardal, Caesar, Amandine et Safrane.

Parmi les variétés traditionnelles, certaines sont revenues au goût du jour depuis quelques années comme la 'Ratte', la 'Bonnotte de Noirmoutier' ou la 'Vitelotte'. Depuis l'arrêté du , six variétés anciennes : 'Bleue d'Auvergne', 'Bonnotte de Noirmoutier', 'Early Rose', 'Fleur de pêcher', 'Rouge de Flandre' et 'Vitelotte noire', ainsi que 'Catarina' créée en 1966, ont été inscrites au Catalogue officiel comme « variétés de conservation » (liste C« Variétés de conservation » en application de la directive 2008/62/CE de la Commission du 20 juin 2008 introduisant certaines dérogations pour l’admission des races primitives et variétés agricoles naturellement adaptées aux conditions locales et régionales et menacées d’érosion génétique, et pour la commercialisation de semences et de plants de pommes de terre de ces races primitives et variétés (Journal officiel de l’Union européenne L 162/13 du 21 juin 2008.) pour une durée de dix ans. Leur maintien est assurée par la fédération nationale des producteurs de plants de pommes de terre (FNPPPT), publié au JORF du ..

Indications d'origine Plusieurs productions locales de pommes de terre en France sont distinguées par des indications géographiques qui relèvent selon le cas des labels de qualité (AOC/AOP, IGP, label rouge) soit de marques commerciales..

Les appellations, recensées par l'INAO, sont les suivantes : Pomme de terre de l'île de Ré (AOC/AOP, 2000) Béa du Roussillon (AOC/AOP, 2006) Pommes de terre de Merville (IGP, 1996) Pomme de terre à chair ferme Belle de Fontenay (label rouge, 1999) Pomme de terre Manon spéciale frites (label rouge, 2009) Pommes de terre à chair ferme Pompadour (label rouge, 2001) Plants de pomme de terre Label rouge (label rouge, 1999)

Industrie de la pomme de terre