Iouri Pavlovitch Kazakov (en ) est un écrivain, nouvelliste et scénariste soviétique né le à Moscou (RSFSR, URSS) et décédé le à Moscou.

Biographie Iouri Kazakov, fils d'Oustinia Andreïevna () et de Pavel Gavrilovitch (), naît dans un milieu ouvrier originaire des environs de Smolensk, où ses grands-parents étaient paysans. De 1930 jusqu'en 1964, la famille habitera au 30 de la Rue Arbat à MoscouCette maison porte aujourd'hui une plaque commémorative gravée par Guennadi Pravotorov.. Alors que Iouri a six ans, en pleine période de terreur stalinienne, son père est arrêté pour non-dénonciation de crimele père de Iouri Kazakov avait omis de dénoncer un homme qui décrivait les horreurs de la collectivisation et déporté dans un camp du Goulag à Louza dans l'oblast de Kirov ; il ne sera réhabilité qu'en 1956. Dès lors sa famille vivra chichement, mais cela n'empêche pas Iouri de continuer ses études dans une école professionnelle d'élite, d'où il sort diplômé en génie civil en 1946. Pendant la Bataille de Moscou (-), lors des bombardements, alors qu'il luttait contre les bombes incendiaires sur le toit de sa maison, il est contusionné et traumatisé par l'explosion d'une bombe au 26 de la Rue Arbat, sur le Théâtre Vakhtangov. Il devient bègue. Il évoquera cette terrible période dans un ouvrage posthume paru en 1986 : Deux nuits ou La séparation de l'âme. Une situation familiale difficile, la guerre, les études ne l'empêchent pas de commencer à écrire dès 1940 de la poésie en prose ou en vers, des pièces de théâtre qui ne seront pas retenues par les éditeurs. Il collabore aussi au journal Le sport soviétique.

En 1944, il se met à étudier la musique, puis en 1946, entre à l'Académie russe de musique Gnessine où il apprend à jouer de la musique classique au violoncelle et à la contrebasse. Avant de sortir diplômé de cette école en 1951, il retourne en 1947 visiter son village natal, là où ses grands-parents, son père, sa mère avaient vécu. Par les histoires que sa mère lui avait racontées il était imprégné de tendresse pour cette terre qu'ils avaient quittée : il n'y trouve plus que des ruines, des fosses communes et la végétation qui a repris le dessus. À la sortie de ses études de musique, il est embauché immédiatement dans l'orchestre du Théâtre d'art de Moscou. Il devient professeur au conservatoire, enseigne dans des écoles de musique, joue dans différents orchestres symphoniques (dont celui du Bolchoï) ou de jazz, musique pratiquement inconnue en URSS à cette époque, travaille au noir comme instrumentiste dans des groupes qui animent des pistes de danse. Il lui faut bien vivre, ne trouvant pas, en tant que fils d'un condamné, de travail à temps complet dans le génie civil.

En 1952, il abandonne la musique pour se consacrer à l'écriture. En 1953, il entre à l'Institut littéraire Maxime-Gorki où il est conseillé par Nikolaï Zamochkine. Malgré la concurrence des 50 autres élèves de la promotion, il en sort diplômé en 1958 avec des notes moyennes. Au cours de ses études, il participe à plusieurs séminaires : l'un dirigé par le dramaturge Boris Romachov, d'autres par Constantin Paoustovski, Victor Chklovski, Pavel Antokolski et Vera Panova. Cependant, malgré la participation d'enseignants prestigieux, il dira plus tard de cette période qu'elle s'est avérée en grande partie improductive, beaucoup de temps y étant gaspillé en activités formelles. Néanmoins pendant ses études de littérature, si l'on en juge par la liste, incomplète, des œuvres qui suit, il écrit et publie de nombreuses histoires dont beaucoup sont influencées par les voyages en Russie septentrionale qu'il effectue pendant les vacances scolaires de l'institut. En 1956, il rend visite à son père en exil : celui-ci, après sa réhabilitation, choisit de rester sur place pour travailler dans une scierie, mais aussi pour pratiquer son loisir favori : la chasse. D'ailleurs il l'accompagne car lui aussi aime ce sport ; n'a-t-il pas déjà économisé pour s'acheter un fusil de chasse ? On retrouve ce thème dans sa nouvelle À la chasse.

Il voyage le long des rives de la Mer Blanche, à travers la Carélie, les oblasts d'Arkhangelsk et de Mourmansk, la Péninsule de Kola, la Nouvelle-Zemble, suit les rives de la Petchora. Il en profite pour étudier et observer la vie des Pomors, des autochtones parmi lesquels des marins, des pêcheurs sur chalutiers, des chasseurs... En osmose avec la nature, il fait de l'alpinisme, chasse, pêche, marche, dort au contact de la population parmi laquelle il rencontre des personnages souvent solitaires et déçus qui ne mènent pas la vie rangée de la plupart des citoyens, rongés par la culpabilité, vivant dans d'immenses étendues, des contrées désolées au climat rude, à la clarté crépusculaire ; ces éléments donnent à ses nouvelles pleines d'émotion un ton désenchanté, mélancolique mais compensé par l'évocation d'une nature impressionnante. Des critiques ont décelé dans sa production les influences d'Anton Tchekhov, d'Ivan Tourgueniev et surtout d'Ivan Bounine. Son travail est apprécié par des écrivains chevronnés qui le lui témoignent par écrit, comme Victor Chklovski, Ilya Ehrenbourg, Vera Panova, Efim Dorosh, Evgueni Evtouchenko, Mikhaïl Svetlov, Victor Konetski, et Constantin Paoustovski qui publie à son sujet, dans la Literatournaïa gazeta, un article élogieuxYoung Soviet Writers About Themselves (1962). En 1958, l'année de sa sortie de l'Institut, présenté par Zamochkine, il est admis à l'Union des Écrivains. Mais certains, et notamment les autorités, désavouent son pessimisme qui ne respecte pas la ligne idéologique en vogue ; on lui reproche son pessimisme et la veulerie de ses personnages (personnages et non héros). On cessera de le publier dans son pays à partir de 1959 ; mais en 1960 il est publié en Italie, et en 1963 en Allemagne. Il est également publié au Royaume-Uni et au Kazakhstan.

En 1966, il entreprend un pèlerinage aux îles Solovki dont il relate les impressions dans un article paru dans la Literatournaïa gazeta. En retour, il reçoit des centaines de lettres de personnes désirant s'installer et travailler dans cette région.

En 1967, Kazakov est publié en France. La même année, il est invité à Paris par le Syndicat des écrivains français. Il y rencontre Boris Zaïtsev et les émigrés russes qui lui en apprennent beaucoup sur la Russie traditionnelle. Il tente également de réunir documents et témoignages pour le livre sur Ivan Bounine. Pendant ce voyage, il réussit aussi bien à ne pas se montrer comme propagandiste du régime soviétique que de ne pas se laisser séduire par les flatteries de ses collègues occidentaux.

En 1968, il signe une pétition en faveur des participants de la manifestation du sur la place Rouge à Moscou contre l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie. Il s'en tire avec un avertissementÉvolution de la politique littéraire soviétique: XX-XXVII Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique par Dauphine de Montlaur Sloan page 139.

Il poursuit après 1968 la rédaction du Journal du Nord, choses vues constitué de 10 ans d'ajouts de nouveaux chapitres. Le dernier sera consacré à l'artiste d'origine nénètse Tyko Vylka, qui l'inspira pour écrire Le Garçon de la fosse à neige et le scénario du film Le grand samoyède.

Marié à Tamara Mikhaïlovna Kazakova, il en a eu un fils, héros principal avec lui-même de sa nouvelle autobiographique En rêvant, vous avez pleuré. Il était aussi très attaché à son chien, un épagneul appelé Chife qui l'a accompagné pendant douze ans. Les cinq dernières années de sa vie, déprimé, il ne publie presque plus rien et se met à boireYu.P.-SovLit.com-Encyclopédie des auteurs soviétiques. Il quitte sa maison de Moscou en 1964 pour habiter sa datcha d'Abramtsevo. Selon le témoignage de Youri Naguibine, après la mort de Kazakov, sa datcha a été pillée et de nombreux manuscrits ont disparu.

Iouri Kazakov a aussi écrit des essais sur Mikhaïl Lermontov et sur Constantin Aksakov.

L'écrivain est inhumé au cimetière Vagankovo.

Œuvres 1952 : Le nouveau tour, pièce en un acte 1954 : Une matinée tranquille , nouvelle 1954 : La petite gare , nouvelle 1955 : Nocturne , nouvelle 1955 : La maison sous la falaise , nouvelle 1956 : Teddy: histoire d'un ours , nouvelle 1956 : La laide , nouvelle 1956 : Le bleu et le vert , nouvelle 1956 : À la chasse , nouvelle 1957 : La belle vie , nouvelle 1957 : Les secrets de Nikichka , nouvelle 1957 : Dans le brouillard , nouvelle 1957 : Martha l'Ancienne , nouvelle 1957 : Arcturus, chien courant , nouvelle dédiée à M. M. Prichvine 1958 : Manka , nouvelle dédiée à Constantin G. Paoustovski 1958 : Les vieux , nouvelle 1958 : Les Cornes de Renne , nouvelle 1959 : La sonnerie du bréguet , nouvelle 1959 : Trali-lali , nouvelle 1960 : Les Kabiasses , nouvelle 1960 : Une ville, nouvelle 1960 : Journal du Nord, choses vues , essais. On donne toute une série de dates, jusqu'en 1977, pour cette œuvre. C'est une série de travaux sous le même titre écrits à différentes époques. Journal du Nord dans l'édition française indique 1960 donc ce serait une traduction du début de cette œuvre. 1961 : En route , nouvelle 1961 : Les chevrons 1961 : Regardez ce chien qui trotte! , nouvelle 1961 : Un automne sous les chênes , nouvelle 1961 : L'odeur du pain, nouvelle - : Sur banc de Mourmansk , nouvelle 1962 : À deux en décembre , nouvelle 1962 : Adam et Ève , nouvelle 1962 : L'île , nouvelle 1963 : Je pleure et me lamente , nouvelle 1963 : Bed 1964 : Ce Nord maudit , nouvelle 1965 : Nestor et Kir , nouvelle 1966 : Sur le courage de l'écrivain, essais 1972-1976 : Un garçon de la fosse à neige 1973 : Svechechka 1973 : Bougie, nouvelle 1977 : Venez Lopshengu 1977 : En rêvant vous avez pleuré, nouvelle 1980 : Antlers

Œuvres dont les dates de création n'ont pas été trouvées : Le Kalevala , nouvelle Les souliers roses. Récit d'un cordonnier , nouvelle Le pèlerin , nouvelle Une halte Dolgi Kriki Belouga, essai Départ, essai Pas de coup, pas de gryoukou, nouvelle

Dates des publications posthumes dont les dates de création ne sont pas connues : 1985 : Mémoires 1986 : Deux nuits ou La séparation des âmes 1990 : Encore une fois, n'oubliez pas Leningrad 2008 : Beaucoup de cris d'Irkoutsk

Traductions en russe d'œuvres en langue kazakhe d'Abdéjamil Nourpéissov dont les dates n'ont pas été trouvées : Le crépuscule traduit en français par Lily Denis Les cendres de l'été traduit en français par Lily Denis La saison des épreuves traduit en français par Lily Denis

Traductions françaises (Liste non exhaustive)

La Belle vie, Gallimard Mayenne, 1964 (trad. Lily Denis). On y trouve tous les titres signalés par un dans la liste des œuvres Teddy : Histoire d'un ours, L'École des Loisirs, 1986 (trad. Alain Cappon, illustr. Bernard Jeunet) La petite gare et autres nouvelles, Gallimard, 2000 ; Gallimard, 1962 (Littératures soviétiques); Édition bilingue : Gallimard, 2009 (Folio bilingue) . On y trouve tous les titres signalés par un dans la liste des œuvres Ce Nord maudit et autres nouvelles, suivies de Journal du Nord, Gallimard, 1967 (trad. Lily Denis). On y trouve tous les titres signalés par un dans la liste des œuvres Au cinéma Adaptations de ses écrits 1968 : Aimer réalisé par Mikhaïl Kalik et Inna Toumanian; Le sketch est l'adaptation de Un automne sous les chênes. 1992 : A l'arrêt (На полустанке ). réalisé par . 1995 : Arcturus, chien courant (Арктур — гончий пёс). téléfilm réalisé par adaptation de l'histoire ainsi nommée. 1999 : Ecoute s'il pleut, (Послушай, не идёт ли дождь). réalisé par .

Scénariste 1970 : Roi ,maïtre de la piste (Король манежа). réalisé par Iouri Tchoulioukine est l'adaptation de Teddy : l'histoire d'un ours. 1970 : Bleu et vert (голубое и зелёное). réalisé par adaptation de l'histoire ainsi nommée. 1981 : réalisé par et consacré à l'artiste soviétique nenets . 1984 : Manka (Манька). réalisé par et Anatoli Stepanovitch Nikitine. 1990 : Chanceux (Счастливчик)., court métrage réalisé par .

Postérité