150px|vignette|Un clap aux couleurs du drapeau grec. Le cinéma grec, recouvrant les productions cinématographiques réalisées en Grèce ou considérées comme grecques, est surtout connu par ses grands réalisateurs que sont Theo Angelopoulos, Michel Cacoyannis, Costa-Gavras et Jules Dassin et les grandes actrices Melina Mercouri et Irène Papas. Il existe en 2012 un peu plus de films grecs connus et conservés, la plupart uniquement destinés à la diffusion nationale.
Les premières projections de films, des frères Lumière, eurent lieu dès à Athènes. Les premiers films tournés sur le territoire actuel de la Grèce, en 1897, sont attribués à Frederic Villiers. Les frères Manákis, pionniers du cinéma dans les Balkans, filmèrent l'actualité et le folklore. Après quelques courts métrages du comique Spyridion en 1911, le premier long métrage grec attesté, inaugurant le genre typiquement grec du « film en fustanelle », fut Golfo de Kostas Bahatoris, sorti en 1914. Au début des années 1930, Daphnis et Chloé (1931) d'Orestis Laskos proposa des scènes de nu ; L'Amoureux de la bergère (1932) de Dimitris Tsakiris fut un des premiers films parlants grecs et Corruption sociale (1932) de Stelios Tatassopoulos fut le premier film grec engagé politiquement. Ensuite, le cinéma grec entra en crise, pour des raisons techniques et financières en partie liées à l'avènement du parlant. La production fut même délocalisée en Égypte.
Après une production peu active pendant la période de la guerre, le cinéma grec se développa dans les décennies suivantes grâce, entre autres, au grand studio de production Finos Film et aux réalisateurs comme Yórgos Tzavéllas ou Alékos Sakellários. Le nombre de films produits augmenta fortement. La vogue du mélodrame déboucha sur des réalisations néoréalistes. Stella, femme libre de Michel Cacoyannis en 1955 fut un tournant. Sur une trame de mélodrame néoréaliste, il mêlait habilement les cultures grecques antique et moderne, le tout porté par son actrice principale Melina Mercouri, ouvrant ainsi une nouvelle ère du cinéma grec. En 1956, ce fut encore un Amoureux de la bergère (d'Ilías Paraskevás) qui fit l'histoire en étant le premier film grec en couleurs.
Dans les années 1960, le cinéma grec connut ce qui est considéré comme son apogée avec jusqu'à plus de cent films par an et jusqu'à d'entrées en 1968. Ce fut aussi l'« âge d'or » de la comédie grecque. Cependant, ces films peu originaux furent produits à la chaîne pour des raisons de divertissement et commerciales. En parallèle, les pistes ouvertes par Cacoyannis furent suivies par de nouveaux réalisateurs, permettant la naissance d'un véritable cinéma intellectuel grec. La dictature des colonels fut une période de transition. Le cinéma populaire disparut face à l'arrivée de la télévision et des grandes productions hollywoodiennes. En parallèle, la censure mit un coup d'arrêt au cinéma d'auteur qui cependant rebondit dans les dernières années du régime en réussissant à contourner les interdits. Ce qui est depuis appelé le « Nouveau cinéma grec » s'imposa dans les années 1970, avec des affrontements entre anciens et nouveaux, principalement au festival de Thessalonique.
Le Nouveau Cinéma grec connut un immense succès critique et multiplia les prix dans les festivals partout dans le monde. Cependant, il atteignit ses limites sur les plans du financement et de la diffusion, au début des années 1980. Il fut alors sauvé par le Centre du cinéma grec qui, réformé par la ministre de la culture Melina Mercouri, lui assura un financement pérenne. Très vite, ce qui fut considéré comme une nouvelle mainmise étatique sur la production cinématographique du pays, fut fortement critiqué, avec de nouveaux remous au festival de Thessalonique. Du milieu des années 1980 au début des années 2000, le cinéma grec connut un passage à vide, à l'exception des succès de Theo Angelopoulos, avant un renouveau à la fin de cette dernière décennie. De jeunes auteurs, comme Athiná-Rachél Tsangári, Pános Koútras, Yórgos Lánthimos, Fílippos Tsítos, Constantínos Giánnaris qui s'éloignent des structures traditionnelles de financement et de création sont à nouveau récompensés dans les festivals internationaux.
Histoire Origines La première projection publique connue remonte au : des films des frères LumièreL'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat ; La Sortie de l'usine Lumière à Lyon ; La Place des Cordeliers à Lyon ; Le Repas de bébé ; etc. furent projetés par Alexandre Promio dans une petite salle aménagée pour l'occasion à Athènes. Pendant le mois qui suivit, seize projections eurent lieu chaque jour puis Promio partit pour Constantinople. Des projections eurent ensuite lieu à Thessalonique (). En 1899, les frères Psychoule, originaires de Volos, installèrent leur projecteur, le premier à appartenir à des Grecs, au théâtre des Variétés, rue Stadiou à Athènes. Ils proposaient des courts-métrages dans le programme de music-hall du théâtre. Ils partirent ensuite en tournée en province. Les propriétaires des cafés autour de la place Syntagma s'associèrent l'année suivante avec divers entrepreneurs qui importèrent des projecteurs et organisèrent des projections. Une rude concurrence eut alors lieu entre les cafés qui cherchaient à attirer les clients avec les dernières nouveautés cinématographiques françaises puis italiennes. Les cafés du Pirée suivirent cet exemple au printemps 1901. Le théâtre Orpheus d'Ermoúpoli sur Syros offrit la première programmation régulière de films en Grèce à partir de . Enfin, le théâtre Olympia de Thessalonique fit de même en 1903. Les premières installations définitives de projecteurs de cinéma dans des théâtres datent de 1903. En 1908, quand le centre-ville d'Athènes fut électrifié, Evangelos Mavrodimakis, homme d'affaires originaire de Smyrne, créa la première salle exclusivement consacrée au cinéma, le Théâtre du monde, rue Stadiou, qui allait devenir la rue principale des salles de cinéma d'Athènes. Le programme proposait huit courts-métrages accompagnés au piano, parfois par un orchestre complet avec des chanteurs vedettes invités. En 1911, Yannis Synodinos, lui aussi homme d'affaires smyrniote, qui avait déjà investi dans des projecteurs de cafés au Pirée, ouvrit dans ce port la première salle de cinéma, l'Olympia. À partir de 1912, au fur et à mesure de l'électrification de la capitale, les salles se multiplièrent (Attikón, Pallas, Splendid sur Stadiou) ; le Panthéon s'installa dans le quartier bourgeois et le Panorama en banlieue populaire. En parallèle, dans la tradition du karaghiosis (théâtre d'ombres), de nombreuses salles en plein air furent créées. La plus célèbre d'Athènes, le Rosi-Clair, ouvrit en 1913.
thumb|alt=photographie couleurs : une statue en bronze d'un homme derrière une caméra ancienne|Statue de Miltos Manákia à Monastir.
Les premiers films tournés sur le territoire actuel de la Grèce, en 1897, au cours de la « guerre de Trente Jours », sont attribués à Frederic Villiers voire à Georges MélièsCependant, il existe une discussion entre historiens du cinéma quant à la réalité du tournage en Grèce par Méliès. Certains considèrent qu'il a tourné en Grèce puis retravaillé dans ses studios ; d'autres qu'il a tout fait dans ses studios. ; .. Un Américain dont le nom n'a pas été conservé, a tourné des images d'Athènes en 1904. Un opérateur, appelé S. Léon (ou Léons), vint spécialement du Caire pour la Gaumont, filmer les Jeux olympiques intercalés de 1906 à Athènes. Il fonda une maison de production. L'année suivante, il tourna un nouveau reportage, La Fête du roi Georges . Il tourna aussi des documentaires scientifiques pour l'hôpital Evangelismos de la capitale (dont un sur la césarienne, encore conservé dans les archives de l'hôpital). En 1910, un opérateur Pathé, Joseph Hepp, qui fit une très longue carrière dans le pays, s'installa à Athènes. Il commença comme projectionniste pour la salle Panhellinion, puis il tourna des films d'actualités tel que Petits Princes dans le jardin du palais (dont ne subsiste que quelques fragments), à la demande du roi Georges qui bientôt le nomma « Photographe et cinématographe royal » . Un des collaborateurs de Hepp, le réalisateur Dímos Vratsános, avait fondé en 1904 le premier journal de cinéma grec qui parut sporadiquement jusqu'en 1936.
Les frères Yannakis et Miltos Manákis, originaires de Macédoine puis installés à Monastir, sont considérés comme des pionniers du cinéma dans les Balkans. À ce titre, ils sont revendiqués par les différents pays qui, depuis, se sont partagé la région, dont la Grèce. Ils réalisèrent surtout des films d'actualités (Pendaisons des Macédoniens insurgés contre le pouvoir ottoman en 1907, des scènes du Mouvement des Jeunes Turcs en 1908 ou Voyage du sultan Mohamed V Rechad à Thessalonique et à Monastir en 1911) ; ainsi que de nombreux documentaires sur la vie quotidienne en Macédoine au début du (ainsi, en 1905 : Les Fileuses, en 1906 : Un Mariage valaque ou en 1908 : Une Foire à Grevena). Leurs films sont très lents, proches encore de la photographie dont ils se revendiquaient. En fait, les premières images du cinéma grec étaient encore marquées, tout comme la peinture de l'époque, par l'influence des icônes byzantines.
Des courts-métrages comiques inspirés des équivalents américains (Max Linder, Mack Sennett ou Charlie Chaplin) fleurirent aussi au début des années 1910. Les plus célèbres furent ceux de l'acteur de music-hall Spyridion Dimitrakopoulos, dit Spyridion, inspiré (vu sa corpulence) par Roscoe "Fatty" Arbuckle. Il créa sa propre maison de production Athina Films en 1910. Il tourna son premier film en 1911 : Quo Vadis Spyridion ? puis, la même année Spyridion caméléon suivi de Spyridion bébé. De ces trois films, on ne connaît plus que quelques images. Il continua ensuite dans la même veine. Le premier long-métrage grec, Golfo, fut réalisé en 1914 par Kostas Bahatoris et Filippo Martelli qui réalisait déjà les Spyridion. Bahatoris, homme d'affaires originaire de Smyrne, avait été inspiré par les films historiques italiens. Il adapta à l'écran une pièce de théâtre à succès qui raconte les amours d'un berger partagé entre la fille d'un notable et une pauvre bergère. Golfo fut aussi le premier d'une longue série de « films en fustanelle », films historiques tirant leur nom de l'habit traditionnel et « folklorique » du grec. Le film, considéré comme perdu depuis 1931, coûta drachmesÀ titre de comparaison, la rénovation du stade panathénaïque pour les Jeux olympiques d'été de 1896 a coûté un peu moins d'un million de drachmes. (Françoise Hache, Jeux olympiques. La flamme de l'exploit., Découvertes, Gallimard, Paris, 1992. , ). et fut un échec commercial. Bahatoris quitta le cinéma et partit s'installer à Paris en 1916. Le second long-métrage grec La Poupée de cire de Mihael Glytsos en 1916-1917 connut un sort similaire. Il fut un échec commercial malgré les sommes investies et fut assassiné par la critique.
Années 1920-1930