Adolphe Niel, né le à Muret domaine de Brioudes en Haute-Garonne et mort le à Paris, est un maréchal de France, également ministre de la Guerre et homme politique, l'un des plus proches de l'empereur Napoléon III.

Sorti de polytechnique en 1823, il est officier du génie en 1825. Capitaine en 1829, il participe au siège de Constantine en Algérie en 1837. Il dirige ensuite les fortifications de Saint-Denis de 1840 à 1846. Colonel en 1846, durant le siège de Rome en 1849, il conduit les travaux du siège de la ville. En 1852, il entre au Conseil d'État. Général de division en 1853, aide de camp de l'empereur Napoléon III de 1855 à 1860, il commande en 1855 le génie de l'armée d'Orient durant la guerre de Crimée et assure la direction technique du siège de Sébastopol. Durant la campagne d'Italie en 1859, il s'illustre lors des batailles de Magenta et de Solferino. Fait Maréchal de France en , il devient ministre de la Guerre en 1867 et crée la garde nationale mobile en 1868.

Biographie Famille Adolphe Jean Casimir Niel naît le 12 vendémiaire de l'an XITables décennales, Archives départementales de Haute-Garonne, cote 2EIM3972. dans une famille d'ancienne bourgeoise dont on trouve l'établissement dans le comté de Comminges depuis le . Son père Joseph Niel est avocat au parlement de Toulouse.

En 1843, il épouse à Paris, à l'église Saint-Laurent, la fille d'un receveur des douanes, Clémence Maillères. De cette union naîtront deux enfants : LéopoldLéopold sera général de cavalerie et comte romain, titre autorisé en France, pour lui-même et sa mère, par décret du Président de la République en 1877., marié à Marthe Clary, dont postérité et Amélie, mariée au général Gaston Duhesme, sans postérité.

Formation Il est admis en 1821 à l'École polytechnique dont il sort en 1823 classé sur 64. La même année il intègre l'école d'application de Metz dont il sort major en 1825.

Siège de Constantine (1837) en Algérie Nommé lieutenant en 1827, Niel est promu capitaine en 1835. Il s'embarque en 1836 pour l'Algérie en tant qu'attaché à l'état-major du génie du corps expéditionnaire contre Constantine. Le jeune officier se distingue lors de la prise de cette ville en , ce qui lui vaut les félicitations du ministre de la Guerre après le rapport que fait le général en chef Valée le et d'être fait chevalier de la Légion d'honneur.

Expédition de Rome (1849) Niel est nommé au grade de colonel en 1846 et participe derrière le général Oudinot à l'expédition italienne de 1849 avec le titre de chef d'état-major du génie pour la campagne de Rome. C'est à lui que revient l'honneur de porter les clés de Rome au pape réfugié à Gaète. Il est promu général de brigade quelques mois plus-tard.

Guerre de Crimée (1854-1855) Il est général de division en 1853. En 1854, il est commandant en second de l'escadre qui s'empare de la place forte de Bomarsund lors de l'expédition de Baraguey d'Hilliers en mer Baltique. Niel est nommé aide de camp de Napoléon III à son retour en 1855. Envoyé par la suite en Crimée, il dirige l'investissement de SébastopolSiége de Sébastopol : Journal des opérations du génie, publié avec l'autorisation du ministre de la guerre, Adolphe Niel, ed. J. Dumaine, 1858. (1854-1855). Cette mission lui vaut d'être nommé commandant en chef du génie de l'armée d'Orient. À la suite de la prise de Sébastopol, il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur. vignette|redresse|Carpenedolo, plaque à la mémoire des maréchaux Canrobert et Niel.

Sénateur du Second Empire Il est nommé sénateur par l'Empereur en .

Campagne d'Italie (1859) Durant la campagne d'Italie, pendant laquelle il commande le , il se distingue à la bataille de Magenta en comme à celle de Solférino. En récompense de ses mérites d'homme de guerre et de ses talents de stratège, Napoléon III l'élève à la dignité de maréchal de France en puis le décore de la médaille militaire en juillet.

Ministre de la Guerre (1867-1869) En , il succède au maréchal Jacques Louis Randon comme ministre de la Guerre. Il entreprend une réforme de l'armée en vue de la moderniser malgré des oppositions : c'est la loi Niel, mais il meurt avant de l'avoir achevée. Il institue notamment la garde mobile, mise sur pied par la loi du Organisation de la garde nationale mobile : rapport à l'Empereur, Adolphe Niel, Paris, éd. J.-P. Risler, 1868.. Il dote par ailleurs les fantassins de l'excellent fusil Chassepot.

Il meurt à Paris en , des suites d'une intervention chirurgicale rendue nécessaire par l’aggravation de la maladie de la pierre dont il était atteint tout comme l'était l'Empereur. Les funérailles ont lieu à l'église des Invalides. Le char funèbre, attelé de six chevaux conduits par six palefreniers en grande livrée, traverse Paris pour se rendre du ministère de la Guerre aux Invalides. Le maréchal Niel repose avec d'autres membres de sa famille dans une chapelle du cimetière de MuretCimetières de France et d'ailleurs.

Le maréchal Niel était surnommé « le Poliorcète »<ref>Hippolyte Castille, Les chefs de corps de l'armée d'Italie. Les maréchaux Vaillant, Baraguey-d'Hilliers, Regnaud de Saint-Jean-d'Angély, de Mac-Mahon, Niel, avec portraits et autographes. Portraits historiques au , (11). Nouveau dictionnaire François (1836): Poliorcète s. m. Surnom qu'on donnait autrefois à un général qui avait la réputation de bien posséder l'art de l'attaque, et qui avait pris beaucoup de villes.</ref>.

vignette|redresse|Adolphe Niel

Autres fonctions politiques Il est également sénateur et président du conseil général de la Haute-Garonne.

Décorations Décorations françaises 200px|thumb|right|Adolphe Niel, maréchal de France. Détail du portrait de Charles-Philippe Larivière (1798–1876), 1860. 106px|Médaille militaire106px|Grand-croix de la Légion d'honneurMédaille commémorative de la campagne d'Italie (1859)|100px106px|Chevalier commandeur de l'ordre du Bain106px|Médaille de la Baltique106px|Médaille commémorative de Crimée106px|Chevalier de l'Ordre Suprême de la Très Sainte Annonciade (Savoie)106px|Chevalier de la Grand'croix de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare106px|Commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Georges de la Réunion106px|Commandeur-Grand'croix de l'ordre de l'Épée106px|Chevalier de la grand'croix de l'ordre de Frédéric106px|Grand-croix de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand106px|Chevalier de de l'ordre du Médjidié Médaille militaire () Grand-croix de la Légion d'honneur () Grand officier () Commandeur () Officier () Chevalier ()Cf. Annexe intitulée : Essai de biographie phaléristique du maréchal Niel de la thèse Adolphe Niel (1802-1869). Maréchal de France et Ministre de la Guerre : « Contre l’illusion d’une France qui gagne », Stéphane Faudais, citée en bibliographie.

Médaille d'Italie ().

Décorations étrangères La principale source utilisée pour l'établissement des décorations obtenues par le maréchal Niel provient d'une annexe intitulée : Essai de biographie phaléristique du maréchal Niel de la thèse Adolphe Niel (1802-1869). Maréchal de France et Ministre de la Guerre : « Contre l’illusion d’une France qui gagne », Stéphane Faudais, citée en bibliographie. Ces décorations sont visibles sur les clichés de Disderi et Crémière.

Chevalier commandeur de l'ordre du Bain (le ) ; Médaille de la Baltique (le ) ; Médaille commémorative de Crimée (le ) ; puis Grand-croix de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare () ; Chevalier de l'ordre de l'Annonciade () ; Grand-croix de l'ordre militaire de Savoie (en 1859);

Chevalier (le ) de l'Ordre établi le , par Ferdinand , Roi des Deux-Siciles, pour couronner la valeur et le mérite militaire. ;

Commandeur-grand'croix de l'ordre de l'Épée (le ) ; Chevalier de l'ordre des Séraphins (le ) ;

Chevalier - grand'croix de l'ordre de Frédéric (le ) ;

Grand-croix de l'ordre de Saint-Étienne de Hongrie (1867);

Médaille du siège de Rome (1849); Commandeur (le ), puis grand-croix (le ) de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand;

Chevalier de de l'ordre du Médjidié (le 17-) ; Chevalier de l'ordre de l'Osmanié (en 1867);

Grand-croix de l'ordre de la Tour et de l'Épée (le ).

Armoiries Image Blasonnement 100px Armes de la famille Niel D'azur, à un L d'or, surmonté d'un nid renfermant trois oiseaux d'argent.

Citation « Dans l'armée pour réussir il faut deux de ces trois choses: du savoir, du savoir-faire, du savoir-vivre »Citation de Niel relevé dans le Magasin Pittoresque, 1901..

Hommages thumb|right|Rose 'Maréchal Niel. À Muret, l'on trouve une statue du maréchal Niel sur les allées du même nom ; ainsi que plusieurs salles qui lui sont consacrées dans le musée Clément-Ader et des grands hommes ; à Toulouse, le palais Niel, la caserne Niel et la rue du Maréchal Niel ; à Paris, dans le , l'avenue Niel ; à Clermont-Ferrand, la rue Niel ; Une rose jaune obtenue en 1864 porte le nom de 'Maréchal Niel'.

Notes et références

Bibliographie Biographie du Maréchall Niel, Paris, éd. Impr. de Bénard, 1859. Le Temps du : Le Maréchal Niel, Georges Jannerot, . Le Figaro du : Chronique de Paris, Jules Richard, . Joseph Valynseele, Les maréchaux de Napoléon III, leur famille et leur descendance, Paris, 1980. Dictionnaire du Second Empire, Jean Tulard, Luce Abélès, éd. Fayard, 1995. Les Maréchaux de Napoléon III : Dictionnaire, Ronald Zins, éd.Horwath, 1996. Adolphe Niel (1802-1869). Maréchal de France et Ministre de la Guerre : « Contre l’illusion d’une France qui gagne », Stéphane Faudais, thèse d’histoire sous la direction du professeur Hervé Coutau-Bégarie, École Pratique des Hautes Études, Paris, Sorbonne, 2008. Christophe Marquez, Le Maréchal Niel'' (Revue de l'Association de sauvegarde du patrimoine muretain)

Annexes Articles connexes Loi Niel Palais Niel Avenue Niel Musée Clément Ader

Liens externes

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