Arthur Kleinclausz, né le à AuxonneActe de naissance d'Arthur Jean Kleinclausz : site des Archives départementales Auxonne 1867-1869, vue 372 (acte daté du 10 avril)., mort le à LyonArchives municipales de Lyon, arrondissement, année 1947, acte de décès , cote 2E3080, est un médiéviste français, spécialiste de la période carolingienne, professeur aux universités de Dijon (1897-1904), puis de Lyon, qui s'est aussi intéressé à l'histoire de la Bourgogne et à l'histoire de Lyon.

Biographie

Origine, formation et débuts professionnels Quoique né en Bourgogne, Arthur Kleinclausz est issu du côté paternel d'une famille alsacienne, de rang social modesteActe de mariage 1868..

Il est le fils d'Ignace Kleinclausz, né vers 1828 à Dauendorf (Bas-Rhin)Acte de mariage du 9 juillet 1868 à Saint-Seine-en-Bâche : AD 21 Saint-Seine 1867-70, vues 27-28. Les parents d'Ignace, défunts en 1868, étaient « laboureurs » à Dauendorf, soit : paysans aisés., et d'Anne Zélie Bergé, née vers 1846 à Saint-Seine-en-Bâche (Côte-d'Or)Les parents de Zélie sont qualifiés comme « propriétaires », soit un niveau un peu plus élevé que ceux d'Ignace.. En 1868-69, Ignace Kleinclausz est sergent maître cordonnierActe de mariage 1868. Ignace est donc bien dans l'armée, mais la qualification "militaire de carrière" n'est pas tout à fait appropriée. au Bataillon de Chasseurs à pied, en garnison à Auxonne. Arthur naît au domicile familial, situé dans la caserne.

Après son baccalauréatIl fait des études classiques (latin) pour lesquelles il a peut-être bénéficié du statut militaire de son père., il étudie à la faculté des Lettres de Lyon à partir de 1888. En 1891, il est reçu troisième (sur 15) à l’agrégation d’histoire et géographieAprès Georges Goyau et André Lichtenberger, voir ..

Il est d'abord nommé professeur d’histoire au lycée de BelfortSans doute après une année de service militaire en 1891-1892 (à vérifier).

L'université de Dijon et la thèse de doctorat En 1897, Arthur Kleinclausz est nommé à Dijon, où il est chargé de coursUn point à éclaircir : est-il à la fois professeur au lycée de Dijon et chargé de cours à l'université, ou nommé à l'université à part entière. Dans ce cas : avec quel statut ? à l’université. Le thème de son cours, « l'histoire de la Bourgogne et de l'art bourguignon », lui permet des incursions dans le monde médiéval.

En 1898, il épouseActe de naissance d'Arthur Kleinclausz : une mention ajoutée indique qu'il se marie le 14 mars 1898 avec Paule Marie Bayet à Paris (). à Paris la fille de Charles BayetPère de l'historien Albert Bayet, lui aussi spécialiste du monde carolingien.

Aux côtés d'Henri Hauser, professeur titulaire, il renforce, conformément aux préceptes de leurs collègues Charles-Victor Langlois et Charles Seignobos, l'utilisation par les étudiants du riche fonds d’archives de l’université de Bourgogne.

En 1902, il soutient à l'université de Dijon sa thèse sur L'Empire carolingien, ses origines et ses transformations, associée à une thèse complémentaire en latin sur les débuts de la Bourgogne capétienne.

Il est alors un des principaux spécialistes français de la période carolingienne. Très tôt, il est invité à participer à l’entreprise collective dirigée par Ernest Lavisse, L'Histoire de France depuis les origines jusqu'à la Révolution. Il est sollicité par Charles Bayet, et avec celui-ci et Christian Pfister, il contribue au tome II Le Christianisme, les Barbares ; Mérovingiens et Carolingiens, publié en 1903.

Il publie aussi, dès 1902, un premier ouvrage concernant l'histoire de la Bourgogne : Claus Sluter et la sculpture bourguignonne au siècleCf. SUDOC, notice 106784765, qui donne la date de 1902 pour la plus ancienne édition.

L'université de Lyon et les travaux ultérieurs En 1904, Arthur Kleinclausz est nommé professeur à l’université de Lyon. Il y retrouve le seiziémiste Jean Hippolyte Mariéjol dont il a été l’élève et dont il restera très proche. Il y exerce un long professorat jusqu’à sa retraiteDate à préciser (surtout quand on parle d'un historien)..

Durant les années 1900, il écrit deux autres ouvrages concernant l'histoire de la Bourgogne : Dijon et Beaune (1907), et surtout son Histoire de la Bourgogne (1909). Ce dernier livre donne lieu à une controverse avec Henri Hauser, qui dans une note critique, reproche à Arthur Kleinclausz de s'être servi sans précaution de travaux de Dom Merle, un de ses prédécesseurs sur le sujet ; celui-ci n’avait pas hésité à réécrire, sinon inventer, la perception locale des effets du traité de Madrid qui, en 1526, à la suite de la défaite de Pavie cédait la province aux Habsbourg.

À l'université de Lyon, Arthur Kleinclausz devient successivement assesseur, puis, en 1911, doyen de la faculté des Lettres. En tant que doyen, il sait conseiller et soutenir plusieurs promotions d’agrégatifs, dont certains deviendront à leur tour des universitaires de premier plan. En 1929, il pousse ainsi André Allix à choisir, pour sa thèse de géographie sur l’Oisans*André Allix, L'Oisans. Étude géographique : un pays de haute montagne, Armand Colin, Paris, 1929., un mémoire complémentaire d’histoire médiévale*L'Oisans au Moyen Âge : étude de géographie historique en haute montagne d'après des documents inédits, Honoré Champion, Paris, 1929. sur cette région, étude dont l’originalité est saluée par les spécialistes.

Parallèlement, jusque dans les années 1940, il poursuit ses propres recherches sur le monde carolingien, publiant plusieurs ouvrages : en 1934, son œuvre majeure, Charlemagne, encore rééditée en 2005 ; puis les biographies de deux contemporains de l’empereur, Eginhard (1942) et Alcuin (1948).

Il se consacre aussi à l'histoire lyonnaise, avec, à partir de 1939, la publication des deux premiers tomes d'une monumentale Histoire de LyonLes trois volumes sont publiés intégralement chez Masson (Lyon) entre 1939 et 1952..

Une personnalité lyonnaise de premier plan Dans l'entre-deux-guerres, Arthur Kleinclausz est une personnalité lyonnaise de premier plan qui ne refuse ni les honneurs, ni les responsabilités, à une époque où le maire de la ville est Édouard Herriot, normalien et agrégé de lettres.

Il devient membre de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon le .

Il prend de multiples initiatives dans la cité : président de la Commission des musées de la ville ainsi que de la Société des études locales de l’enseignement public, il participe par ailleurs, avec le soutien du conseil général du Rhône, à la création en 1923 de la Commission des études rhodaniennes, qui donne à la géographie, alors discipline supplétive de l’histoire, un statut de science à part entière.

Il participe aussi à la création de l’association des anciens élèves de la faculté des Lettres de Lyon dont il devient président.

Après son décès le , la personnalité et l'œuvre d'Arthur Kleinclausz sont saluées par le monde universitaireAndré Allix dans sa nécrologie publiée dans le bulletin de la Commission des études rhodanienne se remémore avec émotion de « cette haute et mince stature restée jusqu’à la fin si droite, ce regard lumineux, cette voix nette et claire, ces leçons dont l’ordonnance est toujours un modèle et fit tant de succès aux grands concours de l’enseignement public. ».

Décorations

Hommages Rue Arthur-Kleinclausz : Dijon et Lyon..

Ouvrages publiés par Arthur Kleinclausz Histoire de la Bourgogne Leçon d'ouverture du cours d'histoire de la Bourgogne, université de Dijon, 9 février 1897, Imprimerie Darantière, Dijon, 1897, 26 p. Claus Sluter et la sculpture bourguignonne au siècle, Librairie de l'Art ancien et moderne, Paris, 1902, 180 p. (réédition vers 1905Cf. SUDOC.. Quomodo primi duces capetaniae stirpis Burgundiae res gesserint, 1032-1162Soit : Comment les premiers duc de Bourgogne de la famille capétienne ont mené leurs affaires (traduction à vérifier), Barbier-Marilier, Dijon, 1902. Thèse complémentaire en latin. La Bourgogne, Editions du Cerf, Paris, 1905, 83 p. Histoire de Bourgogne, Hachette, Paris, 1909, VII+453 p. Prix Thérouanne de l'Académie française en 1910 Dijon et Beaune, Editions Laurens, coll. "Les villes d'art célèbres", Paris, 1907, 164 p.

Le monde carolingien L'Empire carolingien : ses origines et ses transformations, Ray (Dijon), Rousseau (Paris), Hachette (Paris), 1902, XVI+611 p. (réimpression de l'édition Hachette : Megariotis Reprints, Genève, 1979). Thèse de doctorat. Le Christianisme, les Barbares, Mérovingiens et Carolingiens, en collaboration avec Charles Bayet et Christian Pfister, dans : Ernest Lavisse, Histoire de France des origines à la Révolution, tome II, , coll. "Monumenta historiae", Paris, 1903 (réimpression : Tallandier, Paris, 1981, 466 p.) Charlemagne, Hachette, Paris, 1934, XXXIV+404 p. (réédition : Tallandier, Paris, 1977, 2005) Eginhard, Les Belles Lettres, Paris, 1942, 278 p. Prix du Baron-de-Courcel de l’Académie française en 1943 Alcuin, Les Belles Lettres, Paris, 1948, 318 p.

Histoire de Lyon Lyon des origines à nos jours. Les origines de la cité, Arthur Kleinclausz directeur, Masson, Lyon, 1925, XII+429 p. .

Divers La Provence, Hachette, coll. "Les pays d'art", Paris, 1930 Discours prononcé à la séance de clôture du Congrès des Sociétés savantes de Lyon le 27 avril 1935, Imprimerie nationale, Paris, 1935, 42 p.

Annexes Bibliographie Sur Arthur Kleinclausz Article "Arthur Kleinclausz", dans Qui êtes-vous ? Annuaire des contemporains. Notices biographiques, G. Duffy Éditeur, Paris, 1924Cf. Google Books ("Aperçu du livre", vue 417-418. La notice indique qu'Arthur Kleinclausz est professeur au lycée de Berlfort en 1892, au lycée de Dijon en 1897 et professeur à l'université de Dijon en 1902 ; que de son mariage est née une fille. André Allix, "Nécrologie d'Arthur Kleinclausz", dans Les Études rhodaniennes, 1948, n° 23-1, pages 80-82, disponible en ligne sur le site Persée

Sur des sujets annexes Raoul Blanchard, "La Commission des études rhodaniennes", dans La Revue de géographie alpine, 1924, n° 12-2, pages 339-342, disponible en ligne sur le site Persée

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Médiéviste français Catégorie:Empire carolingien Catégorie:Lauréat du prix Thérouanne Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1933 Catégorie:Naissance en avril 1869 Catégorie:Naissance à Auxonne Catégorie:Décès en décembre 1947 Catégorie:Décès dans le 3e arrondissement de Lyon Catégorie:Décès à 78 ans