La Fédération internationale catholique d'éducation physique et sportive (FICEP) est une organisation non gouvernementale internationale regroupant les fédérations sportives catholiques nationales européennes et africaines. Elle est fondée entre 1906 et 1911, sous le nom d'Union internationale des œuvres catholiques d'éducation physique (UIOCEP), à la demande du pape Pie X et à l'initiative conjointe des fédérations italienne, belge et française.
Elle est alors présidée par un garde noble du Vatican, Mario di Carpegna, qui laisse la place en 1919 pour se consacrer à la structuration du scoutisme catholique italien puis international. Entre les deux guerres, alors qu'on enregistre l'adhésion des pays d'Europe orientale, celle de l'Allemagne pose longtemps problème à la Belgique et aux Alsaciens de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France. Il faut toute la diplomatie de Félix van de Kerkhove et Armand Thibaudeau, respectivement président et secrétaire général, ainsi que la signature du traité de Locarno pour y aboutir en 1927.
Après la guerre 1939-1945, l'Union internationale des œuvres catholiques d'éducation physique devient la Fédération internationale catholique d'éducation physique et sportive. La décolonisation française entraîne l'adhésion d'une nouvelle nation, Madagascar et la chute du mur de Berlin le retour des nations d'Europe orientale disparues avec l'Armistice et la conférence de Yalta. En dépit de l'adhésion récente du Gabon, la Fédération internationale catholique d'éducation physique et sportive reste une fédération essentiellement européenne.
Historique thumb|left|upright=0.6|Le pape Pie X(1903-1914). upright=0.6|thumb|Mario di Carpegna, premier président de l’UIOCEP.
Confrontées à une forte pression politique anticléricale Walthère Frère-Orban en Belgique, Émile Combes en France les sections de gymnastique de la Fédération nationale des sociétés catholiques de gymnastique et d'armes de Belgique (FNSCGAB) et des patronages paroissiaux de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF) sont déjà regroupées en fédérations nationales quand le pape Pie X accorde en 1905 une entrevue à Pierre de Coubertin. Convaincu par le rénovateur des Jeux olympiques, le pape missionne aussitôt un de ses gardes nobles, Mario di Carpegna, pour créer la Fédération des associations sportives catholiques italiennes (FASCI). Ce qui est fait en 1906, à la suite d'un premier congrès associé à un concours qui a réuni à Rome dès l'année précédente 33 sociétés de gymnastique et 400 athlètes et cyclistes à l'appel du Vatican .
En 1906 puis en 1908 environ participants venus respectivement de France, de Belgique, d'Irlande, du Canada et d'Italie se rencontrent à Rome sous l'égide du pape qui émet le vœu de voir perdurer ces rassemblements européens de jeunes sportifs chrétiens. La France propose alors d'organiser la rencontre suivante en 1909 à Nancy mais le ministre de l'Intérieur fait pression sur la municipalité et il faut y renoncer ; le concours international se tient à Milan. Après ce premier échec, un concours international rassemble environ gymnastes à Nancy du au à l’initiative du , président fondateur de la .
Union internationale des œuvres catholiques d’éducation physique thumb|Plaque commémorative sur la maison natale du docteur Paul Michaux, à Metz. À cette occasion et sous l’impulsion de Paul Michaux, la création d’une union internationale est alors décidée par les nations présentes ou représentées. Une plaque commémorant cet évènement est apposée sur la façade de la maison natale du , 8 rue Mazelle à MetzSur cette plaque on peut remarquer que la lettre E, probablement oubliée lors de la gravure, ne figure pas dans le sigle UIOCEP. La désignation d'origine de la nouvelle institution ainsi créée sous la présidence du comte Mario di Carpegna est alors « Union internationale des œuvres catholiques d'éducation physique » (UIOCEP). Le comte, fondateur de la , est également membre de la garde noble du pape et sa présence marque tout l'intérêt du Vatican pour l'institution. Le baron de Dieudonné (Belgique) et Paul Michaux en sont vice-présidents, Charles Simon secrétaire général-trésorier. Il est convenu que son siège social soit celui de la , 5 place Saint-Thomas-d'Aquin à Paris. Les pays suivants participent à cette création : : la Fédération des associations sportives catholiques italiennes représentée par Mario di Carpegna ; : la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France représentée par Paul Michaux ; : la Fédération nationale des sociétés catholiques de gymnastique et d'armes de Belgique représentée par Robert Cardol ; : lElsaessicher Turnerbund fédération des sociétés alsaciennes représentée par Auguste Biecheler et considérée comme autonome et non comme organisation représentative d'un land allemand ; : la Fédération des sociétés catholiques de gymnastique et d'armes de Hollande ; : la Fédération des sociétés sportives catholiques de Suisse ; : la Société nationale de gymnastique du Canada représentée par le lieutenant Henri T.Scott ; : la Société catholique de jeunes gens d'Irlande. Celle-ci n'est alors que la représentante d'une province à majorité catholique de Grande-Bretagne puisque le Home Rule, premier pas vers l'indépendance, ne date que de 1914.
Les fédérations de Hollande et de Suisse, absentes, ont donné leur adhésion tandis que les États-Unis, la Colombie, l'Égypte, le Luxembourg et l'Espagne ont promis de rejoindre l'. Les présences de l'Alsace et de l'Irlande montrent que, là comme ailleursQuelques années plus tôt, Pierre de Coubertin accepte aux Jeux olympiques des équipes nationales relevant de territoires des empires russes ou austro-hongrois : Finlande, Tchécoslovaquie, ce rassemblement relève plus de l'ordre des initiatives et des engagements privés que d'un souci de représentation nationale. Les 13 et , les statuts et règlements sont définitivement fixés et adoptés à Rome. Le concours international organisé du 5 au pour l'année du Jubilé se heurte toujours aux manifestations hostiles des anticléricaux romains ce qui n'empêche pas, aux confins de l'année 1913, une première assemblée générale de l'association des athlètes dans la ville éternelle.
Dès la fin de la Première Guerre mondiale, en 1919, le comte di Carpegna abandonne ses fonctions pour se consacrer au scoutisme dont il a fondé la branche italienne dès et où son action prend une dimension internationale. La présidence revient alors au Belge Félix Van de Kerkhove. Sa présidence est inaugurée en 1920 par l'adhésion de la Yougoslavie. Cependant celle de la fédération allemande, la Deutsche Jugendkraft (DJK), n'est pas sans poser de problème aux Alsaciens de l'Elsaessicher Turnerbund qui a rejoint la l'année précédente. Il faut beaucoup de diplomatie à Paul Michaux pour persuader son ami Auguste Biecheler du bien-fondé de cette démarche. Avec l'adhésion de la Tchécoslovaquie en 1922, la question de la place des féminines dans le monde sportif catholique se pose avec les usages de l'''Orel qui les a déjà bien intégrées dans ses structures. Cette question, sans cesse débattue, ne trouve pas d'aboutissement avant la guerre et l’ reste résolument masculine. En 1927, en application du traité de Locarno, la entre enfin à l' ; elle est suivie de la fédération autrichienne Sportunion en 1929. En 1931, le français François Hébrard accède à la présidence. En dépit de contacts sérieux, l'adhésion de la Pologne n'aboutit pas avant son invasion.
Fédération internationale catholique d'éducation physique et sportive thumb|upright=0.6|logo historique de la . Le , à Zurich, l' change de nom et devient la Fédération internationale catholique d'éducation physique. François Hébrard en reste président et Armand Thibaudeau secrétaire général. La commission technique est confiée à Gabriel Maucurier. Une commission féminine est enfin créée avec Marie-Thérèse Eyquem comme présidente. Le siège reste, à Paris, celui de la , devenue Fédération sportive de France (FSF) cette même année 1947 puis Fédération sportive et culturelle de France (FSCF) en 1968. Les tentatives d'expansion géographique après la Seconde Guerre mondiale seront peu suivies d'effets : comme l' , la reste une fédération essentiellement européenne. L'Espagne n'y apparaît qu'en 1957 mais joue alors rapidement un rôle très important. Elle s'en retire vingt ans plus tard, après la mort de Francisco Franco.
En 1960, la Fédération internationale catholique d'éducation physique devient « Fédération internationale catholique d'éducation physique et sportive ». Cependant l'acronyme demeure inchangé. À la suite de la décolonisation française, la enregistre l'adhésion de Madagascar. En 1973, un premier camp international regroupe des jeunes venus des diverses fédérations affiliées. Depuis lors, cet évènement se déroule chaque année dans un pays différent. En 1980, la est reconnue comme organisation internationale catholique par le Conseil pontifical pour les laïcs. Elle bénéficie, auprès de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), du statut A : organisation non gouvernementale (ONG). À ce titre, elle participe en qualité d'observateur aux rencontres internationales.
La est membre : du Conseil international de l'éducation physique et sportive ; du Comité international pour le fair-play ; de l'Association des groupements et fédérations internationales sportives.
Après la chute des régimes communistes en 1989, la République tchèque en 1991 puis la Pologne en 1993 et la Slovaquie en 1994 réintègrent la . Celle-ci accueille ensuite le Cameroun en 1998 à la suite d'une action du Centre sportif italien. Du 28 au , la célèbre son , à Nancy, ville où s'est déroulé, cent ans plus tôt, le concours international fondateur de l'organisation. À cette occasion la Roumanie devient membre associé de la . En , pour marquer le de la , une équipe de 19 cyclistes, âgés de 17 à 72 ans, relie le siège social (Paris) à son lieu de création (Rome) soit kilomètres. Ce parcours effectué en 9 jours passe par le col du Mont-Cenis, les monts Passo del Bracco et le Montezemolo.
Fonctionnement Si les statuts sont rédigés les 13 et à Rome, l'activité de la reste toutefois étonnamment sous la seule responsabilité des fédérations jusqu'au moment de sa déclaration officielle en 1992, à l'initiative du secrétaire général français Jacques Gautheron, parue au Journal officiel le .
Comité directeur et assemblée générale Le comité directeur de la composé de huit membres est élu pour 4 ans. Le siège fédéral est resté depuis les origines celui de la à Paris mais la fédération dispose également d'un bureau administratif doté d'un secrétariat permanent au siège de Sportunion à Vienne. L'assemblée générale annuelle composée de tous les états membres est son instance de décision. Tous les deux ans, cette assemblée générale est élargie à un congrès qui réunit également sur plusieurs jours les commissions Sport, Jeunesse et Pastorale. Celui-ci se tient dans la semaine qui suit Pâques. En 1961, pour le cinquantième anniversaire, et en 1988 le congrès se tient à Paris au siège de l’.
Commissions techniques Au nombre de trois et composées d'experts proposés par les états membres, les commissions techniques sont placées chacune sous la présidence d'un membre du comité directeur.
La commission sportive est chargée d'organiser les rencontres et compétitions dans tous leurs aspects : établissement des règlements sportifs, choix des compétitions, transmission aux organisateurs. Si le français est la langue officielle, l'allemand se trouve, de fait, la langue d'usage. Sa mission principale est l'organisation et le contrôle technique des jeux de la qui se déroulent tous les quatre ans dans l'un des pays affiliés.