Le musée national de l'université fédérale de Rio de Janeiro (en portugais : Nom officiel, au Brésil. Voir la Coletânea da Legislação Arquivística Brasileira.) ou juste musée national, anciennement musée national de Rio de Janeiro, parfois nommé musée d'histoire naturelle ou par le nom du palais qui l'héberge, du parc qui l'entoure, voire du pays, est un musée, au sein d'un institut de recherche fondé en 1818, dont le siège est situé dans le bâtiment de l'ancien palais de Saint-Christophe à Rio de Janeiro, au Brésil. Spécialisé en histoire naturelle, anthropologie, ethnologie, archéologie et dans les nombreuses disciplines apparentées, cet établissement de recherche et de diffusion de la culture scientifique naturaliste est une partie intégrante de l'université fédérale de Rio de Janeiro depuis 1946.

L’appellation de « musée national du Brésil », parfois utilisée dans des médias internationaux est inhabituelle dans les documents officiels et dans la littérature scientifique, et ne permet pas de le distinguer du musée national Honestino Guimarães, situé à Brasilia, ou des autres musées nationaux brésiliens.

L'incendie de la nuit du 2 au 3 septembre 2018 a ravagé le bâtiment principal contenant la collection permanente et deux expositions temporaires, les archives institutionnelles, le matériel et les fonds de nombreux chercheurs, en plus, parmi d'autres, des documentations et collections des invertébrés, de paléontologie, d'archéologie et d'anthropologie, dont des enregistrements en langues vernaculaires d'Amérique du Sud uniques. Environ 18 millions d'objets ou d'unités documentaires conservés par l'institut pourraient avoir été détruits, selon la vice-directrice, Cristiana SerejoGustavo Goulart, « Museu Nacional: 1,5 milhão de peças escaparam do incêndio por estarem em outros prédios », dans O Globo, Rio de Janeiro, 6 septembre 2018..

Historique Le musée national a été créé par le roi du Portugal Jean VI en 1818 sous le nom de musée royal, dans le but de stimuler la recherche scientifique sur le territoire du Brésil. Initialement, le musée abritait des spécimens botaniques et animaux, notamment des oiseaux, ce qui a fait que le premier bâtiment où il a été implanté dans le centre de Rio de Janeiro, sera appelé par la population la « maison des Oiseaux » ().

Par la suite, avec le mariage du fils de Jean VI et premier empereur du Brésil, avec l'archiduchesse Marie Léopoldine d'Autriche, le musée commence à attirer les plus grands naturalistes européens du , tels que Maximilian zu Wied-Neuwied, Johann Baptist von Spix et Carl Friedrich Philipp von Martius. D'autres chercheurs européens qui ont exploré le pays, comme Auguste de Saint-Hilaire et le baron Georg Heinrich von Langsdorff, contribuent à augmenter les collections du musée royal.

À la fin du , reflétant les préférences personnelles de l'empereur , le musée national commence à investir dans les domaines de l'anthropologie, la paléontologie et l'archéologie. L'empereur lui-même, qui est un scientifique amateur passionné et un partisan enthousiaste de toutes les branches de la science, contribue à enrichir plusieurs des collections de l'art de l'Égypte antique (dont la collection de stèles), de fossiles botaniques, etc., qu'il acquiert au cours de plusieurs de ses voyages à l'étranger. De cette façon, le musée national se modernise et devient le plus important musée d'histoire naturelle et des sciences humaines d'Amérique du Sud.

Pierre II est bien conscient de la pénurie de vrais scientifiques et de naturalistes au Brésil. Il règle le problème en invitant des scientifiques étrangers à venir travailler au musée. Le premier à venir est Ludwig Riedel, un botaniste allemand qui a participé à l'expédition du baron von Langsdorff dans le Mato Grosso de 1826 à 1828. D'autres scientifiques suivent dont le chimiste allemand Theodor Peckolt et le géologue et paléontologue américain . Les années passant, le musée devient peu à peu célèbre et il attire plusieurs chercheurs étrangers qui souhaitent atteindre la stature scientifique par leur travail au Brésil, tels que Fritz Müller, Hermann von Ihering, Carl August Wilhelm Schwacke, , Emílio Augusto Goeldi, et d'autres, tous attirés par le directeur du musée .

Comme l'empereur était encore une figure très populaire quand il a été destitué par un coup d'État militaire en 1889, les républicains ont essayé d'effacer les symboles de l'Empire. Un de ces symboles, le palais de , la résidence officielle des empereurs, étant devenu vacant, en 1892, toutes les collections, objets de valeur et chercheurs du musée national ont été transférées dans ce palais où elles sont encore aujourd'hui.

En 1946, la direction du musée a été confiée à l'université du Brésil, qui est devenue maintenant l'université fédérale de Rio de Janeiro. Les bureaux et laboratoires de recherche occupent une bonne partie du palais et autres bâtiments érigés dans les jardins botaniques (), dans le parc . On peut y trouver une des plus grandes bibliothèques scientifiques de Rio. Actuellement, le musée national offre des cours de troisième cycle dans les domaines suivants : anthropologie, sociologie, botanique, géologie, paléontologie et zoologie. vignette|Le musée national en proie aux flammes, dans la nuit du 2 au 3 septembre 2018. Dans la nuit du 2 au , un incendie ravage le musée. La réouverture partielle du musée est envisagée pour 2022.

Collections

Le Musée national possédait une des plus grandes collections d’histoire naturelle et d’anthropologie d'Amérique latine, et était l’institution muséologique brésilienne possédant le plus grand nombre de biens culturels. Le musée comptait plus de 20 millions d'articles catalogués, répartis dans des collections de sciences naturelles (géologie, paléontologie, botanique et zoologie) et anthropologique (anthropologie, archéologie et ethnologie). Plusieurs fonds remontaient à des collections débutées au , tels que des objets de la « Casa dos Pássaros » (Maison des oiseaux) et de la « Coleção Werner » (collection Werner). Pendant plus de deux siècles, les fonds se sont développés grâce à des collectes et des fouilles, des échanges, des dons et des achats.

Il comprenait de vastes ensembles représentatifs de l'histoire naturelle et des productions humaines du Brésil, ainsi que d'autres parties du monde, ayant une grande valeur scientifique, historique et artistique, et à l'origine d'un grand nombre de recherches scientifiques, de thèses, mémoires et monographies. En raison de l'importance quantitative de la collection muséologique et de l'espace limité, seul un petit échantillon de cet ensemble (environ 3 000 objets) était en exposition permanente.

Il abritait en particulier des collections comprenant des animaux, insectes, minéraux, des collections autochtones d'ustensiles, de momies égyptiennes et des artefacts archéologiques d'Amérique du Sud, ainsi que des météorites et des fossiles.

En 2007, les collections de botanique (herbier de quelque , parmi lesquels ) ont été déménagées du palais vers un nouveau bâtiment construit pour abriter le département de botanique et ses collections..

Pertes lors de l’incendie de 2018

vignette|La météorite de Bendegó. Selon une déclaration du directeur adjoint du musée le au soir, l’incendie aurait détruit l'ensemble de la collection de l'impératrice Thérèse-Christine (près de sept-cents pièces gréco-romaines), des fresques de Pompéi, ainsi que les fonds linguistiques « Vice-diretor do Museu Nacional cita 'descaso' de vários governos e que incêndio destruiu tudo », globo.com, 2 sept. 2018, 22h28.. Parmi les objets que l'on estime être perdus, se trouve le plus ancien fossile exhumé au Brésil, découvert en 1974 et connu sous le nom de Luzia. Les collections paléontologiques comprenaient le fossile de Maxakalisaurus topai, un dinosaure découvert dans le Minas Gerais qui était le premier de grande taille à être retrouvé au Brésil. Les collections ethnologiques comprenaient des artefacts de cultures indigènes, notamment les objets rares des et des afro-brésiliens, ainsi que des objets provenant de diverses cultures du Pacifique. La météorite de Bendegó, trouvée en 1794 à Monte Santo, qui y est conservée depuis 1888, a résisté au sinistre« Maior meteorito encontrado no Brasil, Bendegó resiste ao incêndio » , par la rédaction de l'hebdomadaire Veja, 03/09/2018. Ce ne serait pas le cas du trône en bois sculpté dit « du roi d'Abomey Adandozan (c. 1797-1818) », offert par ses ambassadeurs au prince régentVoir dans : Ana Lucia Araujo, « La correspondance du Roi Adandozan avec la couronne portugaise : petite histoire d’une grande amitié », dans Africains et Européens dans le monde atlantique -, sous la dir. de Guy Saupin, Rennes, 2014, (en ligne). Mariza de Carvalho Soares, « Entre irmãos : as “galanterias” do rei Adandozan do Daomé ao príncipe d. João de Portugal, 1810 », dans Escravidão e subjetividades no Atlântico luso-brasileiro e francês (Séculos xvii-xx), sous la dir. de Myriam Cottias et Hebe Mattos, Marseille, 2016, (en ligne) ; trad. par Laure Schalchli, Entre frères : les « courtoisies » du roi Adandozan du Dahomey au prince Jean du Portugal, 1810 (en ligne)., le futur roi Jean , en 1811.

La documentation et le matériel de nombreux chercheurs seraient perdus, ainsi que l'ensemble des archives historiques de l'institution. La collection permanente et deux expositions temporaires sur place ont également été détruites Renata Giraldi, « Incêndio no Museu Nacional destrói coleções e exposições ». Agência Brasil. 2 sept. 2018, 21h36., de même que les collections des invertébrés, de paléontologie, d'archéologie et d'anthropologie. La bibliothèque d’anthropologie était réputée pour être une des plus riches d’Amérique latine. De nombreux enregistrements en langues vernaculaires d'Amérique du Sud, aujourd'hui disparues ou en voie d’extinction, ont été détruits par l'incendie.

Bien que les pertes très importantes ne soient pas connues dans le détail, on sait qu'une partie des collections conservée dans d'autres bâtiments est préservée (dont les collections d'ornithologie, de mammalogie, d'herpétologie, d'ichtyologie et de botanique) ainsi que la bibliothèque générale du musée. De même, le zoo de Rio de Janeiro, voisin du musée « Parte do teto do Museu Nacional já desabou com incêndio », Istoé, 2 sept. 2018, 22h04., ne serait pas affecté. Les quatre gardiens qui travaillaient ce soir-là n'ont pas été blessés.

Références

Voir aussi

Bibliographie

Plaquette éditée à l'occasion du bicentenaire du musée, en 2017 João Batista de Lacerda, Fastos do Museu Nacional do Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, 1905 (en ligne). Volumes du Musée national disponibles via archive.org (également via biodiversitylibrary.org), dont les Archivos do Museu Nacional do Rio de Janeiro (1-2, 1876-1877 ; 3-4, 1878-1879 ; 5, 1880 ; 6, 1885 ; 7, 1887 ; 8, 1892 ; 9, 1895 ; 9-13, 1895-1905 ; 13, 1905 ; 14 (Fauna brasiliense, 1-2), 1907 ; 15, 1909 ; 16 (Fauna brasiliense, 4A), 1911 ; 17 (Fauna brasiliense, 5), 1915 ; 18-19, 1916 ; 20, 1917 ; 20-21, 1917-1918 ; 21-22, 1918-1919 ; 23-24, 1921-1923).

Articles connexes Autres muséums dans le monde Palais de Saint-Christophe Communiqué de la Wikipédia lusophone (5 septembre 2018) et appel à l'importation d'images, au développement des articles.

Stèles égyptiennes antiques au musée national du Brésil

Liens externes Catalogue des bibliothèques de l'UFRJ avec possibilité de filtrer par fonds des différents centres de recherches regroupés dans le Musée national. Campagne d'importation d'images du projet Preservação da Memória sur le site de l'UFRJ et la page Como ajudar (« comment aider ») de la direction de l'institution.

Source de la traduction

Université Catégorie:Université fédérale de Rio de Janeiro Catégorie:Effondrement de construction au XXIe siècle Catégorie:Jean VI (roi de Portugal)