Cet article présente les faits importants qui se sont produits en Égypte en 2011.
Chronologie Janvier 2011 thumb|left|170px|Hosni Moubarak (octobre 2009) Samedi : Dans la nuit du nouvel an, un attentat à la voiture piégée devant l'église des Saints (al-Qiddissine), dans le quartier de Sidi Bechr, dans l'Est d'Alexandrie (delta du Nil) a fait 21 morts et 97 blessés. Le président Hosni Moubarak a appelé chrétiens coptes et musulmans d’Égypte à serrer les rangs « pour faire face aux forces du terrorisme » Le Monde.fr, Un attentat fait 21 morts devant une église d'Alexandrie. Des heurts se sont ensuivis entre des centaines de jeunes coptes et policiers autour de l'église touchée. Les autorités évoquent la piste d'Al-Qaïda car l'église figurait sur une longue liste de lieux de culte coptes désignés depuis début décembre comme cibles par un site Internet d'Al-Qaida Le Monde.fr, L'église visée par l'attentat figurait sur une liste d'Al-Qaida Le Monde.fr, Portfolio.
Dimanche : Le grand imam d'Al-Azhar, Ahmed al-Tayyeb, a critiqué l'appel du pape Benoît XVI aux dirigeants du monde à protéger les chrétiens, estimant qu'il s'agissait d'une « ingérence inacceptable » dans les affaires égyptiennes Le Figaro.fr, Benoît XVI accusé d'ingérence . Le pape Benoît XVI avait déclaré la veille que « face aux discriminations, aux abus et aux intolérances religieuses, qui frappent aujourd'hui en particulier les chrétiens (...) les paroles ne suffisent pas, il faut l'engagement concret et constant des responsables des nations ». Des incidents ont éclaté au Caire avec les policiers en marge d'une manifestation de chrétiens coptes réclamant davantage de protection après l'attentat meurtrier commis le soir du Nouvel An devant une église copte d'Alexandrie. Plusieurs centaines de coptes s'étaient rassemblés au Caire et les heurts ont fait 45 blessés parmi les forces de l'ordre Le Monde.fr, Des incidents entre jeunes chrétiens coptes et forces de l'ordre au Caire Le Monde.fr, Jean-Noël Ferrié, docteur en sciences politiques et directeur de recherche au CNRS : « L’Égypte ne néglige pas la menace qui pèse sur les coptes ».
Mercredi : Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, déclare que la protection des lieux de culte, « notamment les églises coptes », relève de la « responsabilité exclusive » du gouvernement et de l’État égyptiens : « Nous ne permettons à aucune partie étrangère de protéger les coptes à l'intérieur de l’Égypte car cela relève de la responsabilité exclusive de notre gouvernement [...] Les enquêtes pour déterminer les responsables de cet attentat sont toujours en cours [...] L'Église copte égyptienne, qui est indépendante et capable de se défendre, refuse toute protection étrangère. Elle est plus ancienne que le Vatican ».
Jeudi : Un engin explosif rudimentaire est découvert dans la soirée dans une église de Minya ( au sud du Caire).
Mardi : Un policier musulman, qui n'était pas en service, a ouvert le feu avec une arme de poing, à bord d'un train en gare de Samalout (province de Minya), tuant un chrétien de 71 ans et en blessant cinq autres dont 4 femmes, tous coptes Le Figaro.fr, Un policier musulman tue 5 coptes.
Lundi : Un homme s'est immolé par le feu devant le siège du conseil des ministres au Caire.
Mardi : Deux hommes se sont immolés par le feu; l'un à Alexandrie sur le toit de sa maison et l'autre un avocat.
Jeudi : La plus haute institution de l'islam sunnite, Al-Azhar, annonce qu'elle suspendait ses réunions semestrielles avec le Vatican : « le gel a été provoqué par les attaques répétées contre l'islam du pape Benoît XVI [... qui] a répété que les musulmans opprimaient les non-musulmans vivant avec eux au Moyen-Orient ». Cette annonce intervient après une série d'échanges tendus entre les autorités égyptiennes et le Vatican. Le Caire reproche à Benoît XVI d'avoir réclamé avec force la protection des chrétiens d'Orient après l'attentat contre une église copte d'Alexandrie, soulignant l'« urgente nécessité » pour les gouvernements du Moyen-Orient d'adopter « des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses » se déclarant notamment favorable aux démarches en vue d'une « réponse concertée de l'Union européenne afin que les chrétiens soient défendus au Moyen-Orient ». Ces interventions sont dénoncées comme des ingérences par l’Égypte qui à plusieurs reprises depuis l'attentat, a affirmé que la sécurité de ses citoyens, quelle que soit leur confession, relevait de sa seule souveraineté Le Monde.fr, La plus haute institution islamique suspend son dialogue avec le Vatican.
Samedi : Le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit, affirme que l'attentat, qui a fait 21 morts, contre une église d'Alexandrie, visait tout le pays, « l’Égypte et l'unité égyptienne [...] avec ses caractéristiques de démocratie et de tolérance », pas que les Coptes, et à affaiblir le tissu national. Réfutant tout ingérence étrangère, il affirme que « la constitution égyptienne est extrêmement claire sur le droit à croire, à pratiquer sa foi et sa croyance et sur la responsabilité de l’État à protéger ses citoyens » .
Dimanche : l’Égypte accuse un groupe radical palestinien, l'Armée de l'Islam, lié à Al-Qaïda, d'être responsable de l'attaque perpétrée contre une église copte d'Alexandrie, qui avait fait 23 morts la nuit du Nouvel an.
thumb|right|170px|Buste de la reine Néfertiti au Neues Museum de Berlin Lundi : Plusieurs mouvements d'opposition, membres du Mouvement du , appellent les Égyptiens, en particulier les jeunes, à manifester demain, au Caire et en province, sur le thème : « le , je reprends en mains les affaires de mon pays ». Ils espèrent que l'écho du soulèvement tunisien favorisera la mobilisation pour des réformes économiques et un changement politique en Égypte. Le groupe hébergé par le réseau social Facebook est suivi par internautes : « Notre protestation du 25 est le début de la fin [...] C'est la fin du silence, de l'acquiescement et de la soumission à ce qui se produit dans notre pays. C'est le début d'une nouvelle page dans l'histoire de l'Égypte, une page d'activisme et de revendications de nos droits ». Soutiens : L'opposant Mohamed ElBaradei, ancien directeur de l’AIEA, apporte son soutien à « l'appel à manifester contre la répression » et dénonce « les menaces d'utiliser la force venant d'un régime qui tremble devant son peuple ». Les Frères musulmans, à la forte capacité de mobilisation, et le Wafd, premier parti d'opposition laïque, n'ont pas lancé d'appels formels à défiler, mais ont indiqué que leurs jeunes militants pourraient se joindre aux cortèges Le Monde.fr, Les Égyptiens appelés à manifester mardi contre la répression. Le gouvernement de son côté adresse une mise en garde aux activistes tentés d'imiter le mouvement de contestation en Tunisie, leur rappelant qu'ils risqueraient d'être arrêtés s'ils manifestent demain. Le pouvoir a démenti ces derniers jours tout risque de contagion entre la Tunisie et l’Égypte, tout en laissant entendre que, pour calmer l'inquiétude sociale, il ne remettrait pas en cause les subventions aux produits de base. Le ministre de l'Intérieur, Habib el-Adli, ordonne l'arrestation de « toute personne exprimant illégalement ses opinions ». Le chef du conseil suprême des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass, avec l'appui du premier ministre, Ahmed Nazif, et du ministre de la Culture, Farouk Hosni, annonce avoir transmis une « demande officielle de restitution » du buste de la reine Néfertiti exposé au Neues Museum de Berlin. L’Égypte réclame sans succès depuis des décennies son retour au motif que le buste aurait été sorti illégalement du pays. Le buste a été découvert en 1912 par l'archéologue allemand Ludwig Borchardt. Le gouvernement allemand a démenti avoir reçu une demande officielle de restitution laissant entendre être depuis toujours opposé à la restitution de cette pièce majeure de l'ère pharaonique, malgré l'insistance des autorités égyptiennes, assurant qu'elle avait été acquise légalement en 1913 Le Monde.fr, Le Caire demande à Berlin la restitution du buste de Néfertiti.
Mardi : Manifestations : Au moins personnes ont participé au Caire à une manifestation pour des réformes politiques et sociales, inspirées par l'exemple tunisien. Quelque policiers sont mobilisés. D'autres rassemblements sont signalés à Alexandrie (delta), Assouan, Assiout (sud), à Suez, à Ismaïlia (canal) et dans le Sinaï pour une « journée de révolte contre la torture, la pauvreté, la corruption et le chômage ». Des mouvements pro-démocratie sont très actifs via les réseaux sociaux sur internet, réunissant de très nombreux jeunes. Plus de personnes se sont déclarées sur Facebook prête à manifester. Cette initiative a reçu le soutien de l'opposant Mohamed ElBaradei, ancien directeur de l'AIEA et prix Nobel. 3 manifestants ont été tués lors de heurts avec la police à Suez et un policier est mort des suites de blessures au Caire. Le ministre de l'Intérieur, Habib el-Adli, déclare que les organisateurs de ces manifestations sont « inconscients » et assure que leurs appels n'auraient « pas d'impact » : « Les forces de l'ordre sont capables de faire face à toute menace contre la sécurité de la population, et nous ne prendrons à la légère aucune atteinte aux biens ni aucune infraction à la loi ». Le ministre de l'Intérieur, Habib el-Adli, annonce l'arrestation, le mois dernier, d'un groupe de 19 personnes, des Tunisiens et des Libyens, soupçonnées d'être liées à Al-Qaïda et ayant « utilisé l’Égypte comme point de transit, pour se rendre vers d'autres pays, notamment l'Irak, et rejoindre un groupe appelé l’État islamique d'Irak », la branche irakienne d'Al-Qaïda. Des armes et des munitions ont été trouvées en leur possession. Le site de micro-blogs Twitter, qui permet d'échanger librement des messages de 140 caractères maximum, est désormais inaccessible depuis l’Égypte, alors que des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour réclamer le départ du président Hosni Moubarak. L'accès au site communautaire Facebook est aussi bloqué Le Monde.fr, plusieurs morts à l'issue d'une journée de protestation sans précédent.
Mercredi , Manifestations : Nouveaux affrontements entre manifestants et policiers dans plusieurs villes où les protestations se sont poursuivies malgré l'interdiction des autorités. Au moins 500 personnes ont été arrêtées dont 121 membres de l'organisation islamiste des Frères musulmans interpellés à Assiout. 70 personnes ont été blessées dans la ville portuaire de Suez dont 15 policiers, où un bâtiment gouvernemental a été attaqué. Au Caire, les manifestants ont jeté des cocktails Molotov sur les locaux du Parti national démocratique sans réussir à l'incendier. Des pillages de commerces ont eu lieu et les affrontements ont fait quelque 55 blessés.
Jeudi : Manifestations : Au moins mille personnes ont été arrêtées depuis 2 jours dans le cadre des manifestations contre le régime du président Hosni Moubarak. Le parquet général a inculpé quarante manifestants pour tentative de « renversement du régime ». Des manifestants ont mis le feu à une caserne de pompiers à Suez après avoir lancé des cocktails Molotov sur la police, après le refus de la police de remettre le corps d'un des trois manifestants morts la veille. Un manifestant a été mortellement atteint d'une balle dans la tête lors d'un échange de tirs entre des manifestants bédouins à Cheikh Zouwayed et les forces de sécurité. Des tirs de roquette ont visé les forces de sécurité dans le Sinaï. L'opposant Mohamed ElBaradei, arrivé au Caire le jour même, se déclare être prêt à « mener la transition » politique, si la population lui demande. Avec son mouvement, l'Association nationale pour le changement, il plaide pour des réformes démocratiques et sociales et pour des amendements constitutionnels limitant le pouvoir quasi pharaonique exercé par le président Le Monde.fr, El Baradei demande le départ de Moubarak.