Hendrick (aussi Henri dans la littérature en français) Fayd'herbe, né en 1574 à Malines et mort le dans sa ville nataleVanderpoel donne 1639 comme l’année de décès. Il s’agit vraisemblablement d’une erreur, puisque la femme de Fayd’herbe s’est remariée en 1631 : Vanderpoel 3, est un enlumineur, doreur, sculpteur en bois et en albâtreMarchal 1895, 534Le folklore brabançon 389Marchal 1877, 31, dramaturge, poète et rhétoricien des Pays-Bas méridionaux.

Biographie Henri Fayd'herbe, né en 1574 à Malines, est le fils du brasseur Antoine et de sa première femme, Livine GrauwelsNeeffs 166. Il est le frère du peintre AntoineVanderpoel 4et de la sculptrice Maria Faydherbe et le père de Lucas Fayd'herbe, architecte et sculpteur.

Il prit ses premières leçons en 1583 de Melchior d'AssonvilleVanderpoel 1, un étoffeur natif de Bruges. Reçu en dans la guilde de Saint-Luc, il y fut admis maître gratuitement le Vanderpoel 2. Il épousa dans l'église métropolitaine de Malines, le , Digne Ponsaert.

Une lettre de l’intendant de l’infante, le marquis d'Havré, écrite le et adressée aux autorités municipales de la ville de Malines, les mandant de donner ordre à Fayd’herbe et trois autres gens de métier de partir incontinent et de payer pour son compte - si besoin y est - une avance, prouve qu’il devait exceller dans son art.

Par la suite, il décide de quitte Malines à l'instar de nombres de peintres, sculpteurs et boutiques de garnisseurs. L'ouvrage et les commandes y étaient en effet à cette époque peu abondantes.

Il alla habiter AnversVanderpoel 3. Qu'il demeurait à Anvers en 1608 est documenté par un acte officiel daté du . Une autre déclaration, de 1610, nous apprend que Fayd’herbe, à cette époque, résidait à Anvers dans la rue des Peignes, et qu'il y travaillait aux gages de son ancien maître, Melchior d'Assonville, également établi à Anvers. Cette seconde pièce rapporte que, du temps où Fayd'herbe était encore à Malines, il y avait eu pour élèves Rombaut van Avont et Philippe Rael, et qu'il quitta sa ville natale à défaut d'ouvrage, la plupart des statutaires polychromant eux-mêmes leurs œuvres ; or, Fayd’herbe s'occupait surtout à mettre des statues en couleurs, car comme sculpteur d'albâtre il n'avait guère, faute de demandes, de nombreuses occasions d'exercer son talentNeeffs 167.

Il revint plus tard à Malines et s'y maria. Après le décès de sa première femme, Fayd'herbe convola en secondes noces, à l’église Saint-Jean le à Malines, avec Cornélie, fille de Corneille Franchoys, sœur de Lucas Franchoys l'Ancien et tante des peintres Lucas Franchoys le Jeune et Peter FranchoysNeeffs 176. Le naquit leur fils Lucas Fayd'herbe, qui deviendra un architecte et sculpteur de grand renom.thumb|right|Lucas Faydherbe, fils de Henri, portrait gravé dans , écrit par le rhétoricien Cornelis de Bie

Exerçant la profession de doreur et de garnisseur, Henri occupait, dans la rue de Sainte-Catherine, une maison à l’enseigne du Saint-Esprit. Il sculptait assez bien le bois et l'albâtre et forma plusieurs élèves.

Fayd’herbe comme rhétoricien

Fayd’herbe devint en 1617 facteur (poète en titre et dramaturge principal)Frederiks & Van den Branden 247 et - meilleur poète qu’artiste - un des membres les plus actifsNeeffs 169 de la chambre de rhétorique de Peoene (la Pivoine), à Malines ; ainsi, il organisa pour cette société le concours de refrains de 1620 à Malines. Dans la carte d’invitation, sous forme de poème, que Fayd’herbe, dans sa qualité de poète en titre et organisateur de la compétition, avait envoyée aux sociétés invitées, sont mentionnés des genres pour lesquels des prix seraient décernés : le meilleur poème-blason, le refrain (genre proche de la ballade) et la meilleure chanson ; et tout cela pouvait se faire - toujours d’après le dire du facteur de la - soit dans le style ancien, soit dans le nouveau, et dans la vieille langue maternelle, sinon à l’instar des vers françaisTe Winkel 39.

Parmi les œuvres qu’il a réalisées à l’occasion de cette compétition, on compte un Hummelen Repertorium Esbatement à quatre caractères ; à savoir : (Nicolas, le saoulard), (l’ardente Margot), (Henriot le diable) et (maître Estienne). Les noms des protagonistes et antagonistes annoncent déjà des actions et des dialogues aussi typiquesWitsen Geysbeek 292. Ensuite, un jeu dit d’accueilHummelen Repertorium Willecom sous forme de dialogue, a été transmis : (Dialogue entre Mercure et la [chambre de rhétorique dite la] Pivoine). À part une chanson de mai, (La Bienvenue à toutes les fleurs rhétoriques, auxquelles la Pivoine avait envoyé ses cartes préalablement), il a laissé encore d’autres poèmes de circonstance.

Les œuvres créées en vue du concours de 1620 ont été publiées dans : […] chez Hendrik Laye à Malines en 1621Van Melckebeke 112, mais non sans d’abord passer par le censeur. L’impression a été soigneusement vérifiée par une censure qui se sentait avant tout offensée par de nombreuses œuvres dans lesquelles les auteurs auraient exprimé leur préférence pour les philosophes plutôt que pour les docteurs de l'Église. Selon les censeurs, ces philosophes ne devraient être cités que lorsque leurs opinions ne contrarient pas la foi catholique romaine véridique, puisque leurs autres errances demeurent sans aucun avantage et sont donc à considérer comme nulleTe Winkel 40.

En tant que rhétoricienVan Melckebeke 145, il écrivit sous le slogan : un grand plaisir, rarement au repos (). L’auteur et rhétoricien Cornelis de Bie (1627-vers 1715) Mak 73, lorsqu’il fait l’éloge de Fayd’herbe dans un poème, affirme l’image que s’est créée, par sa devise, ce peintre doreur et poète infatigable.

Fayd’herbe comme doreur, sculpteur et maître

Il travailla avec les sculpteurs-enlumineurs Gaspar Schillemans, Abraham van Avont et Martin van Calster. Il polychroma pour compte de son frère Antoine Fayd'herbe, à raison de 40 florins, une image de la Sainte Vierge et deux anges taillés par ce dernier, ainsi que deux statues, Sainte Élisabeth et Saint Augustin, qu'Antoine fut obligé de vendre à l'hôpital d'Hulst, à raison de 6 florins, au lieu de 26 florins, à cause de la mauvaise qualité du boisNeeffs 167-168. Il reçut également 4 florins de son frère, pour avoir peint un blason en pierre, sculpté par celui-ci. Il décora de couleurs, au prix de 24 florins, la croix triomphale et les figures accessoires, hautes de quatre pieds, que Martin van Calstere avait exécutées pour le couvent de Leliendael à MalinesNeeffs 168.

Les capucins de Bruxelles lui confièrent la peinture de quatre statuettes. Pour les Jésuites de Malines, il bronza deux figures à raison de 180 florins, et il argenta pour les mêmes cinq bustes et quatre bras, ce qui lui valut 192 florins. Il couvrit enfin de feuilles métalliques une branche de laurier, destinée à la châsse de Saint Rombaut.

Fayd'herbe forma à Malines divers élèves dans l'art de la polychromie ; parmi ceux-ci nous connaissons Antoine Vermeulen en 1599, Jean Ceulemans en 1619, Jacques Lauwers en 1620, Gérard vander Meulen en 1622, et Antoine de Helt en 1623. C'est Henri aussi qui dirigea les premiers essais de sculpture que fit son fils Lucas.

Décès / Épitaphe

Dans l’année de son décès, en 1629, sa veuve reçut le paiement de la peinture de deux stations, placées au cimetière de Notre-Dame au-delà de la Dyle. Ses obsèques eurent lieu à la cathédrale Saint-Rombaut de Malines avec service de troisième classe: il fut enterré au cimetière paroissial de Saint-Rombaut, près du mur de l'antique chapelle, bâtie par ce saint en l'honneur de saint Étienne. La chapelle et le cimetière ont disparu depuis. Une pierre tumulaire. placée extérieurement dans le mur comprenait l'épitaphe composée en vers néerlandais par son fils Lucas. Les décorations qui entouraient cette épitaphe furent taillées par la main du mêmeNeeffs 170.

Sa veuve Cornélie mourut le , après avoir épousé en secondes noces, le Poupeye 77, le sculpteur Maximilien L'Abbé.

Droncken Claes

Droncken Claes, pièce à quatre personnages représentée le et achevée le en vue de la publication, connut une seconde première en 1925, à Malines, après avoir été rééditée et publiée en 1923 dans la même ville. Putman, qui assista à cette première moderne, constate dans sa critique des ressemblances entre la pièce de Fayd’herbe et la farce ou moyen-néerlandaise Putman 424-428.

Dans son « esbatement », Fayd’herbe a réussi à étendre sur dix-huit tours de rôle le procédé de l’interprétation erronée de mots mal compris ; mais il s’agit ici aussi de mots d’un type particulier. L’exorciste Estienne (Steven) est embauché afin de sauver la femme disparue de Nicolas (Claes) des griffes d’un diable présumé. Lors de la cérémonie où ce dernier doit être évoqué, Claes reçoit la tâche de répéter l’incantation dictée au préalable : « sator arepo tenet opera rotas ». La répétition de cette formule ne lui va pas. Il débute avec : « Satan hochepo tenet op schappra rotsac » ; la seconde fois, il ne sort que « Satan hutsepo ten net op schappra rotsac » et ensuite « quaey oor terrepot ten edt »Kramer 217.

Cette formule, dont on ne connaît ni l’âge ni l’origine, doit sa force attractive et ses prétentions magiques au fait que les mots sont placés dans un carré magique et que, lus de tous les côtés, transmet toujours la même formule. En anagramme, ce palindrome forme d’ailleurs le mot « paternoster » ; patenôtre ou chapelet. Dans ce dialogue, Fayd’herbe déconstruit les paroles magiques pour ensuite les transformer en une série de mots d’usage quotidien, tels que pot-au-feu (hutsepot) et garde-manger (scha[p]pra[ai]), ne renvoyant qu’à des concepts non spirituels.

Ici, la remarque générale émise par KramerKramer 258 sur les farces ou « esbatements » des rhétoriciens compte davantage : les paroles pullulent, immergées par leur propre richesse en sons et significations, ou elles contestent leur propre sens.

Œuvres

Salvt (invitation, sous forme de poème, adressée aux chambres de rhétorique pour les inciter à participer au concours de Malines, entre autres par des blasons dessinés)Van Melckebeke 85-85. Esbatement van vier personagien, Hendr. Jaye, Malines, 1621 ; Droncken Claes (pour le synopsis Kramer 302, pour la pièce Van Melckebeke 93)

Notes et références

Annexes Bibliographie Le Folklore brabancon, n°s 273-276, Brabant (Belgique), Service de recherches historiques et folkloriques, 1981 Frederiks, J.G. & Branden, F. Jos. van den, Biographisch woordenboek der Noord- en Zuidnederlandsche letterkunde, L.J. Veen, Amsterdam, 1888-1891 Hummelen, W.M.H., Repertorium van het rederijkersdrama 1500 - ca. 1620, Van Gorcum & Comp./Dr. H.J. Prakke & H.M.G. Prakke, Assen, 1968, Hans van Dijk, Wim Hummelen, Wim Hüsken & Elsa Strietman, A Survey of Dutch Drama before the Renaissance, dans : Dutch Crossing 22, 1984, 97-131 Kramer, Femke, Mooi vies, knap lelijk: grotesk realisme in rederijkerskluchten, Uitgeverij Verloren, 2009 Mak, J.J., dans : G.J. van Bork & P.J. Verkruijsse (réd.), De Nederlandse en Vlaamse auteurs van middeleeuwen tot heden met inbegrip van de Friese auteurs, De Haan, Weesp, 1985 Marchal, Edmond Léopold Joseph Gustave, La sculpture et les chefs-d'œuvre de l'orfèvrerie belges, Bruxelles, F. Hayez, impr., 1895 Marchal, Edmond Léopold Joseph Gustave, Mémoire sur la sculpture aux Pays-Bas, pendant les , précédé d'un résumé historique, Bruxelles, 1877 Melckebeke, G. J. J. van, Geschiedkundige aenteekeningen rakende de Sint-Jans-Gilde, bygenaemd De Peoene, onder zinspreuk: In principio erat verbum, H. Dierickx-Beke, Malines, 1862 Emmanuel Neeffs, Les sculpteurs malinois, dans : Messager des sciences et des arts, publ. par la Société royale des beaux-arts et des lettres, et par celle d'agriculture et de botanique de Gand, Messager des sciences historiques de Belgique 1839-96, 1875