La basilique Saint-Amable de Riom est le plus vaste édifice clérical d'Auvergne après la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Clermont-FerrandLa basilique de Saint-Amable de Riom son passé ses richesses d'art et son culte (ouvrage).. Située à Riom, elle est une basilique mineure depuis 1912, date à laquelle l'évêque de Clermont demanda au pape Pie X son élévation à ce titre.
Pie X daigna souscrire à cette requête par un bref le . Elle est l'une des trois basiliques du diocèse de Clermont avec la basilique Notre-Dame-du-Port à Clermont-Ferrand et la basilique Notre-Dame d'Orcival à Orcival. Modifiée au cours de l'histoire, elle a été construite en grande partie au et au . Surtout connue pour le saint auquel elle fut dédiée, la basilique Saint-Amable fut un lieu de pèlerinage jusqu'au début du . Aujourd'hui, elle est surtout connue pour son clocher et sa flèche en ardoise.
Histoire de la construction Les églises antérieures Avant que l'église Saint-Amable ne soit érigée, il y avait une chapelle : Saint-Gervais et Saint-Protais On ne connaît pas la date de sa construction mais on sait qu'elle a existé pendant la vie de saint Amable () et que c'est lui qui a décidé de la transformer pour établir l'église Saint-Bénigne au même emplacement.
Saint-Bénigne Elle fut construite par Amable de Riom au . Après sa mort, vers 640, elle fut rebaptisée église Saint-Amable quand l'évêque Gal II de Clermont décida de translater son corps de Clermont à RiomChangement de nom et translation du corps de saint Amable vers 640.. En 1077, l'évêque de Clermont Durand la confia à Pierre de Chavanon, fondateur de l'abbaye de Pébrac, pour la réformer et l'élever en abbatialeLorsque Pierre de Chavanon fonda l'abbaye Saint-Amable, article du journal La Montagne publié le 30 juin 2013..
L'église actuelle vignette|180px|gauche|Église Saint-Amable - Plan, Paul Gauchery. Congrès archéologique de France, 1913. vignette|180px|centre|Église Saint-Amable - Coupe de la nef, Paul Gauchery. Congrès archéologique de France, 1913.
Elle commença à être érigée au troisième quart du par la nef, et continuée au début du avec le chœur. Au nord, les chapelles latérales furent ajoutées aux , au sud seulement au milieu du . De cette époque date aussi la façade. Le clocher surplombant la croisée fut ajouté au ..
Sa longueur de et sa largeur de la placent, en termes de superficie, juste après la cathédrale Notre-Dame de Clermont-Ferrand.
Elle fut gravement endommagée par les forts séismes qui secouèrent la région en 1477 et 1490..
Description La nef
La nef est la partie la plus ancienne de l'église actuelle. Son style roman tardif fait qu'elle réunit à la fois le roman et le gothique. Elle compte 7 travées toutes légèrement asymétriques. Sa hauteur de voûte est de et sa largeur de . La voûte des bas-côtés est soutenue par des arcs-doubleaux. Les chapiteaux de ses nefs latérales sont absolument identiques, par la forme et la décoration, à ceux de la grande nef. Un décapage des piliers en (1975) a permis de découvrir sur une des voûtes du bas-côté nord des fresques sur fond rouge relatant la vie de Jésus-Christ qui sont datées du début .
Le transept Le transept a été restauré, et non pas rebâti, au avec des décorations et des mosaïques polychromes. Dans les bras nord et sud se trouvent des chapelles qui ont été construites en 1859 lors de la reconstruction du transept par l'architecte Aymon Mallay. Dans le bras nord du transept ou peut voir deux tableaux :
Le Christ apaisant la tempêtePromenade dans Riom (Un, Deux, ... Quatre édition) de Claude-Marie Dubufe (1790–1864). Ce tableau s'inscrit dans un courant de renouveau de la peinture qui marque le début de la restauration. Acheté par l'État, il est destiné au musée de Riom puis à la mairie et enfin au bras nord du transept de l'église Saint-Amable. Le peintre reste fidèle à son maître Jacques-Louis David (1748–1825). Cette œuvre fut restaurée en 1996.
Saint-Amable de Jean-Jacques Lévêque À la suite de sa guérison le peintre parisien offre une toile aujourd'hui exposée dans le bras nord du transept. On y voit saint Amable recevant un reliquaire de la part d'un ange et guérissant un malade sur fond de ville en flamme. Cet arrière-fond évoque un de ses miracles lors du siège de Riom en 1135. Le serpent au premier plan rappelle un de ses trois dons, celui de chasser le serpent et de guérir les morsures.
Le chœur vignette|redresse=1.1|Maître-autel dans le chœur exécuté en 1765 par Jacques-Baptiste Arbieu, sculpteur à Clermont-Ferrand, et deux anges en marbre de Carrare réalisés en Italie.
De style gothique classique, il est de forme polygonale et a été construit entre 1230 et 1235. Il se compose d'un vaisseau central de de long et de largeur égale à celle de la nef (). Le déambulatoire et les trois chapelles rayonnantes le complètent. Au sommet de la voûte se trouve la clef de voûte représentant un Christ bénissant. À cette clef de voûte aboutissent huit branches venant des huit piliers qui l'entourent.
le déambulatoire de largeur variable est voûté par des croisées d'ogive et de doubleau qui reposent sur des colonnes dont les chapiteaux sont ornés de têtes et de feuillage de style – ; les trois chapelles à cinq pans. Elles sont voûtées par six branches d'ogives avec clé à feuillages. Elles sont séparées par d'étroites ouvertures à plein cintre. Le tracé presque trapézoïdal de la chapelle saint Amable est exceptionnel ; les stalles ont été réalisées et mises en place en 1687 par deux artistes : André Boysen, vraisemblablement d'origine flamande, et Noël Mercier, menuisier sculpteur de Gannat. Ces stalles et ces boiseries formaient une barrière ininterrompue. Lors de la restauration du , l'architecte Aymon Mallay estima que ces dorsaux coupaient l'unité de style et la perspective profonde du chœur. Du côté sud, on peut apercevoir un relief de saint Amable portant son reliquaire et tenant une crosse abbatiale.
Les chapelles latérales Chapelles latérales nord Érigées au elles sont surélevées de deux marches. La plupart des fenêtres ont conservé leurs meneaux d'origine; en revanche les vitraux ont été brisés à la Révolution. Les voûtes reposent sur des nervures piriformes qui convergent autour de belles clés de voûte à écussons ; leurs retombées s'appuient sur des culs-de-lampe ornés de petits personnages.
Chapelles latérales sud Érigées en 1747–1750 au moment de la destruction du cloître en ruine de l'ancienne abbaye augustinienne de Saint-Amable. Elles sont comparables aux chapelles latérales nord en termes de dimensions et de niveau mais les fenêtres sont cintrées selon la mode de l'époque ainsi que les voûtes et les nervures.
La façade 220px|vignette|Le portail ouest de la basilique Saint-Amable, .
La façade occidentale actuelle a été construite en 1750, ses décorations sont de style Louis XV. La partie inférieure est percée d'une grande porte centrale et de deux portes latérales, dont toutes offrent une jolie décoration de style Louis XV. Au-dessus des portes latérales s'ouvre un oculus encadré de guirlandes de feuillages et de fleurs.
Elle est l'œuvre de François-Charles Dijon (1705–1785, ingénieur des Ponts et Chaussées de la généralité d'Auvergne. C'est une des rares réalisations d'architecture religieuse classique en Auvergne.
L'étage supérieur contrebuté par des consoles renversées, présente une vaste baie flanquée de chaque côté de deux pilastres. Un entablement les couronne, surmonté d'un fronton triangulaire dont les angles portent des acrotères ornés : celui du sommet, d'une croix, les deux autres de pots à feu.
La sacristie Créée en 1860, la sacristie actuelle remplace l'ancienne sacristie qui se trouvait adossée au bras nord du transept et au chœur. Elle abrite de magnifiques boiseries réalisées en 1687 par André Boysen, ébéniste à Clermont, et Noël Mercier, menuisier sculpteur, à Gannat. Ces boiseries constituaient les dorsaux des stalles formant tout le long du déambulatoire une barrière ininterrompue.
Le clocher Le clocher de l'église actuelle date du milieu du ; il a été reconstruit par l'architecte Aymon Mallay. Il est surmonté d'une flèche en bois recouverte d'ardoise qui était, avant la Révolution en pierre de taille et de hauteur bien plus imposante. Les deux étages du clocher sont séparés par une moulure en bandeau. Le premier de style roman, le second de style gothique. Aujourd'hui il abrite de superbes cloches dont les Riomois sont fiers.
La cloche Amable Poids : ; diamètre : . Première cloche du diocèse de Clermont par son poids et par ses dimensions. Amable a pour devise : « Amable je m'appelle ; dix mille je pèse (livres) ; qui ne veut pas le croire me soupèse ». Elle fut refondue par Pierre Baudoin Fondeur à Riom en 1865 ;
La cloche Jacques Poids : ; diamètre : . Troisième cloche du diocèse de Clermont par ses dimensions Jacques fut refondue par J. B. Decharme en 1816. La cloche précédente fondue en 1816 fut enterrée dans la chapelle des marchands (derrière la statue en plâtre de saint Amable) pendant la Révolution pour ne pas être saisie par les révolutionnaires ;
La cloche Bénigne Poids : ; diamètre : . Les quatre lignes d'inscription ont été limées à la Révolution sauf la date et le nom du fondeur :JB Barrard Fondeur fondue en 1783. Sauvée de la destruction par son installation au clocher de Notre-Dame du Marthuret. Il semble que cette cloche soit Bénigne ;
La cloche Marie Poids : ; diamètre : . Elle fut fondue en 1882 par Vauthier fondeur à Saint-Émilion.
Les décors muraux L'ensemble de la basilique a été décoré autour de 1883 par le peintre d'origine lyonnaise Maurice F. Lamy (1839-1903). Ce dernier réalise un important ensemble incluant le décor de la nef, du transept, de sa croisée et du chœur. Suite à un décapage effectué dans les années 1970, les peintures de la nef ont été supprimées.
Le chœur accueille la figuration peinte du tétramorphe ainsi que des prophètes de l'Ancien Testament.
Maurice Lamy est également l'auteur des décors de l'église Saint-Genest de Thiers (1893, supprimés), et de l'église Saint-Pierre de Mozac (1887).
Le mobilier Le maître autel vignette|180px|Châsse-reliquaire de saint Amable.
Le maître-autel a été réalisé de 1765 à 1766 par Jacques-Baptiste Arbieu, sculpteur à Clermont. Avant lui, il y avait deux autels dans le chœur : l'autel paroissial orné d'un retable du sculpteur riomois Languille, et tout au fond contre le déambulatoire l'autel du chapitre. C'est au qu'on les supprima pour construire un maître-autel biface, l'un tourné vers les fidèles, l'autre vers le chapitre. Il fut d'abord placé sous la coupole puis au , il fut déplacé dans la première travée du chœur.
L'ensemble repose sur trois marches de marbre. Il est constitué d'une cuve en marbre sur lequel reposent à ses extrémités deux anges en marbre de Carrare, œuvre de Dominique Fossati, de Marseille, en 1771. Au centre, le tabernacle doré est surmonté d'un baldaquin et d'une coupole.
La châsse La châsse initiale fut achevée en 1477 par Jean Adam, orfèvre à Saint-Pourçain. Elle était en argent et elle représentait une petite église surmontée par des lions, elle fut fondue à la Révolution. La châsse actuelle date de 1814 ; elle fut réalisée par Laroze orfèvre à Clermont. Elle est en bois de noyer plaqué d'argent et de vermeil et forme une église à dôme surmontée d'une effigie de saint Amable. Elle se trouve actuellement dans la chapelle axiale de la basilique.
Les vitraux vignette|redresse=1.1|Déploration du Christ par Adrien Baratte.
Le peintre verrier Michel Durand, successeur de Max Ingrand, a réalisé en 1975 les verrières figuratives des baies 0 à 4, 21 à 29, 33, 35 et 37..
Trois verrières représentant les miracles de saint Amable ont été exécutées en 1854 par Étienne Thevenot pour les baies 5, 7 et 9..