Joseph Jean Arthur Béliveau (né le à Trois-Rivières dans la province de Québec au Canada et mort le à Longueuil au Québec, à 83 ans) est un joueur de hockey sur glace. Après avoir joué en junior à Victoriaville puis à Québec, il devient semi-professionnel avec les As de Québec en 1951-1952. Deux saisons plus tard, il rejoint les Canadiens de Montréal de la Ligue nationale de hockey.

Dès 1955-1956, sa troisième saison dans la LNH, il remporte la Coupe Stanley mais également le trophée Art-Ross du meilleur pointeur avec 88 points et le trophée Hart du meilleur joueur de la ligue. Cette Coupe est la première de cinq victoires consécutives. En 1961, il devient capitaine de l'équipe et remporte encore cinq autres Coupes Stanley entre 1965 et 1971, la dernière saison à laquelle il participe.

À peine à la retraite, sa carrière est célébrée aussi bien par les Canadiens, qui décident de retirer le numéro 4 en , que par l'ensemble du monde du hockey. Ainsi, dès 1972, il est admis au Temple de la renommée qui accueille pour la sixième fois de son histoire un joueur moins de trois ans après son départ à la retraite. Au cours des années 1990 et 2000, le Québec et le Canada lui rendent également hommage puisqu'il est nommé grand officier de l'Ordre national du Québec et également compagnon de l'Ordre du Canada. Il meurt des suites d'une pneumonie le .

Biographie

Enfance Jean Béliveau est le fils d'Arthur Béliveau et Laurette Dubé-Béliveau. Né le , il est l'aîné d'une fratrie de huit enfants. Leurs ancêtres acadiens sont arrivés au Québec au milieu du . Quand Béliveau a six ans, la famille quitte Trois-Rivières pour rejoindre Victoriaville où il est scolarisé successivement à l'école Saint-David, à l'Académie Saint-Louis de Gonzague puis au Collège de Victoriaville.

Comme de nombreuses familles dans la région, les Béliveau possèdent leur propre petite patinoire dans la cour où les enfants de la famille et du voisinage jouent une sorte de hockey sur glace. Jean ne joue sur une vraie patinoire qu'après son douzième anniversaire ; sa première équipe de hockey est celle de l'Académie Saint-Louis. À l'âge de 15 ans, il joue avec les Panthères de Victoriaville, dans l'Association de hockey intermédiaire du Québec (AIHQ), l'équipe du Collège. En 30 rencontres, il compte 68 points dont 47 buts.

En plus du hockey sur glace, Béliveau joue au baseball pour différentes formations de Victoriaville. À l'âge de 16 ans, il participe à quelques rencontres pour l'équipe de ligue senior de Val-d'Or et sa famille refuse même une offre de contrat professionnel avec une équipe de ligue mineure.

Années juniors à Victoriaville puis à Québec En 1947-1948, il rejoint les Tigres de Victoriaville dans la Ligue de hockey junior du Québec (LHJQ), où il compte 67 points en 42 rencontres. Avec 48 buts lors de la saison 1948-1949, il est le meilleur buteur du circuitJames Duplacey dans . L'équipe des Tigres est démantelée à la suite de cette saison et il rejoint les Citadelles de Québec.

Avant le début de la saison 1949-1950, il participe pour la première fois à un camp d'entraînement des Canadiens de Montréal de la Ligue nationale de hockey. Avec les Citadelles, il compte 80 points en 35 matchs de saison régulière. L'équipe finit en deuxième place de la saison régulière et élimine les Nationals de Montréal en quatre matchs en demi-finale. La finale est jouée contre le Canadien junior de Montréal et les deux équipes se partagent les quatre premiers matchs. Avant le cinquième match de la finale, Frank J. Selke, gérant des Canadiens et du Canadien junior annonce qu'il va faire une offre à Béliveau pour la saison suivante, offre qu'il ne pourra pas refuser. Les joueurs du Canadien junior font alors tout ce qu'ils peuvent pour museler Béliveau et se faire bien voir. La tactique de Selke est couronnée de succès alors que le Canadien junior remporte les deux dernières rencontres.

En , il participe une nouvelle fois au camp d'entraînement des Canadiens. Dans le même temps, Selke tente de le faire signer au club : il envoie ses émissaires rencontrer son père à Victoriaville et également le propriétaire des Citadelles, Frank Byrne. Ce dernier et le père de Jean refusent l'offre des Canadiens et le jeune Béliveau continue sa carrière dans la LHJQ. L'équipe de Québec lui paye en effet un salaire de par an et la direction de l'équipe lui a également trouvé un travail. Béliveau signe tout de même un contrat de type B avec les Canadiens de Montréal : ce contrat prévoit que si un jour Béliveau joue dans une ligue professionnelle, il est obligé de jouer avec les Canadiens.

Au cours de la saison 1950-1951, il joue un match avec les As de Québec dans la Ligue de hockey senior du Québec. Il participe également à ses premières rencontres avec les Canadiens. Le , alors que les Canadiens sont sur une série de cinq défaites consécutives, il prend part au match de l'équipe contre les Rangers de New York, une partie qui se termine sur le score de 1-1. L'unique but des Canadiens est inscrit par Bernard Geoffrion qui joue également son premier match dans la LNH ce soir là. Les deux joueurs juniors participent à un deuxième match le et ils inscrivent chacun un but et une passe décisive pour la victoire 4-2 des Canadiens contre les Black Hawks de Chicago. Béliveau finit la saison avec son équipe de la LHJQ qui termine à la première place du classement de la saison. D'un point de vue personnel, il se classe meilleur buteur et pointeur de la ligue avec 61 buts et 124 points.

Avec les As de Québec thumb|alt=Photographie des bannières accrochées dans le Colisée Pepsi|Des bannières au nom de Béliveau et en mémoire de la victoire en Coupe Alexander en 1951-1952 sont accrochées au plafond du Colisée Pepsi.

À la fin de la saison 1950-1951, Béliveau n'est officiellement plus considéré comme joueur junior et Selke pense qu'il va enfin rejoindre son équipe des Canadiens mais Béliveau veut continuer à jouer avec Québec. Selke n'entend pas se laisser faire et veut faire passer une nouvelle réglementation obligeant les joueurs engagés par un contrat de type B à signer d'abord avec l'équipe professionnelle avant de rejoindre une équipe amateur. Les As contre-attaquent en menaçant de quitter la LHSQ si les conditions de Selke étaient acceptées. Finalement, Québec a gain de cause et Béliveau passe l’intégralité de la saison 1951-1952 avec les As.

Même s'il joue dans un circuit dit amateur, Béliveau est rémunéré grâce à son équipe et gagne pour cette saison 1951-1952. Il gagne alors plus que la majorité des joueurs de la LNH dont le salaire moyen est de . D'un point de vue sportif, Béliveau est devant tout le monde en inscrivant 45 buts et 83 points en 59 rencontres. Il aide son équipe à accéder aux séries avec la première place de la saison régulièreErnie Fitzsimmons dans . Ils remportent également les séries de la ligue puis la Coupe Alexander.

En 1952-1953, Béliveau joue toujours avec les As mais il participe une nouvelle fois à des rencontres dans la LNH avec les Canadiens. Ainsi, il joue trois matchs de l'équipe en décembre, inscrivant trois buts contre les Rangers puis deux de plus contre les Bruins de Boston. Même si une nouvelle fois Selke souhaite que Béliveau reste au sein de l'équipe, le joueur de centre préfère finir sa saison et son engagement avec les As. Il compte à la fin du calendrier 50 buts en 57 rencontres pour la première place du classement avec un tour du chapeau lors du dernier match. L'équipe perd en finale contre les Saguenéens de Chicoutimi.

Signature avec les Canadiens de Montréal et les premières saisons Au cours de l'été 1953, Selke parvient à convaincre les dirigeants de la LHSQ d'abandonner le statut de semi-professionnel. Pendant ce temps, le , Élise Couture et Jean Béliveau se marient à l'église Saint-Patrick de Québec alors que Béliveau a déjà annoncé à sa fiancée que si elle se sent prête, ils partent tous les deux vers Montréal.

Il signe son premier contrat avec les Canadiens le pour cinq années et un montant de Béliveau signe son contrat. Selke et Béliveau parviennent finalement à s'entendre au bout d'un rendez-vous de plus de 3 heures ; Béliveau est accompagné pour la signature du contrat de son avocat et d'un spécialiste en impôt sur les revenus. Quelques heures plus tard, l'équipe des Canadiens joue le Match des étoiles en tant qu'équipe championne en titre de la Coupe Stanley ; ils sont opposés à une sélection des meilleurs joueurs du circuit. Malgré un point de Béliveau sur une passe décisive pour la vedette de Montréal, Maurice Richard, les Canadiens perdent la rencontre sur le score de 3-1.

La première saison complète de Béliveau dans la LNH est gâchée par les blessures ; touché à la cheville dès le septième match de la saison, il ne participe qu'à 44 des 70 rencontres de la saison régulière. Béliveau est le sixième pointeur de sa formation avec 34 points, soit près de la moitié de Maurice Richard, le meilleur pointeur de l'équipe et deuxième de la LNH. Les Canadiens remportent la demi-finale des séries contre les Bruins en quatre rencontres avec deux blanchissages et seulement quatre buts concédés contre seize inscrits.. La finale les oppose aux Red Wings de Détroit, la meilleure équipe de la saison régulière. Après quatre rencontres, les joueurs de Détroit sont devant avec trois victoires et une défaite. Les Canadiens retardent l'échéance en remportant les deux matchs suivants mais Détroit est sacré champion de la Coupe Stanley après le septième match et une victoire en prolongation 2-1. Béliveau termine tout de même troisième meilleur pointeur des séries derrière ses coéquipiers, Dickie Moore et Geoffrion.

À la fin de la saison 1954-1955, Béliveau est le troisième pointeur de son équipe mais également de toute la LNH. Avec respectivement 75, 74 et 73 points, Geoffrion, Richard et Béliveau dominent la ligue. La fin de la saison est gâchée par une suspension de Richard par le président de la LNH, Clarence Campbell, pour les trois dernières rencontres du calendrier et l'intégralité des séries. Les Canadiens parviennent à la finale de la Coupe Stanley mais ils chutent une nouvelle fois en sept rencontres contre les joueurs de Détroit.. Béliveau est tout de même mis en avant en étant sélectionné dans la première équipe d'étoiles de la LNH.

Dynastie des Canadiens Maurice Richard et Toe Blake, ici en 1946|alt=Photographie en noir et blanc de Richard et Blake en train de discuter, assis sur le banc du vestiaire|thumb|left La saison suivante voit l'arrivée de Toe Blake, ancien joueur des Canadiens, derrière le banc de l'équipe. Béliveau est associé à Geoffrion et Bert Olmstead. Le , alors que les Bruins mènent 2-0 et que deux joueurs des Bruins purgent une pénalité, Béliveau rentre dans l'histoire en inscrivant trois buts en 44 secondes. Il sonne la fin des espoirs des Bruins plus tard au cours de la rencontre en inscrivant un quatrième but.. L'année suivante, en réaction à ce tour du chapeau en très peu de temps, le règlement est changé et permet au joueur ayant écopé d'une punition de revenir au jeu dès que l'équipe adverse marque. Le , Jean Béliveau devient le premier joueur de hockey à faire la couverture du magazine de Sports Illustrated. Le centre des Canadiens change également son style de jeu : chahuté par les adversaires depuis ses débuts, il décide de rendre coup pour coup et compte à la fin de la saison 143 minutes de pénalitésSaison 1955-1956.