L'alliance franco-américaine se forme en 1778 entre la France (royaume de France) sous le règne du roi et les États-Unis, pendant la guerre d'indépendance américaine contre le royaume de Grande-Bretagne, processus de la révolution américaine qui voit les États-Unis s'émanciper de l'Empire britannique et accéder à l'indépendance en fondant une république fédérale.

Le contexte : les hésitations de Louis XVI vignette|Réception de Benjamin Franklin à la cour de France en 1778. vignette|Lafayette, blessé à la bataille de Brandywine en septembre 1777. vignette|La capitulation à Saratoga montrant le général Daniel Morgan face au canon de Vallière.

À la suite des succès britanniques durant la guerre de Sept Ans, le roi de France est réticent à s'engager dans un nouveau conflitVoir l'article en anglais sur les .. Le roi Louis XVI redoute que ce dernier conflit n'ait donné au royaume de Grande-Bretagne l'hégémonie navale.

À partir de 1763 la France et son alliée l'Espagne commencent à reconstruire leurs marines et à se préparer à une guerre pour vaincre et envahir la Grande-Bretagne.

Comme les troubles dans les colonies américaines de la Grande-Bretagne s'intensifient au cours des années 1760, et conduisent finalement à une rébellion ouverte en 1775, une alliance avec les rebelles américains est alors recherchée, malgré la méfiance de .

En , le Congrès continental déclare l'assistance étrangère nécessaire « sans aucun doute possible », et cherche des fournitures et de l'assistance auprès des puissances européennes hostiles aux Britanniques.

Le roi de France demande « l'humiliation de l'Angleterre » et commence à donner secrètement de l'aide aux rebelles américains.

La déclaration d'indépendance américaine est préconisée par certains comme étape nécessaire pour obtenir un soutien européen contre la Grande-BretagneSimms, ..

Silas Deane, un émissaire reçu à Paris, propose une grande alliance anti-britannique et l'invasion par la France de Hanovre et du Portugal, deux alliés des BritanniquesSimms, ..

L'alliance est promue aux États-Unis par Thomas Jefferson, un francophile Entangling alliances with none par Lawrence S. Kaplan, ..

Se fondant sur le de 1776, Jefferson encourage le roi de France Louis XVI à devenir partenaire économique et militaire des États-Unis, toujours dans le projet d'affaiblir l'influence britannique Entangling alliances with none parLawrence S. Kaplan, ..

En 1776, Latouche Tréville fait parvenir des munitions aux rebelles depuis la France.

De nombreuses livraisons françaises ont lieu durant la guerre d'indépendance américaine, dont des armes de type de Vallière et de petits canons de campagne de 4 livres.

Ces armes jouent un rôle important dans de nombreuses batailles, telles que les batailles de Saratoga Springfield Armory. et de Yorktown. George Washington écrit sur les fournitures et les armes à feu françaises dans une lettre au général Heath, le :

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Le , le marquis de Lafayette arrive en Amérique et rejoint Washington dans l'Armée continentale comme major général. Il participe ainsi à la bataille de Brandywine (au cours de laquelle il est blessé), puis à celle de Rhode Island.

Le marquis de Lafayette retournera plus tard en France, afin d'obtenir davantage de soutien du roi Louis XVI pour la cause américaine.

Traité d'alliance

L'alliance a été officiellement négociée par Benjamin Franklin et le traité d'alliance a été signé le après la victoire américaine lors de la bataille de Saratoga, sous la dénomination de « traité franco-américain d'amitié et de commerce » Encyclopedia of Tariffs and Trade in U.S. History: The encyclopedia par Cynthia Clark Northrup, , texte en ligne..

Le traité a apporté l'assurance du plein soutien de l'armée française, de la Marine royale et du Trésor français. En contrepartie, les États-Unis étaient tenus de garantir « à partir du moment présent et pour toujours, contre toutes les autres puissances (…) les possessions actuelles de la Couronne de France en Amérique », celle-ci promettant de ne plus y étendre ses possessions Entangling alliances with none par Lawrence S. Kaplan, ..

Opérations vignette|Bâtiments de ligne de la Marine royale lors de la bataille décisive de la Chesapeake en 1781. vignette|Cornwallis se rend aux troupes françaises dirigées par Rochambeau (à gauche) et aux troupes américaines (à droite), à l'issue de la bataille de Yorktown en 1781.

La force combinée des Américains et des Français garantissait pratiquement la victoire contre la Grande-Bretagne Encyclopedia of Tariffs and Trade in U.S. History: The encyclopedia par Cynthia Clark Northrup, , texte en ligne.. La France a contribué avec succès à la victoire américaine, parvenant à expulser les Britanniques et à obtenir la reconnaissance de l'indépendance grâce à l'intervention de Rochambeau, de La Fayette, de Grasse, et de Suffren.

Front européen Le conflit sur mer a commencé dans les eaux européennes avec la bataille d'Ouessant en juillet 1778 ; il a continué avec la tentative d'invasion de la Grande-Bretagne par l'Armada de 1779, l'Espagne étant entrée en guerre au côté de la France en espérant reconquérir Gibraltar, Minorque, la Floride et la Jamaïque.

Première campagne américaine À l'été 1778, l'amiral français d'Estaing arriva avec une flotte de douze vaisseaux de ligne et quatorze frégates, et également avec un renfort d'infanterie. Après avoir refusé d'attaquer les forces britanniques de Richard Howe inférieures en nombre en dehors de New York, la flotte française a navigué vers le Rhode Island, où elle devait prendre part à une attaque contre Newport.

Le , d'Estaing remporte la bataille de la Grenade contre l'amiral Byron, mais échoue au siège de Savannah en avant de retourner en France. Les combats se poursuivent en avril 1780, lors de la bataille de la Martinique qui oppose Guichen à l'amiral Rodney.

Seconde campagne américaine

vignette|gauche|Débarquement de l'armée française à Newport (Rhode Island) le , sous le commandement du comte de Rochambeau.

En 1780, Rochambeau est arrivé avec une flotte et français pour rejoindre l'Armée continentale, sous le commandement de George Washington, lors de l'« Expédition particulière ». il débarque à Newport (Rhode Island), le Samuel F. Scott, , ].. Dans la vallée de l'Ohio, les Américains français également se sont alliés aux troupes indiennes, comme lors de la bataille de Kekionga menée sous le commandement d'Augustin de la Balme Colin G. Calloway, , ..

La marine française a joué un rôle décisif de soutien de l'armée américaine, l'Amérique ne pouvant guère résister efficacement à la marine britannique. La marine française, sous le commandement de Grasse, a réussi à vaincre une flotte britannique à la bataille de la baie de Chesapeake en 1781. La balance a penché en faveur des forces franco-américaines au cours du siège de Yorktown, dernière grande bataille terrestre de la guerre : les Britanniques se sont rendus aux forces américaines et françaises à Yorktown en 1781.

La France a continué à se battre contre les Britanniques au cours de la guerre des Antilles de 1782.

Campagne en Inde vignette|Suffren avec l'allié indien Haidar Alî en .

La France a, par ailleurs, soutenu l'effort de guerre contre la Grande-Bretagne en attaquant les possessions britanniques en Inde. En 1782, scella une alliance avec le peshwâ Madhu Rao Narayan. Suffren, devenu l'allié d'Haidar Alî dans la seconde guerre anglo-mysore contre la domination britannique en Inde (en 1782-1783), a combattu la flotte britannique sur les côtes de l'Inde et de Ceylan The History Project, University of California. Jeremy Black, , ]..

Entre et , Suffren combattit l'amiral anglais Sir Edward Hughes, et a collaboré avec les dirigeants de MysoreCambridge Ilustrated Atlas of Warfare, .. Suffren combattit à la bataille de Sadras le , à la bataille de Provédien le près de Trinquemalay, à la bataille de Negapatam le à l'extérieur de Gondelour, après quoi Suffren saisit l'ancrage de Trinquemalay et contraignit la petite garnison britannique à se rendre. Une armée de français a collaboré avec Haidar Alî pour capturer Gondelour. Finalement, la bataille de Trinquemalay eut lieu près de ce port le . Ces batailles peuvent être considérées comme les dernières batailles du conflit franco-britannique ayant entouré la guerre d'Indépendance américaine,

Conséquences vignette|gauche|Peinture de Benjamin West, représentant les délégations au traité de Paris. La délégation britannique a refusé de poser, et la peinture n'a jamais été terminée.

Finalement, le traité de Paris a été signé le , reconnaissant l'indépendance américaine et la fin des hostilités.

Le traité d'alliance de 1778, promettant la défense des territoires français sur le continent américain, n'a pas été respecté par les États-Unis. Dès 1793, lorsque la France est entrée en conflit avec la Grande-Bretagne dans les Caraïbes. les États-Unis étaient tenus de maintenir la neutralité ; mais une neutralité si négative qu'elle interdisait aux Français le droit d'armer et d'équiper des navires corsaires dans les ports américains, ou niait le droit de disposer de prix français aux États-Unis. Ces réticences ont signé la fin de l'alliance.

vignette|Combat naval pendant la quasi-guerre entre le et de navire français L'Insurgente, le .

Les États-Unis ayant conclu un traité de commerce avec la Grande-Bretagne en 1794, la France a commencé à organiser des raids sur les bâtiments américains, et saisi 316 navires en 1796Randier, .. En 1796 toujours, le ministre Pierre Adet, complètement désillusionné, a estimé que : « Jefferson est (…) Américain, et en tant que tel, il ne peut pas sincèrement être notre ami. Un Américain est un ennemi né de tous les peuples européens », En 1798, l'affaire XYZ a considérablement aggravé les relations franco-américaines Entangling alliances with none par Lawrence S. Kaplan, . Thomas Jefferson par Richard B. Bernstein, , texte en ligne..

Ces événements ont conduit à la quasi-guerre (1798-1800) entre la France et les États-Unis, avec de véritables affrontements navals des deux puissances : entre le USS Constellation et le navire français L'Insurgente, le au large l'île de Nevis ; entre l'USS Constellation et La Vengeance en au large de la Guadeloupe. Un accord a suivi, dans lequel les États-Unis acceptaient de verser de dollars de compensations, et la France acceptait d'abandonner ses revendications à propos du traité de 1778.

La Grande-Bretagne a aussi tenté d'interférer dans le commerce américain, par les ordres en conseil de 1807, Ce type de décret interdisait le commerce avec la France depuis la Grande-Bretagne, ses alliés, et toute nation neutre, ce qui voulait dire les États-Unis. Les États-Unis ont protesté en disant que cde tels actes étaient illégaux en vertu du droit internationalCaffery, .. Cette situation a été un des facteurs d'animosité entre les États-Unis et la Grande-Bretagne qui ont mené à la guerre de 1812.

Galerie des commandants français dans l'alliance

Notes et références

Annexes Bibliographie Samuel Flagg Bemis, The Diplomacy of the American Revolution, 1935, lire en ligne. H. W. Brands, The First American: The Life and Times of Benjamin Franklin, 2002. Frank W. Brecher, Securing American Independence: John Jay and the French Alliance. Praeger Publishers, 2003, pp. xiv, 327 (texte en ligne). René Chartrand et Francis Back, The French Army in the American War of Independence, Osprey, 1991. Edward S. Corwin, French Policy and the American Alliance of 1778, Archon Books, 1962. Jonathan Dull, A Diplomatic History of the American Revolution, 1985. Jonathan Dull, The French Navy and American Independence: A Study of Arms and Diplomacy 1774-1787, 1975. Lawrence S. Kaplan, « The Diplomacy of the American Revolution: the Perspective from France. », Reviews in American History (3), 1976, . . Jonathan Dull, A Diplomatic History of the American Revolution, 1985.