Le siège de Montpellier est le siège de la place forte protestante de Montpellier par l'armée royale de Louis XIII qui dura de fin au . C'est un des principaux événements de la protestante du début du .

Contexte Louis XIII cherchait à réaffirmer son autorité sur le royaume, après sa minorité et la régence de sa mère Marie de Médicis. Plusieurs régions protestantes de France, encouragées par le prince protestant Henri de Rohan, refusèrent de reconnaître la souveraineté du roi catholique, aussi le jeune souverain entreprit-il en 1619 de les soumettre à nouveau à l'autorité royale, par la force si nécessaire. En 1621, il commença par attaquer les places-fortes du Sud-Ouest, en Béarn et assiégea Montauban sans succès.

En 1622, Louis XIII résolut d'entreprendre la pacification de son royaume. Après avoir traversé le Poitou, l'Aunis, le Saintonge, l'Aquitaine et le Languedoc, sa chevauchée l'amène devant Montpellier qui était une des principales villes et places-fortes protestantes de France, il était donc inévitable que le roi s'attaque à elle un jour ou l'autre. thumb|left|Le prince de Condé mène initialement le siège.

Préambule En , Henri de Rohan entre en campagne à partir des Cévennes qui étaient sa place d'armes et son fort. Pour rétablir les communications entre cette région et Montpellier il met le siège devant le château de Montlaur, prend la place puis le rase. Il prend et détruit ensuite les châteaux de Beaulieu et de Castries et de Sommières le .

Pendant ce temps le duc Henry de Montmorency, lui répond en prenant Lunas, le fort de Graissessac et se présente, le , devant Bédarieux. Après quelques escarmouches, Montmorency lève le camp et ramène ses troupes à Frontignan et Villeneuve-lès-Maguelone prenant, au passage, les villes protestantes de Soumartre et de Faugères afin de former un corps d'armée avec le Gaspard, duc de Châtillon, qui venait de se rallier au Roi.

La nouvelle armée prend Cournonsec, le , si bien que l'armée de Montmorency et celle de Rohan finissent par se rencontrer à Lavérune le long de la Mosson. Il n'y eut pas de bataille, les deux armées préférant rebrousser chemin. Rohan prit ensuite Saint-Georges-d'Orques dont la garnison, catholique, ne cessait d'importuner les Montpelliérains en lui faisant sans cesse des prisonniers.

Les armées de Montmorency et de Châtillon se retirent l'une à Villeneuve-lès-Maguelone, l'autre à Aigues-Mortes. Chemin faisant, le second ruina la collégiale Notre-Dame de Grâce de Gignac avant de s'engager dans la vallée pour assiéger le château de Montferrand. Ne parvenant pas à le prendre la troupe se retire du côté d'Uzès avant de parvenir à Aigues-Mortes.

Apprenant la prise de Saint-Antonin, Rohan quitte Millau pour Castres où il s'aperçoit que le roi Louis XIII veut faire la jonction avec Montmorency pour assiéger Montpellier. Il se met aussitôt en marche avec de nombreuses troupes pour défendre la place.

Lorsque Henri IV avait donné Montpellier comme place de sureté aux Protestants, elle était peu fortifiée et jusqu'en 1620, 2 bastions seulement avaient été construits. Mais d'Argencour, un ingénieur protestant, fait démolir, en 1621, les faubourgs et fortifier la ville de tous côtés. En un an de travaux la ville était désormais défendue par 16 bastions liés par des courtines avec des fossés et des demi-lunes.

Rohan laissa pour défendre la ville quelques gentilshommes de sa Maison ainsi que Dupuy, son lieutenant particulier, qui avait participé l'année précédente à la défense victorieuse de Montauban et également un régiment à quatre compagnies, trois régiments à cinq compagnies ainsi que huit à dix compagnies sans mestre de camp. Il forma en plus trois régiments formés des habitants de la ville.

L'armée royale avançait toujours, faisant de petits sièges autour de Montpellier. Le maréchal de Praslin prend et démantèle Bédarieux, Montmorency s'empare de Mauguio puis c'est au tour de Lunel, de Sommières et de Marsillargues, le , de tomber.

L'investissement et la préparation du siège vignette|Plan du siège. Les premières troupes sous le commandement du duc Henry de Montmorency, gouverneur du Languedoc, se présentent devant la ville en dans l'espoir d'en ouvrir les portes au roi. Des pourparlers s'engagent à Lavérune pour la reddition de la place, toutefois, suivant l'avis du prince de Condé et de Bassompierre, il préfère l'assiéger. Mais Henri de Rohan y a envoyé en renfort l'élite de ses montagnards et continue à lever des troupes dans les Cévennes pour la secourir si l'armée royale venait à se joindre à celle de Montmorency.

Le , le maréchal de Praslin, met le siège devant Lunel pendant que Henri de Montmorency investit Massillargues. Cette dernière place assiégée par 5 régiments, renforcés de Normandie, 6 canons et 1 couleuvrine, se rendit le même jour.

Le siège de Lunel fut moins rapide ; malgré le renfort de 830 Cévenols, Lunel capitule le devant , 300 cavaliers d'élite et 2 couleuvrines sous les ordres du prince de Condé. Après avoir laissé, dans la place, 6 compagnies sous le commandement du colonel de légion Jean de La Croix, baron de Castries, les troupes royales se réunissent le devant Sommières et lui donnent l'assaut le , Picardie avec Roger du Plessis-Liancourt, son mestre de camp, en tête.

Le , assiégé par Louis XIII, Gaspard, duc de Châtillon, livre Aigues-Mortes sans combat qui le remercie en lui donnant et le bâton de maréchal les conflits religieux à Aigues-Mortes.

Dans le même temps le maréchal Lesdiguières, converti au catholicisme, répondit de la soumission du Dauphiné, dont il était gouverneur, et reçut en remerciement le collier du Saint-Esprit et l'épée de connétable de France.

Le par l'entremise du maréchal Lesdiguières un traité est signé entre le duc Henri de Rohan, meneur de la rébellion huguenote, et Louis XIII. Le lendemain, les habitants de Montpellier, refusent d'ouvrir leurs portes à l'armée royale, craignant des déprédations de la part du prince Henri de CondéChronologie du siège de Montpellier de 1622 en 10 dates. Ils imposèrent au roi des conditions humiliantes si celui-ci voulait s'introduire dans la cité Jack Alden Clarke, , Springer, .

Il ne restait plus pour pacifier la région qu'à prendre Montpellier qui est assiégée à partir du par une armée royale, de moins de , , dont le commandement fut donné à Condé, Louis XIII ayant démis Lesdiguières de ses fonctions, outragé par le refus et les exigences des Montpelliérains vignette|Le maréchal Lesdiguières négocie la paix entre le roi et les Huguenots à Montpellier.

Ordre de bataille Le , après l'encerclement total de Montpellier, le roi venant de Béziers établit son quartier général au Mas du consul Étienne Aimeric près de Castelnau, au nord de Montpellier, d'où il pouvait voir, à la longue vue, les remparts de ville et les travaux d'approche de ses troupes.

Les travaux de siège sont dirigés par l'ingénieur italien Joseph Gamorini, qui fait rapidement ouvrir une tranchée d'approche, du côté faible de la défense, à la Blancarie, entre la tour des Carmes et celle de Saint-Gély en deux attaques : Celle de gauche, située près du quartier du roi, était commandée par le maréchal de Praslin en tant que lieutenant général, secondé par Bassompierre et Valençay comme maréchaux de camp, et comprenait les Gardes françaises et suisses, Navarre, Piémont, Normandie, Estissac et Saint Chamond. Celle de droite était commandée par le prince de Condé en tant que lieutenant général, secondé par le marquis des Portes, Zamet et Marillac comme maréchaux de camp, et comprenait Normandie, Nérestang, les 5 régiments languedociens (dont Vendôme, Fabrègues, La Roquette et Saint-Bris) d'Henri de Montmorency et le régiment que Condé avait levé en Berry. L'armée de siège comprenait : (Liste non exhaustive, classée en ordre alphabétique croissant)

C'est Étienne d'Americ et le baron de Calonges, gouverneur de la ville, qui mènent avec vigueur la défense de Montpellier avec : 1 régiment à 4 compagnies ; 3 régiments à 5 compagnies ; 8 à 10 compagnies sans mestre de camp ; 3 régiments formés des habitants de la villeHistoire de Montpellier. Troisième partie pages 46 et suivantes.

Le siège Les opérations de siège sont effectuées du côté faible de la place car les ouvrages défensifs y étaient inachevésSiége de Montpellier : estampe La Vraye representation du siege, plan, assiette et fortifications, tant vieilles que nouvelles de la ville de Montpellier. Assiégée par le tres-chrestien Louys XIII Roy de France et de Navarre. Néanmoins, les opérations se révélèrent difficiles pour les troupes royales. Montpellier avait pris conscience depuis longtemps des manœuvres de reconquête des forteresses huguenotes par Louis XIII, et se savait très bien placée pour être assiégée à son tour ; les Montpelliérains s'étaient préparés en conséquence : l'enceinte médiévale ne pouvant résister à l'artillerie moderne et puissante de Louis XIII, il avait été décidé de détruire une nouvelle fois les faubourgs pour bâtir un second mur apte à résister à l'artillerie royale. Les travaux de fortification étaient globalement achevés à l'arrivée du roiGérard Cholvy(dir.), Histoire de Montpellier, Privat, rééd. 2001, et suivantes..

Le , les redoutes situées à l'est, au bord du Lez, sont prises par les attaques conjointes des régiments de Normandie, Navarre, Piémont et Estissac, soutenus par les régiments languedociens La Roquette, Fabrègues et Saint-Brez, ces deux derniers régiments étant chargés de garder cette conquête sous les ordres du marquis de Valençay.

Le poste, qui avait une position stratégique dominante sur la cité, étant important, le , 400 Montpelliérains Jack Alden Clarke, , Springer, p. 103ff se portent en masse devant les ouvrages, sous le commandement de d'Argencour à la tête de l'infanterie et du baron de Calonges, à la tête de la cavalerie. Les régiments de Fabrègues et de Saint-Brez, composé de nouvellement levés, auraient été détruits par l'attaque si Henri de Montmorency, à la tête de quelques Vieux Corps, ne les avait pas secourus. Le duc de Montmorency blessé d'un coup de pique au ventre et d'un coup de hallebarde à la cuisse ne dut la vie qu'au sire d'Argencourt, son adversaire, qui favorisa sa retraite . Du côté des catholiques les pertes furent lourdes, ils laissèrent 200 morts dont Histoire universelle: 1620-1622 Par Agrippa d'Aubigné page 251 Léonor d'Orléans-Longueville, duc de Fronsac, Charles d'HoudetotCharles d'Houdetot, un gentilhomme domestique et lieutenant des chevau-légers du prince de Condé, Jacques II d'Harcourt, marquis de Beuvron La famille d’Harcourt page 14, Gilbert de Beaufort-Montboissier, vicomte de la Motte-Canillac, Jean-Paul de LussanJean-Paul de Lussan Capitaine des Gardes Écossaises, Montbrunfils du vicomte de l'Estrange et Antoine de Grimoard, seigneur de CombaletAntoine de Grimoard seigneur de Combalet neveu de Charles d'Albert, duc de Luynes et époux d'une nièce du cardinal de Richelieu.

Dans le même temps, une autre sortie attaque les tranchées de Picardie. Jean Zamet est tué d'un coup de fauconneau pendant qu'il mettait ses soldats en ordre de combat. L'ingénieur italien Joseph Gamorini est tué d'un coup de mousquet à la tête et est remplacé, comme ingénieur, par MorrièresMorrières où Morières. Les assiégés, victorieux, construisirent alors sur la butte Saint-Denis un grand ouvrage où ils se maintinrent jusqu'à la fin du siège sans être assaillis.