La Rose d'or est un ornement béni par le pape, destiné à honorer des souverains ou des sanctuaires catholiques. Comme son nom l'indique, il représente une rose, un bouquet de roses ou un petit rosier en or massif. Il était attribué chaque année par le pape le quatrième dimanche de Carême à un souverain ou seigneur, puis plutôt à une reine ou épouse de roi (à partir du ), et depuis la seconde moitié du , à des églises ou sanctuaires. Depuis le , ce sont essentiellement des sanctuaires mariaux qui ont reçu cette distinction.

La fleur d'or et sa splendeur éclatante symbolise le Christ et Sa Majesté Royale. Le rouge (et les épines) symbolise plus particulièrement sa Passion, différents éléments de la fleur et de l’œuvre (parfum, tige, fleurs), ont des interprétations symboliques et bibliques que le pape détaille et précise dans la lettre accompagnant le don de l’œuvre.

Au cours des siècles, l’œuvre, assez simple (une simple rose de environ), s'est complexifiée pour devenir un bouquet, avec un pied ou un vase, pouvant représenter plusieurs kilos d'or, voire intégrer des pierres précieuses. Si une bonne partie des œuvres ont été refondues quelques années ou siècles plus tard (pour réutiliser l'or), quelques œuvres anciennes sont parvenues jusqu'à nous. La date de début de cette tradition (de remise d'une rose par le pape) est incertaine et évaluée au environ, mais elle pourrait être plus ancienne. La date de la première bénédiction de la rose fluctue aussi suivant les sources du au .

Certains sanctuaires ont pu recevoir plusieurs roses au cours de leur histoire, et certains papes, ont pu offrir plusieurs roses la même année (essentiellement à partir du ). Ainsi le pape Benoît XVI, en 8 années de pontificat, a offert 18 roses.

Représentation et symbolique Définition La rose d'or est un ornement béni par le pape, cadeau destiné à honorer des souverains ou des sanctuaires catholiques. Comme son nom l'indique, il représente une rose, un bouquet de roses ou un petit rosier en or massif. Il était attribué principalement à un souverain, plus tard à une épouse de souverain ou une reine, et depuis le milieu du , uniquement à des sanctuaires ou des églises. Cette rose était offerte chaque année par le pape à l'occasion du quatrième dimanche de Carême..

Symbolique thumb|redresse|Chasuble utilisée pour le dimanche de Lætare. Les significations de la rose sont liées à celle du dimanche de Lætare (quatrième du carême), le jour où cette rose est traditionnellement bénie. Ce dimanche est souvent appelé , et la couleur des vêtements liturgiques utilisés est normalement le roseCouleur de la chasuble utilisée par le prêtre pour célébrer l'Eucharistie. Cet usage s'est un peu perdu, d'autant que cette couleur n'est utilisée qu'un seul jour par an.. L’Église catholique, durant ce dimanche particulier invite les fidèles .

La rose d'or matérialise des éléments symboliques : la fleur d'or et sa splendeur éclatante symbolise le Christ et Sa Majesté Royale. Le rouge symbolise plus particulièrement sa Passion. On interprète en ce sens un verset du Cantique des cantiques : ., ou encore un verset du livre d'Isaïe : .. Le parfum de la rose, selon le pape Léon XIII, . Innocent III a écrit pour sa part : . Cette signification mystique est présente dans les lettres accompagnant la rose, ou encore dans les sermons prononcés le dimanche de Lætare.

Description La plus ancienne représentation connue d'une rose d'or () est une rose seule portant en son cœur une petite coupe ajourée contenant du baume et du musc. Si la rose est toujours restée en or pur, sa forme, sa composition, la décoration, la taille, le poids et la valeur de l’œuvre d'art ont varié suivant les époques (la situation économique, et les ressources de la papauté). À l'origine, l’œuvre mesurait un peu plus de de hauteur et elle était facilement transportée dans la main gauche du pape, tandis qu'avec sa droite, il bénissait la foule lors de la procession de la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem (à Rome) jusqu'au palais du Latran (en ligne).. Par la suite, et surtout lorsqu'un vase et un grand piédestal sont devenus partie intégrante de l'ornement (ce qui portait le tout à plusieurs kilos), il a fallu un clerc robuste pour porter l’œuvre durant la procession.

Avec Sixte IV (), le dessin se complique : la rose d'or représente également des tiges épineuses, des feuilles ou encore des bourgeons ; des pierres précieuses sont serties dans le bijou. On ajoute ensuite un piédestal et un vase. Ainsi, en 1668, la rose d'or envoyée par Clément IX à Marie-Thérèse d'Autriche, épouse de Louis XIV, pesait 4 kilos, celle envoyée par Innocent XI () pesait environ 10 kilos d'or, elle mesurait presque 45 cm de haut, et avait la forme d'un bouquet (lire en ligne)..

Le piédestal pouvait être soit triangulaire, soit quadrangulaire voire octogonal. Le pied était richement orné de divers motifs et bas-reliefs. En plus de l'inscription habituelle, on ajoutait également les armoiries du pape (qui l'offrait), et parfois celles du prélat qui l'apportait à son destinataire.

Historique

Aux tout débuts, la rose d'or fut souvent offerte au préfet de Rome. Plus tard, l'usage prévalut de l'envoyer à un roi ou un prince qui s'était illustré par sa valeur, puis à une princesse renommée pour sa vertu ou sa charité envers les pauvres. Durant un certain temps, les empereurs d'Allemagne la reçurent à l'époque de leur couronnement. Lorsque le Saint-Siège fut établi à Avignon, on eut l'usage d'offrir la rose d'or à la personne la plus digne qui se trouvait présente à la cour pontificale durant l'époque du carême.

Au Moyen Âge

La date exacte de l'institution de la est inconnue, et elle est l'objet de controverses. Selon certains, elle est antérieure à Charlemagne (742-814) et remonterait même au , ou bien daterait de la fin du . Selon d'autres, elle a son origine à la fin du (en ligne).. Il est cependant certain qu'elle est antérieure à l'an 1050, puisque le pape Léon IX (1051) parle de la rose comme d'une ancienne institution à son époque. La est cependant postérieure à cette date. Elle a été mise en place pour rendre la cérémonie plus solennelle et induire une plus grande révérence du pape vis-à-vis du destinataire (en ligne).. Selon le cardinal PetraConstitution apostolique, III, 2, col. 1., le pape Innocent IV (1245-54) fut le premier à pratiquer cette bénédiction. Mais d'autres personnes estiment que cet usage a été mis en place par Innocent III (1198-1216), ou Alexandre III (1159-81), ou Léon IX (1049-55). Il n'y a pas de consensus sur la question. Si la date de la première bénédiction fluctue suivant les sources du au (d'après un écrit du pape Benoît XIV) (1758). Cependant, le pape n'utilisait pas une nouvelle rose chaque année : il pouvait réutiliser la rose de l'année précédente, jusqu'à ce qu'une nouvelle rose lui soit offerte (ou fabriquée).

La rose d'or apparaît dès le début du Moyen Âge. La première mention attestée est une bulle de 1051, dans laquelle Léon IX exige des religieuses du couvent de Sainte-Croix de Woffenheim (Alsace), l'envoi d'une rose d'or à bénir et à porter par le pape le dimanche de Lætare..

La chronique de saint Martin de Tours mentionne le plus ancien don connu d'une rose d'or par le pape : don d'Urbain II au comte Foulque IV d'Anjou, en 1096. Dès le bas Moyen Âge, le don d'une rose d'or pour honorer un souverain supplante le don des , institué au .

La rose est traditionnellement portée en procession, de la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem jusqu'au palais du Latran, lors du dimanche de Lætare (quatrième dimanche de Carême), également appelé dimanche de la Rose pour cette raison. Elle est d'abord portée par le pape lui-même. Par la suite, quand le poids de la rose augmente, un clerc est chargé de cette tâche. C'est à cette occasion que le pape bénit, dans la sacristie de basilique Sainte-Croix, le baume et le musc destinés à la rose, avant que celle-ci ne soit portée par un ablégat à son destinataire, ou remise à un ambassadeur résident. En 1895, la charge de porter la rose d'or est confiée à un camérier secret de cape et d'épée.

Au À l'époque contemporaine, Jean-Paul II a remis des roses d'or à de nombreux sanctuaires dédiés à la Vierge Marie, comme celui de Lourdes en France, d'Aparecida au Brésil ou de Guadalupe au Mexique. Le pape Benoît XVI a notamment donné la rose d'or en 2006, au Sanctuaire de Jasna Góra (Vierge de Czestochowa) en Pologne ; en 2007 à la basilique d'Aparecida (Brésil) ; en 2010 au sanctuaire de Fátima (Portugal) et en 2011 au sanctuaire de Notre-Dame de Montaigu (Belgique).

Le pape François a offert à quatre reprises une rose d'or à un sanctuaire marial : à la basilique Notre-Dame-de-Charité d'El Cobre (Cuba), en ; à Notre-Dame de Guadalupe (Mexique), en ; à Notre-Dame de Częstochowa (Pologne), en ; et à Notre-Dame de Fátima (Portugal) pour le centenaire des apparitions, en .

Exemplaires subsistants

La plupart des roses d'or anciennes ont été fondues par leur destinataire (ou leurs successeurs), afin de récupérer l'or à des fins monétaires (en période de crise). Les exemplaires subsistant des roses anciennes sont donc peu nombreux. On peut les retrouver : dans le trésor de la cathédrale de Bénévent ; dans le Musée sacré de la Bibliothèque vaticane ; dans la basilique Saint-Jean de Latran ; au Musée national du Moyen Âge, sis en l'hôtel de Cluny, à Paris ; au Palazzo Communale de Sienne ; à la Schatzkammer de la Hofburg à Vienne ; au Musée de la Légion d'honneur, sis en l'Hôtel de Salm, à Paris.

Les destinataires de roses d'or

Des roses d'or ont été décernées à des personnes - hommes, femmes et un couple marié - ainsi qu'à des États et des églises (ou sanctuaires).

Jusqu'au , les roses d'or étaient généralement attribuées à des souverains (hommes). À partir du , il est devenu plus courant de les attribuer à des femmes souveraines ou à des femmes de souverains. La dernière femme (et dernière souveraine) à recevoir une rose d'or fut la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg en 1956. À partir de cette date, seules des églises ou sanctuaires se sont vu remettre cette distinction. Toutes les roses offertes par le pape Benoît XVI (18 au total) ont été décernées (et uniquement) à des sanctuaires mariaux.

Parmi les principales églises auxquelles la rose a été offerte, citons : la basilique Saint-Pierre avec cinq roses la basilique Saint-Jean-de-Latran, le sanctuaire de Fátima, avec quatre rosesSelon certaines sources, deux des quatre roses ont été données à la basilique proprement dite et deux à la chapelle appelée Sancta Sanctorum. la basilique Notre-Dame d'Aparecida, le sanctuaire de Notre-Dame de Częstochowa avec trois roses

Au , les papes Pie X, Benoît XV, Jean XXIII et Jean-Paul n'ont pas décerné de rose d'or. Pie XI a relancé la pratique (en 1923) qui a été poursuivie par le pape Pie XII (en 1953). Paul VI (1963-1978) a décerné 5 roses Jean-Paul II (1978-2005) a décerné 9 roses Benoît XVI (2005-2013) a décerné 18 roses François (2013-2025) a décerné 5 roses Léon XIV (2025-aujourdhui) a décerné 2 roses

Du XII au