Henri Ferron de la Ferronnays, né le à Berne (Suisse) et mort le à Saint-Mars-la-Jaille (France), est un militaire et homme politique français.
Biographie Famille
Issu d'une famille de militaires et d'hommes politiques, Henri de La Ferronnays est l'arrière petits-fils de Pierre-Louis-Auguste Ferron, ministre des Affaires étrangères sous la Restauration, et le fils de Henri Marie Auguste Ferron de la Ferronnays et de Marie-Thérèse de Pérusse des Cars.
Baptisé dans la Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude, il a pour parrain et marraine le comte et la comtesse de Chambord, prétendants légitimistes à la Couronne de France. Ces derniers, en exil volontaire à Frohsdorf, sont représentés par son grand-oncle le comte Amédée de Pérusse des Cars et sa grand-tante la comtesse de La Roche-Aymon.
De son appartenance familiale, Henri de la Ferronnays retire des convictions légitimistes et catholiques très fermes.
Carrière militaire Officier de cavalerie Il est élève du collège Stanislas ou il prépare l'École militaire de Saint-Cyr qu'il intègre en 1896. Il y devient officier de cavalerie, comme son père, et reçoit une affectation à Paris, où il rencontrera sa future femme.
Du fait de la maladie de son père, il quitte l'armée en 1905.
Il épouse en 1906 Françoise Monjaret de Kerjégu (1885-1958), fille de James de Kerjégu et de Fanny-Laure von Haber, et demi-sœur de la marquise de Ganay et de la comtesse de Béarn.
Première Guerre mondiale Chef d'escadron, il commande un bataillon du 170e régiment d'infanterie lors de la Première Guerre mondiale, qu'il termine avec le grade de lieutenant-colonel. Il est décoré de la Légion d'honneur, des mains du président Poincaré, en et reçoit cinq citations militaires.
Le monument aux morts de la Première Guerre mondiale de Bonnœuvre est surmonté de la statue d'un poilu dont il est le modèle..
Notable conservateur de Loire-Inférieure Au décès de son père, en 1907, il lui succède comme conseiller général pour le canton de Saint-Mars-la-Jaille. Il occupera ce poste sans discontinuer jusqu'en 1940. Il déclare à ce propos : .
Il prend également la suite de son père comme maire de Saint-Mars-la-Jaille, village où sa famille détient un château. Important propriétaire foncier, il possède plus de 20% de la superficie communale et plus de hectares dans le canton. Son mariage lui apporte également une fortune mobilière non négligeable. Localement, il apporte son appui moral et matériel aux écoles catholiques et aux lieux de culte, soutient les œuvres catholiques et fait plus généralement preuve de la prodigalité propre à la noblesse de l'Ancien Régime. En retour, les autorités ecclésiastiques ne tarissent pas d'éloges à son encontre, et plus particulièrement Eugène Le Fer de La Motte, évêque de Nantes. La Semaine religieuse déclare à propos de lui et sa femme qu'ils sont .
Pour défendre l'ancrage monarchiste du département, il lance avant la Première Guerre mondiale le Télégramme des provinces de l’Ouest, un journal royaliste qui cherche à lutter contre les effets du Ralliement en Loire-Inférieure. En 1919, il contribue à fonder L’Écho de la Loire, un quotidien catholique départemental dont il compte parmi les actionnaires principaux.
Signe de son influence très importante dans le département, où il est l'un des représentants les plus illustres de la noblesse locale, il prend en 1921 la tête du comité départemental de la droite, organe politique qui a succédé au comité royaliste et qui distribue les investitures aux différents scrutins locaux et nationaux. À ce poste, il fait appliquer une politique très stricte d'union des droites de sorte que jamais un royaliste ne se présente contre un conservateur républicain - notamment de la Fédération républicaine - et inversement. Les hommes politiques de droite doivent également rester discret en public sur leurs éventuelles opinions républicaines s'ils veulent obtenir l'appui du comité des droites. De fait, et ce malgré la condamnation papale de l'Action française en 1926, il parvient à maintenir le département dans le giron monarchiste jusqu'en 1936, sauf quelques exceptions, comme les villes de Nantes et Saint-Nazaire qui tombent dans l’escarcelle des socialistes.
En 1931, il devient président du Conseil général de la Loire-Inférieure, comme son père avant lui. Il conserve cette fonction jusqu'en 1940, où Philippe Pétain dissout les conseils généraux. Pendant ces neuf années de mandat, il sera le seul homme politique royaliste à la tête d'un département français.
En 1936, la dynamique du Front populaire et l'irruption du Parti social français à droite font chanceler son emprise sur la Loire-Inférieure mais sa reprise en main vigoureuse lui permet de maintenir la prépondérance des royalistes, comme le où l'Union nationale ancenienne organise à Saint-Mars-la-Jaille un rassemblement de personnes pour protester contre les menées de la gauche ou encore en 1937 où il pèse de tout son poids pour empêcher une candidature dissidente de la part du Parti social français contre son poulain Augustin Dutertre de La Coudre qui se présente à une élection législative partielle.
Député royaliste législature En 1907, à la suite du décès de son père, il se présente à l'élection législative partielle de la circonscription d'Ancenis et brigue sa succession. Sa profession de foi exhorte les électeurs à « s'unir pour le plus grand bien de la nation au cri de ralliement « Dieu et Patrie » ». Il se déclare « adversaire du socialisme d’État et des utopies collectivistes » et demande « la liberté de conscience pour tous, le droit de confier l'éducation de nos enfants à des maîtres de notre choix, l'égalité de subvention pour toutes les écoles ». Il est élu dès le premier tour, aucun adversaire n'ayant jugé opportun de se présenter contre lui.
Député royaliste, il s'oppose au Ralliement et refuse de fait de siéger à l'Action libérale : il ne s'inscrit dans aucun groupe parlementaire. En 1909, il prend part à la discussion de la loi d’amnistie des dirigeants syndicalistes révolutionnaires de la Grève de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges. Il discute également le budget de l'exercice 1910. Enfin, il s'enquiert auprès du ministre de la Guerre des dates d'appel des réservistes et des territoriaux.
législature Aux élections législatives de 1910, il est réélu face à son opposant M. Train. Il siège cette fois au Groupe des droites, un groupe parlementaire qui constitue . En effet, la monarchie est pour lui la seule forme institutionnelle susceptible de rendre à la religion catholique toute la place qui lui revient dans le cadre d’un État chrétien. Ainsi, il défendra l’Église pendant toute sa carrière, opérant un lien naturel avec ses opinions monarchistes dans une nouvelle alliance du trône et de l’autel.
Il est membre de nombreuses commissions : celle des affaires extérieures, celle des protectorats et des colonies et celle de l'hygiène publique. Il propose également des lois sur l'agriculture. Enfin, il s'implique dans le débat parlementaire du budget de l'exercice de 1911.
législature Aux élections législatives de 1914, il se présente sur un programme d'opposition sans concessions aux gouvernements qui se sont succédé. Il souligne les échecs extérieurs de la diplomatie française, et la corruption de la classe dirigeante républicaine : « tour à tour les ministres et les magistrats se mettent au service d'escrocs ». Il réclame un pouvoir fort « pour armer le Chef de l’État contre les flibustiers de la politique ». Il est élu à une majorité écrasante contre Julien Heas, candidat de la SFIO.
En raison de sa participation militaire à la Première Guerre mondiale, Henri de la Ferronnays siège peu - bien que toujours inscrit au Groupe des droites - mais il participe aux discussions sur les opérations militaires en comité secret.
Son intervention la plus marquante de la législature a lieu pendant la séance du lorsque, de concert avec ses collègues du Groupe des droites Jules Delahaye, Armand de Baudry d'Asson et Jacques de Juigné, il accuse le Président du Conseil Paul Painlevé de rompre l'Union sacrée en persécutant les nationalistes de l'Action française. Scandalisés par cette révélation, les députés refusent l'ajournement de l'interpellation de Jules Delhaye à 277 voix contre 186, ce qui entraîne la chute du premier gouvernement Painlevé.
législature Aux élections législatives de 1919, il est élu au premier tour sur la liste d'union nationale. Il siège cette fois parmi les Indépendants de droite, un groupe parlementaire dominé par les sympathisants de l'Action française.
Il réintègre la commission des affaires étrangères et prend la parole à de nombreuses reprises à la tribune lors des débats sur les réparations dues par l'Allemagne, cherchant à inciter le gouvernement à la plus grande fermeté. Le , lui et ses collègues Charles Ruellan, Eugène Magne, Jean Le Cour-Grandmaison, Pierre Jurie-Joly et Jean Ybarnégaray empêchent Aristide Briand de justifier à la tribune la politique étrangère de son gouvernement (tombé en du fait de la motion de Léon Daudet) par leurs interruptions constantes. En effet, ils considèrent que Briand a fait preuve de pusillanimité dans la négociation des indemnités de guerre allemandes en refusant d'aller contre l'avis du cabinet britannique.
il est l'auteur d'une proposition de loi tendant à modifier le mode de recrutement dans l'armée. Il intervient au cours de la discussion d'un projet de loi sur l'organisation générale de la nation en temps de guerre.
législature Aux élections législatives de 1924, il est réélu au premier tour sur la liste d'union nationale et catholique emmenée par Jean Le Cour-Grandmaison.
Durant cette législature, il fait partie de la commission des affaires étrangères et de la commission de l'Alsace-Lorraine. Il vote également en faveur du retour au scrutin uninominal à deux tours pour les élections législatives.
La reprise de l'anticléricalisme sous l'égide du Cartel des gauches rend à son combat religieux toute son actualité. Ainsi, il est en tête du cortège, avec Le Fer de La Motte et les autres parlementaires catholiques, dans la grande manifestation du , où défilent à Nantes contre la politique du Cartel à l'appel des autorités catholiques.
Le , dans le cadre d'une interpellation du gouvernement par Pierre Cazals sur l'attaque lancée par la Déclaration sur les lois dites de laïcité contre la politique de laïcité du Cartel, le Président du conseil Édouard Herriot fait la déclaration suivante : , déclenchant de vives protestations sur les bancs de la droite. En raison de l'émoi provoqué, la séance doit être suspendue quarante minutes, et lorsqu'elle reprend, Herriot maintient ses proposJournal officiel de la République française, Débats parlementaires à la Chambre des députés, séance du 20 mars 1925. Les députés catholiques, scandalisés, multiplient les protestations ; Henri de la Ferronnays et Armand de Baudry d'Asson interrompent avec vigueur le Président du Conseil aux cris de . À la septième reprise, le président de la Chambre demande que le marquis de La Ferronays soit exclu temporairement de la Chambre. Dans sa défense précédant le vote, de la Ferronnays précise :
Le Cartel ayant voté l'exclusion, la droite proteste avec vigueur et refuse de laisser partir le député, de sorte que la séance doit de nouveau être interrompue. Lors de la reprise, Louis Marin attaque le Président de la Chambre Paul Painlevé pour cette manœuvre qu'il juge illégale, citant à l'appui le règlement. Pour lui . Baudry d'Asson, ulcéré par cet épisode, lance au Président du Conseil - qui a repris son discours - : , suivi par de nombreux députés de droite qui multiplient les invectives et les interruptions.
En 1927, il écrit, dans une lettre à l'abbé Eriau, que son engagement politique est .
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