Des comparaisons entre le nazisme et le communisme ont été effectuées par plusieurs historiens, philosophes politiques et intellectuels, du fait des similitudes techniques de la logistique totalitaire entre nazisme et stalinisme (quadrillage policier de la société, hiérarchie étatique dictatoriale étouffant l'expression de la base populaire, propagande omniprésente embrigadant la population, culte de la personnalité du chef de l'État, système répressif hypertrophié allant jusqu'aux massacres de masse dans ses actions, et réseau de camps de détention). Certains, comme l'Allemand Ernst Nolte, y voient deux systèmes qui s'articulent en action-réaction55.. Dans son livre Le Passé d'une illusion, François Furet note que nazisme et communisme partagent une même opposition envers la démocratie libérale et ce qu'ils nomment la François Furet, Le Passé d'une illusion, éditions Librairie Générale Française, 1996, 16. Les deux idéologies se réclament du socialisme et utilisent son image l'une comme l'autreLe socialisme quand même, Bataille socialiste, les principaux pays communistes s'affichant « socialistes »a) C'est le cas de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques, souvent abrégée en URSS.b) C'est aussi le cas de la Chine, dans sa Constitution : « La Chine est à la première étape du socialisme. L'État a pour tâche fondamentale de concentrer ses efforts sur la modernisation socialiste selon la théorie de réalisation du socialisme avec des caractéristiques chinoises. Les différentes nationalités de Chine, dirigées par le parti communiste chinois et guidées par le marxisme-léninisme et la pensée de Mao Zedong, maintiendront la dictature démocratique populaire, poursuivront dans la voie socialiste, dans la politique de réforme et d'ouverture sur le monde extérieur, continueront sans cesse à améliorer les institutions socialistes, à développer la démocratie socialiste et à raffermir la légalité socialiste, compteront toujours sur leurs propres forces et travailleront avec le même acharnement pour réaliser progressivement la modernisation de l'industrie, de l'agriculture, de la défense nationale et des sciences et techniques, afin de transformer le pays en un État socialiste hautement civilisé et hautement démocratique. » (Constitution de la Chine, , 29 mars 1993) et « nazisme » étant une abréviation de national-socialisme« Nous sommes socialistes, et ennemis du système économique capitaliste actuel, qui exploite les économiquement faibles, avec ses salaires injustes, qui évalue un être humain selon sa richesse et ses biens et non selon la responsabilité et la performance, et nous sommes déterminés à détruire ce système à tout prix » (Discours d'Hitler le mai 1927, cité par John Toland dans Adolf Hitler : The Definitive Biography (1976), Knopf Doubleday Publishing Group).. Le Troisième Reich et l'URSS de Staline sont définis par la philosophe allemande Hannah Arendt comme des régimes « totalitaires » (Arendt compare le nazisme et le communisme en tant que régimes politiques, et non sur le plan idéologique), qualificatif également appliqué par les médias aux régimes de Mao Zedong, de Pol Pot ou de Kim Il-sung.

L'historien Alain BesançonDans Mémoire et oubli du bolchevisme, discours prononcé à l’Institut de France lors de la séance publique annuelle des cinq académies, le 21 octobre 1997 et dans son livre aborde également ce thème et, face au volume comparé des études, des publications, des documentaires et des fictions consacrées respectivement au nazisme et au communisme, qualifie d'« hypermnésie historique » la manière dont sont exposés les crimes des nazis et d'« amnésie historique » la manière dont sont exposés ceux des États communistes.

D'autres historiens, dont certains encouragent cependant la poursuite d'études comparatives entre le nazisme et le communisme, jugent que les différences entre les deux systèmes idéologiques et politiques l'emportent sur leurs similitudes. Ainsi selon l'historien britannique Ian Kershaw, « la comparaison […] demeure superficielle » : Retour sur le totalitarisme. Le nazisme et le stalinisme dans une perspective comparative, , p. 862. Nicolas Werth, coauteur du Livre noir du communisme, estime que « plus on compare le communisme et le nazisme, plus les différences sautent aux yeux », et que Marc Ferro, qui ne les estime « pas comparables », critique l’« obsession » comparatiste. Ces positions sont à rapprocher de la critique du concept de totalitarisme, rejeté par une partie des soviétologues et des spécialistes du nazismeVoir par exemple Sheila Fitzpatrick, « New Perspectives on Stalinism », The Russian Review, , , octobre 1986, et la controverse qui a suivi (The Russian Review, octobre 1986 et octobre 1987).. Enfin selon Saul Friedländer, toute comparaison entre le nazisme d'une part, et le communisme ou le fascisme italien d'autre part se heurte au caractère central de l'antisémitisme dans l'idéologie nazie et à la spécificité de la Shoah dans l'histoireSaul Friedländer, « Le nazisme, fascisme ou totalitarisme ? », , p. 801-811..

Contenus des deux idéologies Nazisme Le nazisme est l'idéologie politique du NSDAP, parti politique fondé en Allemagne en 1920. Il accède au pouvoir dans ce pays en 1933, lorsque son chef Adolf Hitler est nommé chancelier par le président Paul von Hindenburg. Cette nomination porte également le sceau d'une onction populaire, le NSDAP obtenant par exemple 37,2 % des voix aux élections législatives de juillet 1932. Né en Allemagne, le nazisme n'est pas conçu pour s'exporter idéologiquement, bien que les conquêtes hitlériennes pendant la Seconde Guerre mondiale ont peu ou prou imposé la politique du Reich dans les pays occupés. Son application politique prend donc place dans une économie industrialisée, durement frappée par la crise économique mondiale de l'entre-deux-guerres. Le Troisième Reich ne se maintient que pour une courte période de douze ans, presque entièrement marquée par la préparation et le déroulement de la Seconde Guerre mondiale.

L'idéologie nationale-socialiste se rapproche par certains aspects (corporatisme économique, nationalisme, autoritarisme, anticommunisme) de celles de mouvements politiques européens de l'entre-deux-guerres comme la Révolution conservatrice allemande ou le fascisme italien, auxquels elle est parfois associée. Elle comporte une vision politique racialiste essentielle, divisant hiérarchiquement l'espèce humaine en races, hiérarchie au sommet de laquelle se situait la « race aryenne ». Cette vision accorde une place centrale à l'antisémitisme, trouvant son application pratique dans la politique de spoliation puis d'extermination des juifs d'Europe de 1933 à 1945. Le nazisme est anticommuniste. Les nazis ont toujours réprimé les communistes, les ont internés dès leur accession au pouvoir dans leurs premiers camps de concentration, ont interdit et brûlé les textes des auteurs communistes. Si le mouvement nazi adopte à ses débuts un discours sinon révolutionnaire, du moins « anti-bourgeois » et « plébéien »Robert Paxton, Le Fascisme en action, Seuil, 2004., il ne se traduit pas par un bouleversement des rapports de propriété une fois arrivé au pouvoir. Bien au contraire, la politique économique nazie favorise les intérêts du patronat allemand dans les années 1930 et se traduit par un renforcement des grands groupes industriels privés qui, selon Ian Kershaw, .

L'essai intitulé Mein Kampf, écrit par Adolf Hitler entre 1924 et 1925, est un manifeste politique qui énonce clairement les bases idéologiques du programme politique du parti nazi.

Communisme vignette|250px|Signature du pacte germano-soviétique par Molotov, ministre soviétique des Affaires étrangères ; Joachim von Ribbentrop, le ministre allemand des Affaires étrangères est immédiatement derrière lui, à côté de Staline en arrière-plan ; en haut, un portrait de Lénine. Le communisme est un courant de pensée de philosophie politique qui prône une société sans classes, ainsi qu'une organisation sociale sans État basée sur l'abolition de la propriété privée des moyens de productions et d'échange au profit de la propriété collective et fondée sur la mise en commun des moyens de production. Bien que ses racines soient très anciennes, on se réfère presque exclusivement pour en parler aux philosophes allemands du Karl Marx et Friedrich Engels. Il présente une grande diversité de courants parfois antagonistes, mais se référant toujours à Marx.

Le communisme, à la différence du nazisme, trouve son application dans des pays différents parfois sur plusieurs décennies. Le premier régime se réclamant du communisme est la Russie bolchevique, en 1917, qui instaure dès l'origine la terreur rouge et qui catalyse bientôt la pensée communiste mondiale. L'anticommunisme nazi trouve son pendant dans le communisme antifasciste de l'entre-deux-guerres (qui trouve néanmoins une pause lors du pacte germano-soviétique et se déploie dans la résistance au nazisme) et post-1945, où cet antifascisme devient une identité du communisme. La propagande du Reich est en effet anticommuniste (et réprime les mouvements communistes) et l'URSS est anti-fasciste et, après la fin du pacte germano-soviétique, spécifiquement anti-nazie. Après la Seconde Guerre mondiale émergent d'autres régimes communistes (république populaire de Chine, République démocratique allemande).

Les États communistes sont tous des dictatures, généralement caractérisées par un système de parti unique. Bien que l'usage de la répression politique soit commune à tous ces États, celle-ci varie beaucoup dans ses formes et son intensité. Certains régimes comme l'URSS de Staline ou la Chine de Mao Zedong, souvent qualifiés de totalitaires, sont responsables de la mort de millions d'hommes. Le régime des Khmers rouges a mené une véritable entreprise génocidaire, aboutissant à la mort de 10 % à 20 % de la population du Cambodge. Dans d'autres régimes comme l'URSS post-stalinienne ou Cuba, la répression prend des formes beaucoup moins meurtrières, malgré la permanence de pratiques autoritaires (censure, interdiction de l'opposition, etc.).

Pour André Senik, le totalitarisme communiste était en germe dans Le Manifeste du Parti communiste« Oui, le totalitarisme communiste était bien en germe dans l'œuvre de Karl Marx », Pierre Rigoulot, Le Figaro, 14 janvier 2016 et, pour Stéphane Courtois, Lénine est « l'inventeur du totalitarisme »« Il y a 100 ans, Lénine inventait le totalitarisme », Le Figaro, 25 octobre 2017.

Ancrage historique de la comparaison Chefs d'État Lors de la signature du pacte germano-soviétique en 1939, Staline présenta Lavrenti Beria à Ribbentrop comme et lors de la conférence de Yalta en 1945, il le présenta au président des États-Unis Franklin Roosevelt comme Simon Sebag Montefiore, Staline. La cour du tsar rouge, Édition des Syrtes, 2005, ..

Intellectuels Dans les années 1920, l'économiste libéral Ludwig von Mises avait déjà assimilé économiquement le nazisme à un socialisme, sachant que pour Mises, et encore aujourd'hui pour les libertariens des États-UnisKevin D Williamson, The Politically Incorrect Guide to Socialism, ed. Regnery Publishing, Politically Incorrect Guides, 304 , 2011, toute intervention de l'État dans l'économie, et par extension dans la société (les impôts par exemple), est considérée comme une caractéristique strictement socialiste« Bastiat, repère intellectuel de la droite américaine », books and ideas.net, Michael C. Behrent, 16 juin 2010..