Le ministère de l'Intérieur (), est le ministère tunisien chargé de la sécurité intérieure et de l'administration territoriale de l'État. Il s'agit de l'un des cinq ministères régaliens, avec la Justice, la Défense nationale, les Affaires étrangères et les Finances.
Histoire C'est le (5 chaabane 1276) que le premier article de loi portant création du « grand ministère » permet d'intégrer les prémices du ministère de l'Intérieur ; l'article 5 porte sur ses attributions. Sous le protectorat français, le décret beylical du remplace le secrétariat général du gouvernement par la direction générale de l'intérieur.
Le ministère de l'Intérieur est créé par le décret du qui fixe son rôle et ses attributions, à la suite du décret beylical du de la même année portant organisation temporaire du pouvoir public et attributions des ministres, dont le ministre de l'Intérieur Mongi Slim.
Ce rôle et ces attributions sont revues par les décrets du et du , date à laquelle le ministère de l'Intérieur devient le ministère de l'Intérieur et du Développement local. À la suite de la révolution de 2011, la nomination du gouvernement provisoire par le décret du rend au ministère son appellation d'origine.
Siège
gauche|vignette|Entrée du ministère de l'Intérieur.
Le ministère a d'abord siégé à la kasbah, près de l'actuelle Présidence du gouvernement. Son siège central se trouve de nos jours sur l'avenue Habib-Bourguiba, au centre de Tunis.
C'est devant ce bâtiment que, le , de grandes manifestations amènent à la fin de la présidence de Zine el-Abidine Ben Ali, qui est contraint de quitter le paysPierre Puchot, « 14 janvier 2011 à Tunis : le jour où Ben Ali est tombé », Mediapart, 12 novembre 2011.. Plus tard, de violentes manifestations ont lieu pour le départ de Mohamed Ghannouchi et de son gouvernement provisoire.
Missions et attributions Conformément au décret du fixant les attributions du ministère de l'Intérieur, tel que modifié et complété par les textes subséquents, les attributions du ministère sont fixées comme suit : A mission de veiller dans le cadre de ses attributions à l'exécution des directives du gouvernement dans tous les domaines et notamment en matière politique, économique et sociale ; Tient le gouvernement informé de l'évolution de la situation générale dans le pays et peut, à cet effet, suggérer toutes mesures appropriées ; Veille au respect de la loi et assure le maintien de l'ordre public sur tout le territoire de la République ; Est responsable de la protection civile ; Exerce son autorité sur l'administration régionale qu'il oriente, coordonne et contrôle ; Assure le contrôle et la tutelle des collectivités publiques locales et des établissements publics qui leur sont rattachés. Est responsable de l'organisation et du bon déroulement des élections ainsi que de la proclamation de leurs résultats; le ministère est remplacé en 2011 pour cette tâche par l'Instance supérieure indépendante pour les élections ; Assure, en cas d'élections, leur déroulement et la proclamation des résultats ; Est chargé notamment en tant que responsable du maintien de l'ordre public sur tout le territoire national : de la sécurité permanente immédiate et personnelle du chef de l'État et de celle des personnalités officielles ; de la sécurité des personnes et des biens en général ; de contrôler la circulation des personnes sur tout le territoire de la République, notamment toutes les frontières terrestres et maritimes, et d'assurer la police de l'air ; de diriger l'action de la police judiciaire (modifié par le décret du ) ; Dirige et coordonne l'ensemble des mesures et opérations destinées à la protection civile ; Exerce le pouvoir de police administrative : Agrée les associations et autorise les réunions publiques ; Autorise l'ouverture des établissements soumis à son agrément et en contrôle l'activité ; Vise les titres d'importation d'armes et munitions et accorde les autorisations de détention et de port d'armes.
Organisation Ministre de l'Intérieur - Khaled Nouri Chef de cabinet Bureau de l'information et de la communication Bureau des activités gouvernementales Bureau de l'organisation et des méthodes de travail Bureau d'ordre Bureau des affaires sociales Bureau des relations avec le citoyen Cellule du protocole Cellule de la logistique Cellule des travaux généraux Pôle sécuritaire de l'anti-terrorisme et du crime organisé Direction générale des opérations Secrétariat général Unité de la coordination, de la logistique et des marchés Unité de la programmation, de la planification et de la tutelle Inspection générale (décret ) Structures administratives spécialisées Direction générale des affaires régionales Direction générale des collectivités publiques locales Direction générale des affaires politiques Direction générale des études juridiques et du contentieux Direction générale des relations extérieures et de la coopération internationale Direction générale des droits de l'homme Structures administratives communes Direction générale des affaires administratives et financières Direction générale de l'informatique Direction des services de santé Direction de la documentation et des archives Structures des forces de sûreté intérieure (décret ) Direction centrale des opérations et des transmissions (décret ) Direction générale de la sûreté nationale - Colonel-major Mourad Saidane« Mourad Saidane, nouveau directeur général de la sûreté nationale », Mosaïque FM, 31 mai 2022. Direction générale de la sécurité publique Direction centrale de la police de la circulation Direction de la police régionale Direction de la police criminelle Direction du rectorat de Tunis Direction centrale des rectorats régionaux Direction de la sûreté touristique Direction de la police technique Direction générale des services spéciaux Direction de la sûreté de l'État Direction centrale de la prévention anti-terrorisme Direction de la police des frontières Direction centrale des renseignements généraux Direction générale des services techniques Direction générale des unités d'intervention Direction des unités anti-terrorisme Brigade anti-terrorisme Brigade nationale d'intervention rapide Brigade nationale de détection et de neutralisation d'explosifs Direction générale des brigades d'ordre public Direction des unités spécialisées Direction des services communs Direction générale de la formation Direction générale de l'École supérieure des forces de sûreté intérieure Direction générale de la garde nationale - Colonel-major Hassine Gharbi« Hassine Gharbi prend officiellement ses fonctions de commandant de la Garde nationale (Photos) », Kapitalis, 26 mai 2023. Inspection générale de la garde nationale Direction des unités spéciales Direction générale de la sûreté publique Direction générale de la garde de circulation Direction générale de la garde frontière Direction générale des services communs Direction générale de l'ordre public Direction générale des services spéciaux Coopérative des fonctionnaires de la garde nationale et de la Protection civile
Les modifications de l'organisation du ministère sont portées par les décrets (), (), () et ().
Établissements sous tutelle Caisse des prêts et de soutien des collectivités locales (décret du ) Office national de la protection civile (loi des et ) - Colonel-major Abdelsamad Ben Jeddou« Une haute distinction pour bons et loyaux services », Tunisie numérique, 18 avril 2022. Office des logements des cadres actifs du ministère de l'Intérieur Observatoire national d'information, de formation, de documentation et des études sur la sécurité routière (décret du ) Centre de formation et d'appui à la décentralisation (loi du ) Centre informatique du ministère de l'Intérieur École supérieure des forces de sûreté intérieure Hôpital des forces de sécurité intérieure de La Marsa (loi du )
Forces de sécurité intérieures Direction générale de la sûreté nationale (police nationale) Direction générale de la garde nationale Office national de la protection civile
Administration territoriale de l'État L'administration territoriale de l'État s'articule autour des gouvernorats, des délégations et des imadas.
Ministre
Le ministre de l'Intérieur est nommé par le chef du gouvernement depuis 2011, selon la loi constituante de 2011, puis l'article 89 de la Constitution de 2014Quatrième chapitre de la Constitution tunisienne de 2014 (Marsad).. Selon la Constitution de 1959, il était nommé par le président de la République sur proposition du Premier ministre.
Il dirige le ministère et participe au Conseil des ministres ainsi qu'au Conseil de sécurité nationale.
Historique Les fonctions de ministre de l'Intérieur sont assurées par le ministre de la Plume à partir du . Mongi Slim devient le premier ministre de l'Intérieur en 1955, peu avant l'indépendance de la Tunisie.
Le , Habib Bourguiba, président de l'assemblée constituante, est nommé Premier ministre et annonce la composition de son premier gouvernement le , date à laquelle Taïeb Mehiri devient le premier ministre de l'Intérieur. Celui-ci décède alors qu'il est en fonction en 1965 et se voit remplacé par Béji Caïd Essebsi, qui reste en fonction jusqu'en 1969, remplacé par Hédi Khefacha puis Ahmed Mestiri. Ce dernier est déchargé de ses fonctions de ministre par décret présidentiel à la suite de son opposition à la nomination arbitraire d'un nouveau directeur de la sûreté nationale et de deux gouverneurs. Il est alors remplacé par Hédi Nouira qui occupe en même temps le poste de Premier ministre, du au . Khefacha reprend alors sa fonction de ministre de l'Intérieur.
Tahar Belkhodja lui succède le avant de se faire limoger et remplacer par Abdallah Farhat qui assure l'intérim tout en étant ministre de la Défense. Après la nomination de Dhaoui Hannablia, Othman Kechrid et Driss Guiga, Mohamed Mzali assure le poste de Premier ministre et de ministre de l'Intérieur, en raison de la destitution de Guiga qui a appelé à la démission du gouvernement à la suite des émeutes du pain, avant de laisser sa place à Zine el-Abidine Ben Ali, qui lui aussi exerce la fonction de ministre de l'Intérieur et de Premier ministre avant le coup d'État du 7 novembre 1987 où il destitue le président de la République et prend le pouvoir. Ben Ali nomme Hédi Baccouche comme Premier ministre et le charge de la formation d'un gouvernement où figure le nom de Habib Ammar en tant que ministre de l'Intérieur. Ce dernier est remplacé par Chédli Neffati puis Abdelhamid Escheikh. En 1991 et 1995, Abdallah Kallel occupe le poste de ministre et doit principalement lutter contre l'islamisme.
Remplacé par Mohamed Ben Rejeb puis Ali Chaouch, il fait son retour en tant que ministre dans le premier gouvernement de Mohamed Ghannouchi. À la suite du dépôt d'une plainte pour torture le visant, le président Ben Ali décide de l'écarter provisoirement de la vie politique. Abdallah Kaâbi puis Hédi M'henni le remplacent. Le , un marchand ambulant, Mohamed Bouazizi s'immole à Sidi Bouzid, faisant alors éclater une révolution alors que Rafik Belhaj Kacem est ministre. Ce dernier est limogé par Ghannouchi le . Ahmed Friaâ le remplace dans une ultime tentative de sortie de crise, sachant que la répression des manifestations a causé la mort d'au moins en date du , et garde sa fonction de ministre après la chute de Ben Ali et du régime, dans le second gouvernement Ghannouchi. La population proteste et exige la formation d'un gouvernement excluant les personnalités du Rassemblement constitutionnel démocratique dont Friaâ est encore membre. Il finit par démissionner le .