Les élections cantonales visant à renouveler pour la moitié des sièges du conseil général des Alpes-Maritimes ont eu lieu les et Conseil des ministres du 6 octobre 2010. Sans grands enjeux, compte tenu de la confortable avance de la majorité de droite à l'assemblée départementale, elles ont vu celle-ci renforcer son emprise sur le département avec le gain de deux sièges sur la gauche.
Contexte départemental
Contexte politique
Le conseil général des Alpes Maritimes est dirigé par la droite depuis 1951. Il était improbable que cela change avec cette élection compte tenu de la forte domination de la majorité sortante à tous les niveaux que ce soit municipal, départemental ou législatif. Au contraire, l'enjeu de cette élection était de savoir si l'UMP réussirait à regagner sur la gauche les cantons perdus en 1998 (essentiellement sur Nice) dans des triangulaires avec le FN et qu'elle n'avait pas pu reconquérir en 2004. Le relèvement du seuil pour se maintenir, le fait que cette élection n'était couplée à aucune autre et l'apparition d'une concurrence au sein de l'extrême droite devait fortement limiter les triangulaires de second tour.
Dans la plupart des cantons, la majorité présidentielle part unie et a choisi sauf dans deux cas de reconduire les sortants. Dans quelques cantons, des rivalités locales conduisent à des candidatures divers droite. Le mouvement Debout la République présente également trois candidats sur Nice.
L'extrême droite est présente dans tous les cantons, y compris ceux de l'arrière-pays, mais part désunie : le Front national présent dans 24 des 26 cantons renouvelables devant faire face à la concurrence du Bloc identitaire présent dans 16 cantons. Seule la candidature de Jacques Peyrat, ancien sénateur-maire de Nice, a fait l'unanimité de cette famille politique.
La gauche ne part pas unie. Néanmoins le Parti socialiste a conclu, notamment sur Nice, des accords techniques bilatéraux avec les autres composantes de la gauche : PCF, EELV, PRG, MRC. Le PS présente donc 11 candidats et en soutient 13.
Les écologistes d'Europe Écologie Les Verts sont présents (directement ou avec des apparentés) dans 8 cantons et soutiennent 11 candidats. Pour sa part le MEI jadis très présent n'est présent que dans un seul canton.
À la gauche de la gauche, le Front de gauche, associé au NPA, à la FASE et aux Alternatifs, est présent dans tous les cantons. Sur Nice, le Parti communiste s’est dissocié de cette alliance du fait de ces accords bilatéraux avec le PS. Par ailleurs, un mouvement issu d'une scission du PC, Communistes présente 6 candidats.
Dans l’arrière-pays trois personnalités ont fait l’unanimité des différents partis de gauche.
Les régionalistes niçois représentés par le Parti niçois, sont également présents dans 3 cantons de Nice.
Analyse des résultats
Premier tour
Le premier tour est marqué par un fort taux d'abstention (58,53 % des inscrits), avec une nette différence entre les cantons ruraux de l'arrière-pays où la participation est traditionnellement plus forte et les cantons urbains du littoral où elle est bien plus faible. Cette faible participation confirme la tendance observée lors des élections européennes de 2009 et des élections régionales de 2010 (57 %). Contrairement aux élections précédentes et compte tenu de la faible participation, une seule triangulaire était possible à l'issue du premier tour.
À l'inverse de la tendance nationale, le scrutin est marqué par la défaite de la gauche locale, qui, du fait notamment de ses divisions, n'est présente que dans 6 (dont un seul candidat PS) des 20 cantons soumis à un second tour. Elle rate le second tour dans cinq cantons pour moins de cent voix. Sa sortante PRG est même éliminée dès le premier tour dans le niçois. Comme en 2004 le sortant communiste de L'Escarène est élu dès le premier tour.
Si l'UMP voit cinq de ses sortants élus dès le premier tour, c'est trois de moins qu'en 2004. Elle est présente au second tour dans 18 des 20 cantons soumis à un second tour. Néanmoins ses résultats sur Nice sont plus mitigés: Deux candidats éliminés et deux qualifiés de justesse tandis que dans l'emblématique Estrosi-Sassone se qualifie aisément aux dépens de l'ancien maire Jacques Peyrat.
L'enseignement majeur du premier tour est la poussée du Front national qui, s'il ne perce pas dans l'arrière-pays, filtre avec ou dépasse les 30 % dans nombre des cantons urbains du littoral. La présence des identitaires niçois ne l'empêche pas de parvenir à qualifier 15 candidats pour le second tour dont cinq arrivés en tête dans leur canton à l'issue du premier tour.
Second tour
Le taux d'abstention atteint 58,89 %, soit légèrement plus qu'au premier tour. L'UMP sort grand vainqueur de ce second tour en remportant 17 des 20 cantons restant en jeu dont le duel PS/UMP avec le seul sortant PS et celui l'opposant au dissident UMP René Vestri. La gauche conserve trois de ses quatre sortants encore en lice. Malgré ses bons scores du premier tour, le FN échoue à obtenir un élu, néanmoins dans quatre cantons l'écart est inférieur à 4 % des voix (48 % contre 52 %) et même inférieur à 2 % des voix (soit 112 voix d'écart seulement) à Cagnes-sur-Mer-Centre.
Finalement, la majorité UMP sort renforcée en regagnant deux sièges sur la gauche et en éliminant son dissident. Éric Ciotti se voit donc logiquement reconduit pour trois ans à la présidence du conseil général.
Assemblée départementale sortante
Avant les élections, le conseil général des Alpes-Maritimes est présidé par Éric Ciotti (UMP). Il comprend 52 conseillers généraux issus des 52 cantons des Alpes-Maritimes. 26 d'entre eux sont renouvelables lors de ces élections.
Parti Sigle Élus Majorité (42 sièges) Union pour un mouvement populaire UMP 38 Divers droite DVD 2 Nouveau Centre NC 1 Parti radical PR 1 Opposition (10 sièges) Parti communiste français PCF 3 Parti socialiste PS 3 Parti radical de gauche PRG 2 Divers écologistes DVE 2 Président du Conseil général Éric Ciotti (UMP)
Résultats à l'échelle du département
Résultats en nombre de sièges
Parti Sièges mis en jeu Élus Évolution PCF 2 2 PRG 2 1 1 PS 1 0 1 DVE 1 1 UMP 19 21 2 NC 0 1 1 DVD 1 0 1
Assemblée départementale à l'issue des élections Parti Sigle Élus Majorité (44 sièges) Union pour un mouvement populaire UMP 40 Nouveau Centre NC 2 Divers droite DVD 1 Parti radical PR 1 Opposition (8 sièges) Parti communiste français PCF 3 Parti socialiste PS 2 Parti radical de gauche PRG 1 Divers écologistes DVE 2 Président du Conseil général Éric Ciotti (UMP)
Résultats par canton
Canton d'Antibes-Centre Georges Roux, adjoint UMP au maire d'Antibes n'a aucun mal à obtenir un troisième mandat dans ce canton à droite depuis sa création. Cette fois, il n'est opposé qu'au FN pour le second tour alors que la gauche avait réussi à se qualifier pour une triangulaire en 2004. Même s'il est élu avec 20 points d'avance sur le candidat FN qui augmente de 200 voix son électorat, on observe une baisse significative de ses voix, 1600 en moins au premier comme au second tour, alors qu'il augmente en pourcentage de 11 points. Parmi les causes directes de cette baisse de voix, on peut trouver une abstention record qui augmente de 25 points (deux électeurs sur trois ne se sont pas déplacés). Une abstention qui ne touche pas les communistes au premier tour, qui se stabilisent à 600 voix, mais qui atteint sévèrement la gauche plus modérée, représentée par un écologiste, qui perd 700 voix et sa présence au second tour par rapport à 2004. + RésultatsRésultats des élections cantonales de 2011 dans le canton d'Antibes-CentreCandidatsÉtiquettePremier tourSecond tourVoix%Voix%Georges Roux*UMP39,6160,72Richard GarciaFN31,1739,28Colin PitratEÉLV-PS20,05Cécile DumasFG PCF-NPA5869,17Inscrits 100,00100,00Abstentions66,7065,14Votants33,3034,86Blancs et nuls1572,405107,44Exprimés97,6092,56 *sortant
Canton de Cagnes-sur-Mer-Centre Marie-Josée Badecchi, ajointe au maire de Cagnes, Louis Nègre, dont elle a pris la succession au conseil général en 2008 à la suite de son élection au Sénat, réussit sa réélection mais après s'être faite peur face au FN. En effet, la candidate UMP trouve notamment face à elle Monique Lartigue, cheffe de file locale du parti et conseillère municipale d'opposition, renforcée après des élections partielles de 2008 ratées - alors à peine 400 voix pour la soutenir. Cette dernière obtient la première place au premier tour avec 225 électeurs de plus qu'en 2004 face à la sortante qui perd près de 2400 voix par rapport au maire en 2004 (certes 300 de plus qu'en 2008, mais où la participation était d'à peine plus de 20 %), souffrant là certainement d'une abstention en hausse de 20 points par rapport à 2004, et dans une moindre mesure de la candidature dissidente, à nouveau, de l'ancien conseiller municipal Pierre Piacentini, mais qui convainc finalement assez peu. Tout ceci mène donc à un duel féminin UMP-FN dont Mme Bandecchi sort victorieuse mais avec moitié moins de voix que Louis Nègre en 2004 et 500 voix de plus pour le FN. Enfin, à gauche, les différents blocs partaient divisés entre le conseiller municipal communiste Michel Santinelli termine en tête, largement devant son collègue écologiste , ancien conseiller municipal socialiste Alain Ginouvier qui arrive troisième du bloc des gauches et le jeune candidat socialiste, Laurent Pratensi qui termine premier pour la gauche modérée mais derrière le PC. Ces divisions mènent à l'élimination de la gauche dès le premier tour.+ RésultatsRésultats des élections cantonales de 2011 dans le canton de Cagnes-sur-Mer-CentreCandidatsÉtiquettePremier tourSecond tourVoix%Voix%Monique LartigueFN34,8349,17Marie-Josée Bandecchi*UMP29,0350,83Michel SantinelliFG PCF-NPA15,17 Laurent PratensiPS-MRC-PRG5888,53 Alain GinouvierEÉLV5367,77 Pierre PiacentiniDVD3234,68 Inscrits 100,00100,00Abstentions61,0959,03Votants38,9140,97Blancs et nuls1161,655877,95Exprimés98,3592,05 *sortant
Canton de Coursegoules Aucune surprise à Coursegoules où est réélu pour un cinquième mandat, l'UMP Jean-Pierre Mascarelli. L'abstention avançant de 15 points, le maire de Bouyon perd 200 voix mais conserve deux tiers des électeurs derrière lui. Face à lui, on note un léger renforcement du FN qui gagne 80 électeurs et remplace à la deuxième position le PS qui perd 70 voix et passe derrière le PC qui progresse d'une trentaine de voix pour atteindre 10 % des suffrages exprimés.+ RésultatsRésultats des élections cantonales de 2011 dans le canton de CoursegoulesCandidatsÉtiquettePremier tourVoix%Jean-Pierre Mascarelli*UMP-NC79765,60Sébastien CopinFN21617,78Catherine SéchetFG PCF-NPA12210,04Daniel BenteuxPS806,58Inscrits 100,00Abstentions88741,76Votants58,24Blancs et nuls221,78Exprimés98,22 *sortant
Canton de L'Escarène Les communistes conservent leur mainmise sur ce canton avec la réélection de Noël Ablin pour un troisième mandat, à nouveau dès le premier tour, profitant d'une union totale de la gauche derrière sa candidature. Malgré une abstention en hausse de 16 points, soit 1350 électeurs de plus qu'en 2004 qui ne se sont pas déplacés, le maire PC de Touët-de-l'Escarène ne perd que 250 voix par rapport à 2004 et progresse de 2,5 %. L'abstention semble avoir plus pénalisé le maire UMP de L'Escarène, Pierre Donadey qui perd environ 550 voix par rapport à 2004 et se classe ainsi cette fois derrière le FN qui ne perd qu'un suffrage par rapport à 2004 malgré l'apparition d'une candidate identitaire qui rafle plus d'une centaine de voix.+ RésultatsRésultats des élections cantonales de 2011 dans le canton de l'EscarèneCandidatsÉtiquettePremier tourVoix%Noël Albin*FG PCF - PS - NPA53,25Thierry GazielloFN88223,24Pierre DonadeyUMP-NC76120,05Jessica Januzzi Nissa Rebela1313,45Inscrits 100,00Abstentions47,47Votants52,53Blancs et nuls912,34Exprimés97,66 *sortant
Canton de Grasse-Nord