Les élections cantonales de 2011 dans la Marne ont pourvu au renouvellement du poste de conseiller général de la moitié des cantons marnais pour un mandat de trois ans. Les premiers tours ont été fixés au et les seconds tours éventuels au Conseil des ministres du 6 octobre 2010..

Contexte départemental Les élections précédentes thumb|Couleur politique des cantons en 2008. En 2004, en dehors de Reims, tous les cantons réélisent leur conseiller général sortant ou un successeur de la même couleur politique. Cependant dans « la cité des sacres », le Parti socialiste gagne deux cantons : Reims-3 où Jean-Marie Beaupuy est défait de 32 voix face à Alexandre Tunc et à Reims-6 qui voit Francis Hénon profiter d'une triangulaire avec deux candidates de droite. Dans les autres villes marnaises les victoires de la droite sont également difficiles notamment à Châlons-4 et Sainte-Menehould, où la droite ne l'emporte que d'une centaine de suffrages.

En 2008, la gauche continue sa percée dans le bassin rémois en reprenant Fismes, perdu en 2006 à la suite d'une élection partielle, et en délogeant le député Jean-Claude Thomas de son siège de conseiller général de Reims-10. La droite conserve en revanche sa majorité avec 26 sièges sur 44. Pourtant, elle se divise lors de l'élection du président du conseil général et René-Paul Savary, avec 12 voix, se retrouve distancé par le socialiste Jean-Claude Laval (17 voix) et le député centriste Charles de Courson (14 voix) au premier tour. Au second et troisième tours, le PS se retire et favorise ainsi la victoire du président sortant avec 22 voix contre 17 au conseiller général d'Heiltz-le-Maurupt.

À l'aube du renouvellement de 22 cantons, l'assemblée départementale se compose de la manière suivante. Parti Sigle Élus Majorité (26 sièges) Union pour un mouvement populaire UMP 17 Divers droite DVD 6 Alliance centriste AC 2 Nouveau Centre NC 1 Opposition (18 sièges) Parti socialiste PS 15 Divers gauche DVG 2 Europe Écologie Les Verts EELV 1 Président du conseil général René-Paul Savary (UMP)

Les forces en présence Le groupe de la majorité départementale, « Ensemble pour la Marne », a créé un blog à l'occasion de ces élections. L'UMP soutient tous les conseillers généraux de droite et du centre sortants et a investi des candidats dans tous les cantons. De leur côté, l'Alliance centriste, le Mouvement démocrate et le Nouveau Centre ont conclu un accord pour ne présenter qu'un unique candidat centriste par canton. Dans les autres cantons, chaque parti peut soutenir le candidat qu'il souhaite. Les trois formations espèrent par ailleurs reconduire cette alliance au-delà des élections cantonales.

L'opposition socialiste a elle aussi ouvert un site pour ces élections cantonales. Elle sera présente dans 18 des 22 cantons renouvelables et comptera sept candidates. Sept adhérents du nouveau parti écologiste, Europe Écologie Les Verts, ont déposé leur candidature : sur l'ensemble des cantons rémois ainsi qu'à Beine-Nauroy et Châlons-2. À la gauche de la gauche, le Front de gauche présente également des candidats dans presque tous les cantons marnais (18 sur 22). Tous sont membres du Parti communiste, exception faite de Simon Ulrich sur le canton de Reims-8 qui représente le Parti de gauche. Pour finir, le Front national, qui espère surfer sur la « vague bleu marine », présente quant à lui des candidats dans chacun des cantons du département.

Ce sont au total 107 personnes qui se présentent à ces dernières élections cantonales sur les 22 cantons renouvelables. Le canton de Reims-8 est celui qui compte le plus de candidatures, avec huit prétendants ; suivent ensuite les cantons d'Épernay-2 et Reims-3 avec sept candidats. À Châtillon-sur-Marne, Écury-sur-Coole et Saint-Remy-en-Bouzemont seuls trois candidats briguent le poste de conseiller général.

Résultats à l'échelle du département Premier tour thumb|Carte de l'abstention au premier tour. Le premier tour de ces élections est en premier lieu marqué par une forte abstention, plus de 60,5 % des électeurs marnais ne se sont pas rendus aux urnes. La participation ne représente plus de la moitié des inscrits que dans les cantons de Fère-Champenoise, Montmort-Lucy, Sainte-Menehould et Saint-Remy-en-Bouzemont. En moyenne, environ 45 % des électeurs des cantons ruraux ont voté contre moins de 35 % dans la plupart des cantons urbains et notamment à Reims-9, où l'abstention atteint presque 74 % des inscrits. Conséquence de l'abstention, seuls deux conseillers généraux sont élus au premier tour : Françoise Férat (AC) à Châtillon et Jean-Pierre Bouquet (PS) à Saint-Remy. Si Pascal Desautels à Avize, Daniel Collard à Écury, Jean-Pierre Fortuné à Reims-1, René-Paul Savary à Sézanne et Michel Caquot à Ville-en-Tardenois dépassent les 50 % des suffrages exprimés, ils échouent à obtenir les 25 % des inscrits nécessaires à l'élection au premier tour.

L'autre enseignement de ce scrutin est la forte montée du Front national qui, avec 15 957 voix sur l'ensemble du département, talonne l'UMP de seulement trois bulletins. Le parti d'extrême-droite réalise ses meilleurs score à Reims-9, où il arrive en tête, ainsi qu'à Avize, Châlons-2, Châtillon, Saint-Remy, Thiéblemont-Farémont et Vitry-Ouest où il dépasse les 25 % des suffrages exprimés. Cette poussée lui permet d'être présent dans onze des vingt duels du second tour. D'autre part, la faiblesse apparente du parti présidentiel réside en partie dans l'importance du nombre de « divers droite » dans le département, ceux-ci rassemblent 15,03 % des voix contre 18,04 % au PS et 7,39 % au Front de gauche. Enfin, les « sans étiquette » totalisent 4,69 %, les Verts 3,69 % et les centristes 3,67 %. Malgré la réélection de son chef de file au conseil général, le Parti socialiste apparaît comme le perdant de ce premier tour. Ses candidats sont en effet en difficultés dans les cantons de Reims-3 et encore plus à Reims-6 ; il est de plus éliminé dès le premier tour à Avize, Beine-Nauroy, Châlons-4, Épernay-2, Reims-8, Sézanne, Suippes, Thiéblemont-Farémont et Ville-en-Tardenois.

Résultats en nombre de sièges

Parti Sièges mis en jeu Élus Évolution UMP 7 7= PS 6 5 -1 DVD 5 5= DVG 3 3= AC 1 1=SE01 +1

Assemblée départementale à l'issue des élections

Parti Sigle Élus Majorité (26 sièges) Union pour un mouvement populaire UMP 17 Divers droite DVD 6 Alliance centriste AC 2 Nouveau Centre NC 1 Opposition (18 sièges) Parti socialiste PS 14 Divers gauche DVG 2 Europe Écologie Les Verts EELV 1Sans etiquetteSE1 Président du conseil général René-Paul Savary (UMP)

Situation par canton Canton d'Avize thumb|upright=1.2|Score (en %) de Pascal Desautels (DVD) au second tour, par commune. Le canton d'Avize comprend la majorité des villages de la côte des blancs ainsi que plusieurs communes des coteaux sud d’Épernay. Aux élections de 2004, le maire d'Oger, Pascal Desautels, avait conquis le canton sous la bannière UDF avec 42 % des voix, face au candidat socialiste (32 %) et au maire UMP de Cuis (26 %). En 2011, ce sont quatre candidats qui se présentent sur le canton d'Avize : le conseiller général sortant, Pascal Desautels, divers droite soutenu par l'UMP, le communiste Jean-Claude Demange, investi par le Front de gauche, le frontiste Pascal Lorin et le socialiste Eric Nowak.

Au soir du premier tour, Pascal Desautels, conseiller sortant, rassemble plus de la moitié des voix grâce à l'union de la droite ; il est cependant contraint à un second tour en raison de l'abstention. Il retrouve face à lui Pascal Laurin qui double presque le score du FN, qui passe de 15,5 % à 27 %. Cuis, Moslins et Villers-aux-Bois sont les trois seules communes à ne pas placer Pascal Desautels en tête mais le candidat du FN. De son côté, la gauche chute fortement dans le secteur : si en 2004, elle pesait 29,5 % au premier tour et 32,2 % au second, elle ne représente cette année que 20,54 % et est éliminée dès le premier tour. Pascal Desautels l'emporte sans surprise au second tour, avec près des 2/3 des voix. Il réalise son meilleur résultat dans sa commune d'Oger avec 86,8 %. Cependant, le candidat frontiste améliore son score du premier tour de sept points et dépasse les 40 % à Cuis, Mancy, Moslins, Oiry et surtout Villiers-aux-Bois où le conseiller sortant ne l'emporte que d'une voix.

+ RésultatsCandidatsÉtiquettePremier tourSecond tourVoix%Voix%Pascal Desautels*DVD52,4265,65Pascal LorinFN88927,0534,35Eric NowakPS41812,72Jean-Claude DemangePCF2577,82Inscrits 100,00100,00Abstentions55,0254,83Votants44,9845,17Blancs et nuls1061,412373,14Exprimés43,5842,03 *sortant

Canton de Beine-Nauroy Le canton de Beine-Nauroy est situé au nord-est de l'arrondissement de Reims, dans la plaine de Champagne, entre la vallée de la Vesle au sud et la vallée de la Suippe au nord et à l'est. Il élit depuis 1998 Alphonse Schwein, maire (UMP) de Vaudesincourt, qui a été réélu en 2004 avec 51,2 % au premier tour. Le conseiller général sortant se représente pour les élections cantonales de 2011. Face à lui, le maire Cernay-lès-Reims, Patrick Bedek, se présente « sans étiquette » et est soutenu par le Nouveau Centre. Pour Alphonse Schwein, cette candidature est une manœuvre de Charles de Courson sachant qu'il n'aurait pas sa voix pour la présidence du conseil général. Déjà candidate en 2004, Virginie Gracient se représente sous les couleurs du Front national. Deux candidats de gauche sont présents : Vincent Grosstephan et Marie-Ange Petit, respectivement investis par le PS et EÉLV.

Les résultats du premier tour affichent le conseiller général sortant en tête du scrutin avec 37,7 % des voix, suivi d'assez loin par Patrick Debek qui coiffe sur le poteau Vincent Grosstephan avec seulement dix voix d'avance. À une trentaine de voix derrière, le FN obtient 18,2 % et la candidate écologiste arrive dernière avec 5,2 %. Alphonse Schwein atteint 50 % ou plus dans plusieurs communes du canton, principalement à l'est de celui-ci : Dontrien, Nogent-l'Abbesse, Saint-Hilaire-le-Petit, Saint-Martin-l'Heureux, Selles et Vaudesincourt. Patrick Debek n'obtient un score significatif que dans sa commune de Cernay avec 55,8 % tandis que la candidate frontiste arrive en tête à Bétheniville et Saint-Masmes ; le conseiller sortant est talonné par le PS à Beine-Nauroy, Pontfaverger et Prunay. Au second tour, si Patrick Debek double ses voix par rapport au premier tour, il ne réussit pas à mettre en échec Alphonse Schwein qui est réélu pour un troisième mandat avec 54,9 %. Le candidat sans étiquette n'arrive d'ailleurs en tête qu'à Cernay, avec 77,86 %, et à Bétheniville ; l'UMP obtient ses meilleurs scores à Saint-Hilaire-le-Petit avec 88,9 % des voix et à Saint-Martin-l'Heureux avec 95,2 %.

+ RésultatsCandidatsÉtiquettePremier tourSecond tourVoix%Voix%Alphonse Schwein*UMP37,7254,93Patrick BedekSE62619,5845,07Vincent GrosstephanPS61619,27Virginie GracientFN58218,20Marie-Ange PetitEÉLV1675,22Inscrits 100,00100,00Abstentions54,4155,77Votants45,5944,23Blancs et nuls610,852503,50Exprimés44,7440,74 *sortant

Canton de Châlons-en-Champagne-2