L’Uzi est un pistolet-mitrailleur développé en Israël à partir de 1948 par l'ingénieur en armement Uziel Gal et fabriqué par l'entreprise de défense Israel Military Industries (IMI). Inspiré du CZ 23 tchèque, il a été par la suite décliné en plusieurs versions de taille encore plus réduite, notamment le Mini Uzi et le Micro Uzi. Produit à plus de dix millions d’exemplaires toutes versions confondues, il a été adopté par les forces armées et les forces de l’ordre de nombreux pays dans le monde, son principal utilisateur ayant été l’armée israélienne. Concurrencé à partir des années 1970 par les fusils d’assaut qui deviennent de plus en plus légers et compacts, puis à partir des années 1990 par les , l’Uzi commence à être retiré du service dans les forces armées conventionnelles à partir des années 2000.

L’Uzi est aisément reconnaissable grâce à sa poignée centrale, dans laquelle est inséré le chargeur. Cette identité visuelle et son apparition au cinéma dans des films à succès comme Terminator font qu’il est connu au-delà du cercle restreint des militaires et amateurs d’armes. Arme puissante et facilement dissimulable, l’Uzi a aussi attiré l’intérêt moins reluisant des criminels et occupe pendant plusieurs décennies une place d’importance dans la culture gangster, visible par les mentions récurrentes qui en sont faites dans le gangsta rap.

La construction simplifiée de l’Uzi, avec un mécanisme à culasse ouverte non calée, en fait une arme assez peu coûteuse à produire et facile à entretenir. Il est en revanche assez difficile à prendre en main et se montre imprécis, voire dangereux pour son utilisateur, s’il n’est pas tenu correctement et si l’opérateur tente de longues salves en mode automatique plutôt que de brèves rafales contrôlées.

Développement gauche|vignette|Uziel Gal, le concepteur et inventeur du pistolet mitrailleur Uzi. Israël accède à l’indépendance le et se trouve immédiatement en guerre avec ses voisins arabes. Le nouvel État ne dispose toutefois pas de beaucoup d’armes et le stock est des plus hétéroclites, le manque de temps ayant contraint les Israéliens à récupérer tout ce qui leur tombait sous la main. Conscient de ce problème, Israel Military Industries (IMI), entreprise gouvernementale chargée de la production des armes pour l’État, demande dès 1948 au lieutenant Uziel Gal et au major Chaim Kara de concevoir chacun un pistolet-mitrailleur pour l’armée israélienne.

Les concurrents achèvent leurs plans au début des années 1950. Tous deux se sont inspirés de pistolets-mitrailleurs produits en Tchécoslovaquie, le CZ 23 et ses dérivés, et leurs deux modèles sont similaires. Chaim Kara est toutefois désavantagé dès le début, car l’arme qu’il propose, baptisée K-12, dispose d’une meilleure finition que celle d’Uziel Gal, ce qui implique un coût et un temps de production plus importants à un moment où Israël doit s’équiper en urgence et avec peu de moyens. Les essais, qui ont lieu en 1951, tournent également à l’avantage d’Uziel Gal, son arme plus rustique se révélant mieux adaptée aux conditions difficiles du désert. C’est donc sa proposition qui est finalement adoptée sous le nom de « Uzi », en dépit de son opposition à l’utilisation de ce diminutif de son nom.

Production et évolutions ultérieures vignette|Version originale de l’Uzi avec la crosse en bois.|alt=photo d’une arme de couleur gris acier avec une crosse brun clair Uziel Gal fait breveter son arme en 1952, les droits de production restant toutefois entre les mains du ministère de la Défense. Une première commande de et est passée en par l’armée israélienne. L’export commence en 1956, mais il apparaît rapidement qu’IMI n’est pas en mesure de répondre à la forte demande et qu’il est nécessaire de trouver d’autres fabricants pour pouvoir produire suffisamment d’exemplaires. L’entreprise belge FN Herstal se voit ainsi accorder en 1958 une licence de production, à la condition toutefois de ne vendre qu’à des clients approuvés par Israël. Une autre licence est accordée dans les années 1970 à la Rhodésie afin de faciliter l’export vers les pays africains. En 1982, la production totale s’élève déjà à plus d’un million d’exemplaires rien que pour l’export.

Les ventes s’affaiblissent à partir de la deuxième moitié des années 1970 du fait de la monopolisation du marché par les fusils d’assaut, dont les nouveaux modèles comme l’AK-74 ou le M16 sont plus légers, voire existent en version compacte comme l’AKS-74U, tandis que les anciens modèles comme l’AK-47 se diffusent en raison de leur très bas prix. Afin de maintenir la production, IMI se tourne alors vers le marché civil, pour lequel une version spéciale, l’Uzi Carbine, est commercialisée à partir de 1979. De même, afin de conserver son avantage concurrentiel dans le domaine du faible encombrement, l’Uzi est révisé afin de devenir encore plus petit et léger, ce qui donne naissance au Mini Uzi en 1980 puis au Micro Uzi en 1989. Des versions semi-automatiques sont également produites afin de pouvoir accéder au marché civil aux États-Unis, où la distribution est assurée par Action Arms. Toujours dans le but de toucher le marché civil américain, IMI développe également au début des années 1980 une version rapprochant l’arme d’un pistolet automatique, l’Uzi Pistol.

En 2010, soixante ans après la conception de l’Uzi original, IMI, qui a été entre-temps privatisée sous le nom d’ (IWI), présente au salon Eurosatory une version modernisée du Micro Uzi appelée Uzi Pro. En 2011, la production totale des armes de la famille Uzi est estimée à plus de dix millions d’exemplaires.

Utilisateurs Militaires vignette|Recrues israéliennes s’entraînant à la manipulation de l’Uzi, 1972.|alt=photo de jeunes femmes en uniforme se tenant en rang avec chacune une arme en main L’utilisateur historique de l’Uzi est l’armée israélienne, dans laquelle il est entré en service en 1955. Il est utilisé dans un premier temps principalement par les unités de parachutistes, les forces spéciales et les équipages de véhicules avant de se diffuser plus largement au sein des unités impliquées dans les combats urbains, bien que la dotation principale de l’infanterie reste le FN FAL. La première action de combat importante dans laquelle l’Uzi est engagé est l’opération Shomrom, un raid des parachutistes israéliens sur le poste de police de Kilkiya en Jordanie le . L’Uzi est largement utilisé par les Israéliens pendant la guerre des Six Jours, notamment dans les combats dans et autour de Jérusalem, où sa petite taille et la possibilité de tirer efficacement l’arme à la hanche sont appréciés. Néanmoins, en dehors du contexte spécifique du combat urbain, les Israéliens se trouvent en difficulté face aux Kalachnikovs des Arabes qui sont tout aussi rustiques et fiables que l’Uzi, tout en ayant une portée et une puissance supérieure. L’Uzi est par conséquent remplacé par le Galil dans la plupart des unités conventionnelles à partir de 1973. Ce remplacement n’a toutefois pas encore vraiment commencé au moment de la guerre du Kippour et la plupart des unités conservent alors encore leurs Uzi. Par ailleurs, il reste en service dans les forces spéciales, notamment le Sayeret Matkal, ainsi que de manière limitée dans les troupes parachutistes. gauche|vignette|Commandos néerlandais armés d’Uzi, 1990.|alt=photo de deux hommes en tenue camouflée dans une forêt, l’un avec des jumelles et l’autre armé qui fait le guet Le premier client à l’export est l’armée néerlandaise, qui en commande plusieurs milliers d’exemplaires dès 1956. Au sein des forces armées, l’Uzi se retrouve souvent dans les unités d’élites, comme les forces spéciales et les parachutistes, mais aussi entre les mains de troupes plus classiques qui bénéficient de ses petites dimensions, comme les équipages de véhicules blindés. L’Uzi se trouve également au Proche-Orient entre les mains des colons, mais aussi des fedayin. Ces derniers obtiennent ces armes principalement de l’Iran, qui en avait acheté des milliers d’exemplaires avant la révolution islamique.

La plupart des forces armées conventionnelles retirent l’Uzi du service à partir des années 2000. L’armée israélienne met ainsi fin au service actif de toutes les versions de l’Uzi en 2003. Outre son ergonomie d’un autre temps, le faible pouvoir de pénétration de sa munition est en effet un désavantage dans une situation d’affrontement entre armées dont les soldats sont désormais largement dotés en gilets pare-balles. Il est ainsi généralement remplacé par des fusils d’assaut compacts ou des armes de la catégorie personal defense weapon comme le Tavor, le P90 ou le MP7, dont les performances sont largement supérieures à celles de l’Uzi pour un encombrement guère plus important.

Forces de l’ordre vignette|Agent du Secret Service armé d’un Uzi lors de la tentative d’assassinat de Ronald Reagan le 30 mars 1981. La mallette ayant contenu l’arme est visible sur la route à droite.|alt=photographie d’une foule paniquée avec deux hommes à terre à l’avant-plan et un homme armé debout à leur gauche D’abord utilisé par la police israélienne, la diffusion de l’Uzi dans les forces de maintien de l’ordre s’accroît à partir de la fin des années 1960. Exporté dans plus de cinquante pays, il est utilisé dans de nombreux conflits et épisodes de violence partout dans le monde au cours des . Il apparaît ainsi sur des photographies célèbres, comme celles de la tentative d’assassinat de Ronald Reagan en 1981, où il est visible entre les mains des agents du Secret Service, qui l’a adopté dans les années 1960, ou celles des attaques terroristes de aux Pays-Bas, où il est utilisé par la police antiterroriste néerlandaise.

La popularité de l’arme dans les services de police n’est pas sans poser problème, notamment en Amérique du Nord. En effet, même des services de police mineurs des États-Unis et du Canada s’en équipent parfois, même lorsque la criminalité locale ne justifie pas un tel armement. Cette « course à l’armement » entraîne de multiples accidents du fait du manque de formation des agents, qui tendent à sous-estimer sa puissance et à l’utiliser de manière inadaptée, sans prendre en compte son caractère d’arme de guerre. Ainsi, le , un innocent est tué et un autre gravement blessé lorsque la police municipale de Sherbrooke ouvre le feu à l’aveugle dans un motel avec un Uzi.

Civils L’Uzi est considéré dans la plupart des pays du monde comme une arme de guerre dont l’acquisition et la détention est interdite, à moins que l’arme ait été rendue définitivement incapable de tirer, par exemple par la soudure de son mécanisme. Un important marché civil légal existe toutefois aux États-Unis, où la législation est plus accommodante. Toutefois, même dans ce pays il n’est pas possible d’acquérir librement un Uzi automatique, seuls ceux produits et importés avant 1986 pouvant être acquis par les personnes éligibles. Afin de contourner les restrictions, IMI commence à commercialiser des modèles adaptés à partir de la fin des années 1970, par exemple l’Uzi Carbine qui est limitée au mode semi-automatique et dont le canon est rallongé.

Outre les problèmes de criminalité, la diffusion de l’Uzi, en particulier des versions automatiques, dans la population civile est source d’accidents. Plusieurs personnes, dont des enfants, ont ainsi perdu la vie aux États-Unis à la suite de pertes de contrôle de l’arme en automatique, les balles perdues frappant des spectateurs ou le tireur lui-même.

Description Disposition générale vignette|Version améliorée de l’Uzi produite à partir de 1967 disposant d’une crosse pliable.|alt=photographie d’une arme