La Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel, communément appelée Grande muraille verte (GMV), est l’initiative phare de l’Union africaine pour lutter contre les effets du changement climatique et de la désertification en Afrique. L’initiative a pour but de transformer la vie de millions de personnes en créant une mosaïque d’écosystèmes verts et productifs en Afrique du Nord, au Sahel et dans la Corne de l'Afrique . Initialement conçue comme un long couloir de de large traversant tout le continent africain sur en passant par 11 pays, cette muraille doit relier Dakar (Sénégal) à Djibouti. ; cela représentera environ , ou d'hectares.
L’initiative historique lancée officiellement en évolue en un ensemble d’interventions destinées à relever les défis auxquels sont confrontées les populations du Sahel et du Sahara.
Le projet, présenté en 2002, rencontre des critiques sur sa stratégie et son utilité.
Présentation Une couverture forestière apporte de nombreux éléments positifs pour la population : droite|vignette|300px|Carte du tracé prévu de la Grande Muraille verte, des pays participants et du Sahel. En vert reforestation sur une bande de de longueur.
une protection des champs et des villages contre le vent et l'érosion. Le mur végétal constitue un filtre à poussière qui limite l'inhalation de poussières par les populations et donc les maladies qui en découlent,
un apport d'éléments nutritifs dans un sol presque mort ; les feuilles mortes créent une litière qui protège et régénère les sols des champs lorsque celles-ci y tombent et les arbres aident également le sol à augmenter sa capacité à garder l'eau.
une augmentation de l'humidité et de la pluviométrie locale grâce à l'évapotranspiration des arbres plantés.
une réserve de fourrage de qualité pour le bétail car l'herbe pousse mieux à l'ombre des arbres.
Depuis l'idée initiale d'un mur d'arbres traversant le désert africain d'est en ouest pour stopper l'avancée du désert, la vision de la Grande muraille verte s'est peu à peu transformée en une mosaïque d'interventions destinées à relever les défis auxquels sont confrontées les populations du Sahel et du Sahara. En tant qu’outil de programmation pour le développement rural, l’objectif global de ce partenariat sous-régional est de renforcer la résilience des populations et des systèmes naturels de la région grâce à une gestion rationnelle des écosystèmes, à la protection du patrimoine rural et à l'amélioration des conditions de vie des communautés locales.
En contribuant à l'amélioration des revenus des populations locales, la Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel est ainsi une réponse aux effets combinés de la dégradation des ressources naturelles et aux épisodes de sècheresse dans les zones rurales. L'initiative est un partenariat qui soutient les efforts des communautés locales dans la gestion et l'utilisation durable des forêts, des pâturages et de l'ensemble des ressources naturelles dans les terres arides. La Grande muraille verte contribue également à l'atténuation du changement climatique, à l'adaptation à ses effets et à l'amélioration de la sécurité alimentaire dans le Sahel et le Sahara.
Historique droite|vignette|300px|Carte du Sahara et du Sahel (Afrique).
L'idée d'une muraille verte est apparue en 2002 lors du Sommet spécial de N'Djaména, au Tchad, à l'occasion de la journée mondiale pour combattre la désertification et la sécheresse. Cette idée fut approuvée lors de la septième session de la Conférence des dirigeants et chefs de gouvernement africains de la Communauté des États sahélo-sahariens à Ouagadougou, au Burkina Faso, les et Convention creating the Pan-African Agency for the Great Green Wall . Abdoulaye Wade revendique sa conceptualisation sous la formule de en précisant que le projet est né d'une idée d'Olusegun Obasanjo, président de la République fédérale du Nigéria..
Depuis lors, le concept de Grande muraille verte a fortement évolué. Les leçons tirées du Barrage vert algérien ou de la muraille verte chinoise ont permis de mieux comprendre le besoin d'une approche multi-sectorielle pour des résultats durablesStratégie Régionale harmonisée de mise en œuvre de l'initiative « Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel » . Originellement, initiative d'une vaste plantation d'arbres, la Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel est devenue un outil de programmation et mise en œuvre du développement durable. Lors de la des dirigeants et chefs de gouvernement africains tenue le 29 et à Addis-Abeba, en Éthiopie, les dirigeants et les gouvernements ont approuvé l'initiative de Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel pour lutter contre les impacts sociaux, économiques et environnementaux de la désertification dans la région. Ensemble, onze états sahélo-sahariens (Burkina Faso, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad) ont créé l'Agence panafricaine de la grande muraille verte (APGMV).
Afin de partager une vision commune, une Stratégie Régionale Harmonisée pour la mise en œuvre de l'Initiative Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel a été adoptée en par la Conférence ministérielle africaine sur l'environnement (CMAE). Lors de cette rencontre, les ministres ont déclaré que la Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel était un programme phare de l'Union africaine pour contribuer à l'objectif d'un « monde où la dégradation des terres serait nulle » adopté lors de la Conférence des Nations unies sur le développement durable RIO+20African Ministerial Conference on the Environment, Fourteenth session, Report of the ministerial segment held from 12 to 14 September 2012 in Arusha, United Republic of Tanzania .
L'initiative de la Grande muraille verte du Sahara et du Sahel (IGMVSS) est traitée à l'occasion de Désertif'actions ., Sommet international consacré aux questions des terres en zones arides. Il est organisé tous les deux ans en préparation des Conférences des parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification.
À l’occasion des quinze ans du lancement du programme, un rapport est commandé par la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification et publié le . Il constate que seuls quatre millions d'hectares sur un objectif de cent ont été plantés. L'inconstance des bailleurs de fonds ainsi que les conflits et l'insécurité au Sahel sont pointés du doigt. Seuls le Sénégal et l'Éthiopie ont vraiment donné de l'importance au projet..
En , l'AFD estime que 20 millions d'hectares ont été restaurés et créés. La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification estime que seulement 15 % de la Muraille est achevée, principalement au Sénégal et en Éthiopie..
Partenaires L'Initiative Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel est un programme de l'Union africaine réunissant plus de 20 pays de la région sahélo-saharienne, dont l'Algérie, le Burkina Faso, le Bénin, le Tchad, le Cap-Vert, Djibouti, Égypte, Éthiopie, la Libye, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Somalie, le Soudan, la Gambie et la Tunisie. Cette initiative est soutenue par de nombreuses organisations régionales et internationales, y compris : l’Agence panafricaine de la grande muraille verte, l’Association pour la promotion de l’éducation et de la formation à l’étranger (APEFE), l’Autorité intergouvernementale pour le développement en l’Afrique de l’Est (IGAD), la Banque mondiale, le Centre mondial d’agroforesterie (ICRAF), le Centre OMD Afrique de l’Ouest et du Centre (MDG-WCA), le Comité inter-État de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), la Commission de l’Union africaine (CUA), la Communauté des états sahélo-sahariens (CEN-SAD), la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le Forum Forestier Africain (FFA), le Mécanisme mondial de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (GM-UNCCD), l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation panafricaine des producteurs agricoles (PAFO), le Panorama mondial des approches et des technologies de conservation (WOCAT), le Programme des Nations Unies pour le développement – Centre pour le développement des zones arides (PNUD-DDC), le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), le Programme des Nations unies pour l’environnement – Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature (PNUE-WCMC), la Région wallonne de Belgique le Secrétariat de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), l'Union du Maghreb arabe (UMA), l'Union européenne (UE), Wallonie-Bruxelles International, l'organisation religieuse japonaise Sûkyô Mahikari, à travers son groupe des jeunes, contribue également beaucoup à la réalisation de la Grande muraille verte. Elle organise chaque année des camps internationaux de reboisement au Sénégal, au Mali et au Burkina Faso où plusieurs centaines d'hectares sont reboisés..
Principes Les principes de ce partenariat ont été définis lors de nombreuses discussions par la Commission de l'Union africaine (CUA) et le Secrétariat de la CEN-SAD. L'initiative est considérée comme une mosaïque d'actions intégrées pour répondre aux problématiques ayant « une incidence sur la vie et les moyens de subsistance des populations du Sahel et du Sahara ». L'Initiative ne se limite pas à une initiative de reboisement, c'est un outil de programmation pour le développement rural. La portée géographique de la Grande muraille verte est définie comme la périphérie du Sahara, au nord et au sud, et comprenant les oasis sahariennes, et des enclaves comme le Cap-Vert.
En établissant un cadre pour améliorer les synergies et les coopérations, la Grande muraille verte renforce les mécanismes existants tels que le Programme global africain de développement agricole, programme environnemental (PDDAA) du NEPAD, les programmes d'action sous-régionaux, régionaux et nationaux de lutte contre la désertification. Pour assurer le succès de cette initiative, la Stratégie Régionale Harmonisée souligne l'importance des partenariats entre parties prenantes (à l'échelle nationale, régionale et sous-régionale), la nécessité d'intégrer l'initiative dans les programmes nationaux, régionaux et interrégionaux existants, la possibilité accrue de partager les leçons apprises et les meilleures pratiques (notamment à travers la coopération Sud-Sud et le transfert de technologie), et promeut la participation des acteurs locaux pour garantir la durabilité des actionsGrands Principes de la stratégie harmonisée de mise en œuvre de l’initiative GMV, Mécanisme mondial, 2012 .
Mise en œuvre Pour la plantation, on parle de régénération naturelle assistée car la densité de flore actuelle est souvent insuffisante pour espérer une régénération naturelle spontanée. La régénération naturelle assistée consiste en la sélection d'un rejet favorisé, et la coupe des autres afin que la croissance se concentre sur un seul rejet.
Dans certaines régions très sèches comme au Mali, on optimise les plantations en pratiquant des sillons ou la technique ancestrale du zaï qui permet de mieux concentrer l'eau sur les jeunes plants.
Essences utilisées pour le reboisement On utilise des jeunes plants d'essences préexistantes au niveau local qui résistent à la très faible pluviométrie locale (200 mm/an en 2015 contre 400 mm/an en moyenne dans les années 60) et qui ont un intérêt économiqueVidéo : Grande Muraille Verte - Ekow Production (Great Green Wall). La gestion des pépinières de jeunes plants et des jardins polyvalents (potagers) créés est confiée aux femmes créant ainsi des emplois et une production alimentaire au niveau local.
Au Sénégal