Pavel Grigorievitch Antokolski (en ) est un poète, écrivain et traducteur russe puis soviétique, né le à Saint-Pétersbourg et mort le à Moscou.

Biographie Son grand-oncle était le célèbre sculpteur Mark Antokolski, son père Grigory Moïsseïevitch était avocat conseiller juridique dans des entreprises privées et sa mère Olga Pavlovna avait suivi les cours de l'Institut Frebelvskie de formation des enseignants pour les enfants d'âge préscolaire. Tout jeune, ses loisirs favoris étaient l'aquarelle et le dessin avec des crayons de couleur.

En 1904, la famille s'installa à Moscou et Pavel débuta sa scolarité dans une école privée puis continua avec l'école secondaire où fasciné par la poésie, le théâtre et la récitation il sortit diplômé. En 1914, il entra à la faculté de droit de l'université de Moscou qu'il quitta avant d'obtenir un diplôme.

En 1915, il commença à travailler pour le théâtre en étant tantôt régisseur, tantôt acteur, tantôt décorateur du groupe théâtral des étudiants que dirigeait Evgueny Vakhtangov. En 1917, pendant la révolution, il quitta l'université pour rentrer dans la milice révolutionnaire, puis dans l'administration municipale de Moscou tout en continuant avec le groupe théâtral devenu Théâtre du peuple ; en 1918, il voyagea avec une troupe sur le front Ouest et on commença à le publier, mais son premier recueil ne fut édité qu'en 1922. C'est aussi pendant cette période que Marina Tsvetaïeva devint son amie.

En 1919, il se maria avec Natalia Chtcheglov avec laquelle il eut deux enfants, Natacha et Vladimir, diminutif Vova. Son épouse donnait chez elle des cours particuliers dans toutes les matières.

En 1920, alors qu'il fréquentait le « Café Poésie » sur la rue Tverskaïa, il fit la connaissance du poète Valéry Brioussov qui aimant ses poèmes les publia en 1921 dans l'anthologie Expression artistique.

De 1919 à 1934, il travailla au MKhT Studio théâtre appelé par la suite Théâtre Vakhtangov où il devint acteur d'abord puis directeur vers le milieu des années 1930. La troupe qu'il dirigeait joua aussi à l'étranger : Allemagne (1923), Suède (1923), France (1928). En 1938, il fit une recommandation couronnée de succès en faveur de Boris Sloutski qui voulait entrer à l'Institut de littérature Maxime-Gorki.

Le , après une réunion à l'Union des écrivains soviétiques, alors que l'Allemagne nazie venait d'attaquer l'URSS, il choisit entre Hitler et Staline en postulant pour devenir membre du PCUS ; sa demande fut acceptée en 1943. Pendant la Grande Guerre patriotique, le , son fils, Vladimir, canonnier, fut tué. En 1943, il exprima sa douleur dans le poème déchirant Le Fils qui émut certainement le jury du Prix Staline qu'il obtint en 1946 pour cette œuvre. Ce deuil ne l'empêcha pas de diriger, sur le front jusqu'en Ukraine et en Pologne, le théâtre aux armées pour lequel il écrivit le poème dramatique Tchkalov, d'être correspondant de guerre, d'écrire des poèmes et des articles pour stimuler la résistance à l'envahisseur.

Le de cette même année, il fit un discours lors d'une soirée organisée pour célébrer le de la disparition de la poétesse Lesya Ukrainka. Au printemps 1945, il mit en scène Roméo et Juliette d'après Shakespeare au théâtre d'art dramatique Tchkalov de l'oblast de Tomsk ИЮЛЬ

En 1949, à la suite d'un article de Nikolaï Matveïevitch Gribachev publié dans la Pravda du où il fut accusé de propager le cosmopolitisme, le formalisme, l'esthétisme, le formalisme, le subjectivisme, le snobisme, il fut licencié de l'Institut de littérature où il animait un atelier de poésie où avaient travaillé Eugène Dolmatovski, Michel Matoussovski, Margarita Aliguer, Constantin Simonov. Exclu des cercles poétiques, non édité, marginalisé, sa situation matérielle devint précaire. Heureusement des amis des autres républiques de l'Union compensèrent en organisant sa diffusion dans les autres états de l'URSS.

En 1956, année où Nikita Khrouchtchev révéla avec le Rapport secret les crimes de Staline, il écrivit Nous tous qui en son nom un poème condamnant le stalinisme qui fut largement diffusé dans le milieu étudiant des années 1950.

Dès la fin des années 1930, son travail de traducteur fut énorme; quelques titres sont indiqués dans la liste qui suit. De l'ukrainien il traduisit Tarass Chevtchenko Nazar Stodolia, Lesya Ukrainka, Léonide Pervomaïski, Mykola Bajan, du français il traduisit Victor Hugo, Arthur Rimbaud, Guillaume Apollinaire, Auguste Barbier, Aragon, Béranger, Paul Éluard, mais il traduisit aussi des œuvres de poètes bulgares, géorgiens, azéris, arméniens. Dès lors, rien de surprenant que la présidence du des traducteurs au sein de l'Union des écrivains lui fut offerte (cf: page 364 d'Histoire de la traduction en Occident par Henri van Hoof).

En 1958, à la suite d'un voyage effectué au Vietnam, il fit paraître des notes de voyage dans lesquelles il témoigne de la fascination qu'il éprouva lors de son excursion dans la baie d'Along. Bien qu'ayant, à plusieurs reprises, soutenu des dissidents, d'une manière non tapageuse cependant, il fut distingué quatre fois.

Pavel Antokolsky repose au cimetière Vostriakovo, à Moscou, à côté de sa seconde épouse, Zoé Constantinovna Bajanova, disparue en 1968, muse et actrice du Théâtre Vakhtangov qui avait été désespérée par l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du pacte de Varsovie. Avec elle, il eut deux autres enfants, dont le dernier, une fillette mourut peu après sa naissance. Il jouissait d'une datcha à Sovietski Pissatel.

Œuvres La presque totalité des titres est fournie par la traduction automatique avec quelques tentatives pour les rendre plus compréhensibles. Ceux dont la traduction paraissait étrange ont été laissés en russe. Les poèmes dont on fournit les titres, se retrouvent sans doute dans les recueils 1916 Shakespeare, 1918 Edmund Kean, 1919 Dernière, 1920 La naissance d'un bébé, Hamlet, 1921 Pierre le Grand, voir Pierre de Russie, 1922 Entrée, Petrograd 1918 (année incertaine), Paul de Russie, 1923 Stockholm, Мне снился накатанный шинами мокрый асфальт, 1924 Mon bébé d'automne, Juillet, quatorzième année, 1925 Sans-culotte, 1926 Pouchkine, le recueil Occident, 1927 Nous, le recueil Tiers livre, 1928 en juin, juillet, Vénus au Louvre, Le chant de la pluie, Robespierre et la Gorgone, Portrait de l'infante, 1929 Словами черными, қақ черный хлеб и жалость, Gulliver., Garde-manger, Il chasse la vérité dans le sous-sol, Balzac, Je t'aime, 1931 : Je suis le chemin de l'armée, 1932 le recueil Acteurs, La tombe du soldat inconnu (année incertaine), Сқлад сырых неструганых досок, 1933 La Commune en 1971, 1934 : François Villon, 1935 Voici notre passé, Potable, Chanson à boire (année incertaine), Niko Pirosmani, Ode, 1936 Le recueil Grande distance, 1937 Travail, Koscei (nom d'une héroîne de contes), 1938 le recueil Année Pouchkine, 1939 Fin du livre, 1942 Tchkalov, 1943 Le Fils, Lesya Ukrainka, un article paru dans La littérature et les arts du , 1945 le , Tout comme il a été, 1947 Le Livre noir, participation avec 39 autres écrivains à ce recueil de textes et de témoignages réunis par Ilya Ehrenbourg et Vassili Grossman 1948 Le Manifeste communiste, 1950 Océan, 1954 Ballade pour un moment merveilleux, Dans une rue près de l'Arbat, 1956 Nous tous qui en son nom, Nous sommes les soldats inconnus, Un peu d'histoire, Des rêves reviennent, Naissance d'un nouveau monde (année incertaine), 1957 le , Jérôme Bosch, Le tourbillon d'octobre, Les poètes et le temps (livre de mémoires, critiques), 1958 Jardin, Eh bien! Et ne les laissez pas vivre, Stereorama électrique, le recueil Studio, 1959 Rivière noire, Notes de voyage sur le Vietnam, 1960 Puissance du Vietnam, 1961 le Marina, La Neva en 1924, Moscou. Hiver. Boulevard. Noir. (année incertaine), traduction en russe de Minerai noir écrit par René Depestre, Le lait de loup, 1962 Dans ma chambre, la lettre n'a pas été envoyée, Une nuit de plus, Newton, voir Isaac Newton, (année incertaine), Lève-toi, Prométhée!, le recueil Haute tension, 1963 Il est triste, Le vieux sculpteur, 1964 le Une esquisse de l'avenir, Je ne me souviens pas des jours heureux, Vous allez rencontrer, Ropewalkers, Conclusion, le recueil La quatrième dimension, 1965 en mars, Ne comprenez-vous pas? J'ai vécu un siècle sans vous, le recueil Le poète, 1966 en décembre, Farces artificielles, Dans les années soixante - La quatre-vingtième, 1967 en décembre, Une réplique du différent, le recueil Conte d'antan, 1968 le Hiver, Так или эдақ, La poésie sous l'épigraphe, Une longue vie, Mémoire, 1969 les recueils: De Pouchkine, Contes des années passées, en janvier Histoire! Dans ce brouillard Si je mourais là-bas, Vendémiaire, Zone, Les Collines: 4 poèmes d'Apollinaire traduits en russe pour Inostrannaïa litteratoura , Поэзия! Я лгать тебе не вправе, Don Quichotte, Comment faire face à la vie, Zoe Bazhanov, 1970 Zone, Le Pont Mirabeau, Crépuscule (Frôlée par les ombres des morts), Saltimbanques, La Tzigane, Vendémiaire, Les collines, Un fantôme de nuées, Océan de terre, Il y a (Il y a un vaisseau qui a emporté ma bien-aimée) , Le chant d'amour, La jolie rousse, Si je mourais là-bas..., 13 poèmes d'Apollinaire traduits en russe dans La lyre d'airain , Dostoïevski, 1971 le recueil Histoires du temps, 1972 en juillet, Cagliostro, voir Joseph Balsamo, 1973 Miroir (année incertaine), 1974 le , Vladimir Retsepter, Bella Akhmadoulina, Musique, Devin, Huitième anniversaire en février, Nouvel an (année incertaine), Inscription sur le livre, Résultat provisoire, Patins (année incertaine), Manon Lescaut (année incertaine), Mythe (année incertaine), D'autres, 1975 : Jumeaux, Nuit, C'est arrivé, Sonnet, Le dernier refuge, Vieille romance, À la maison, Encore une fois Orphée, 1976 le , Je suis surpris de dire, Poursuite, Mon cœur appartient à l'être aimé, Humble requête, L'approbation, Бьёт одиннад ҷать, Seul le rythme, Une étoile dans le ciel de minuit, Ainsi, Triptyque, Le hurlement sauvage du vent dans les rochers, Impossible de respirer parce que je suis une fille, Дыхнур антарктическим холодом, Ballade, 1977 le recueil Fin de siècle,

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La pensée Pauvre. Démocrate. Citoyen. L'Art n'attend pas d'invitations Aphrodite Est-Ouest Lady Hamilton Souvenir Le vol du feu-mouches Chaleur Dans les miasmes de la chair à canon Je ne veux pas plaider pour les morts Le Dernier Jour d'un condamné, traduction en russe du roman de Victor Hugo Quand le dormeur s'éveille, adaptation à la scène du Théâtre Vakhtangov du roman d'Herbert George Wells Le bateau ivre, traduction en russe du recueil d'Arthur Rimbaud Bedlam d'Auguste Barbier Sans doute après 1973, Jara, voir Victor Jara Deux répliques dans un litige

Notes On trouve des fragments du poème Le Fils dans La poésie russe anthologie réunie et publiée par Elsa Triolet chez Éditions Seghers en 1965. La petite biographie qui précède ces extraits a servi de point de départ à la rédaction de cette page. Un texte signé Pavel Antokolsky et Benjamin Kaverine sur L'insurrection de Sobibor se trouve dans le lien externe Pavel Antokolsky, . Le lien externe «P.G. Antokolsky Collected Works» fournit non seulement les titres de très nombreux poèmes mais aussi leur texte ! Dans le répertoire des œuvres, les listes de poèmes d'Apollinaire traduits par Antokolski et signalées par sont cités page 138 du livre Apollinaire en son temps textes réunis par Michel Décaudin. Dans le répertoire des œuvres, les titres des ouvrages traduits par Antokolski et signalés par sont cités pages 161 et 162 dans le livre Un art en crise: essai de poétique de la traduction poétique par Efim Etkind

Liens externes

P.G. Antokolsky Collected Works Photo, biographie Pavel Antokolsky

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