Drusipara (Drizipara, Druzipara) était une ville de Thrace (actuelle Turquie d'Europe), sur la route d'Andrinople à Byzance. Elle fut aussi appelée Mésène (Μεσσηνί).

En 305, saint Alexandre le Romain y fut décapitéBüyük Karistiran Sous l’empereur Maximilien (206 – 305), un soldat romain chrétien du nom d’Alexandre, qui avait refusé de faire une offrande à Jupiter, y subit le martyre. Il est commémoré selon les différents rites, le 27 mars ou le 26 février, sous le nom de saint Alexandre de Drizipara. Une église lui était dédiée dans la ville, mais sous l’empereur Maurice , Drusipara fut saccagée par Bayan, le Khagan des Avars, l’église brûlée et ses reliques détruitesDrusipara In the time of Emperor Mauritius the city was captured by the Khakan of the Avars, who burned the church and destroyed the relics of the martyr (Theophyl. Simocatta, VII, 14, 15).

Elle fut le siège d'un évêché de la province d'Europe, dans le diocèse de Thrace ; parfois même d'un archevêché autocéphale, mentionné par exemple dans la notice épiscopale du pseudo-Épiphane de 650 ou de Léon au tout comme Arcadiopolis, Bizye ou SélymbriaR.Janin, "La hiérarchie ecclésiastique dans le diocèse de Thrace" dans Revue des études byzantines, 1959, vol. 17, num. 17, pp. 136-149Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiques: Histoire de ..., Volume 1, Jean-Baptiste Glaire Quelques notices ecclésiastiques en font même un archevêché. Selon Richard et Giraud, on n'en connaît que deux évêques, dont le premier, Théodore, assista et souscrivit au cinquième concile général.. Son nom a été utilisé comme siège titulaire de la province d'Europe et de l'exarchat de ThraceHistoire de tous les Archevechez de l'univers, ed. Florentin et Pierre Delaulne, Abbé de Commanville, Paris, 1700 (aujourd'hui supprimé parmi ceux de Église catholique romaineSiège titulaire de Druzipara sur catholic-hierarchy ).

Dès le , l'importance de la ville avait beaucoup diminué et le sultan Mourad Ier incorpora Mésène (Μεσσηνί) à son empire sous le nom turc de Misinlı. Vers 1432, Bertrandon de la Broquière la décrit ainsi : « Misini est une petite place fermée et n'y demeurent que Grecz », sauf son chef turcRevue des études islamiques, Volume 12, Louis Massignon, 1938. En 1453, la femme de Lucas Notaras y mourut en esclavage.

Au , le sultan Bajazet II fit reconstruire une nouvelle ville, Büyük Karistiran, à quelques kilomètres à l’ouest, qui supplanta rapidement l'ancienne.

Au , il y eut encore un évêque catholique : Maxime Decelles.

Références

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