Auguste Léopold Philippe Marie Michel Gabriel Raphaël Gonzague de Saxe-Cobourg-Gotha, prince de Saxe-Cobourg (ou Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary), né le à Petrópolis, au Brésil, et mort le à Schladming, en Autriche, est un prince austro-brésilien de la maison de Saxe-Cobourg et un officier des marines brésilienne et austro-hongroise.

Famille Le prince Auguste, né le à Petrópolis, est le deuxième fils du prince Auguste de Saxe-Cobourg (1845-1907) et de son épouse la princesse Léopoldine du Brésil (1847-1871). Ses parents, mariés à Rio de Janeiro le , sont établis au Brésil. Après une première fausse-couche, le , la princesse Léopoldine donne le jour à un premier fils, Pierre, né le .

Par sa mère, le prince est donc le petit-fils de l'empereur Pierre II du Brésil (1825-1891) et de son épouse la princesse Thérèse Christine des Deux-Siciles (1822-1889) tandis que, par son père, il descend du prince Auguste de Saxe-Cobourg-Gotha (1818-1881) et de son épouse la princesse Clémentine d'Orléans (1817-1907). Il est également un neveu de Ferdinand de Bulgarie.

La naissance d'Auguste est suivie par celles de deux autres fils : Joseph en 1869, puis Louis en 1870. La princesse héritière Isabelle, sœur de Léopoldine, n’ayant pas encore d’enfant de son union avec Gaston d’Eu, les fils de Léopoldine se trouvent en bonne position dans la succession au trône de Pedro II. Hélas, le , Léopoldine meurt des suites d'une fièvre typhoïde contractée lors d'un voyage en Europe, au palais Cobourg de Vienne, laissant orphelins ses quatre fils, dont l'aîné n'a pas encore cinq ans.

Mariage et descendance Le , le prince Auguste épouse, à Vienne, l’archiduchesse Caroline de Toscane (1869-1945), fille du prince Charles Salvator de Toscane (1839-1892) et de son épouse la princesse Marie-Immaculée de Bourbon-Siciles (1844–1899). De leur mariage naissent huit enfants :

Auguste de Saxe-Cobourg-Gotha (Pola, – Gerasdorf ) ; Clémentine de Saxe-Cobourg-Gotha (Pola, – Lausanne ) qui épouse, en 1925, Édouard de Heller (1877-1970), dont trois enfants ; Marie Caroline de Saxe-Cobourg-Gotha (Pola, – château de Hartheim ). Handicapée mentale, elle est assassinée par les nazis au château de Hartheim ; Rainer de Saxe-Cobourg-Gotha (Pola, – tué à Gyömrő, Hongrie, ), épouse 1) en 1930 Johanna Károly de Károly-Patty (1906-1992), divorce en 1935, dont un fils, puis épouse 2) en 1940 Edith de Kózol (1913-1997) ; Philipp Josias de Saxe-Cobourg-Gotha (château de Walterskirchen, Poysdorf, – palais Coburg, Vienne, ) qui épouse morganatiquement, en 1944, Sarah Aurelia Halasz (1914-1994). D’où un fils ; Theresa de Saxe-Cobourg-Gotha (château de Walterskirchen, Poysdorf, – Villach ) qui épouse, en 1930, Lamoral von Taxis di Bordogna e Valnigra (1900-1966), dont quatre enfants. Leurs descendants portent le nom de Tasso de Saxe-Coburgo e Bragança ; Léopoldine de Saxe-Cobourg-Gotha (Gerasdorf, – Hongrie ), célibataire ; Ernst de Saxe-Cobourg-Gotha (Gerasdorf, – Gröbming ) qui épouse morganatiquement, en 1939, Irmgard Röll (1912-1976), sans postérité.

Biographie vignette|droite|La princesse Léopoldine (debout) portant le prince Auguste et la princesse Isabelle (assise) ayant sur ses genoux le prince Pierre de Saxe-Cobourg-Gotha (Rio de Janeiro, 1866). Héritier du trône brésilien Informés de la funeste nouvelle de la mort de Léopoldine, les souverains brésiliens se rendent l’Europe. Un conseil de famille s’organise à Vienne. Il est décidé que les deux fils aînés de la défunte Léopoldine, Pierre et Auguste, rentreront au Brésil avec leurs grands-parents. Ils y seront élevés en tant qu’héritiers présomptifs de l'empereur Pedro II. Quant à leurs deux plus jeunes frères, ils demeureront en Europe, sous la responsabilité des Cobourg. Conduits par leur père, Pierre et Auguste débarquent au Brésil en . Les deux enfants se trouvent à présent sous l’autorité de leurs grands-parents maternels, l'empereur Pierre II et l'impératrice Thérèse-Christine, et partagent le quotidien de la famille impériale au palais de São Cristóvão do Sul.

La princesse impériale Isabelle du Brésil n'ayant pas encore d'enfant, Auguste et son frère sont considérés comme les héritiers présomptifs de l'empire brésilien. En 1875, cependant, après de nombreux espoirs déçus, la princesse impériale met au monde un fils, le prince Pierre d'Orléans-Bragance. Dès lors, les jeunes Saxe-Cobourg perdent leur place privilégiée dans l'ordre de succession au trône brésilien, d'autant plus que la princesse impériale, consolidant les droits de sa descendance, donne naissance à deux autres fils : Louis en 1878 et Antoine en 1881.

Pourtant, malgré leur relégation dans l'ordre de succession au trône brésilien, Pierre et Auguste demeurent au Brésil. À la demande de l'empereur, Manuel Pacheco da Silva, médecin, est désigné comme précepteur des princes Pierre et Auguste. Il constate que ses élèves parlent mal le portugais et ne s'expriment qu'en allemand. En 1874, Pierre est inscrit au Colégio Pedro II. En 1876, l’empereur Pedro II et son épouse effectuent un long périple en Europe d’une année et demie et laissent les aînés de leurs petits-fils au Brésil, les confiant à un précepteur. Il apparaît qu’au cours de cette période la princesse Isabelle, qui occupe la fonction de régente durant l’absence de son père, ne se soit pas grandement occupée de ses neveux. Pierre et Auguste en auraient gardé une certaine forme de rancune. Très isolés, les deux princes ne peuvent compter sur le soutien de leur père, qui vit principalement en Europe et ne vient les visiter qu’une seule fois, au cours de l’été 1879. Cette situation engendre d’importantes conséquences sur le développement personnel des deux princes et sur leurs relations avec leur famille.

Officier de la marine brésilienne vignette|Le prince Auguste durant une escale du croiseur Almirante Barroso au Japon en 1889. Tout comme son père, le prince Augusto se destine à une carrière dans la marine. En , il entre à l’Ecole navale de Rio, puis rejoint l’Académie navale. Une vie de voyages sur des bateaux brésiliens lui permet d’échapper à l’ennui de la cour impériale. Elevé au rang de guardia marinha en , il poursuit sa carrière en qualité d’officier dans la marine brésilienne. L’année suivante, il entreprend son premier grand périple qui le conduit jusqu’aux États-Unis. Ce voyage lui donne l’occasion de visiter de nombreux sites et de rencontrer quantité de personnalités, non seulement des officiels, mais aussi des célébrités, tel Buffalo Bill.

Peu optimiste quant à l’avenir de la monarchie, Auguste ne partage pas les ambitions politiques de son frère aîné Pierre qui veut jouer un rôle important dans son pays. Au fur et à mesure que passent les années, les caractères des deux princes s'affirment et se différencient. Élégant, brillant, farceur, grand amoureux du beau sexe, il est resté fidèle à la tradition militaire des maisons princières, et suivant la vocation paternelle et le goût de son grand-père pour la marine.

Chute de la monarchie brésilienne

Quand éclate un coup d'État républicain au Brésil, le , le prince Auguste se trouve d'ailleurs à bord d'un navire de la marine, dans l'océan Indien. Sur ordre de la nouvelle république brésilienne, il est débarqué à Colombo du navire de guerre, le croiseur Almirante Barroso, à bord duquel il effectuait son service. Il entreprenait depuis un tour du monde et avait déjà vu, notamment, Sydney, Yokohama, Nagasaki, Shanghai, Hong Kong et Singapour et met plusieurs semaines à regagner l'Europe, où sa famille a été exilée.

Le , la famille impériale avait quitté le Brésil à bord d’un vaisseau qui devait les mener en Europe, dans un premier temps à Porto, où l'impératrice Thérèse, quatre jours après l'annonce du bannissement définitif des souverains brésiliens, meurt d'une crise d'asthme, le . Au cours de la traversée, le comportement du prince Pierre avait paru de plus en plus étrange. Il semble bien que ce soit lui qui ait le plus mal vécu l’effondrement du régime. Il présente des troubles psychiques qui se manifestent par des idées fixes de persécution et ne s'améliorent guère avec le temps.

En exil vignette|Pierre et Auguste de Saxe-Cobourg en exil à Cannes en 1890. La famille impériale quitte peu après le Portugal pour s’installer dans un hôtel à Cannes. Bientôt le prince Auguste les y rejoint au début de l'année 1890. Bien qu'il refuse de démissionner, le jeune homme doit renoncer à sa carrière dans la marine brésilienne. Les adieux que lui ont faits ses compagnons, ainsi que son commandant, ont été chaleureux et très émouvants, le prince offrant à chacun un souvenir personnel. À présent, Auguste vient grossir le rang des exilés. À Cannes, les princes mènent une vie assez ennuyeuse et oisive.

Fin , après quelques voyages en Europe, notamment à Paris en été où les deux princes ont visité Versailles, Auguste et son frère aîné se trouvent en Styrie avec leur père et leur grand-mère, la princesse Clémentine. Celle-ci écrit au sujet d’Auguste : . Les princes se rendent ensuite à Vienne puis rejoignent leur grand-père à Baden-Baden.

Officier de la marine austro-hongroise vignette|Le château de Gerasdorf bei Wien par Otto Seraphim Peters en 1891. En 1891, le père d'Auguste, de concert avec l'empereur François-Joseph I d'Autriche s'accordent pour qu’Auguste entame une carrière dans la marine autrichienne l'autorisation de rejoindre la marine austro-hongroise. Cependant, il doit poursuivre une formation. Ayant demandé à pouvoir conserver sa nationalité brésilienne, il obtient cette faveur sans difficulté, bénéficiant d’un statut d’extra-territorialité tout comme son cousin, fils aîné de la comtesse d’Eu.

Le , l'empereur Pedro meurt des suites d'une pneumonie. Auguste et son frère tentent également de récupérer des biens qui ont été confisqués par le régime républicain brésilien. Il s’agit de terres, d’obligations et de titres de propriété. Pierre écrit à son ami brésilien Joaquim Catramby, menaçant la République d’une intervention allemande, si ses droits ne sont pas respectés. La situation financière des princes est devenue déplorable. Seule la famille Saxe-Cobourg peut les secourir.

En , alors qu'il est seul à Vienne, le prince Pierre traverse une grave dépression, qui oblige sa famille à l'interner définitivement au sanatorium Bonvicini de Tulln an der Donau. Auguste devient donc, en quelque sorte, l'aîné de la branche brésilienne de la maison de Saxe-Cobourg. La mort de son grand-père et l'internement de son frère agissent sur la santé d'Auguste et retardent sa préparation pour entrer dans la marine impériale autrichienne. On s’attendait à ce qu’il puisse l’incorporer dès le mois de , mais une année supplémentaire de formation s’avère nécessaire et il devient enfin officier de la marine austro-hongroise le . Le fait qu’Auguste poursuive sa carrière au sein de la marine justifie son installation dans la ville de Pola (actuellement Pula, en Croatie) qui possède un port militaire.

Dès son établissement à Pola, sa parenté ne tarde pas à chercher pour Auguste une compagne. Sa grand-mère, la princesse Clémentine, marieuse infatigable, a rapidement trouvé la candidate idoine. Il s’agit de l’archiduchesse Caroline d’Autriche-Toscane, de deux ans sa cadette et sœur de l'archiduc François-Salvator, gendre de l'empereur d'Autriche. Les fiançailles sont conclues le . Le mariage qui a lieu au palais de la Hofburg, à Vienne, le , le lie encore davantage à l'empire d'Autriche et à la maison de Habsbourg.

Père de famille nombreuse vignette|Le prince Auguste, son épouse et leurs quatre premiers enfants en 1900. Photographie de Victor Angerer.