Mortain est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie, peuplée de habitants, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Mortain-Bocage..

La limite sud de la commune jouxte le parc naturel régional Normandie-Maine, du côté de la forêt d'Andaine au nord-ouest du parc.

Géographie Localisation vignette|gauche|

Cœur du « Mortainais », la ville de Mortain se situe dans un paysage de bocage préservé, en bordure de la forêt qui porte son nom, sur un flanc granitique et gréseux du Massif armoricain. La ville surplombe la vallée de la Cance où le grès armoricain affleure dans des encaissements rappelant des paysages des Vosges ou du Massif central où les torrents côtoient la roche et la végétation en formant des cascades.

La limite de commune avec le Neufbourg au nord-ouest est entièrement marquée par la Cance, qui coule du nord au sud, et celle avec Romagny à l'ouest et sud-ouest la suit plus ou moins aussi. Le ruisseau de Brefféland, affluent en rive gauche (à l'est) de la Cance, marque la limite avec Saint-Clément-Rancoudray au nord-est.

Mortain est à peu près à mi-distance à vol d'oiseau de Rennes (, Ille-et-Vilaine) au sud-ouest et de Caen (, Calvados) au nord-est - par la D 977 pour les deux villes (distance variable selon le choix de route, et la route change de code en changeant de département : D 177 pour l'Ille-et-Vilaine et D 577 pour le Calvados). Le département du Calvados et celui de l'Orne sont également proches : seulement , à l'est pour l'Orne et au nord pour le Calvados.

Paysages Les cascades vignette|La Grande Cascade. La Grande Cascade, haute de , une des plus importantes de l'ouest de la France, est située sur la Cance, en limite avec le Neufbourg. Elle est attachée à la légende de Tristan et Iseult..

vignette|gauche|La Petite Cascade. La Petite Cascade sur le Cançon près de sa confluence avec la Cance, est un site dont la ville de Mortain est propriétaire. Elle est située en limite des communes du Neufbourg et de Romagny.

Les deux cascades se visitent grâce à un sentier de randonnée depuis le parking de la place du Château.

vignette|gauche|Rocher de l'Aiguille. À proximité, sur la rive droite de la Cance et du Cançon, le site du Rocher de l'Aiguille (site appartenant à la ville de Mortain) est situé sur Romagny. Le site, assez bucolique et très dépaysant, est un lieu prisé de promenade. Il y a une piscine découverte et un petit camping à proximité.

Milieux naturels et biodiversité Les deux sites des cascades sont couverts par la ZNIEFF continentale de type 1 des « Cascades de Mortain »« Cascades de Mortain » - 250002599. Fiche et cartographie ZNIEFF Natura 2000., qui totalise en deux locations. La zone de la Petite Cascade comprend environ sur la commune, le reste étant partagé entre Romagny (environ ) et Le Neufbourg (environ ). La zone de la Grande Cascade comprend environ sur la commune et environ sur Le Neufbourg. Elle vise avant tout la végétation des falaises siliceuses mais inclut aussi des habitats d'eaux courantes (la Cance et le Cançon), des forêts, des grottes et des carrières. Elles sont situées en très proche périphérie de la ville et sont partiellement bordées de tissu urbain, carte interactive sur géoportail ; couches « Photographies aériennes », « Limites Administratives », « Hydrologie » et « ZNIEFF » activées. Vous pouvez faire varier l'intensité des différentes couches par le menu « Ma sélection de données » à gauche de la carte, et en ajouter d'autres dans le menu « Catalogue de données » (carte IGN dans la section « Données de base » du menu « Catalogue de données »)..

La commune est aussi concernée par la ZNIEFF continentale de type 2 des « Forêts de la Lande Pourrie et de Mortain »« Forêts de la Lande Pourrie et de Mortain » - 250002592. Fiche et cartographie ZNIEFF Natura 2000.. Très morcelée sur Mortain, cette zone totalisant touche onze communes au total dont deux de l'OrneLes 11 communes de la ZNIEFF des « Forêts de la Lande Pourrie et de Mortain » sont, dans la Manche : Barenton, Bion, Ger, Mortain, Le Neufbourg, Romagny, Saint-Clément-Rancoudray, Saint-Georges-de-Rouelley, Saint-Jean-du-Corail ; et dans l'Orne : Lonlay-l'Abbaye et Rouellé.. Elle inclut des milieux très variés dont des bois tourbeux, des landes mésophiles et d'autres tourbeuses, barres rocheuses, prairies hygrophiles, ruisseaux… Sur la commune les différentes zones concernées sont essentiellement le bois d'environ incluant le versant escarpé au sud du hameau La Roche Plate ; le bois incluant l'éperon aux flancs eux aussi très escarpés, dominant le côté est du cimetière le nord-est de La Petite Chapelle, cette zone se prolongeant vers le nord en suivant les escarpements rocheux jusqu'à au nord de Beausoleil ; et les mêmes zones des cascades que pour la ZNIEFF précédente. S'y ajoute de bocage en rive gauche (au sud) du ruisseau de Brefféland, affluent en rive gauche (à l'est) de la Cance.

Cette ZNIEFF inclut seize espèces protégées au niveau national ou régional (dont cinq espèces de bryophytes et lichens), surtout dans les zones tourbeuses ; et de nombreuses espèces rares à très rares.

Toponymie Le nom de Mortain est mentionné sous les formes Moretoin en 1022-1026 (copie , Fauroux 124), Moretania en 1049/1066 (copie , Fauroux 190), Moritonii 1063 (Fauroux 156), Mauritonii vers 1060-1066 (copie , Fauroux 220), Moreton en 1060/1066 (copie , Fauroux 219), Moritonium 1082 (Musset, Abbaye caennaise 9), Moretuen en 1241 (A.N. L. 979, 48)..

Albert Dauzat et Charles Rostaing expliquent ce nom par un *Mauritanum [Fundum], qui serait le domaine rural fondé par un latin nommé Mauritanus, différent des toponymes du type , qui font référence à des établissements de Maures au Bas Empire.. Cependant, cela ne convient pas sur le plan phonétique, puisque les formes anciennes, postulent plutôt pour un *Moritonium (la forme Mauretania de 1049 - 1066 étant isolée et trouvée dans une copie du semble suspecte), c'est-à-dire qu'elles se terminent par un élément -(t)onium et non pas par le suffixe -anium. Par conséquent l'origine du nom en serait toute différenteFrançois de Beaurepaire, op. cit... De plus, aucun document tel la notitia dignitatum ou autre et aucune fouille archéologique n'ont montré la présence d'un poste de soldats ou de colons mauresques à l'époque du Bas Empire romain.

C'est la raison pour laquelle Ernest Nègre suggère un nom de personne germanique pris absolument, à savoir MartoinusErnest Nègre, Toponymie générale de la France. 2. Formations non-romanes, volume 2, Droz, .. Il aurait d'abord évolué de Mar- en More-, peut-être par influence des noms comme Mortagne, puis postérieurement au milieu du *Moretain par substitution du suffixe -ain à -on. René Lepelley se montre indécis à la suite de François de Beaurepaire, et se contente d'évoquer les hypothèses de ses prédécesseursRené Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses Universitaires de Caen, 1996 , p. 182b..

L'ancienne paroisse du Rocher a été rattachée à Mortain en 1794-1795François de Beaurepaire, .

Microtoponymie De nombreux microtoponymes concernent la topographie (rocher, gués, dolmens, rivières, fontaines) : Bellevue, Beaujour, Beau Soleil, Bel-air (et plus loin Bel-air à Rancoudray) font clairement allusion à la position dominante de la crête au regard de la vallée de la Sélune, et marquent la particularité géographique de Mortain intimement liée à son histoire ; moulinet : rochers de moulinet, dominant la vallée de la sélune. Diminutif en -ELLU Moulineaux ou en -ITTU, Molinet, , du bas latin molinum « moulin »Albert Dauzat et Charles Rostaing, , p. 484a. (comprendre gallo-roman MOLINU), en référence à un hypothétique moulin à moins qu'il ne s'agisse de moulinet au sens de « rouleau traversé par deux leviers en croix s'appliquant à différentes machines pour tirer les cordages, lever des fardeaux » ; Bourberouge : irisations rouges de l'eau des ruisseaux et de la bourbe « boue épaisse qui se dépose au fond d'une eau stagnante » (oxydes de fer). La forêt a été le lieu d'une exploitation du fer, mines et fours (voir Saint-Jean-du-Corail) ; Cambremont et sa mine. D'autres se rapportent à des métiers ou à l'histoire : Fieffes, Prises et Désert rappellent les défrichements sur la forêt de la Lande Pourrie qui s'étendait jusqu'à Tinchebray au Moyen Âge ; La pelterie : activité liée aux fourrures ; Montjoie : attesté sous la forme latinisée de Monte Gaudi en 1369/1370, littéralement « mont de la joie » d'étymologie discutéeAlbert Dauzat et Charles Rostaing, , p. 466a - 467b. ; Bruyère de la justice sur Romagny : sur une éminence, face à la ville, ce nom traduit souvent l'emplacement d'un lieu d'exécution, gibet ou pilori ; Brefféland : ce nom (d'origine germanique ?) serait à rapprocher de la mention des Lètes établis à l'époque romaine ( ci-dessous).

Histoire Préhistoire La région est occupée dès la préhistoire comme en témoignent mégalithes et outillage lithique découverts sur Mortain et communes environnantes. : hache polie, dolmen, tumulus de Bourberouge, polissoirs plus loin, et plus tardivement, monnaies gauloises. L'hypothèse d'un faible peuplement au profit des cotes et de la Bretagne est remis en cause en particulier avec les découvertes qui ont donné lieu à la mise en place du musée de Ranes-61, et qui permettent d'établir une implantation dans la région entre -150 000 et -40 000. Des défrichements ont été établis à Sourdeval il y a 5 500 ans. Contrairement aux côtes, le peuplement se serait fait à Mortain principalement sur les rebords des hauteurs. L'âge du Bronze voit la population déjà peu importante régresser et redescendre dans la vallée, jusqu'à l'arrivée des Romains. Occupé dès le néolithique, comme l'Avranchin, le Mortainais n'arrive pas à se développer.

Antiquité Après la soumission des Abrincates 'et des Unelles aux Romains, la région se romanise peu à peu. Comme partout en Gaule on assiste à un syncrétisme religieux entre les dieux locaux et ceux apportés par la culture romaine, parfois eux-mêmes soumis à une interpretatioPaul-Marie Duval, « Cultes gaulois et gallo-romains. 3. Dieux d'époque gallo-romaine » [article] in Travaux sur la Gaule 1946 - 1986, Publications de l'École Française de Rome, Année 1989, 116, pp. 259-273 (lire en ligne) .. Un culte aurait été par exemple rendu à Jupiter ainsi qu'à Mars. À l'époque du Bas Empire, le pouvoir romain met en place des garnisons près ou dans les principales localités, elles sont composées à 80% d'auxiliaires germaniques ( Notitia dignitatum). Une garnison de mercenaires Maures se serait établie sur le territoire de Ger (Champ Duval) qui dépendait de Mortain., mais la noticia n'en parle pas. Cette explication était censée justifier une étymologie erronée du nom de Mortain, Mauritanius, alors que ce type toponymique n'explique que les (voir la rubrique toponymie ci-dessus). Des travaux plus récents signalent en revanche une colonie de lètes germaniques. La ville ne prend alors qu'une importance très relative, du fait de l'éloignement des voies commerciales et de la pauvreté des sols.

Une légende circulait au dans la région de Mortain reprenant un épisode de la biographie de Velléda, prêtresse et prophétesse de la tribu germanique des Bructères à l'ouest de Hannovre. Elle a laissé son nom à un dolmen. Elle peut être rapprochée de la présence de Lètes lors de la période romaine, ainsi que des toponymes d'origine germanique (Bréffeland) sans pouvoir statuer sur l'âge ni sur la bases de la légende. Elle évoque l'appel au soulèvement contre l'envahisseur et l’échec de la tentative qui mène la prêtresse à la mort.

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