Marius Jolivet, né le à Saint-Étienne et mort le à Collonges-sous-Salève (Haute-Savoie), est un prêtre catholique séculier français.

Biographie Marius Jolivet est né à Saint-Étienne alors que son père, haut-savoyard originaire de Scionzier, travaille en tant qu'ouvrier métallurgiste dans cette importante cité industrielle. Ce dernier rentre malade en 1908 et s'installe finalement en 1911 à Chevrier, village natal de son épouse, où il décède quatre ans plus tardChristian Sorrel, La Savoie, Éd. Beauchesne, 1996, / 441. pp. Marius suit sa scolarité au collège Sainte-Marie de la Roche-sur-Foron, puis, sur l'incitation de sa mère, il entre au séminaire. Ordonné prêtre le , il devient alors enseignant au petit séminaire de Thonon-les-Bains. Tombé malade, il se voit contraint d'accepter un poste plus en rapport avec son état de santé, et devient en aumônier du préventorium du Christomet à Megève. En , rétabli, il est nommé à la cure de Faucigny.

Le , il prend possession de la cure de Collonges-sous-Salève. Et il est ravi d'être en poste dans une paroisse si proche de la frontière. Il y voit la . Il a 36 ans et va s'engager à fond dans l'action. À partir de 1943, René Nodot, qui est le responsable du service social des étrangers assure avec son oncle Félix Petit, instituteur laïque et ancien maire destitué de Saint-Julien-en-Genevois, les liaisons avec Camille Folliet, vers Lyon et avec la sœur Neyrand de Saint-Vincent-de-Paul, et Jeanne Lavergnat et son époux Arthur Lavergnat, il va installer alors sa filière d'évasion. De surcroît, il est la boîte aux lettres de Allen Dulles, chef de l'Office of Strategic Services pour l'Europe, qui a comme couverture un poste d'attaché d'ambassade à Berne. Il est également agent du réseau Ajax. En 1941, il fait passer en Suisse Xavier de Gaulle, alors malade, frère du général. En , il accompagne personnellement la petite Éva Stein rejoindre sa mère en Suisse, après que la Résistance a pu la faire échapper de prison à la suite du suicide de son père dans cette geôle. Cette famille venait de Hambourg.

En , l'abbé Henri Grouès, alias abbé Pierre, lui confie le passage en Suisse de la famille de Jacques de Gaulle. Parmi les passeurs de la région, on compte avec lui l'abbé Jean Rosay et Gilbert Pernoud, prêtre enseignant. Il diffuse également les cahiers du Témoignage chrétien et transmet les courriers entre son fondateur Pierre Chaillet, dont le nom de plume est Testis et qui se cache sous le nom de Prosper Charlier, et Louis Cruvillier qui a trouvé refuge en Suisse en .. C'est avec la complicité des habitants du village qu'il a pu faire passer en Suisse des centaines de femmes, d'enfants et de vieillards juifs.

À la fin de la guerre, pensant être découvert, il ne couche plus au presbytère, mais caché dans une annexe de l'orphelinat des Filles de la Charité, ce qui aura par ailleurs des répercussions sur sa santé. L'institution dirigée par la sœur Neyrand s'investit et collabore pleinement avec l'abbé« L'Église de France face à la persécution des juifs: 1940-1944 », par Sylvie Bernay, issu de sa thèse éponyme, éditions CNRS, 2012.. Homme très discret, ses actions sont d'une grande efficacité. Recevant quinze enfants juifs d'Annecy, emmenés par Colette Dufournet, membre de la JOC féminine, il les loge chez les frères capucins, et le lendemain tout le monde est à Saint-Julien où ils sont interpellés par les gendarmes. Prévenu, l'abbé Jolivet envoie l'avocat Maître Roch et une autre personne qui parviennent à les faire libérer puis à leur faire franchir rapidement la frontière. Le compositeur Léon Algazi figure parmi les personnes ayant gagné la Suisse grâce à ses soins.

Il fait un séjour au sanatorium de Praz Coutant entre 1945 et 1947, et reprend son activité paroissiale à Collonges-sous-Salève.

Il meurt en 1964, .

Distinctions Médaille de la reconnaissance française. Reconnu, à titre posthume, Juste parmi les nations par Yad Vashem le Marius Jolivet sur le site du Comité français pour Yad Vashem..

Hommages Une plaque commémorative est apposée depuis le sur la façade de la salle « Marius Jolivet » qui jouxte l'église de Collonges-sous-Salève. Le complexe omnisports de Collonges-sous-Salève porte son nom.

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie Ouvrages Claudius Pierre Fournier, Curés passeurs . Michel Germain, Les maquis de l'espoir : chronique de la Haute-Savoie, au temps…, Éd. La Fontaine de Siloé, 1994, 295. p. Anonyme, « Jolivet Marius (Abbé) », in Chemins de passages, La Salévienne (n°118) F. Delpech, Les souvenirs d'un passeur non violent, René Nodot et le service social des étrangers. RHDGM , 1982; p. 73-85 ; O. Munos: Ces passagers clandestins, entre la Haute-Savoie et la Suisse, pendant la Seconde Guerre mondiale, Université de Grenoble II, 1984. A. Perrot et al… Ma vie pour la tienne, Fribourg, 1987. Limore Yagil, Chrétiens et Juifs sous Vichy sauvetage des Juifs, Cerf, 2005, pages 188-189. Limore Yagil, La France terre de refuge et de désobéissance civile, 1936-1944 : sauvetage des Juifs, Cerf, 2010-2011; Tome II: p. 305, 319; Tome III: 64-66, 183, 276.

Articles . Éric Pierrat, « Les chemins clandestins de la Liberté », dans Témoignage chrétien, 6- et Information juive .

Voir aussi Articles connexes Résistance spirituelle au nazisme en France

Liens externes

Plaque à la mémoire de Marius Jolivet sur flickr.com

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