Prionailurus est un genre de mammifère carnivore de la famille des félins, dans la sous-famille des félinés. Ce groupe comprend les Chats-léopards au sens large. On les trouve principalement en Asie du Sud-Est.

Les forêts constituent leur habitat de prédilection ; ils se nourrissent de petits mammifères, de reptiles et d’oiseaux, et occasionnellement d’animaux aquatiques. Plusieurs de ces félins ont la particularité d'être adaptés au milieu aquatique et d'avoir des griffes seulement partiellement rétractiles.

Taxonomie Le genre Prionailurus a été proposé pour la première fois par l’explorateur et naturaliste russe Nikolai Severtzov en 1858 comme nom générique pour un seul félidé présent en Asie tropicale, à savoir Felis pardachrous décrit par Brian Houghton Hodgson : le chat du Bengale. Comme variétés, Severtzov mentionne Felis nipalensis décrit par Thomas Horsfield et Nicholas Aylward Vigors, Leopardus Elliotti, Leopardus Horsfieldi et Leopardus chinensis décrits par John Edward Gray, ainsi que Felis bengalensis décrit par Anselme Gaëtan Desmarest.

Le zoologiste britannique Reginald Innes Pocock a reconnu la classification taxonomique de Prionailurus en 1917. En 1939, il a décrit le genre à partir de peaux et de crânes, qu’il a comparés à ceux du genre Felis. Les espèces du genre Prionailurus présentent un pelage tacheté, les marques étant souvent lancéolées, parfois en forme de rosette, et tendant parfois à se rejoindre en chaînes longitudinales, mais ne fusionnant jamais pour former des rayures verticales comme chez Felis. Les crânes des Prionailurus sont plus bas et moins bombés que ceux des Felis ; la partie faciale est plus courte que la partie crânienne, et la base de l’orbite est plus longue. Les os nasaux ne sont pas relevés au-dessus des narines antérieures, et la chambre externe de la bulle auditive est beaucoup plus petite que la chambre interne. Pocock a classé le chat du Bengale, le chat rubigineux et le chat viverrin comme appartenant au genre Prionailurus.

Le chat d’Iriomote (P. bengalensis iriomotensis) a été proposé comme espèce distincte sur la base de la morphologie, mais fut à la suite analyses génétiques considérée comme une sous-espèce de P. bengalensis, mais aujourd’hui considéré comme une population de P. b. euptilura depuis une réévaluation en 2017Kitchener, A. C.; Breitenmoser-Würsten, C.; Eizirik, E.; Gentry, A.; Werdelin, L.; Wilting, A.; Yamaguchi, N.; Abramov, A. V.; Christiansen, P.; Driscoll, C.; Duckworth, J. W.; Johnson, W.; Luo, S.-J.; Meijaard, E.; O'Donoghue, P.; Sanderson, J.; Seymour, K.; Bruford, M.; Groves, C.; Hoffmann, M.; Nowell, K.; Timmons, Z.; Tobe, S. (2017). "A revised taxonomy of the Felidae: The final report of the Cat Classification Task Force of the IUCN Cat Specialist Group". Cat News. Special Issue 11: 26–29. PDF.

Les analyses moléculaires des populations de chats léopards indiquent une distinction nette entre les populations septentrionales de Tsushima, de Corée, de Sibérie, de Chine et de Taïwan, et celles d’Asie du Sud-Est. Si ces différences génétiques reflètent une divergence spécifique, P. b. euptilura pourrait constituer une espèce valide.

La classification de Prionailurus proposée par Pocock a été largement acceptée, et cinq espèces sont désormais reconnues. Liste des espèces Espèces actuelles +Liste des espèces actuelles selon et Nom binominal, vernaculaire et auteurRépartitionDescriptionStatut UICNPrionailurus bengalensisChat du Bengale(Kerr, 1792)180px180pxAsie du Sud, du Sud-Est et de l’Est continentalePetit félin tacheté de taille comparable à celle d’un chat domestique, au pelage doré à brun clair marqué de taches sombres. Espèce très adaptable, occupant divers habitats forestiers et agricoles.Prionailurus javanensisChat de Java(Desmarest, 1816)180px180pxÎles de la Sonde (Java, Bali, Bornéo, Sumatra) et PhilippinesProche du chat léopard continental, mais généralement plus petit, au pelage plus sombre. Espèce insulaire occupant principalement les forêts tropicales et les zones marécageuses.Prionailurus planicepsChat à tête plateVigors & Horsfield, 1827180px180pxPéninsule Malaise, Sumatra et BornéoPetit chat aquatique reconnaissable à sa tête allongée et aplatie, à ses yeux rapprochés et à son museau étroit. Étroitement associé aux zones humides et rivières.Prionailurus viverrinusChat viverrin(Bennett, 1833)180px180pxAsie du Sud et du Sud-EstFélin robuste et trapu, à la tête large et au pelage tacheté. Excellente nageuse, cette espèce chasse poissons et amphibiens dans les zones marécageuses et les mangroves.Prionailurus rubiginosusChat rubigineux(I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1831)180px180pxNépal, Inde et Sri LankaL’un des plus petits félins du monde. Pelage gris brun parsemé de petites taches rousses. Espèce discrète et principalement nocturne, vivant dans les forêts sèches et les zones rocheuses.

Espèces fossile

+Espèce fossileNom binominal, vernaculaire et auteurRépartitionDescriptionStatutPrionailurus kurteni(Jiangzuo et al., 2024)Province de l’Anhui, ChineEspèce fossile décrite à partir de restes découverts dans le Pléistocène de l’est de la Chine. Présente des caractères proches du chat du Bengale (P. bengalensis).Espèce fossile

Phylogénie Les analyses phylogénétiques de l’ADN nucléaire effectuées à partir d’échantillons tissulaires provenant de toutes les espèces de félidés ont montré que la radiation évolutive des Félidés a débuté en Asie au cours du Miocène, il y a environ .

L’analyse de l’ADN mitochondrial de l’ensemble des espèces de Félidés indique une radiation survenue il y a environ .

Les deux modèles s’accordent pour considérer que le chat rougeâtre (Prionailurus rubiginosus) fut le premier représentant du lignage Prionailurus à diverger génétiquement, suivi du chat à tête plate puis du chat viverrin. La divergence avec le chat du Bengale est estimée entre et .

Le cladogramme suivant illustre leurs relations phylogénétiques d’après l’analyse de l’ADN nucléaire :

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Liens externes

Catégorie:Mammifère (nom scientifique) Catégorie:Prionailurus