La maison de Poitiers, dite de Poitiers-Valentinois.., est une lignée de noblesse féodale dont on trouve les premiers membres implantés dès le en Valentinois (pays de Valence, actuel département de la Drôme). Au , ses premiers membres héritent du comté de Valentinois qui reste, avec le comté de Diois (donné en 1189 par les comtes de Toulouse), dans la maison de Poitiers jusqu'en 1419.

Au début du la maison de Poitiers forme deux branches principales : La branche aînée des seigneurs de Saint-Vallier, restée dans le Valentinois, s'éteint en 1547 en ligne masculine avec Guillaume de Poitiers, comte d’Albon, lieutenant-général du Dauphiné, frère de Diane de Poitiers (1500-1566), favorite du roi Henri II. La branche cadette des barons de Vadans, dite plus tard de Poitiers de Rye par alliance avec l'héritière de la famille de Ryevoir notamment l'article Neublans > Branche de Rye), fixée au en Champagne, puis Franche-Comté, s'éteint en ligne masculine en 1715 avec Ferdinand-Joseph de Poitiers de Rye, marquis de Coublans, dit le comte de Poitiers.

La maison de Poitiers que l'on trouve en Valentinois n'a pas de lien avec la maison poitevine des comtes de Poitiers..

Histoire Origines Selon une tradition, les Poitiers seraient apparus dans la région du Valentinois. En 1421, un notaire de Crest, gardant des chartes des comtes de Valentinois et de Diois, informe les enquêteurs du roi de France .. Ulysse Chevalier, dans le Regeste dauphinois (1913-1926), relève plusieurs actes datant de cette période.. Il n'existe cependant aucune trace de cette union entre ce premier Poitiers et une comtesse de Marsanne non identifiée.

Les raisons de la possession au du comté de Valentinois par les premiers membres de la maison de Poitiers restent à ce jour inconnues, de même que des liens entre les premiers comtes de Valence et cette dynastie des Poitiers. L'érudit local André Blanc (1984) retient cependant qu'il existe une tradition onomastique entre les premiers comtes et les membres de la famille de Poitiers, concluant que

Par ailleurs, les historiens ne s'accordent pas sur les ancêtres des Poitiers. Certains auteurs anciens, comme André Du Chesne (début du ). ou Guy Allard (fin du )., voire certains généalogistes de la fin du , ont avancé un lien avec les comtes de Poitiers (Poitou), les Ramnulfides. Les hypothèses récentes s'accordent, malgré cette homonymie, pour ne pas accorder de crédits à cette dernière filiation.

L'érudit Jules Chevalier, auteur de Mémoires pour servir à l'histoire des comtés de Valentinois et de Diois (1897), considérait que cette famille pourrait être originaire du

Dès le ses membres sont identifiés comme appartenant à la noblesse féodale. Dans une confirmation impériale des droits à l'Église de Grenoble, en 1178, fait partie des témoins. Rudt de Collenberg (1989) indique qu' est nommé dans un acte non daté (1188/95 ?) comme noble par l'évêque de Valence Falcon et que .

En 1163, Guillaume de Poitiers est reconnu comte de Valentinois par le comte de Toulouse. Cette dignité lui est reconnue également en 1178 par l'empereur Frédéric Barberousse. Son fils Aymar de Poitiers obtient en 1189 du comte de Toulouse le comté de Diois.

Le site thierryhelene.bianco.free.fr rapporte les hypothèses de la médiéviste Michèle Bois selon lesquelles la famille de Poitiers pourrait être issue du , ayant eux deux fils nommés Guillaume et Eustache. Le premier pourraient être Guillaume de Poitiers, comte de Valentinois, et Eustache, prévôt de l'église de Valence qui font une dotation à Marsanne le à leur mère Véronique. Selon la médiéviste, leur mère ne serait pas issue de la famille des Arnaud de Crest (Marsanne) mais des Adhémar de Monteil, issus « sans conteste » des premiers comtes de Valence, ce qui expliquerait aussi la fréquence du prénom Adhémar chez les premier Poitiers..

Cognomen

L'origine du cognomen Poitiers n'est pas connue en l'état actuel des connaissances.

Les premières mentions de ce dernier remontent au . Le Cartulaire de Léoncel (CL) rassemble plusieurs actes concernant les Poitiers, comte de Valentinois. L'acte , dont la datation est estimée entre 1125-1158, mentionne Aemarus Pictavensis ().. Son fils, , apparait d'en plusieurs d'entre-eux. L'acte , non daté, mentionne .. Dans l'acte , daté 1163, il se désigne lui-même sous la forme .. Chevalier (1897) observait que ces expressions

Chevalier (1897) relevait, à la suite de Pilot de Thorey, Il poursuit .

Pour Marie-Pierre Estienne, docteur en archéologie, le Castrum de Pictavis, mentionné en 1023 dans l'acte du Cartulaire de Cluny, est le castrum de Peytieux, qu'elle situe dans l'actuelle commune de Châteauneuf-de-Bordette (Drôme), sur la montagne homonyme (actuelle montagne de Peitieux). Paragraphe 49.. Elle indique que ce lieu-dit, qui est au terme de « poype », une motte (voire « motte castrale »).

L'archéologue Michèle Bois, notamment dans un article publié dans les Études drômoises (1989), annotait que le nom de lignée des Poitiers, comtes de Valentinois, provenait de ce castrum Pictavini..

Domination régionale

(mort vers 1231/1232) obtient une partie du Diois, en 1189.. Le comté du Diois relève du pouvoir de la maison de Toulouse, depuis le début du . En 1189, , comte de Toulouse et de Provence, inféode le comté de Die au seigneur Aimar/, comte du Valentinois.. La même année, Aimar/ accorde des droits aux habitants du Crest.. Son mariage avec Philippe de Fay, héritière par sa mère de la famille de Clérieu, lui permet d'accroître ses possessions sur la rive droite du Rhône, en Vivarais.

Succession des comtés de Valentinois et de Diois

(1354-1419), comte de Valentinois et de Diois, reste sans postérité légitime à sa mort, malgré ses deux mariages avec Cécile Roger de Beaufort (morte en 1410) et Guillemette de Gruyère. Par son testament du , il fait de Charles, dauphin du Viennois, fils du roi de France, , son héritier. À charge que ses comtés de Valentinois et de Diois resteront unis au Dauphiné de Viennois et tenu dans les mêmes dispositions que la donation du Viennois au dauphin , duc de Normandie, en 1349.

Branches Au début du , la famille de Poitiers se divise en deux branches principales avec Louis de Poitiers () et son frère cadet Philippe de Poitiers (), fils de Charles I de Poitiers (fils cadet d'Aymard IV de Poitiers, comte de Valentinois et de Sibille de Baux), seigneur de Saint-Vallier et de Chalençon, chambellan du roi (il teste en 1410), marié à Simone de Mery :

La branche aînée continue dans le Valentinois les seigneurs de Saint-Vallier. Elle s'éteint en 1547 en ligne masculine avec Guillaume de Poitiers, comte d’Albon, lieutenant-général du Dauphiné, frère de Diane de Poitiers (1500-1566), favorite du roi Henri II.

La branche cadette, fixée en Champagne puis Franche-Comté, donne la lignée des barons de Vadans. Elle s'éteint en 1715 en ligne masculine avec Ferdinand Joseph de Poitiers, marquis de Coublans. Marié à Geneviève de Bourbon-Malause, sa fille unique, héritière et dernière de la maison de Poitiers, épouse Guy Michel de Durfort, duc de Lorges, à qui elle apporte tous les biens des maisons de Poitiers.

Par testament du , Aymar de Poitiers, seigneur de Saint-Vallier (grand-père de Diane de Poitiers désigne Charles II de Poitiers († vers ), baron de Vadans et ses enfants (de la branche cadette) comme héritiers de tous ses biens à défaut de postérité masculine de la branche de Saint-Vallier, mais par lettres du , le roi Henri II fait don à Diane de Poitiers de tous les droits que Charles de Poitiers prétendait sur la branche de Saint-Vallier.

Héraldique

Le plus ancien sceau familial remonte à de Poitiers, il est apposé sur une charte de l'année 1197 Il s'agit d'un sceau équestre composé de l'inscription « SIGILLVM : ADEMARI : COMITIS : VALENTINENSIS » et sur le contre-sceau une étoile à seize rayons accompagnée de « COMITIS VALENTINENSIS » Plusieurs de ces sceaux sont conservés et sur certains l'écu du chevalier se trouvent les six besants.

D'azur, à six besants d'argent, 3, 2, 1 ; au chef d'or. (Branche aînée) Parti, au 1 d'azur à six besants d'argent, au chef d'or ; au 2 d'azur à l‘aigle éployée et couronnée d'or. (branche cadette) en Franche-Comté) D'azur, à six besants d'argent, 3, 2, 1 ; au chef d'or, brisé de deux bâtons peris en sautoir. (branche issue de Lancelot de Poitiers, bâtard légitimé au du dernier comte de ValentinoisArmorial de Dauphiné, (lire en ligne).

Possessions L'historien Clément Bonnefoi, relève que du , les Poitiers possèdent une .. L'historien a cartographié ces possessions, permettant de montrer une implantation .

Les possessions sont connues, notamment à travers les différents actes, notamment les testaments des comtes.

Dans son testament de 1277, énumère ses châteaux (castrum, castra) de Baix, du Pouzin, de Saint-Auban, de Privas, de Tournon, d'Étoile, de Montmeyran, d'Upie, de Châteaudouble, de Charpey, de Grane, de Crest, de Quint, de Pontaix et de Saou..

Son successeur, , rend hommage au roi Charles IV, en 1326, pour ses châteaux vivarois du comté de Die, au-delà du Rhône : vivarois de Chalencon, Le Cheylard, Cheylus (Saint-Priest), Corbières (Gourdon), Durfort, Lagorce, Le Pouzin, Raphaël, Saint-Agrève, Saint-Laurent, Tournon (Lyas).

Liste non exhaustive des possessions familiales : castrum de Pictavis ou Peytieux, (), motte, Châteauneuf-de-Bordette, sur la montagne de Peytieux/Peitieux (Drôme). château des comtes de Poitiers (), Bourdeaux, au lieu-dit du Chatelas (Drôme). château de Quint (à partir de 1178-1214, retour au quart du ), Sainte-Croix (Drôme). château de Pontaix (-1245), Pontaix (Drôme). château de Crest, Crest (Drôme). Château de Grâne (), Grane (Drôme).

Titres Les membres de cette famille ont porté les titres suivants : Comte de Valentinois (fin ), puis de Valentinois et de Diois (à partir de 1280), Marquis de Cotron (Cotrone ou Crotone en Calabre) (branche aînée) Marquis de Coublans et de Rye (branche cadette) Comte de Neufchâtel (branche cadette) Baron de Vadans (branche cadette)

Filiation Anselme de Sainte-Marie dans son Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France (1726)., Jules Chevalier (1897, 1906) ou encore les auteurs du Grand Armorial de France (1948)., permettent de reporter la généalogie simplifiée des deux branches.

(), premier comte de Valentinois, fils d'Aymar/Adhémar , ∞ (v.1155) Béatrice d'Albon, fille de . (/1232), leur fils, comte de Valentinois et du Diois. ∞ Philippa de Fay, dame de Fay-sur-Lignon, de Clérieux, de Chapteuil, de La Voulte-sur-Rhône (1202 ), mort avant son père, ∞ Flotte de Royans, dame de Saint-Nazaire-en-Royans. dont : (1226 ), comte de Valentinois et de Diois, ∞ (1) Sibylle de Beaujeu, fille d', comte de Beaujeu, et (2) 1268 Alixente de Mercœur (), fille de , dont (du 1) : (), comte de Valentinois et de Diois, seigneur de Crest, ∞ (1, 1270) Hippolyte de Bourgogne, dame de Saint-Vallier ∞ (2, 1288) Marguerite de Genève, fille de du comte Rodolphe de Genève.. Anne, ∞ , d'Auvergne, mère de , d'Auvergne. (/40), comte de Valentinois et de Diois, ∞ (1) Marie de La Tour du Pin, fille de Humbert de Viennois, ∞ (2) Sibylle des Baux d'Avellino (). Il a pour frère Louis de Poitiers (évêque de Metz). D'où (du 2) : Otton (), évêque de Verdun (1350-1352) ; Guillaume, évêque de Langres (1345-1374) ; Henri (), évêque de Gap puis de Troyes ; (), comte de Valentinois et Diois, ∞ Marguerite de Vergy, dame de Vadans. (, 1376 ?), dit le Gros, comte de Valentinois et de Diois, seigneur de Taulignan et de Saint-Vallier, fils de , ∞ Alix Roger de Beaufort, dite Alix la Major, nièce du pape et sœur de ; le titre comtal passe alors à , fils d'Aymaret. Aymaret (), seigneur de l'alleu de Veynes, ∞ Guyotte d'Uzès (1354-1419), comte de Valentinois et de Diois, ∞ (1) Cécile Roger de Beaufort (), fille de Guillaume III Roger de Beaufort, ∞ (2) (1417) Guillemette de Gruyère. Sans postérité légitime à sa mort.