(La , devenue, après la fusion, , ou Le Rameau d'olivier) est une des chambres de rhétorique d'Anvers. Son origine remonte au . Elle remplissait le rôle de département littéraire et dramatique d'expression néerlandaise de la guilde de Saint-Luc. Fusionnées à partir de 1660, les chambres et gardèrent le nom de cette dernière société jusqu'à la dissolution de la chambre fusionnée en 1762. En 1887, une troupe de théâtre amateur reprit le nom de l'ancienne chambre de rhétorique .
Bref historique Présentation vignette|droite|300px|Représentation fantasmée de 1899 du cortège de la chambre de rhétorique , après avoir remporté le grand prix du de 1539 à Gand, par Edgard Farasyn (1858-1938) (salle des pas-perdus de l'hôtel de ville d'Anvers).
Les activités les plus notables de cette chambre de rhétorique ne différaient en rien de celles de toute autre société littéraire semblable : monter des pièces dramatiques, telles que des ; participer aux concours auxquels les chambres étaient invitées à formuler une réponse à des questions d'ordre religieux ou moral posées au préalable et formulées dans la carte d'invitation ; organiser de tels concours ; participer aux concours héraldique d'armes peintes devant représenter des énigmes emblématiques à résoudre et à expliquer ; organiser de tels concours. En bref, il s'agissait de toutes sortes d'activités de portée littéraire par lesquelles les compagnies participantes pouvaient remporter des prix, ainsi que de l'encadrement littéraire et dramatique des célébrations et des festivités officielles (telles que la Joyeuse Entrée de Philippe II en 1556)Van der Straelen 10.. Le plus souvent, ce genre d'activités était ouvert au publicVan der Straelen 23.. Les affiliés de la chambre bénéficiaient de certains avantages, comme l'exemption de service dans les milices bourgeoises, en 1504 concédée à la chambre pour le nombre limité de au maximum ; cette décision fut toutefois révoquée lorsqu'on établit de nouveaux statuts en 1619Van Bruaene 57..
La chambre fut constituée au sein de la guilde de Saint-Luc d'Anvers. Selon une note de l'an 1480 dans les registres du début du de la guilde de Saint-Luc, la chambre obtint son nom après la victoire remportée par les « » lors du de Louvain, qui avait eu lieu à l'automne de 1478Van Bruaene, Répertoire numérique des chambres de rhétorique. et auquel avait assisté Maximilien d'Autriche, qui se vantait d'avoir appris le néerlandaisVan Bruaene 61.. D'autres sources confirment ces données. La victoire au ayant été notée dans les registres pour l'an 1480, les membres de la chambre acceptèrent cette date comme celle de la constitution de leur chambre (voir, par exemple, le règlement du ). À la même année, 1480, remonte la première mention de la devise de cette chambre : (« Réunis en amitié »). Dès 1490, la chambre reçut de la ville une subvention annuelle de trois livres de gros de Brabant.
Les se produisirent à Malines en 1493, et, la même année, ils assistèrent au concours de Bruxelles. Après avoir reçu une bulle papale d'Alexandre VI, octroyant à la guilde le droit de constituer une confrérie des Sept Douleurs à l'église de Notre-Dame, la compagnie représenta une pièce dont on lit dans les archives de la chambre qu'elle comptait vers et que les spectateurs en furent si satisfaits qu'une deuxième représentation fut prévue le jour de la Mi-CarêmeVan der Straelen 13..
La chambre ayant remporté le prix de 1478 à Louvain, c'était à elle qu'il incombait d'organiser le prochain concours, et à son , qui eut lieu en Van der Straelen 13-14. sous les auspices de Philippe le BeauVan Bruaene 69., étaient invitées 28 chambres de Brabant, de Flandre, de Hollande et de Zélande, dont trois de Gand ainsi que d'autres d'Audenarde, d'Axel, d'Alost, de Termonde, de Hulst, de L'Écluse, d'Ostende, d'Ypres, de Courtrai, d’Amsterdam, de Reimerswaal et de Zevekote. Parmi les sociétés du duché de Brabant, on en comptait trois de Louvain et autant de Bruxelles, hormis les chambres de Berg-op-Zoom, de Herentals, de Malines, de Zevenbergen, de Lierre, ainsi que celle de Nivelles, qui était la seule à représenter des pièces françaises.
vignette|droite|200px|Scène pour le célèbre de 1561 à Anvers ; illustration de la publication Spelen van Sinne, ghespeelt op de Lant juweel binnen Andtwerpen, imprimée en 1562.
En 1510, la chambre fut reconnue comme la plus ancienne de la ville d'Anvers.
Elle participa aux de Malines (1515), de Louvain (1518), de Diest (1521), de Bruxelles (1532), de Malines (1535) et de Diest, où la chambre remporte le premier prix en 1541Van der Straelen 22.. Elle participa également aux compétitions de Gand en 1539 (où elle remporta le prix principal de quatre cruches en argent, pesant neuf marcs de TroyesVan der Straelen 21.), de Bruxelles en 1562, d'Amsterdam en 1613 et de Malines en 1620.
Au , les membres de la chambre sympathisaient avec la Réforme protestante, comme le firent les élites dirigeantes partout aux Pays-Bas. Ainsi, en 1547, le maître d’école Peter Schuddemans, membre distingué de la chambre anversoise, se vit condamner à mort en raison de ses convictions religieuses, comme d'ailleurs le , ou chef, influent et fortuné, Anthonis van Stralen, qualifié de luthérien en 1566, qui fut exécuté, quoique d'abord pour des raisons politiques.
Comme l'organisation d'un prochain incombait aux gagnants de la compétition précédente et que avait remporté le prix du concours de 1541, ce fut cette chambre-ciVan der Straelen 26. et son facteur dynamiqueVan der Straelen 49. Le facteur d'une chambre de rhétorique est son poète en titre et dramaturge principal., le luthérienVan Bruaene 137. Willem van Haecht, qui durent prendre en charge l’élaboration du tournoi dramatique de 1561, ouvert aux chambres de rhétorique de Brabant, ainsi accueillant des compagnies de Berg-op-Zoom, de Bois-le-Duc, de Bruxelles, de Diest, de Herentals, de Lierre, de Louvain, de Malines et de Vilvorde dont les nombreux rhétoriciens firent leur entrée à Anvers à chevalVan der Straelen 31-34.. Comme le thème initial, retenu par la chambre, fut considéré comme « scabreux » par le cardinal Granvelle, la chambre dut établir et proposer une liste de sujets parmi lesquels la gouvernante des Pays-Bas put sélectionner les trois parmi lesquels cette société put à son tour faire le choix définitif.
Le concours eut lieu du 3 au et fut suivi des moralités représentées au Jeu des haies, qui avait également été octroyé par le roi et qui était ouvertVan der Straelen 39-40. aux sociétés des villages et du « franc » ainsi qu’aux chambres non autorisées à participer au Van Bruaene 92.. Ainsi, des chambres de Berchem (Anvers) et de Turnhout participèrent au Jeu à côté de celles d'Anvers et de Bruxelles, la ville résidentielle dont les chambres étaient, à cette époque, les partenaires privilégiés de celles d'AnversVan der Straelen 42-46.. Le fut la date de clôture du Jeu des haies.
Si Farnèse avait interdit toute activité rhétoricienne en 1584, et si les biens des chambres avaient été déclarés confisqués, ce fut tout de même au savoir-faire et à l'expérience des rhétoriciens, et de toute évidence aussi à ceux de la compagnie des , que l'on dut faire appel pour organiser le à l'occasion de l'arrivée à Anvers du gouverneur, victorieux de la République calviniste de cette villeMeeus 128.. En 1592, la subvention suspendue depuis 1587 à cause de la guerre de Quatre-Vingts Ans et à la suite des restrictions imposées par la Contre-Réforme fut accordée de nouveau par provision.
vignette|droite|Poème sous forme de rébus sur un blason (Musée royal des beaux-arts d'Anvers), peint pour par quatre membres, les peintres Hendrick van Balen, Jan Brueghel l'Ancien, Frans II Francken et Sébastien Vrancx, en 1618 ; ce tableau leur a valu d'obtenir le premier prix au concours organisé par une chambre concurrente, .vignette|Portrait gravé par Paulus Pontius et publié par Jan Meyssens d'après l'autoportrait de Gonzales Coques, doyen en 1664 et en 1679. Les chambres de rhétorique reprirent leurs activités pendant la trêve de Douze Ans, conclue entre l'Espagne, qui contrôlait de fait les Pays-Bas méridionaux, et la République ; les sociétés anversoises De et envoyèrent même des morceaux aux concours de refrainsGenre qui s’apparente à la ballade. organisés par les villes républicaines d'Amsterdam, de Haarlem et de LeydeVan Bruaene 181..
En 1619, après avoir présenté une requête aux autorités, la chambre reçut de nouveaux statuts, qui stipulaient, entre autres, que le nombre de membres à qui pouvaient être accordés certains faveurs, privilèges et immunitésVan der Straelen 59-60. était désormais réduit de 75 à 50. Dans leur requête, les rhétoriciens soulignent que, malgré la période d'inactivité causée par la guerre, la guilde avait continué à jouer une moralité () le jour de saint Luc, leur patron. En vertu des statuts, les rhétoriciens étaient censés prêter serment à la foi catholique dans les mains du chef () de la villeVan Bruaene 182.. C'est à partir de cette époque que la chambre réunit, parmi ses affiliés, la fine fleur des artistes anversois, dont BoelVan der Straelen 67., BrouwerVan der Straelen 78., Jan Brueghel le JeuneVan der Straelen 74., CoquesVan der Straelen 79., JanssensVan der Straelen 62., Van Noort, RomboutsVan der Straelen 75., Artus et Érasme Quellin, Vaenius, Cornelis et Paul de VosVan der Straelen 68. ainsi que Sébastien VrancxVan der Straelen 63., l'un de leurs membres les plus prolifiques. À cette époque, elle participa aux festivités organisées à l'occasion des entrées solennelles des gouverneurs généraux des Pays-Bas espagnols, comme celle du cardinal infant en 1635Van der Straelen 77..
Bien que cette société honorât encore, de temps à autre, son patron saint Luc, le jour de sa fête, par la représentation de pièces dramatiques, entre autres de Guillielmus OgierVan der Straelen 80., elle semble tout de même avoir été à peu près moribonde après 1638, pas moins d'ailleurs que deux autres chambres de rhétorique à Anvers, (Le Souci) et (Le Rameau d'olivier).
La perte de l'arène publique pour les représentations de pièces dramatiques, en partie à cause de la surveillance accrue de la part des autorités, alla de pair avec un élitisme renforcé. La chambre ne jouait plus en plein air, mais pour un public restreint, à l'intérieur et dans ses propres locauxVan Bruaene 185.. L'illustration en est offerte par la pétition de 1644, introduite par la chambre et connue par un document des archives de la ville d'Anvers, par laquelle elle demande de lui permettre de percevoir une rétribution à l'entrée de ses locaux.
Vers 1660, les chambres et entamèrent des pourparlers dans le but de se fusionner l'un avec l'autre, ce qui aboutit à la poursuite des activités sous le nom de cette dernière sociétéMeeus 134.. De cette période féconde résultèrent plusieurs pièces de Guillielmus Ogier. Cependant, une mésentente entre la chambre et la corporation des arbalétriers conduisit à un procès dont l'enjeu était le nombre de membres titulaires de privilèges et d'immunités. Le coût du procès eut pour conséquence que la chambre, des années durant, ne put monter des représentations théâtrales coûteusesVan der Straelen 82-83.. Lorsque, le , après quatorze ans, le verdict tomba et que la guilde de Saint-Luc, unie à son département littéraire, en sortit gagnant, obtenant florins Carolus et quatre patards et demi, la chambre monta, le jour de fête de son patron saint Luc, en célébration du succès judiciaire, une pièce comique écrite par Barbara Ogier, suivie d'une farce de son père, GuillielmusVan der Straelen 88..