Warren Beatty () est un acteur, réalisateur, producteur et scénariste américain, né le à Richmond.

Cinéaste et acteur dont la carrière s’étend sur plus de soixante ans, Beatty fait ses débuts d'acteur alors qu'il est encore adolescent, dans le drame d'Elia Kazan La Fièvre dans le sang (1961). Il joue ensuite dans le drame de John Frankenheimer L'Ange de la violence (1962), le western de Robert Altman John McCabe (1971), le thriller politique d'Alan J. Pakula À cause d'un assassinat (1974), la comédie de Hal Ashby Shampoo (1975), et le road movie de Elaine May Ishtar (1987). Il réalise et joue également dans le film d'action et de crime Dick Tracy (1990), la satire politique Bulworth (1998), et la romance L'Exception à la règle (2016), qu'il a également produits. Au cinéma, son plus grand succès est celui de Bonnie and Clyde (1967), où il incarne Clyde Barrow.

Au théâtre, il fait ses débuts à Broadway dans A Loss of Roses (1960) de William Inge, performance qui lui vaut une nomination au Tony Award du meilleur second rôle masculin dans une pièce.

Il est nommé quatorze fois aux Oscars : quatre fois comme meilleur acteur, quatre fois pour le meilleur film, deux fois comme meilleur réalisateur, trois fois pour le meilleur scénario original et une fois pour le meilleur scénario adapté. Il remporte l’Oscar du meilleur réalisateur pour Reds (1981). Beatty demeure à ce jour la seule personne à être nommée, pour un même film, dans les catégories interprétation, réalisation, scénario et production, exploit qu’il accomplit deux fois, d’abord avec Le Ciel peut attendre (1978, co-réalisé avec Buck Henry), puis Reds (1981).

Il est le frère cadet de l'actrice Shirley MacLaine

Biographie Jeunesse et famille Warren Beatty, né « Henry Warren Beaty », est le frère de l'actrice Shirley MacLaine. Son père, Ira Owens Beaty, homme autoritaire et alcoolique est professeur de psychologie, administrateur de l'école publique et agent immobilier. Sa mère, Kathlyn Corinne (née MacLean), surnommée « Tat », est professeur d'art dramatique, originaire de Wolfville, en Nouvelle-Écosse au Canada. Il est élevé dans la foi chrétienne baptiste. Le père de Warren Beatty, alors professeur d'école secondaire, ne comprend pas bien les aspirations de ses deux enfants. Sa sœur est la première à se rebeller ; elle devient danseuse, comédienne, et part à New York dès que possible, suivie de près par son petit frère.

En 1949, il suit des cours de comédie ; plus tard, dans l’une de ses rares interviews à cœur ouvert, il indique :

Brillant dans ses études surtout pour ses qualités de footballer, il passe un an à l'université Northwestern, dans laquelle il intègre la fraternité Sigma Chi avant de s’inscrire en 1956 chez Stella Adler, professeur d'art dramatique américaine, qui a fondé le conservatoire Stella Adler et grande prêtresse de l’Actors Studio (dont on dit qu’elle l’aurait fait bénéficier de cours particuliers). Il en profite pour ajouter un « t » à son nom, se faisant appeler Warren Beatty.

De La Fièvre dans le sang à Bonnie and Clyde vignette|droite|upright=0.7|Affiche du film La Fièvre dans le sang (1961). thumb|upright=0.7|Warren Beatty en 1961. Les débuts professionnels de Warren Beatty sont une succession de petits boulots : sportif, plongeur dans des restaurants, ouvrier pour les Ponts et Chaussées, joueur de piano dans un bar. Il trouve ensuite un rôle dans une pièce, Compulsion. Après plusieurs rôles secondaires dans des séries télévisées, il se lance dans le cinéma au début des années 1960. Il séduit à cette époque la starlette montante Joan Collins, ce qui lui permet d'accéder à la notoriété en tant que playboy d'opérette. Elia Kazan lui offre son premier rôle dans La Fièvre dans le sang (1961) dans lequel il joue Bud Stamper, un adolescent à problèmes. Aux côtés de Natalie Wood, il ; il est dès lors considéré comme un des acteurs les plus prometteurs de sa génération.

Pourtant ses films suivants marchent moins bien : Le Visage du plaisir du metteur en scène de théâtre José Quintero d'après le roman de Tennessee Williams Le Printemps romain de Mrs. Stone (face à Vivien Leigh), L'Ange de la violence de John Frankenheimer (avec Eva Marie Saint), Lilith, le dernier film de Robert Rossen qui offre à Jean Seberg un de ses meilleurs rôles, le romantique Promise Her Anything d'Arthur Hiller ou Le Gentleman de Londres, exercice de style mis en scène par Jack Smight, ou même Mickey One, première rencontre avec Arthur Penn, ne parviennent pas à conforter sa position.

Warren Beatty consacre à cette époque beaucoup de temps à ses conquêtes féminines et un lui rend difficiles les relations avec la profession. Il sent bien qu'il est considéré comme un play-boy par les professionnels du cinéma américain alors qu'il se voit en héritier de Marlon Brando ou de James Dean. Il est alors à l'origine du film Quoi de neuf, Pussycat ?, comédie dans laquelle il doit jouer le rôle d'un séducteur compulsif, et commence à l'écrire avec le producteur Charles Feldman et Woody Allen mais des divergences avec eux le font quitter le film dès l'écriture du scénario. Ce film sera un grand succès et cette expérience incitera l'acteur à mieux contrôler ses projets par la suite.

C'est sur les conseils de François Truffaut, qu'il rencontre à Paris grâce à sa fiancée Leslie Caron, qu'il lit le scénario de Bonnie and Clyde : le réalisateur français lui a en effet dit qu'il aimerait beaucoup ce texte et l'acteur est toujours à la recherche d'un projet pour relancer sa carrière. Alors que les scénaristes pensent qu'il sera rebuté par le fait que le personnage de Clyde, dans les premières versions du scénario, est en ménage à trois avec Bonnie et C. W. Moss, il accepte le rôle. Échaudé par la déconvenue de Quoi de neuf, Pussycat ?, film qui aurait pu lui rapporter beaucoup d'argent, il décide de coproduire Bonnie and Clyde avec sa société Tatira (basée sur les noms de ses parents) afin de pouvoir en garder le contrôle. Il se bat pour que ce projet aboutisse, le produisant avec la Warner Bros et dirigeant la majeure partie du film . Le premier accueil est plutôt mitigé mais Beatty convainc Warner Bros de ressortir le film qui devient un succès. Beatty accède au panthéon des stars en gangster boiteux et impuissant, récoltant une nomination à l'Oscar du meilleur acteur et le respect de toute la professionBiographie - Allociné.fr.

C'est à cette époque qu'il s'installe à l'année dans une suite du Beverly Wilshire Hotel de Beverly Hills d'où il met en scène ses disparitions des médias, refusant régulièrement des films, à tel point qu'un acteur comme Robert Redford doit en partie sa carrière aux rôles refusés par Beatty Olivier Nicklaus, « Warren Beatty, une obsession hollywoodienne », documentaire sur Arte, 4 octobre 2015, 22 min 13 s..

Le golden boy de Hollywood Beatty poursuit sa carrière éclectique en s'investissant toujours plus : il participe au scénario de John McCabe (1971), western atypique réalisé par Robert Altman qui sera cependant un échec au box-office. Il coécrit (avec Robert Towne), produit et joue dans la comédie autoparodique Shampoo, qui sort en 1975 et remporte un triomphe public et critique : l'acteur interprète son propre rôle, un séducteur compulsif, transposé dans le milieu de la coiffure. Enfin, en 1978, il réalise son premier film Le ciel peut attendre (un remake du Défunt récalcitrant d'Alexander Hall) dans lequel il se réserve le rôle principal : un joueur de football américain, demi de mêlée, considéré comme mort et incinéré par erreur, qui revient à la vie dans le corps d'un millionnaire récemment assassiné, afin d'accomplir son destin. Le succès est à nouveau au rendez-vous.

Il enchaîne avec une autre réalisation, bien plus ambitieuse : Reds (1981), l'histoire vraie de John Reed, journaliste américain parti couvrir la révolution russe et gagné à la cause communiste. Beatty est récompensé par l'Oscar du meilleur réalisateur pour son travail.

La star s'illustre également dans Las Vegas, un couple, chronique sentimentale du vétéran George Stevens, dans le thriller politique À cause d'un assassinat d'Alan J. Pakula (qui évoque la mort de John Kennedy), dans la comédie Dollars réalisée par Richard Brooks (l'histoire d'un hold up se déroulant à Hambourg, sur une musique de Quincy Jones). Tous ces films ne sont pas des succès mais entretiennent son image de « beau gosse » et excellent interprète, à défaut d'accroître sa notoriété.

Éclipse et retour vignette|upright=1.2|Nancy Reagan avec Warren Beatty et Diane Keaton en 1981.

Beatty tourne moins après Reds : il est absent des écrans durant l'essentiel des années 1980. Son projet de biographie de Howard Hughes n'aboutit pas. Ce n'est qu'en 1987, qu'il réapparaît au cinéma en jouant, aux côtés de Dustin Hoffman et Isabelle Adjani dans la comédie d'espionnage Ishtar d'Elaine May, qui s'avère être un échec commercial cinglant. Ce n'est qu'en 1990 que Warren Beatty renoue avec le succès au cinéma, en réalisant et interprétant le rôle-titre de Dick Tracy, adaptation de la bande dessinée du même nom. Ce film très stylisé, dans lequel il donne la réplique à Madonna et Al Pacino, reçoit un accueil critique mitigé, mais remporte un succès commercial.

Il joue ensuite dans Bugsy de Barry Levinson (1991), un film de gangsters sur la naissance de Las Vegas qui marque la rencontre de l'acteur avec Annette Bening, puis en 1994 dans la comédie de Glenn Gordon Caron, Rendez-vous avec le destin, remake de Elle et lui. Ces deux films sont des échecs commerciaux. En 1998, il repasse derrière la caméra pour les besoins de Bulworth, film qu'il a également produit et dont il tient la vedette : l'histoire du sénateur Jay Bulworth, tellement dégoûté des mensonges, de la corruption et des autres aspects noirs de la politique, qu'il met un contrat sur sa propre tête et décide de ruiner totalement sa réputation en dévoilant au grand jour toutes ces histoires. C'est là qu'il tombe amoureux d'une très jolie femme noire, interprétée par Halle Berry. Le film est bien accueilli par la critique, mais le succès au box-office n'est pas au rendez-vous.

Nouveau retrait des écrans En 2001, la comédie Potins mondains et Amnésies partielles, dont les retards de tournage et les multiples réécritures avaient démesurément augmenté le coût, est un lourd échec au box-office, entraînant une perte avoisinant les de dollars. Après ce fiasco commercial, Warren Beatty n'apparaît plus sur les écrans. Il est un temps envisagé pour le rôle de Bill dans Kill Bill de Quentin Tarantino, il préfère finalement quitter le projet.

Il parvient ensuite à concrétiser son projet de longue date de film biographique sur Howard Hughes, qu'il réalise, écrit et produit, en plus d'incarner Howard Hughes. Le tournage de L'Exception à la règle débute en et dure . Le film sort deux ans plus tard, le aux États-Unis, et est un lourd échec au box-office, avec des recettes de de dollars pour un budget de .

En 2017, Warren Beatty retrouve Faye Dunaway, à l'occasion du anniversaire de Bonnie and Clyde, et décerne par erreur, à la suite d'une inversion d'enveloppes, l'Oscar du meilleur film à La La Land, avant qu'il ne soit remis au véritable gagnant, Moonlight...

Vie privée Durant la période où il joue dans la pièce Compulsion, le metteur en scène, Joshua Logan, lui présente une jeune actrice anglaise qui est en train de devenir une starlette, Joan Collins, la future héroïne de Dynastie. Le jeune homme accepte de se fiancer avec Collins dont la carrière américaine périclite tandis que la sienne décolle, avant de la quitter.