Cet article recense les sites mégalithiques du Morbihan, département français de la région Bretagne. Certains des nombreux sites mégalithiques que l'on trouve dans ce département jouissent d'une grande renommée, notamment les alignements de Carnac, le site de Locmariaquer, le tumulus Saint-Michel et le cairn de Gavrinis. La seule commune de Carnac est dotée d'environ soixante-dix sites mégalithiques, beaucoup plus que bien des départements français. Une partie de ces sites a été inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco en 2025 dans les mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan.

Généralités

Tumulus carnacéens

Les tumulus carnacéens (Tumiac, Saint-Michel, Mané er Hroëck) ne se distinguent pas des tombes collectives à couloir uniquement en raison de leur taille gigantesque mais aussi en raison de la diversité des matériaux utilisés pour les construire (sédiments, dalles mégalithiques d'origine allochtone), du très riche mobilier funéraire qu'ils renfermaient (en jadéite, callaïs, fibrolithe) et par leur ancienneté (milieu du ). Ils sont sans équivalent en Europe à la même époque.

Façonnement du paysage mégalithique

vignette|redresse=1.3|Carte topographique représentant l'Europe au dernier maximum glaciaireLes eaux sont à cette époque stockées dans les glaciers des calottes nord-européennes : la baie de Quiberon se transforme en un paysage de vallées creusées par des rivières qui atteignent des rivages marins éloignés de par rapport à leur position actuelle, et qui est occupé par des marais d'eau saline ou d'eau douce.

Au Néolithique, pendant près de ans, une civilisation agricole et maritime façonne un paysage mégalithique sur les rives du Morbihan qui ont à cette époque un aspect différent de celui du littoral actuel : alors que l'océan s'est retiré environ 120 mètres au-dessous de son niveau actuel au dernier maximum glaciaire (ce qui positionne le trait de côte à environ de distance par rapport au littoral actuel), le réchauffement climatique postglaciaire induit une remontée du niveau marin, ce qui entraîne le débordement des vallées de la baie de Quiberon très envasée. Au , ce niveau se situe à environ en dessous du niveau actuel, permettant aux populations de bénéficier d'une large plaine littorale soumise au phénomène des marées, et qui recouvre ou exonde d'immenses vasières. Le climat, relativement similaire à celui d'aujourd'hui, favorise la recolonisation de la région par des espèces végétales tempérées et par la forêt décidue composée principalement de chênes, d'aulnes et de noisetiers. Les défrichements forestiers entrepris par les agriculteurs-éleveurs néolithiques sont utilisés pour la culture d'espèces végétales domestiques non indigènes (blé et orge) et de l'élevage du mouton, inconnu des biotopes régionaux, ce qui est à l'origine de la formation de landes régressives. Cette mise en place d'une économie de production précède de peu la sédentarisation qui voit les sociétés néolithiques d'agriculteurs-éleveurs édifier les premières architectures de pierre connues en Europe occidentale. Au gré de ces changements majeurs, les architectures mégalithiques participent à une organisation rationnelle de l'espace de vie et la structure du territoire habité.

Les alignements et les tumulus géants carnacéens, où sont enterrés des personnages de haut rang, s'inscrivent ainsi dans une civilisation agricole et maritime fortement hiérarchisée enrichie par l'extraction et la production de sel marin dans une baie très protégée, de faible profondeurExtraction dans des aménagements de type piégeage d'eau de mer, bassins d’évaporation installés sur les côtes rocheuses, sablons lavés à l'eau douce afin d'en récolter la saumure soumise à une évaporation naturelle (sel solaire) ou bien artificielle (sel ignigène) par cuisson et/ou au moulage d'une galette de sel. Cf , . L'enrichissement qui en résulte permet aux élites locales d'importer des biens d'apparat en « roches vertes »Néphrite, chloromélanite, jadéite, l’omphacitite, éclogite, serpentinite : haches et herminettes polies d'origine alpine, perles et pendeloques en variscite, d'origine ibérique.

Patrimoine mondial Les alignements de Carnac sont inscrits sur la liste indicative dans les années 1980, puis renommés sites mégalithiques de Carnac en 1996. Le projet d'inscription est relancé entre 2005 et 2010, pour un acte de candidature par l'association Paysages de mégalithes en 2016. Le dossier est choisi par l'état français en 2024 pour être présenté au comité de l'UNESCO durant l'été 2025, où il est inscrit en tant que mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan.

Inventaire