vignette|Carte dialectale du catalan. La dialectologie de la langue catalane est l'étude des dialectes du catalan.
Sur le continent, le catalan est historiquement constitué d'une continuité de dialectes avec de larges zones de transition, ce qui fait que la division de la langue en dialectes selon des frontières précises est malaisée —hormis dans le cas des îles. Aucun dialecte identifié n'est totalement uniforme et chacun peut être divisé en différents sous-dialectes. De même, dans les zones de dialectes constitutifs, on trouve des dialectes de transition vers les langues voisines, comme le bénasquais vers l'aragonais, ou le capcinois vers l'occitan.
Selon les propositions faites par Manuel Milà i Fontanals en 1861, le domaine linguistique du catalan est traditionnellement articulé en deux grands blocs verticaux, le bloc oriental et le bloc occidental, division basée sur un traitement différencié du vocalisme atone.
Certains dialectes ont disparu, comme le minorquin de Bordj El Kiffan (en Algérie), ou le catalan de la bourgeoisie et des classes supérieures des principales villes de Sardaigne, de Sicile, ou de Naples, dont il reste certaines traces dans leurs parlers respectifs, sarde, sicilien et napolitain. De la même manière on trouve des influences du , également éteint, dans l'actuel parler murcien.
Des cas remarquables de dialecte du catalan sont le catalan salat, et sa variante le , ce dernier étant le résultat de l'interférence entre dialectes non frontaliers en raison de l'émigration, à l'époque moderne, de Majorquins au sud du domaine valencien.
Division dialectale
Division dialectale de la langue catalane BLOC OCCIDENTAL nord-occidental
pallarais valencien de transition (ou valencien de Tortosa) valencien valencien de Castelló apitxat (ou valencien central) valencien méridional valencien alicantin (disparu)
DIALECTES DE TRANSITION Entre l'oriental et l'occidental
Entre le majorquin et le valencien
BLOC ORIENTAL roussillonnais (ou septentrional) capcinois (du Capcir)
central catalan salat (de la Costa Brava) barcelonais
baléare majorquin
minorquin oriental minorquin occidental
alguérois 320px|Varietats del Català
AUTRES pataouète (d'Algérie) (disparu) judéo-catalan (disparu)
Généralités Les phonèmes pertinents en catalan connaissent d'importantes variations dialectales. Une caractéristique générale est, comme dans la plupart des langues romanes et à la différence du castillan, la distinction [o]/[ɔ] et [e]/[ɛ] en position tonique Entrée « » de la Gran Enciclopèdia Catalana. Le roussillonnais se différencie par un vocalisme tonique plus pauvre, car il ne différencie qu’un [e] d’aperture moyenne et ne connaît pas de [o] tonique (prononcé [u]).
Une importante caractéristique dialectale de la langue catalane est l'instabilité du vocalisme atone. Dans le bloc oriental, notamment en catalan central, ce phénomène s'est manifesté de façon extrême par la réduction de [a]/[e] et [o]/[u] (sauf en majorquin) en [ə]/[u]. Ailleurs, on observe de multiples phénomènes de variations, simplifications et harmonisations vocaliques. Par exemple : [a] final atone devient [ɛ] autour de Lérida et Fraga. Diverses harmonisations en valencien méridional.
Au niveau vocalique, le catalan se caractérise également, comme le portugais, et à la différence du français et surtout du castillan, par l'absence de diphtongaison de e et o brefs latins toniques.
/v/ labiodental se maintient en valencien (sauf en apitxat), en baléare, et ponctuellement autour de la Conca de Barberà et de la Ribera d'Ebre. Ailleurs, le bêtacisme, commun au castillan, s'est imposé.
Le résultat de ĭ et ē toniques latins est également intéressant : [e] en occidental (hors zones de transition vers le central) [ɛ] en central [ə] en baléare [e] fermé en roussillonnais.
Frontières externes Dans les zones consécutives, au sud et au sud-est du domaine, on trouve des frontières relativement bien marquée avec les dialectes castillans et castillano-aragonais correspondants. Le murcien est un dialecte castillan proche de l'andalou avec certains traits empruntés au catalan valencien. Au nord-ouest et au nord, dans les régions de dialecte constitutif, on observe un entremêlement des isoglosses avec la présence de dialectes transitions marqués entre les langues environnantes : bénasquais et ribagorcien vers l'aragonais, capcinois vers le languedocien.
Division groupe oriental/groupe occidental La division du domaine linguistique catalan en deux blocs dialectaux repose sur un traitement différencié des voyelles atones, le bloc oriental opérant une simplification du système vocalique. Ainsi, en position atone le catalan oriental neutralise l'opposition entre /a/ et /e/ en une moyenne centrale /ə/ (/a/ en alguérois), tandis que l'opposition entre /o/ et /u/ est neutralisée en /u/, sauf à Majorque.
La frontière entre les deux blocs ne forme pas une ligne parfaite : les isoglosses correspondant aux deux traits différentiels mentionnés ne se superposent pas totalement, en particulier dans leur partie septentrionale. Au sud, zones de parler consécutif, les isoglosses convergent vers le valencien de transition.
Les deux blocs présentent en outre de significatives divergences, lexicales, phonétiques et morphologiques. L'étymologie du lexique spécifique du catalan occidental présente de nombreuses coïncidences avec celle des équivalents castillans.
Divergences entre les deux blocs : Au niveau phonétique, on trouve en dialecte occidental une tendance au maintien de la prononciation de g initial comme au lieu de en oriental. En position intervocalique, bl est prononcé en catalan occidental et dans le Camp de Tarragone (comme en castillan), et dans les autres zones orientales (comme en languedocien).
Origines de la partition Les différentes explications proposées concernant l'origine et l'ancienneté de la partition du catalan en deux blocs dialectaux font appel à des facteurs divers comme l'influence du substrat pré-romain (ibère ou indo-européen), mozarabe, les processus de romanisation, d'arabisation ou encore celui du repeuplement suivant la reconquête des terres musulmanes, et aucune ne fait l'unanimité au sein des spécialistes. On a en particulier voulu voir une influence décisive de l'ibère et du basque dans la différenciation du bloc occidental primitif. Sanchis Guarner a défendu que le mozarabe est responsable en tant que substrat du traitement en [e] de ĭ et ē toniques latins dans le bloc occidental. Il s'agit quoi qu'il en soit d'une partition précoce, constitutive.
Au , on observe des variations dans le traitement vocalique qui annoncent la future partition, avec la neutralisation de l'opposition entre a et e prétoniques en une moyenne centrale [ə] dans les régions orientales. À la fin du , a et e post-toniques sont également neutralisés, et on observe une tendance à la fermeture de [o] atone en [u].vignette|La formation des dialectes du catalan d'après Antoni M. Badia. Évolution
Échantillons comparatifs
Graphie standard Prononciation orientale Prononciation occidentale terra cel aigua (majorquin [ˈajɣo]) foc home dona menjar / beure (majorquin [ˈbəwɾə]) gran petit / xicotet comprar (majorquin ) nit dia / jorn anglès / anglés (majorquin [əŋˈgləs]) perquè València (majorquin [və'lɛnsi]) /
Références
Annexes Bibliographie
Articles connexes
Atlas linguistique de la péninsule Ibérique Dialectologie de la langue espagnole Diccionari català-valencià-balear Grammaire du catalan Histoire de la langue catalane Murcien
Liens externes Exemplaires du Butlletí de dialectologia catalana, Arxiu de Revistes catalanes antigües, Memòria digital de Catalunya Esteve Valls i Alecha, La desdialectalització del català nord-occidental: cap a una convergència total amb l'estàndard?, Université de Barcelone Diccionari català-valencià-balear, sur le site de l'Institut d'Estudis Catalans Version en ligne de l'Atlas linguistique de la péninsule Ibérique
*