Le castellum divisorium, ou castellum aquae, est un monument romain construit au à Nîmes, dans le Gard. Il constituait le point d'arrivée de l'aqueduc qui acheminait l'eau de la fontaine d'Eure à la colonie romaine de Nemausus, via notamment le pont du Gard. Ses vestiges se situent dans le centre-ville de Nîmes, rue de la Lampèze.
Historique La construction du castellum remonte au . Après avoir voyagé sur une cinquantaine de kilomètres à travers la garrigue, l'eau était répartie dans toute la ville par le moyen de canalisations, dont on peut encore aujourd'hui observer les ouvertures.
Le castellum était encore visible au . Il a été endommagé en 1688 lors de la construction du fort VaubanFabre et al. 2000, p. 182..
L'édifice a été remis au jour en 1844 par Auguste Pellet . Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1875.
« La construction de ce réservoir indique un de ces monuments qui ne furent d'abord commandés que par la nécessité, dans l'unique but de distribuer, aux divers quartiers de la ville, l'eau amenée par les aqueducs. On les appelait alors dividicula ; plus tard, ils contribuèrent à l'embellissement des cités, et en raison de leur grandeur et de leur somptuosité, on leur donna le nom de castella. (...) Il y avait deux espèces de castella : ceux qu'on appelait limaria, dans lesquels se déposaient les limons ou les substances qui altéraient la limpidité des eaux, et ceux qu'on distinguait sous le nom de castella divisoria ou dividicula, où les eaux étaient divisées suivant leur destination et leurs divers emplois. Celui-ci est de la deuxième catégorie. La conservation de ces monuments était confiée à un officier nommé castellarius. »(Pellet 1845, pp. 67-68).
Structure vignette|Dessin en coupe et en plan de la chambre de distribution du castellum de Nîmes vignette|Détail du castellum divisorium Le castellum divisorium comprend un bassin circulaire de près de de diamètre qui était à l'origine couvert et d'un diamètre de . L'eau arrivait par un canal à section rectangulaire et était distribuée dans les différents quartiers de Nemausus grâce à en plomb partant des .
Au fond du bassin, bondes permettaient l'évacuation des eaux en surplus vers l'égout de dégagement. Ces bondes devaient être munies d'un dispositif de fermeture par clapet en bronzeFabre et al. 2000, p. 186.. Le rôle de stockage du castellum nîmois est limité puisque le bassin ne retenait que 16 m3 d'eau sous le niveau de départ des tuyaux vers la villeFabre et al. 2000, note p. 182..
Utilisation L'eau partait de la source d'Eure et traversait de nombreux ponts et tunnels (dont le pont du Gard). Enfin, l'eau arrivait dans le castellum puis était répartie dans la ville. Il devait alimenter des fontaines ainsi vraisemblablement que les thermes publics et certaines habitations.
Notes et références
Guilhem Fabre, Jean-Luc Fiches, J.-L. Paillet (dir.), L'aqueduc de Nîmes et le pont du Gard : archéologie, géosystème et histoire, 2ème édition revue et augmentée. Paris : CNRS, 2000. 483 p (monographies du CRA, hors série).
Voir aussi
Articles connexes Nemausus Pont du Gard Aqueduc de Nîmes Liste des monuments historiques de Nîmes
Liens externes
Schéma du trajet de l'eau, de la source au castellum. Le castellum sur le site officiel de la ville de Nîmes
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