Moustapha Abdel Jalil (en ), aussi écrit Mustafa Abdul Jalil, Mostafa Aboud al-Djeleil, ou encore Mustapha Abdel Jalil, né en 1952 à El-Beïda Biographie de Mustafa Mohammed Abdel Jalil sur le site du Conseil national de transition., est un homme d'État libyen.

Il est ministre (officiellement « secrétaire du Comité populaire général ») de la Justice de la Jamahiriya arabe libyenne de à . Au début de la guerre civile libyenne de 2011, il est désigné président du Conseil national de transition (CNT), progressivement reconnu sur le plan international comme représentant légitime du peuple libyen. Lors de la chute de Mouammar Kadhafi, il devient le chef de l'État de facto de la Libye durant la période de transition politique devant conduire à la promulgation d'une nouvelle constitution.

Biographie Carrière professionnelle En 1975, après avoir étudié le droit et la charia à l'Université de Libye à Benghazi, Abdel Jalil commence sa carrière en tant qu'assistant du secrétaire du Ministère Public d'El Beïda. Il est nommé juge en 1978.. En tant que président de la cour d'appel de Tripoli, il a confirmé par deux fois la peine de mort des infirmières bulgares..

Ministre sous Kadhafi En 2007, sous l'impulsion de Saïf al-Islam Kadhafi, qui cherche à développer une image plus moderne et plus présentable du pays, Abdel Jalil est nommé ministre de la Justice de la Jamahiriya arabe libyenne. En , une représentante de Human Rights Watch loue le fait qu'Abdel Jalil ait « très bien pris position » contre les arrestations arbitraires et les détentions prolongées sans procès : « Il a critiqué en public les agences de sécurité qui continuent de maintenir en détention des prisonniers qui ont été acquittés par les tribunaux "Rights Researcher Calls for Expanded Libyan Prisoner Compensation", Voice of America, 8 août 2010 ». Dans un document publié en , Amnesty International affirme qu'Abdel Jalil a « publiquement appelé à ce que soient relâchés » les prisonniers acquittés mais maintenus en détention, mais que l'Agence de Sécurité interne « refuse d'obtempérer ». Amnesty International rapporte en outre qu'Abdel Jalil indique qu'il ne peut pas ordonner une investigation sur les abus commis par l'Agence, les agents de celle-ci bénéficiant d'une immunité. Le ministre de l'Intérieur, seul habilité à lever cette immunité, aurait refusé à plusieurs reprises de le faire, selon Abdel Jalil "Libya: Carry Out UN Calls for Reform", Amnesty International, 17 novembre 2010. Amnesty International le décrit comme « à peu près le ministre le plus indépendant d'esprit du gouvernement, et l'un de ceux capables de dénoncer les abus et critiquer les services de sécurité"Moustapha Abdeljalil, "honnête homme" à la tête de la rébellion libyenne", La Dépêche, 15 avril 2011 » Human Rights Watch effectue le même constat Rapport préparé par Human Rights Watch pour l'Examen périodique universel de la Libye au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, avril 2010.

En , il tente une première fois de démissionner après le refus de la Sécurité intérieure de libérer 300 prisonniers. « À la réunion annuelle du Congrès général du peuple retransmise à la télévision d'État, il présente publiquement sa démission, affirmant ne pas être en mesure de libérer des prisonniers innocents d'Abou Salim en raison des “entraves” au sein de l'appareil d'État ». Sa démission est refusée par le colonel Kadhafi.

Révolte libyenne et présidence du CNT Le , alors qu'éclate une insurrection contre le gouvernement, Abdel Jalil démissionne pour protester contre la répression armée à l'encontre des manifestants"Libye: démission du ministre de la Justice", Associated Press, 21 février 2011 "Libya justice minister resigns to protest 'excessive use of force' against protesters", Reuters, 21 février 2011.

Le , dans une interview accordée au quotidien suédois Expressen, Moustapha Abdel Jalil affirme que concernant l'attentat de Lockerbie le Libye: Kadhafi a personnellement ordonné l’attentat de Lockerbie (ex-ministre libyen de la Justice).

Il est désigné comme président du Conseil national intérimaire de transition de la Libye (CNT) le , par les conseils dirigeants des villes libyennes tenues par l'opposition"Libye: annonce d'un gouvernement provisoire", Associated Press, 27 février 2011 "Libya: Former justice minister chosen to head new regime", The Scotsman, 28 février 2011. Il déclara alors souhaiter l'instauration d'« un État libre, démocratique, fondé sur des institutions gouvernementales sans caractère ni nature religieux "Secular and democratic Libya is possible, says ex-justice minister", Irish Times, 28 février 2011 ». En septembre, toutefois, il déclara à un rassemblement de milliers de personnes sur la Place des Martyrs à Tripoli qu'un « islam modéré », rejetant toute « idéologie extrémiste de droite ou de gauche », serait « la principale source de la législation » dans le nouvel État"Libye: "l'islam, principale source de législation", dit le président du CNT", Agence France-Presse, 12 septembre 2011. Le discours visait, selon The Guardian, à répondre aux craintes concernant des divisions entre laïcs et conservateurs islamistes parmi les rebelles "Interim Libyan leader pleads for unity as tensions rise between factions", The Guardian, 13 septembre 2011.

Début , le gouvernement de Kadhafi promet (environ ) pour sa capture "Gaddafi forces beat up BBC team", BBC, 10 mars 2011.

En , Abdel Jalil écrit au journal français Le Monde pour exposer les objectifs et les espoirs des rebelles libyens: « Nous avons constitué des comités locaux, puis un Conseil national de transition, pour conduire à son terme notre lutte sans retour, faire naître une première démocratie et administrer notre pays exsangue en attendant le jour où toutes les femmes et tous les hommes de Libye pourraient, débarrassés de Kadhafi et de sa famille, s'exprimer enfin au grand jour à travers des élections générales, transparentes et libres. »

Exprimant sa reconnaissance envers les « avions occidentaux » pour avoir « sauv[é] Benghazi du bain de sang que lui jurait le dictateur », il ajoute, en réponse au plan de paix proposé par l'Union africaine : « La communauté internationale, sauf à se déjuger, doit continuer à nous venir en aide, pas seulement grâce aux avions mais sous forme aussi d'équipements et d'armements. Qu'on nous octroie les moyens de nous libérer, et nous étonnerons le monde : Kadhafi n'est fort que de notre jeunesse et de notre faiblesse de départ ; c'est un tigre de papier ; attendez, et vous verrez. Il serait injuste, il serait fatal, sous prétexte de cette faiblesse de départ, de vouloir nous sacrifier sur l'autel d'une paix presque sans conditions« La liberté a besoin de temps », Moustafa Abdeljalil, Le Monde, 12 avril 2011. »

À la suite de la prise de Tripoli par les rebelles, en , il menace de démissionner de la tête du CNT pour protester contre les éventuels actes de vengeance en déclarant « j'appelle tous les Libyens à faire preuve de retenue et à respecter les biens et les vies humaines, en s'abstenant de s'arroger le droit de rendre eux-mêmes la justice. »Moustafa Abdeljalil menace de démissionner si les représailles contre les pro-Kadhafi se poursuivent.

Le à Benghazi, il proclame la « libération » de la Libye, menant officiellement fin à la guerre civile qui durait depuis huit moisLe CNT proclame officiellement la "libération" de la Libye - Le Monde - 23 octobre 2011. Le même jour, au cours de la même cérémonie, il proclame l'instauration de la Chariahttp://www.liberation.fr/monde/01012367517-la-libye-un-pays-fondamentalement-conservateur-et-tribal - Libération - 24 octobre 2011.

L'après-Kadhafi Le , à la suite de la proclamation d'autonomie de la CyrénaïqueLa Libye en voie d'explosion ?, Le Point, 6 mars 2012., Moustafa Abdel Jalil accuse certains pays arabes de soutenir la « sédition »Libye : Abdeljalil critique des pays arabes, Le Figaro, 6 mars 2012..

Le , au cours de la séance d'installation du Congrès général national, il transmet solennellement le pouvoir au doyen de celui-ci, Mohammed Ali Salim« Une passation de pouvoir historique en Libye », Le Monde avec AFP, 8 août 2012..

Notes et références

Voir aussi

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