vignette Quai des Orfèvres est un film français réalisé par Henri-Georges Clouzot en 1947, adapté de Légitime Défense, roman policier de l'auteur belge Stanislas-André Steeman, paru en Belgique en 1942.

Le film présente dans le Paris de l'immédiat après-guerre, la pétulante chanteuse Jenny Lamour qui joue parfois de ses charmes pour se faire une place dans le milieu du music-hall. Son mari, Maurice Martineau — un brave garçon issu de bonne famille, modeste pianiste de music-hall — profère par jalousie des menaces de mort envers le septuagénaire qui est retrouvé assassiné peu après. L'inspecteur principal-adjoint Antoine, un flic désabusé et humain du Quai des Orfèvres, est chargé de l'enquête.

Synopsis Jenny Lamour (jouée par Suzy Delair), petite chanteuse de cabaret dans le Paris de l'après-guerre, a de grandes ambitions. Elle est mariée à Maurice Martineau (Bernard Blier), un jeune bourgeois qui s'est fâché avec sa famille pour l'épouser et qui est devenu son pianiste accompagnateur. Les époux s'aiment mais se querellent fréquemment à cause de la légèreté de Jenny et de la jalousie de Maurice. Leurs problèmes conjugaux commencent réellement lorsque Jenny, par arrivisme, décide de s'attirer les faveurs du vieux Brignon, un vieil homme riche et pervers, qu'elle croit pouvoir manipuler afin de se lancer dans le cinéma. Furieux, Maurice profère des menaces de mort à l'égard du septuagénaire et, lorsqu'il apprend qu'il a donné rendez-vous à sa femme à son domicile, il se confectionne hâtivement un alibi et débarque chez lui avec l'intention de le tuer. Or, il trouve le travail déjà fait, Jenny absente et sa voiture volée. Ce que Maurice ne sait pas c'est que Jenny, offusquée par les avances du vieil homme, l'a assommé avec une bouteille de champagne et s'est enfuie le croyant mort. Terrifiée, la jeune femme s'est réfugiée chez sa voisine et confidente, Dora (Simone Renant), une photographe d'art et amie d'enfance de son mari. Dora, qui aime Jenny en secret (alors que Jenny la soupçonne de convoiter Maurice), la convainc de ne rien dire à personne et va elle-même chez Brignon effacer les empreintes de Jenny et chercher son étole en renard que son amie avait oubliée. Peu après, Maurice se rend chez Dora et lui raconte lui aussi son « histoire ». Dora, par fidélité tant envers Jenny que Maurice, décide de se taire.

L'inspecteur principal-adjoint Antoine (Louis Jouvet), de la Brigade criminelle de la Préfecture de police de Paris — un ancien sous-officier de l'Infanterie coloniale qui vit seul avec son petit garçon métis qu'il élève tendrement — est chargé d'enquêter sur le meurtre de Brignon. En fouillant dans les connaissances de Brignon, Antoine est vite amené à s'intéresser à Dora (qui photographiait pour le vieil homme des jeunes filles dénudées) mais aussi à Jenny et à Maurice. Il apprend notamment que Maurice a menacé Brignon de mort et que son alibi (il a passé la soirée au théâtre) peut facilement être démonté. Quand les présomptions de l'Inspecteur se transforment en certitudes et montrent que le jeune homme — tout comme sa femme — a menti, la vie du couple est alors prise dans l'engrenage judiciaire. Désespérée, Jenny est décidée à se dénoncer mais Dora l'en empêche.

Le soir de Noël, Maurice, convoqué à la Brigade criminelle, est interrogé sans relâche. Poussé à bout, il avoue être allé chez Brignon le soir du meurtre mais clame l'avoir trouvé mort. Il ne convainc pas les policiers, qui le placent en garde à vue ; il s'ouvre les veines dans sa geôle. Confrontée à ce drame, Jenny avoue toute l'histoire à Antoine, mais Dora, résolue à protéger son amie jusqu'au bout, affirme que c'est elle la meurtrière ; l'inspecteur Antoine lui apprend alors que Jenny n'est pas la coupable : le vrai meurtrier est Paulo, le voleur de la voiture de Martineau qui, venu chez Brignon pour le cambrioler et pris de panique en voyant le vieil homme ensanglanté se ruer sur lui, l'a abattu. L'inspecteur Antoine — qui a deviné l'amour de Dora pour Jenny — compatit avec fatalisme à cette idylle condamnée à demeurer secrète et, souriant avec paternalisme, lui dit que ses deux amis sont sauvés.

Le matin de Noël, Jenny rentre du 36, quai des Orfèvres avec un Maurice très affaibli mais qui a survécu. Leur amour est devenu plus profond et ils sont décidés à reprendre une vie normale et heureuse. Ils reçoivent cependant une dernière visite d'Antoine qui rapporte les fameux « renards » de Jenny et convoque Maurice au Quai des Orfèvres pour le lendemain mais comme simple témoin. Le couple voit alors Antoine et son fils s'éloigner dans la neige vers le fameux « casse-croûte au bistrot » que le policier lui promettait depuis longtemps.

Fiche technique Titre : Quai des Orfèvres Réalisation : Henri-Georges Clouzot, assisté de Serge Vallin Scénario : Henri-Georges Clouzot et Jean Ferry d'après le roman Légitime Défense de Stanislas-André Steeman Dialogues : Henri-Georges Clouzot Musique : Francis Lopez et Albert Lasry Chansons : Avec son tralala et Danse avec moi Interprétation : Suzy Delair Paroles : André Hornez, Francis Lopez Décors : Max Douy Costumes : Jacques Fath Photographie : Armand Thirard Photographe de plateau : Lucienne Chevert Opérateur : Louis Née Son : William-Robert Sivel Montage : Charles Bretoneiche Société de production : Majestic Films Société de distribution : Corona (devenu ensuite Ciné-France) Pays de production : Langue originale : français Format : noir et blanc - - 1,37:1 - son mono Genre : mélodrameQuai des Orfèvres, Le Tour d'écran. Consulté le 21 décembre 2025. et policier Durée : Dates de sortie : Italie : (Mostra de Venise) France : (sortie initiale) ; (version restaurée) Affiche : Pierre Pigeot (France)

Distribution

Commentaires Clouzot est frappé, à la Libération, d'une interdiction de travail à vie, à cause de son deuxième film, Le Corbeau. L'action de ses défenseurs ayant porté ses fruits, Quai des Orfèvres marque son retour à la réalisation. Le titre de travail du film était Joyeux Noël. Le tournage a eu lieu du au , aux studios de Neuilly et Saint-Maurice, ainsi qu'en extérieur à Paris. Une scène est tournée autour de la station de métro Passy et une autre au restaurant LapérousePierre Groppo, « Dessous de tables », Vanity Fair, octobre 2019, p. 98-101.. Maurice et Jenny habitent au 22, rue des Bourdonnais. On reconnaît la porte cochère arrondie qui donne sur la rue à cette adresse ; par ailleurs l'immense marché alimentaire des Halles se trouvait alors à moins de 100m, et l'on aperçoit lorsque les héros rentrent chez eux des employés occupés à la manutention des légumes. C'est sur le tournage de ce film que Clouzot rencontre sa future femme, Vera, à l'époque épouse de l'acteur Léo Lapara qui tenait un rôle dans le film. Bourvil apparaît sur une photo dans le cabaret. Le jeune acteur, alors âgé de 30 ans, avait déjà 3 films à son actif. À Paris, la police judiciaire avait son adresse au du quai des Orfèvres jusqu'en . Cette adresse a donné lieu à un autre titre de film : 36 quai des Orfèvres d'Olivier Marchal (2004). Le nom de Martineau est réutilisé dans Garde à vue, dont l'action se déroule aussi un soir de réveillon, lors de l'interrogatoire d'un suspect.

Distinctions

Mostra de Venise 1947 : prix international de la mise en scène Prix Edgar-Allan-Poe 1949 : meilleur film étranger

Notes et références

Liens externes

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