Léopold Emmanuel Louis Eugène Maissin, né le à Paris et mort en à Coat-ar-Hars, commune d'HanvecArchives du quotidien L'Ouest-Éclair Éditions du Finistère L'Ouest-Éclair, 14 mai 1937, p. 5, col. 3, État-civil Hanvec., est un polytechnicien, ingénieur, industriel et homme politique français, qui fut maire du Relecq-Kerhuon, conseiller général du Finistère, directeur de l'usine de poudres du Moulin blanc au Relecq-Kerhuon.
Sa vie familiale
Marié avec Eugénie Vincent, il a eu au moins un fils Léopold Albert Marie Alexandre Maissin, né le à la poudrerie du Moulin blanc au Relecq-Kerhuon et chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire.
Sa vie politique
En 1889, Léopold Maissin, candidat républicain, est élu conseiller général du canton de LanderneauJournal des débats politiques et littéraires n° du 5 août 1889, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4647588/f1.image.r=Maissin.langFR (son élection fut contestée car les ouvriers de la poudrerie du Moulin-Blanc et les agriculteurs des environs auraient fait l'objet d'une pression éhontée afin qu'ils votent pour lui, selon le journal La PresseJournal La Presse n° 575 du janvier 1890, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k545790m.r=Guipavas+.langFR) et le resta pendant plus d'une dizaine d'années, étant même élu en 1904Journal Ouest-Éclair n°1831 du 24 août 1904, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k640440s/f5.image.r=Maissin.langFR vice-président du conseil général du Finistère. Il ne se représenta pas aux élections des conseillers généraux en 1913. Mais il demeure maire du Relecq-Kerhuon: il l'était déjà en 1903.
Léopold Maissin est candidat aux élections législatives du dans la deuxième circonscription de Brest, mais il est battu dès le premier tour, obtenant 4460 voix, par François-Émile Villiers, candidat conservateur qui obtient 7479 voixGustave Vapereau, "Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers...", 1895, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k299205j/f106.image.r=L%C3%A9opold+Maissin.langFR et à nouveau par le même candidat lors de celles de 1893 où il obtient 3560 voix contre 6479 à son vainqueur, Émile Villiers à nouveauJournal des débats politiques et littéraires n° du 21 août 1893, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k466501t/f4.image.r=Maissin.langFR. Candidat aux élections sénatoriales de 1908 dans le Finistère, il est également battuJournal Le Figaro n°174 du 22 juin 1908, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k288129x/f3.image.r=L%C3%A9opold+Maissin.langFR. Il est également battu aux élections législatives de 1924 au scrutin de liste, ainsi qu'à celles de 1932 par Paul Simon dans la deuxième circonscription de Brest.
L'ingénieur devenant ensuite directeur des poudres
Les inventions de Léopold Maissin
Admis en 1873 à l'École polytechniqueJournal des débats politiques et littéraires n° du 16 octobre 1873, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k458787s/f3.image.r=Maissin.langFR, Léopold Maissin, par un décret du , est nommé élève ingénieur dans le service des poudres et salpêtresJournal des débats politiques et littéraires n° du 15 juin 1876, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k459750c/f2.image.r=Maissin.langFR. En 1890, l'ingénieur des poudres Léopold Maissin est envoyé par le ministre de la guerre Freycinet en Russie, dans le cadre de l'alliance franco-russe « prêter son concours à l'administration de l'artillerie impériale pour l'organisation de divers ateliers destinés à la fabrication de poudre sans fumée »Journal Le Figaro n°103 du 13 avril 1891, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2814618/f3.image.r=L%C3%A9opold+Maissin.langFR.
Polytechnicien, l'ingénieur Léopold Maissin fait des recherches à la poudrerie de Sevran qui aboutissent en 1892Mémorial des poudres, 1894, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k209632h/f18.image.r=L%C3%A9opold+Maissin.langFR à la mise au point de la première poudre de chasse peroxylée (à base de coton-poudre, ou nitrate de cellulose et de fulmicoton), faisant brèveter son invention dès le J. Daniel, "Poudres et explosifs : dictionnaire des matières explosives", Dunod, Paris, 1902, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54938219/f434.image.r=Maissin.langFR qui peut aussi servir à produire de poudre de guerre dite poudre B désormais utilisée dans la marine. Des essais sont menés par l'ingénieur Albert Louppe à la poudrerie du Moulin-Blanc, située dans la vallée du Costour sur le territoire de la commune du Relecq-Kerhuon près de Brest dès 1895. Cette fabrication est confiée à la poudrerie du Moulin-Blanc, dont Léopold Maissin est nommé directeurLéopold Maissin et Guinot, "Note sur la fabrication de l'acide nitrique à l'usine du Moulin blanc", Mémorial des Poudres, Gauthier-Villars, 1894, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k209632h/f97.image.r=L%C3%A9opold+Maissin.langFR. Le coton-poudre provenait de déchets d'huiles de coton au départ d'Angleterre et parfois même d'Allemagne (malgré les rapports très tendus existant alors avec ce pays). La création en 1903 d'une usine à capitaux français pour le traitement des déchets d'huiles de coton à Traon-Élorn aux portes de Landerneau est soutenue par Albert Louppe alors que Léopold Maissin soutient une société concurrente, à capitaux allemands, qui s'installe à la Grande Pallue ["La Grande Palud" dans l'orthographe actuelle], également en LanderneauJournal des débats politiques et littéraires n°300 du 30 octobre 1911, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k484341h/f3.image.r=Maissin.langFR.
La polémique avec Albert Louppe thumb|Caricature parue le
À la suite de l'explosion de deux cuirassés dans le port de Toulon, le Iéna en 1907 et le Liberté en 1911 (de plus, trois autres cuirassés subissaient de graves avaries), catastrophes qui font plus d'une centaine de morts chacune, dues à l'instabilité de la poudre B qui constitue depuis quelques années la poudre à canon utilisée dans la marine en remplacement de l'ancienne poudre noire), Léopold Maissin, directeur de la poudrerie du Moulin blanc, qui produit le coton-poudre, élément important de la fabrication de la "poudre B", accuse la poudrerie de Pont-de-Buis, qui produit la "poudre B", d'être responsable des malfaçons et donc des deux catastrophes, mettant de ce fait en cause son directeur Albert LouppeJournal Le Figaro) n°299 du 26 octobre 1911, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k289381v/f4.image.r=L%C3%A9opold+Maissin.langFR.
Conseiller général du Finistère (comme Albert Louppe d'ailleurs), Léopold Maissin déclare devant le Conseil général de ce départementJournal des débats politiques et littéraires n°294 du 24 octobre 1911, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4843349.r=Maissin.langFR que « le , huit jours avant la catastrophe du « Iéna », il avait, dans une lettre à Gaston Thomson, alors ministre de la Marine, signalé les malfaçons d'un certain nombre de lots de « poudre B », les responsables à frapper et les menaces qui pesaient sur notre marine »Louis Hosotte, "Histoire de la Troisième République", Librairie des Saints-Pères, 1912, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5407241r/f53.image.r=L%C3%A9opold+Maissin.langFR.
Albert Louppe accusa alors Léopold Maissin, directeur de l'usine du Moulin-Blanc avant leur permutation, fournissant le coton-poudre, d'être responsable, mettant en cause la mauvaise qualité de sa production. La polémique s'envenima et, après avoir dans un premier temps, permuté les deux directeurs, puis avoir muté Léopold Maissin en 1906 à la direction de la poudrerie de LilleJournal Ouest-Éclair n°3498 du 13 octobre 1906, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k641220r/f5.image.r=Maissin.langFR, le gouvernement finit par les révoquer en Journal Le Figaro n°312 du 8 novembre 1911, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k289395q/f2.image.r=L%C3%A9opold+Maissin.langFR.
Le rapport GaudinLe général Gaudin était à l'époque directeur du service des poudres et salpêtres, lire son rapport Journal des débats politiques et littéraires n°316 du 15 novembre 1911, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k484358h/f1.image.r=Maissin.langFR et https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k484358h/f2.image.r=Maissin.langFR puis la commission d'enquête, par la voix de Camille Chautemps, fit porter pour partie la responsabilité sur « l'indiscipline qui régnait dans certaines poudreries, du fait que les directeurs flattaient les syndicats ouvriers pour obtenir leur appui électoral », mettant directement en cause les ambitions politiques des deux directeurs qui s'étaient entredéchirés, Albert Louppe et Léopold MaissinJournal Le Figaro n°153 du juin 1912, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k289600n/f4.image.r=L%C3%A9opold+Maissin.langFR. De plus, les deux hommes étaient rivaux politiques, par exemple en , Albert Louppe évince Léopold Maissin (qui était alors maire du Relecq-Kerhuon et conseiller général du canton de Landerneau depuis 1901Journal Ouest-Éclair n°710 du 23 juillet 1901, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k639315k.r=Maissin.langFR), de son poste de vice-président du Conseil général du FinistèreJournal Ouest-Éclair n°4658 du 25 octobre 1911, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k643058r.r=Maissin.langFR et n°4666 du 2 novembre 1911, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k643066b/f1.image.r=Maissin.langFR.
Notes et références
Catégorie:Personnalité politique liée au Finistère Catégorie:Naissance en juin 1854 Catégorie:Décès en mai 1937 Catégorie:Histoire de la Marine française Catégorie:Élève de l'École polytechnique Catégorie:Décès à 82 ans