Le Laboratoire d'électronique et de technologie de l'information du CEA ou CEA-Leti est l’un des principaux centres de recherche appliquée en microélectronique et nanotechnologies dans le monde.. Installé sur le polygone scientifique à Grenoble (Isère), il est l'un des du réseau des instituts Carnot visant à favoriser l’innovation et le dynamisme économique en collaboration avec des industriels..

Il est associé à l'université Grenoble-Alpes.

Créé en 1967, il est une des divisions du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), employant , auxquels il faut rajouter (dont 38 % d'étrangers) et . En 2017, le CEA-Leti possède un portefeuille de plus de dont 40 % font l'objet de licences.. Ses salles blanches couvrent une superficie de en 2025..

Depuis , le CEA-Leti est le premier institut de recherche technologique membre de l’alliance de l'université Stanford., alliance comportant mondiales comme Google, Intel SystemX Alliance:Member Companies, sur systemx.stanford.edu, Amazon, Apple, Samsung ou encore Microsoft. Par ailleurs, le CEA-Leti, né la même année que le de Las Vegas, le plus important salon consacré à l'innovation technologique, y présente régulièrement ses avancées technologiques...

Historique L'idée à l’origine de la création du CEA-Leti est de répondre à la demande en composants électroniques du Commissariat à l’énergie atomique français (CEA) qui vient d'installer sur un ancien terrain militaire son premier centre en province sous le nom de centre d'études nucléaires de Grenoble. En 1957, un groupe « électronique intégré » chargé de l'élaboration et de la maintenance de l'électronique des réacteurs nucléaires est créé sous la direction de l'électronicien Michel Cordelle... À cette période, et pour quelques années encore, la plus grande partie des circuits intégrés est produite dans des usines américaines, ce qui pousse en 1962 le CENG à demander au groupe « électronique intégré » de créer sa propre technologie de transistors. En 1965, le groupe « électronique intégré » sort son premier circuit intégré composé de dix transistors, lançant ainsi la filière microélectronique à Grenoble..

Le , le groupe « électronique intégré » se structure sous l'impulsion de Michel Cordelle en devenant le Laboratoire d'électronique et de technologie de l'information (Leti) dont il devient le premier directeur. Très rapidement, le CEA-Leti s’organise pour travailler et créer des partenariats avec l’industrie privée. En 1972, la filiale Étude et fabrication de circuits intégrés spéciaux, connue sous l'appellation d'EFCIS est créée et sera intégrée en 1982 dans Thomson semiconducteurs qui fusionnera en 1987 avec l'italien SGS pour donner STMicroelectronics. En 1976, le CEA-Leti voit une première grande réalisation avec l'installation au CHU de Grenoble du premier scanner corps entier français.

Six ans plus tard, en 1982, l'institution achève la construction de de bâtiments dont notamment de salles blanches pour répondre aux demandes de développement en microélectronique, technologies infrarouge, et magnétométrie. À cette époque, débutent les premiers développements des technologies micro electromechanical systems (MEMS) incluant notamment les accéléromètres. Le CEA-Leti dépose le premier brevet générique sur les micro-accéléromètres latéraux à peigne capacitif sur silicium.

Le , le président François Mitterrand inaugure le bâtiment en trèfle à quatre feuilles () comportant de salles blanches. Cet édifice borde deux anciens bâtiments réutilisés, uniques vestiges du polygone d'artillerie du .. À l'été 1985, le magnétomètre du CEA-Leti permet la découverte de l'épave du Titanic dans l'Atlantique Nord par de profondeur.. L'année 1989 voit la pose de la première pierre du nouveau , abritant des salles blanches de dernière génération. En 1991, alors que Jacques Lacour achève huit années de direction du CEA-Leti, une collaboration se met en place avec le Centre national d'études des télécommunications (CNET), pour former le Grenoble Submicron Silicon Initiative (GRESSI).

vignette|Le CEA-Leti en 2008. En 1992, deux ingénieurs du CEA-Leti créent la société Soitec pour commercialiser les substrats SOI () et d'autres substrats pour les semi-conducteurs. L'année suivante, le programme est lancé, consistant à visualiser des organes en trois dimensions pour la médecine. En 1997, la société Tronics Microsystems est créée pour produire des composants MEMS à partir de demandes spécifiques des clients. En 1999, Jean Therme devient directeur du CEA-Leti et réfléchit à mettre l'institution dans un environnement plus large où chercheurs, enseignants et industriels collaboreraient dans un même lieu. Le CEA-Leti réalise cette année-là un record du monde avec un transistor de . En 2002, premier silicium gyroscope avec transfert industriel de la technologie et en 2003 transfert de la technologie accéléromètre.

Minatec, centré sur les micro et nanotechnologies, est inauguré le en collaboration avec les instances gouvernementales et locales (Institut polytechnique de Grenoble, INPG), afin de rapprocher la recherche académique, les laboratoires de R&D et l’industrie. Deux ans plus tard, le CEA-Leti signe une alliance avec le . En 2009, une alliance est signée avec IBM pour la recherche en micro et nanoélectronique. En 2010, Poma réalise entre le CEA-Leti et Minatec un funiculaire unique au monde, appelé liaison blanc-blanc qui dessert deux salles blanches distantes de , permettant de transporter le personnel dans une atmosphère contrôlée tout en lui évitant de se déshabiller pour passer d'un lieu à l'autre.. En 2011, la première ligne complète pour les est opérationnelle.

En 2015, le CEA Grenoble pose la première pierre d'une plate-forme photonique de sur le site de Minatec., qui devient opérationnelle en .

En , le CEA-Leti célèbre son cinquantième anniversaire en réunissant quatre anciens directeurs autour de sa directrice Marie-Noëlle Semeria.. Un an plus tard, son nouveau directeur Emmanuel Sabonnadière annonce l'engagement d'un plan d’investissement de d’euros en trois ans dans les salles blanches du CEA-Leti afin de passer de de son budget hors contrats industriels à la mise à niveau de ses équipements. Le CEA-Leti souhaitant atteindre le même niveau d'investissement que ses concurrents européens, l'Institut Fraunhofer en Allemagne et l'IMEC en Belgique..

Domaines d'activité Les principaux domaines d'activité du CEA-Leti sont l'énergie, les technologies de l'information, les technologies de la santé et la défense et sécurité.. En 2017, le CEA-Leti possède toute une série de plateformes technologiques dont de salles blanches entièrement dédiées aux micro et nanotechnologies, des plateformes dédiées à la chimie, à la biologie, à la photonique, au design, à la recherche amont et à la nano-caractérisation de niveau mondial. En 2019, la superficie de ces salles blanches est portée à dans le cadre du plan , volet français du plan européen sur la nanoélectronique.. Le CEA-Leti a favorisé au début des années 2000 l'émergence de Minatec, centre d'envergure européenne dédié aux nanotechnologies. À partir de 2011, la mise en commun de technologies avec Clinatec, le CHU Grenoble-Alpes, l'Inserm et l'université Grenoble-Alpes permet la création de la startup MedPrint, lauréate du grand prix ..

En 2012, le CEA-Leti a déposé et avec un portefeuille global de près de dont 40 % sous licence. Les domaines d'activité sont les micro et nanotechnologies pour la microélectronique ainsi que pour la biologie et la santé, les technologies de conception et d'intégration des microsystèmes, d’imagerie pour la médecine ou la sécurité et les technologies de communication appliquées aux objets nomades.

Missions et applications La mission première du CEA-Leti est de créer de l’innovation et de la transférer à l’industrie. Le CEA-Leti se positionne en tant que lien entre la recherche académique de base et la production de masse et cherche constamment à créer de nouvelles entreprises (start-up). Il tente ainsi de participer à l'innovation et à la compétitivité de secteurs industriels comme la santé, les télécommunications, le spatial, l'habitat, l'automobile et, à travers eux, aux activités plus traditionnelles comme le textile, le papier, le bâtiment, la logistique, la mécanique.

La synergie entre la recherche issue du CEA-Leti et la recherche industrielle s'exprime notamment au sein de Minalogic, pôle de compétitivité mondial dédié aux micro et nanotechnologies et aux logiciels embarqués. Le CEA-Leti est également membre fondateur de l'institut de recherche technologique, NanoelecSite de l'IRT Nanoelec..

Partenariats Les chercheurs du CEA-Leti travaillent en étroite relation avec leurs partenaires industriels répartis dans le monde entier pour accélérer le développement et la commercialisation de nouvelles technologies, mais toute précision chiffrée reste confidentielle.. En 2017, le CEA-Leti compte industriels (multinationales ou PME) lui apportant 85 % des d'euros de son budget annuel, le reste provenant de subventions publiques. Les industriels étrangers peuvent même lancer la fabrication dans leur pays, venir la finaliser au CEA-Leti avec leur matériel puis retourner à leur centre de recherche. Le CEA-Leti est également engagé dans de nombreuses initiatives de coopération de recherches incluant les alliances avec IBM pour les semi-conducteurs, avec Caltech pour les MEMS et NEMS (Alliance for Nanosystems VLSI), avec le (avec le ministère de l’économie et de l’industrie japonais) ainsi que dans la collaboration avec Nokia () et le programme IMAGINE, pour la lithographie par faisceau d’électrons.

Le CEA-Leti contribue à la formation d'un espace européen de la recherche. Ainsi, de forts partenariats européens ont été créés pour positionner l’Europe à un niveau mondial compétitif dans le développement de nouvelles technologies. Ainsi, se sont créées l’alliance HTA () avec le CSEM Suisse, l'institut en Allemagne et le VTT en Finlande, mais également les projets HELIOS (intégration des composants photonique sur des circuits MOS), WADIMOS, EARTH () et (management environnemental à très grande échelle assisté par les abeilles).

Le CEA-Leti a été désigné en 2015 comme l'un des en Europe chargé de définir une nouvelle interface de connexion des terminaux aux systèmes du futur devant être mis en place à l'horizon 2020.. Un accord de collaboration est signé en ce sens en avec l' de Taïwan afin de relier les compétences de ces deux écosystèmes complémentaires pour une durée de trois ans.. Cette nouvelle génération de réseau doit utiliser des transmissions , une technologie capable d'émettre et de recevoir en même temps dans la même bande de fréquence fournissant ainsi une rapidité d'échange de plus importante que Quelques villes européennes devraient disposer du dès l'année 2019..

En , le CEA-Leti et Intel signent un partenariat de cinq ans dans un programme de développement des objets connectés.. Plusieurs programmes de recherche sont définis dont le premier est la miniaturisation des composants de communication comme les antennes, le second est l'amélioration des systèmes de communication sans fil avec à la clé une augmentation de leur vitesse d’échange, un troisième consiste à contrôler la consommation d'énergie de ces objets connectés. Enfin le CEA-Leti et Intel souhaitent mettre au point un dispositif d'affichage innovant en trois dimensions en utilisant l'informatique quantique ou la nouvelle plateforme photonique du CEA-Leti installée sur le site voisin de Minatec.