, né le à Tōkyō, dans l'ancien arrondissement spécial de Kōjimachi (qui s'est fondu en 1947 dans celui de Chiyoda), et mort le à Tōkyō, est un homme politique japonais.
Il est le coprésident fondateur de 2010 à 2011 du parti Tachiagare Nippon après avoir milité pendant près de 40 ans (de 1972 à 2010) au Parti libéral-démocrate (PLD), il siège à la fin de sa carrière, de 2011 à 2012, comme sans étiquette rattaché au groupe du PDJ et Indépendants. Ainsi, bien que situé dans l'opposition à la nouvelle majorité démocrate de 2009 à 2011, il se rallie à cette dernière le . Il est député à la Chambre des représentants, la chambre basse, successivement d'abord pour le de Tōkyō de 1976 à 2000 et de 2005 à 2009 (au vote unique non transférable jusqu'en 1996, au scrutin uninominal majoritaire à un tour ensuite) puis à la proportionnelle pour le bloc de Tōkyō de 2003 à 2005 et de 2009 à 2012.
Il occupe de nombreux portefeuilles ministériels au cours des années 1990, 2000 et 2010, généralement en rapport avec les questions économiques et financières. Conservateur fiscal, il est connu pour défendre ardemment le contrôle des dépenses et l'augmentation de la taxe sur la consommation. Il est ainsi ministre de l'Éducation et de la Culture de 1994 à 1995 du gouvernement de Grande coalition du socialiste Tomiichi Murayama, du Commerce extérieur et de l'Industrie de 1998 à 1999 dans le Cabinet de Keizō Obuchi et enfin des Finances du au dans l'administration de Tarō Asō. Il a également été ministre d'État chargé des Services financiers de 2005 à 2006 et de février à , de la Politique économique et fiscale de 2005 à 2006 et d' à et de la Réforme de la réglementation d'août à , et est Secrétaire général du Cabinet de Shinzō Abe pendant quelques semaines du au . Du au , il retrouve, cette fois-ci dans une administration démocrate, celle de Naoto Kan, le portefeuille de la Politique économique et fiscale qu'il cumule avec celui de l'Égalité sociale et des sexes.
Origines et formation au Japon et à l'étranger
Kaoru Yosano est le fils aîné du diplomate et de son épouse . Par son père, il est le petit-fils des poètes Tekkan et Akiko Yosano.
Son enfance se passe au gré des affectations de son père. Il vit ainsi ses quatre premières années, de 1938 à 1942, à Pékin. Durant la Seconde Guerre mondiale il est de retour au Japon, élevé par sa mère seule dans des conditions matérielles difficiles, son père étant alors nommé à l'ambassade du Japon à Berlin. Il est ensuite scolarisé à l'école élémentaire publique d'Azabu dans l'arrondissement de Minato jusqu'en 1951, puis fait sa première année de secondaire et le début de la seconde dans le collège d'Azabu. De à , son père est ministre extraordinaire et plénipotentiaire puis le premier ambassadeur du Japon en Égypte Liste des anciens ambassadeurs du Japon en Égypte, site officiel de l'ambassade. La famille Yosano s'installe donc au Caire, et Kaoru Yosano est inscrit à l'école anglaise d'Héliopolis. Il prend également des cours d'arabe puis d'espagnol lors de ses vacances scolaires en 1956, Shigeru Yosano étant désormais ambassadeur à Madrid. Il envisage un temps de poursuivre ses études à l'Université d'Oxford au Royaume-Uni, se rend à Londres et passe l'examen d'entrée. Mais il finit par changer d'avis et rentre au Japon au début de l'année 1957.
Il fait sa dernière année de scolarité, de 1957 à 1958, au lycée Azabu, l'un des établissements publics les mieux côtés du pays au vu de ses résultats aux concours nationaux. Ses années passées à l'étranger font néanmoins qu'il maîtrise mal les kanji, et rate dans un premier temps le concours d'accès à l'université. Il passe ensuite une année en tant que rōnin à étudier dans l'école préparatoire (ou yobikō) de Sundai dans le quartier de Kanda-Surugadai à Chiyoda, avant d'être admis en à la faculté des arts de la prestigieuse université de Tokyo. Bien qu'il s'agit d'une époque de très forte activité de la Zengakuren, la principale ligue étudiante d'après-guerre, fortement liée au Parti communiste japonais (PCJ), Kaoru Yosano ne va participer à aucune manifestation et ne va absolument pas être influencé par ce mouvement. Dévoreur de livres (il achète à cette époque 200 ouvrages au format bunko des éditions Iwanami), il est tout particulièrement marqué par de l'écrivain Takeo Arishima (influencé par le socialisme, très critique à l'égard de la société japonaise du début du et du christianisme), l' du juriste Jun'ichi Aomi et les du criminologue Shigemitsu Dandō « 読破し忘却した二百冊の岩波文庫 », littéralement « Les lectures oubliées parmi 200 Iwanami bunko », site officiel de Kaoru Yosano. Il s'intéresse également au baseball, servant de manager dans l'équipe universitaire. Il est enfin à cette époque le précepteur particulier de Hiroshi Ishibashi, petit-fils du fondateur du fabricant de pneus Bridgestone Shōjirō Ishibashi.
Il intègre la faculté de droit de l'université de Tokyo en , et obtient son en .
Carrière professionnelle dans le nucléaire
À sa sortie de l'université, Kaoru Yosano intègre la Compagnie japonaise de l'énergie atomique (JAPC) sur la recommandation d'un ami de sa mère et homme politique conservateur libéral en pleine ascension politique au sein du Parti libéral-démocrate (PLD), Yasuhiro Nakasone (qui est directeur de l'Agence des Sciences et des Technologies de 1959 à 1960) K. YOSANO, 堂々たる政治, soit littéralement Majestueuses politiques, éd. 新潮新書, 2008, p. 84]. Il est affecté au sein de la division de recherche du département de l'ingénierie (ce qu'il qualifie lui-même de surprise, n'ayant pas de formation scientifique), sous la tutelle de Ryūkichi Imai, consultant pour l'énergie atomique auprès du ministère japonais des Affaires étrangères et cadre de cette diplomate (et que Yosano décrit comme son modèle à suivre au sein de l'entreprise).
Il s'occupe tout d'abord des questions liées aux carburants, avant d'entrer en 1964 dans la cellule d'enquête de la compagnie, chargé de récolter des informations de par le monde sur le minage d'uranium. Fort de cette expérience, il est choisi en 1967 par la JAPC comme son représentant au sein de la nouvellement formée commission d'enquête pour assurer sur le long terme l'approvisionnement en uranium des entreprises énergétiques. Il rejoint ensuite le département financier avec pour tâche de trouver des investissements américains pour financer la construction d'un deuxième réacteur à la centrale nucléaire de Tokai-mura, et se rend pour ce faire aux États-Unis K. YOSANO, 私の通ってきた道 - Vol. 3 : 大学卒業、そして就職, « 専門外のフィールドでひたすら奮闘 », site officiel de Kaoru Yosano, 05/1989.
Enfin, il est affecté par la JAPC en tant qu'expert en énergie nucléaire et interprète auprès de la délégation du Parti démocrate socialiste (PSJ) envoyée en Europe dans le cadre des dernières négociations pour la signature du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 1968. Il visite ainsi la Suisse (pour se rendre à une conférence de l'Internationale socialiste), la Yougoslavie, la Roumanie, le Royaume-Uni (pour assister à la Conférence du Parti travailliste), l'Italie (à Milan), l'Autriche (à Vienne) et l'Allemagne de l'Ouest (à Bonn). Une fois entré en politique, Yosano va toujours garder de bonnes relations avec le PDS et tout particulièrement avec les autres membres de cette délégation, à savoir Ryōsaku Sasaki (qui va être président du PDS de 1977 à 1985), Eki Sone, Kanji Okazawa et Rō Watanabe, même s'ils n'appartiennent pas au même camp. C'est également durant ce voyage qu'il reprend contact avec Yasuhiro Nakasone : il assiste en effet à un repas organisé entre ce dernier (à l'époque ministre des Transports) et Ryōsaku Sasaki à Bonn. Selon Yosano, c'est cet épisode qui lui donne envie de s'engager en politique dès son retour au Japon K. YOSANO, 私の通ってきた道 - Vol. 4 : 政界入り前夜, « 思わぬことから政界へのファースト・コンタクト », site officiel de Kaoru Yosano, 11/1992.
Carrière politique
Carrière parlementaire
Assistant de Nakasone et premières tentatives électorales (1968-1976)
Kaoru Yosano démissionne de la JAPC en 1968 pour devenir un collaborateur de Yasuhiro Nakasone. Celui-ci dirige désormais (depuis 1966) sa propre faction au sein du PLD, la , l'un des principaux groupes internes au parti, de tendance conservatrice (voire traditionaliste) sur le plan fiscal, social et sociétal, et libéral sur le plan économique, et fortement opposé au Premier ministre Eisaku Satō puis à son successeur Kakuei Tanaka. Yosano est donc secrétaire particulier de Nakasone lorsque celui-ci est ministre des Transports (de à ) puis directeur de l'Agence de la Défense (de à ).
Il quitte le bureau de Nakasone en 1971 afin de se présenter pour les prochaines élections législatives (qui sont finalement organisées le ) dans l'ancien électoral de Tōkyō, qui comprend les arrondissements de Chiyoda, Minato et Shinjuku. Cette circonscription envoie à cette époque trois députés élus au vote unique non transférable. Les partis d'opposition (surtout le PSJ, le PDS et le Kōmeitō, mais aussi le PCJ) y sont bien implantés. Yosano est fermement soutenu par la faction Nakasone et obtient l'investiture du PLD aux côtés de l'unique député sortant de ce parti, Ei'ichi Tanaka (71 ans, élu depuis 1958). Le jour du scrutin, Yosano est battu, avec et 14,05 % des suffrages exprimés, soit la cinquième place. Il arrive derrière le communiste Yojirō Konno, l'autre candidat libéral-démocrate (et député sortant) Ei'ichi Tanaka, le socialiste Kiyomasa Satō et la sortante Kōmeitō Michiko Watanabe , sur le site www.senkyo.janjan.jp.
À la suite de cet échec, il passe les quatre années suivantes à parcourir les trois arrondissements constituant l'ancien de Tōkyō pour s'y faire connaître et tenter à nouveau sa chance lors des législatives suivantes. Celles-ci ont lieu le . Dans un contexte marqué par l'éclatement de l'affaire Lockheed (scandale politico-financier impliquant Kakuei Tanaka, ancien Premier ministre et homme fort du PLD dans les années 1970), Kaoru Yosano bénéficie pour autant de son appartenance à la faction Nakasone qui a toujours été critique à l'égard de Kakuei Tanaka et d'une certaine notoriété locale désormais qui n'est plus concurrencée par celle d'Ei'ichi Tanaka puisque celui-ci a décidé de se retirer de la politique. Yosano est ainsi élu, en obtenant cette fois le deuxième meilleur score avec votes (18,39 %), derrière le candidat indépendant (et ancien député PDS de cette circonscription de 1963 à 1972) Yoshikata Asō et devant le second candidat du PLD Yūji Ōtsuka (choisi par Ei'ichi Tanaka pour lui succéder). C'est la première fois depuis le passage de quatre à trois sièges à pourvoir dans l'ancien de Tōkyō en 1967 que le PLD y obtient deux députés , sur le site www.senkyo.janjan.jp.
Une assise électorale incertaine (1976- )