George Grosz, né Georg Ehrenfried Groß le à Berlin et mort dans la même ville le , est un peintre et caricaturiste allemand. Il est un membre important du mouvement Dada ainsi que de l'aile gauche du mouvement de la Nouvelle Objectivité.

Biographie Période allemande Admis en 1909 à l'Académie royale des arts de Dresde (Königlichen Kunstakademie Dresden), il entre ensuite en 1912 à l'Institut d'enseignement du musée des Arts décoratifs de Berlin où il est élève d'Emil Orlik (1870-1932).

Enrôlé dans l'armée comme volontaire le (à ), il sert d'abord dans le de grenadiers de la Garde « empereur François », puis est muté le au Premier bataillon de réserve du même régiment avant d'être libéré momentanément de ses obligations militaires le . La raison officielle de cette réforme argue d'une infection des sinus, bien qu'il soit resté quelque temps dans un hôpital psychiatrique militaire. Il écrit « La guerre était pour moi l'horreur, la mutilation et l'anéantissement ».

En tant qu'opposant strict à la guerre, pour se défaire de la connotation allemande de son patronyme, en 1916 il modifie officiellement son état-civil en rajoutant un « e » à la fin de son prénom et en modifiant le « ß » de son nom en « sz »Au même moment, son ami l'artiste Helmut Herzfeld anglicise son nom en John Heartfield.. En choisissant un nom à consonance anglaise, il a voulu émettre un signal contre le sentiment anti-anglais. Probablement à l'instigation d'Emil Orlik, il collabore avec un dessin satirique (Bei Siechen, Wieland, n° 49-52, ), sous le nom d'Ehrenfried, son second prénom, au magazine de propagande de guerre fondé en 1915 par Bruno Paul : Wieland.

Le , il est hospitalisé à Guben, près de Berlin, pour une rechute de sinusite, puis transféré dans un hôpital psychiatrique à Görden, près de Brandebourg. En avril, il est définitivement réformé.

Adhérant aux idées communistes du en 1918 et participant à l'insurrection spartakiste, Grosz est arrêté en . Il parvient à s'échapper grâce à de faux papiers d'identité. Avec Heartfield, il rejoint le Parti communiste allemand (KPD). Il participe aux revues politisées berlinoises comme Der blutige ErnstDer blutige Ernst, de John Höxter (Hg., N° 1 et 2), Carl Einstein (Hg., N° 3 à 6), George Grosz (Hg., N° 3 à 5, illustrateur), N° 1 à 6, 1919 ou Die Aktion. Son antimilitarisme et son engagement pour un art prolétaire lui causent des démêlés avec la justice : revues saisies ou interdites de parution, puis au cours de la Première foire internationale Dada de Berlin, condamnation pour insulte envers l'armée impériale, censure de recueils de gravures comme « Gott mit Uns »Traduction française « Dieu avec nous ». Cette devise de l'armée allemande était notamment inscrite sur la boucle de ceinturon des militaires. (été 1920).

Baptisé « Maréchal Propagandada », Grosz organise avec Raoul Hausmann et Heartfield la Première foire internationale Dada à Berlin, le . Il publie à cette occasion Ecce Homo. Il y pratique l'exagération caricaturale et montre avec vérisme, l'état du monde de l'après-guerre. Les saynètes de la vie privée de la bourgeoisie allemande et de ses vices se télescopent aux scènes de rue hantées par les mutilés de guerre. Ce recueil lui vaut censure et amende de six cents marks pour « outrage aux bonnes mœurs ».

Il emprunte aux futuristes et aux dadaïstes, la représentation dynamique et fiévreuse des grandes villes, en particulier dans son œuvre emblématique (1917)Oskar Panizza (1853-1921) est un écrivain allemand.. En 1922, il effectue un périple avec Martin Andersen Nexø qui le mène au Danemark, en Norvège, en Finlande, à Mourmansk en Carélie pour se terminer en Union soviétique (Saint-Pétersbourg puis Moscou). Il s'entretient en audience au Kremlin avec Lénine et Trotski., rencontre également Lounacharski, Karl Radek et Zinoviev. Ce voyage renforce sa méfiance contre toute autorité dictatoriale et l'amène à quitter l'année suivante le parti communiste.

En 1924, il devient président du Groupe rouge, l'association des artistes communistes. Son dessin Ferme-la et continue de servir représentant un Christ crucifié en habit militaire, publié dans l'hebdomadaire satirique communiste Der Knüppel (La Matraque) lui vaut une nouvelle peine de prison de deux mois et d'amende pour blasphème.

Période américaine Anti-nazi, Grosz quitte l'Allemagne en 1932. Invité à enseigner l'art à l'Art Students League de New York en 1933, il y travaille de façon intermittente jusqu'en 1955. Il devient citoyen des États-Unis en 1938. Son style s'édulcore et verse dans un romantisme sentimental. Ce changement est généralement considéré comme un déclin.

Dans les années 1950, il ouvre une école d'art chez lui, tout en travaillant pour le centre d'art de Des Moines. En 1954, il est élu à l'Académie américaine des arts et des lettres.

Retour en Allemagne En 1959, il choisit de retourner à Berlin, où il meurt le , victime d'une chute dans les escaliers, après une nuit de beuverie. Il est inhumé à Berlin au Waldfriedhof Heerstraße.

Vie familiale et privée vignette|Christian von Holst présentant de George Grosz. Photographie de la Staatsgalerie Stuttgart. Lors d'une cérémonie de mariage dada, George Grosz se marie le avec Eva Peter, née à Berlin le , qu'il appela amoureusement Daum ou Maud. Le couple s'installe provisoirement Belle-Alliance-Strasse 21 avant d'emménager dans leur propre maison Hohenzollerndamm 201 à Berlin-Wilmersdorf. Il a représenté son mariage dans .

Leur premier fils, Peter Michael, naît le . Leur deuxième fils, Martin Oliver, né le , connu sous le nom de , est un guitariste, banjoïste et chanteur de jazz.

Citation L'artiste d'aujourd'hui, s'il ne veut pas tourner à vide, être un raté passé de mode, ne peut choisir qu'entre la technique et la propagande pour la lutte des classes. Dans les deux cas, il doit abandonner l'art pur.

Œuvres

Œuvres littéraires

Expositions

2013 : musée Félicien-Rops, en collaboration avec la Maison de la culture de Namur qui présente les œuvres d'Otto Dix et de Dirk Braeckman (du au ) 2014 : Marseille, vieille charité. Exposition Visages, au .

Musée consacré à George Grosz Le , un musée dédié à George Grosz appelé « Das kleine Grosz Museum » a ouvert à Berlin dans une ancienne station-service Shell des années 1950...

Notes et références

Annexes Bibliographie

. . Ralph Jentsch, George Grosz, l'œil de l'artiste, Paris : Société nouvelle Adam Biro, 2002. Beth Irwin Lewis, George Grosz, Art and Politics in the Weimar Republic, London, Madison, 1971. Salomo Friedlaender, George Grosz, Dresden : , 1922. M. Kay Flavell, George Grosz: a biography, New Haven ; London : Yale University Press, 1988 . Peter-Klaus Schuster, George Grosz : Berlin - New York, Berlin : Ars Nicolai, 1995, 2. Auflage (Ausstellung : Berlin, Neue Nationalgalerie, 21. Dezember 1994 bis 17. April 1995 : Düsseldorf, Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, 6. Mai bis 30. Juli 1995 : Stuttgart, Staatsgalerie, 7. September bis 3. Dezember 1995. Die Ausstellung wird veranstaltet von der Nationalgalerie und dem Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin - Preußischer Kulturbesitz, in Verbindung mit der Stiftung Archiv der Akademie der Künste, Berlin).

Liens externes

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