Le musée Ingres Bourdelle, anciennement musée Ingres, est un musée d'art et d'archéologie installé dans l'ancien hôtel de ville, qui fut le palais épiscopal des évêques de Montauban, construit au en France.

Après un vaste chantier de rénovation et de modernisation, le musée Ingres Bourdelle rouvre ses portes en . Seul musée consacré à Jean-Auguste-Dominique Ingres au monde, il abrite une importante collection de dessins, de peintures d'Ingres et de sculptures d'Antoine Bourdelle.

Historique

De la guerre de Cent Ans au Alors que Montauban est aux mains des Anglais pendant la guerre de Cent Ans, le prince de Galles, Édouard Plantagenêt, décide la construction d'un château. Surnommé le Prince noir, il laissera son nom à la partie basse du musée qu'il a fait construire : la salle du Prince noir. Cité forte protestante pendant les guerres de religion, les huguenots renforcent les fortifications de la ville. Mais après la reprise de la ville par Richelieu, les fortifications sont abattues et le château détruit. Le site devient un terrain vague.

Peu de temps après, l’évêque Pierre de Bertier décide la construction d'un palais épiscopal de style classique sur les ruines de l'ancien château du Prince noir. L'édifice acquiert sa forme définitive avec en partie basse la salle médiévale du Prince Noir et en partie haute l'hôtel de style classique, le tout en brique, seul matériau disponible en abondance dans la cité montalbanaise. La construction du palais épiscopal va de pair avec la construction de la nouvelle cathédrale et vise à ré-instaurer durablement le catholicisme sur cette ancienne cité protestante..

Après la Révolution et la confiscation de l'hôtel épiscopal par les révolutionnaires, celui-ci devient l'hôtel de ville, puis est affecté à la fin du à un musée. En effet, en 1851, Jean-Auguste-Dominique Ingres donna à la ville une partie de ses collections, copies, travaux d'élèves, vases grecs. La salle Ingres fut inaugurée en 1854. La mort d'Ingres le conduisit à l'enrichissement du musée constitué par le fonds d'atelier du peintre, notamment plusieurs milliers de dessins.

Le palais épiscopal fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par arrêté du ..

Alors que la Seconde Guerre mondiale se prépare, un grand nombre d’œuvres quittent le musée du Louvre pour être cachées. C'est ainsi que le musée Ingres a servi temporairement de cachette pour La Joconde et un grand nombre d'œuvres du Louvre.

Un remaniement profond, conduit de 1951 à 1958, fit du musée Ingres un établissement moderne selon les conceptions de l'époque, et pourvu d'inventaires jusqu'alors inexistants.

, le musée Ingres Bourdelle

Agrandi, modernisé et digitalisé, le musée se déploie désormais sur avec de nouveaux espaces, une accessibilité renforcée, une nouvelle muséographie, un cabinet de conservation abritant les dessins d'Ingres, un étage entier consacré à l’œuvre d'Antoine Bourdelle, des salles pour les expositions temporaires. Le musée Ingres a profité de sa mue pour changer de nom et devenir le musée Ingres Bourdelle, rendant ainsi hommage aux deux artistes que la ville a vus naître. Il existe d'autres lieux qui rendent également hommage à Antoine Bourdelle, tel que le Musée Bourdelle de Paris ou encore le Musée-jardin Bourdelle d'Égreville.

Après 36 mois de travaux et un investissement de 13,1 millions d'euros, le musée Ingres Bourdelle rouvre ses portes au public le . La rénovation est confiée à l'agence d'architecture Bach N'Guyen.

Le musée est agrandi par la restitution du du corps central, l'ouverture au public d'un pavillon du et la création d'un espace d'accueil dans la cour, augmentent les surfaces accessibles au public de plus de , soit plus de 30% de surface supplémentaire.

Le musée devient plus accessible avec la création de deux ascenseurs afin de faciliter l'accessibilité et la circulation dans le musée des personnes et des œuvres. Il y a maintenant un espace réservé à l'accueil des groupes.

De nouveaux services et espaces sont proposés avec une salle de conférence-auditorium, un salon de thé et une librairie-boutique. Un cabinet d'arts graphiques ouvert au public permet de conserver les fonds graphiques du musée.

Les espaces d'expositions permanentes et temporaires ont été entièrement repensés et réaménagés pour mettre en valeur les œuvres exposées et offrir aux visiteurs un parcours plus fluide au milieu des collections.

Collections thumb|Portrait de Stéphanie Van Parys assis - Antoine Bourdelle. dessins, 44 peintures, un violon, ainsi que ses collections personnelles et sa documentation, tel est le patrimoine du musée de Montauban autour d'Ingres. Installé dans un édifice classé aux monuments historiques au cœur de Montauban, le musée abrite le legs de Jean-Auguste-Dominique Ingres, l'enfant prodige du pays. Créé au début du et consacré à Ingres à la suite du legs du maître en 1867, le musée rouvre ses portes après trois ans de travaux sur une collection allant bien au-delà des deux artistes dont il porte le nom.

Outre les œuvres d'Ingres et de Bourdelle, le musée possède également une collection de peintures de la Renaissance à l'époque moderne, autrefois collection des évêques de Montauban, et plusieurs pièces d'archéologie locale datant de l'Antiquité ou du Moyen Âge..

Sous-sols

Le premier sous-sol (niveau -1) rend hommage au sculpteur Antoine Bourdelle, représenté dans toutes ses périodes par des marbres, bronzes, plâtres, par des maquettes et œuvres achevées. Le musée de Montauban permettent de parcourir toute l’œuvre de l'artiste, depuis ses débuts, illustrant ses premiers pas de jeune sculpteur à Montauban, Toulouse puis Paris jusqu'à la fin de sa carrière, autour d'un ensemble unique par sa richesse et diversité. Salle du four Deux œuvres du sculpteur Joseph Bernard, et une de Camille Claudel.

D'Antoine Bourdelle

La Douleur ou Femme prosternée au pied d'une croix, Plâtre de 1887. Don d'Athénaïs Mialaret veuve Michelet en 1899. Jeunesse (Masque) plâtre de 1898 avec les visages de Suzanne Marcel et de Judith Cladel (Biographe de Rodin et fille de l’écrivain Léon Cladel);Le Baisé, marbre; Violettes et roses 1894 - Marbre; Un plâtre à patine bronze La rieuse dite Rieuse à la belle chevelure de 1883. Œuvres autour de Beethoven dont: un buste en plâtre, version réduite de l'exemplaire en bronze dit du : Metropolitan Musemum pour la tête et du Beethoven aux grands cheveux de 1891 pour l'inscription. Il y a une dédicace à Julien et Marcelle Tinayre respectivement graveur et romancière; Un chapiteau en bronze (Godard fondeur) fait entre 1924 et 1925 intitulé Tête aux raisins; Un Beethoven aux grands cheveux plâtre de 1891. La Colonne Roland 1898 œuvre en bronze. Cette œuvre résulte de l’assemblage de trois études réalisées par Bourdelle pour le monument aux morts de la guerre de 1870 à Montauban. La Nuit de face 1904 - Bronze. Allégorie de la nuit, période où Bourdelle encore très influencé par Rodin, livre des œuvres aux contours heurtés et chaotiques. Des traces de doigts ou d'outils ont été laissés volontairement sur la surface de l'œuvre. Tête d'adolescente 1890 - Bronze. Femme sculpteur au repos, 1905-1908 - Bronze. Bourdelle a épousé en secondes noces une de ces élèves d'origine grecque : Cléopâtre Sévastos. Elle servira de modèle dans de nombreuses œuvres. Cette œuvre fait le pendant avec La femme sculpteur au travail de 1906 du musée Bourdelle de Paris. Paysanne à l'enfant, 1910 - Bronze. L'œuvre a été inspiré à Bourdelle par les paysannes du Quercy qui portaient plusieurs jupes et jupons superposés. Elles avaient pris l'habitude de relever la jupe du dessus et de s'en couvrir la tête pour se protéger.

Salle des portraits D'Antoine Bourdelle Buste en terre cuite de 1883, d'Émile Pouvillon, écrivain français né le à Montauban et mort le à Jacob-Bellecombette près de Chambéry. Buste du professeur Rousset en plâtre patiné vers 1883. Professeur et ami d'Antoine Bourdelle comme le rappelle la dédicace gravée sur le socle « A mon vieux maître et ami Monsieur Rousset. Hommage respectueux et reconnaissant. Emile Bourdelle. » Buste du compositeur Armand Saintis, en bronze de 1883-84. Armand Saintis compositeur montalbanais (1922-1894), connu pour son ode La Montalbaneso, reste très populaire dans la culture occitane. Ce buste a été exposé de 1929 à 1937 dans le square de la préfecture de Montauban avant de rentrer dans les collections du Musée. Tête d'enfant dit l'enfant de Montauban entre 1885 et 1886, terre cuite. Rembrandt vieux ou La Fin de Rembrandt - Bronze entre 1909 et 1910. Très impressionné par la peinture de Rembrandt à l'occasion d'un voyage à Bruxelles, Bourdelle à son retour a sculpté cette œuvre. Elle est restée propriété de sa fille (Rodia Dufet-Bourdelle) qui l'a déposé au musée de Montauban en 1974 et l'a léguée en 2002. Sir James George Frazer (1854-1941) - Bronze 1922. Le plâtre original a figuré à l'exposition de la société nationale des beaux-arts en 1922. Buste de Krishnamurti - Bronze 1922. Bourdelle a rencontré le philosophe hindou Jiddu Krishnamurti en 1925 grâce à son amie Marie Bermond, peintre et philosophe (le musée conserve une terre cuite en rapport : MI.53.8.8 Buste de Krishnamurti). Buste du père de Bourdelle - Plâtre patiné Buste de Rodin - Terre cuite. Exposé au Salon de 1910 Buste de Coquelin Cadet en mascarille, 1891 - Terre cuite. Le buste a été exposé à Paris (Salon de la SNBA), 1891 et à Paris (Salon du Champ de Mars), 1891. Il représente le comédien Coquelin Cadet en mascarille valet de comédie. Buste d'Auguste Quercy, 1911 - Plâtre patiné. Auguste Quercy félibre et poète occitan, a soutenu Bourdelle pour le monument aux morts de Montauban. Plâtre exposé à Paris (Salon d'Automne), 1911 (n°191). Buste de Madame Michelet, 1899 - Marbre. Réalisé en trois jours, de mémoire, après le décès subit de Michelet. Le buste a été exposé à Paris (Salon de la SNBA), 1899. Buste du Docteur Molinié, 1906 - Marbre. Médecin marseillais ami de Bourdelle qui au dos du buste a gravé cette dédicace : Au docteur J. Molinié / Nous déchiffrons très peu du destin qui nous mène. Mais avertis ou non nous suivons notre loi. / Vous ami simplement vous mettez votre joie / A restreindre le champ de la souffrance humaine. / E.A. Bourdelle / Massilia 1906. Buste de François Moulenq, 1894 - Plâtre. Commande de la Société archéologique de Tarn et Garonne ; Bourdelle réalisa deux versions : une pour le musée Ingres et une autre plus petite en patiné en ton terre cuite pour la mairie de Valence d'Agen. François Moulenq (1814-1892) fut secrétaire perpétuel de la Société archéologique du Tarn-et-Garonne. Portrait de Léon Cladel, 1894. Monument commandé à Bourdelle par le comité Cladel à la mort de l'écrivain en 1892 ; inauguré en 1894 sur l'ancien square de la préfecture à Montauban puis déposé depuis 1937 au musée Ingres. Buste d'Emile Garrisson, 1885 - Bronze. Personnalité montalbanaise et beau-père de François Moulenq, tous deux amis de Broudelle. Buste de la marquise de Mari, 1887 - Marbre. Mécène de Bourdelle, l'œuvre a été exposé au Salon de Paris de 1887. Buste d'Achille Bouïs, 1882 - Terre cuite. Achille Bouïs fut l'un des professeurs de Bourdelle, conservateur du musée Ingres de 1889 à 1914 et photographe.

Salles de l’Héraclès Plâtre original patinée en brun clair, du bronze exposé au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts en 1910, n°723. Plâtre original resté dans l’atelier de Bourdelle jusqu’à sa mort. L’œuvre a été donné par sa veuve Cléopâtre Bourdelle au musée de Montauban en 1953. thumb|upright 1.2|center

Télémaque reçu à Pylos par Nestor, plâtre original, réalisé pour le Grand Prix de Sculpture de l'École des Beaux-Arts de Toulouse ( prix), en 1883 La première victoire d'Hannibal, pâtre original, exposé au Salon de Paris 1885, acquis par la Marquise de Mari, et offert au Musée de Montauban la même année.