Claude-Antoine Prieur-Duvernois dit « Prieur de la Côte d'Or », né le à Auxonne (Côte-d'Or), mort le à Dijon, comte Prieur-Duvernois, est un officier du génie qui exerça des responsabilités considérables au cours de la Révolution française. Il est l'un des cofondateurs de l'École polytechnique. Il a fait adopter le système métrique.
Biographie Il est le fils unique de Noël Antoine Prieur, « receveur des finances du bailliage de Dole » et d'Anne Millot.
Par son aïeul maternel Jacques Millot de la Craye, il est parent du chimiste Guyton de Morveau qui appuie sa demande d'entrée dans l’École royale du génie de MézièresClémence Peyrot et Olivier Azzola, « Les archives de/sur Guyton à l’École polytechnique », Bulletin de la Sabix [En ligne], 60 | 2017, mis en ligne le 27 juillet 2018, consulté le 18 avril 2020. URL : http://journals.openedition.org/sabix/2148. Il devient officier du génie militaire. Il se fait connaître par d'importants travaux scientifiques avant la Révolution.
Il est élu député de la Côte-d'Or à l'Assemblée législative en 1791. Il paraît peu à la tribune, travaillant davantage dans les comités.
Il est réélu député à la Convention en 1792. Il vote la mort du roi, écarte l'appel au peuple et refuse le sursis. En tant que représentant en mission, il fait des tournées d'inspection technique à l’Armée du Rhin et dans les ports, de Lorient à DunkerqueSes rapports d'inspection ainsi que ceux qu'il rédigea en 1794 lors d'inspections de l'Armée du Nord sont conservés aux Archives nationales sous les cotes AB XIX 4268 et 4269 (voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle).. Il se trouve à Caen lors de la proscription des Girondins () et est retenu comme otage au château de Caen. La débâcle fédéraliste de Vernon () lui rend la liberté.
Dès son retour à Paris, il devient membre du Comité de salut public (). Après Louis Antoine Léon de Saint-Just, il était le plus jeune membre de ce Comité. Il s'entoure d'une élite de savants et de techniciens. En étroite collaboration avec Lazare Carnot, il se consacre entièrement à l'organisation des fabrications de guerre : armements, hôpitaux et récupération du salpêtre pour la fabrication de la poudre à canon.
Il participe avec Lazare Carnot, Gaspard Monge, Jacques-Élie Lamblardie et quelques autres à la création de l'École polytechnique. Pendant 5 ans, de 1793 à 1798, il protège efficacement la nouvelle École contre plusieurs attaques politiques, ce que confirme l'historien et biographe de Prieur, Georges Bouchard : vignette|Tombe de Prieur de la Côte-d'Or au Cimetière des Péjoces. Épargné par les Thermidoriens, il échappe de justesse à l'arrestation en mai 1795. Il fait adopter l'unification du système métrique et l'usage du calcul décimal.
Il est élu au Conseil des Cinq-Cents où il siége jusqu'à .
Après le 18 brumaire an VIII (), il se retire de la vie publique. Il fonde à Dijon une manufacture de papiers peints, ce qui lui permet de vivre paisiblement en gagnant largement sa vie.
Il est créé comte d'empire en 1808, en même temps que les autres fondateurs de l'École polytechniqueGaspard Monge, Joseph-Louis Lagrange, Antoine-François Fourcroy et Claude-Louis Berthollet ont été anoblis en même temps. Lazare Carnot refusa le titre de comte en 1808 et l'accepta en 1815. Louis-Bernard Guyton-Morveau s'est plaint d'avoir été oublié sur la liste et fut anobli par la suite. Voir : .
En 1811, il prend sa retraite de l'armée avec le grade de chef de brigadeD’après Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (A.Robert et G.Cougny). (colonel), confirmé par Napoléon pendant les 100 jours de 1815. Il s'installe à Lyon, où il dirige une imprimerie et mène une vie de . En 1813, Guyton de Morveau le choisit pour aider son épouse et exécuteur testamentaire à classer ses archives et sa bibliothèque avant de les remettre à ses héritiers.
Éloigné de la politique, Prieur n'est pas inquiété à la Restauration quand la plupart des régicides sont bannis.
Il meurt à l'âge de soixante-huit ans, célibataire et sans descendance, et est enterré au Cimetière des Péjoces.
Le Lycée Polyvalent Prieur de la Côte d’Or situé à Auxonne est nommé ainsi en hommage à Claude-Antoine Prieur-Duvernois.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Paul Gaffarel, Prieur de la Côte-d'Or, Dijon, Librairie Noury, 1900, 354, . Paul Destray, Notes sur Prieur de la Côte d'Or et sa famille, extrait des Mémoires de la Société bourguignonne de géographie et d'histoire, 26, pagination factice 274 à 285, Dijon, Imprimerie Eugène Jacquot, 1910. Paul Arbelet, « La jeunesse de Prieur de la Côte d'Or », Revue du dix-huitième siècle, Paris, Hachette, 1918. Paul Arbelet, « Prieur de la Côte d'Or, Ministre des munitions », Revue politique et littéraire, revue bleue, , 14-18, Paris, 1918, lire en ligne. Paul Arbelet, « Prieur de la Côte d'Or. Révélations sur le Comité de salut public (fragments) », Revue politique et littéraire, revue bleue, , 18-19, Paris, 1918, lire en ligne. Paul Arbelet, « Prieur de la Côte d'Or. Révélations sur le Comité de salut public II », Revue politique et littéraire, revue bleue, , 76-80, Paris, 1918, lire en ligne. . Nicole et Jean Dhombres, Naissance d'un nouveau pouvoir : sciences et savants en France, 1793-1824, Paris, Payot, 1989, . Emmanuel Grison, Prieur de la Côte d'Or (1763-1832), Dijon, 1991. Camille Richard, Le Comité de Salut public et les fabrications de guerre sous la Terreur, Paris, F. Rieder et cie, 1921. Claude Speranza, La science & l'arsenal ou Quelques aspects de l'héritage historique du Lycée Prieur de la Côte-d'Or relatifs aux sciences et aux techniques du Siècle des Lumières, Association Auxonne-Patrimoine, 1998. Emmanuel Grison, « Claude-Antoine Prieur », Bulletin de la SABIX, , . Voir aussi Prieur et les attaques contre l'École polytechnique, Bulletin de la SABIX . Claudine Billoux, « Le fonds « Prieur de la Côte d'Or » ou les tribulations d'un « Trésor » ... Archivistique - Quelques acquisitions récentes de pièces d’archives par la SABIX et la Bibliothèque de l'École polytechnique », Bulletin de la SABIX, , 1991, .
Articles connexes Liste des députés de la Côte-d'Or Politique dans la Côte-d'Or Maison du poids du Roi
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