Le Conseil national de transition ou CNTen arabe : المجلس الوطني الانتقالي, al-Majlis al-Waṯanī al-intiqālī, en berbère : Amqim n wamur n Libya est une autorité politique de transition créée lors de la révolte libyenne, le , pour coordonner les différentes villes de Libye tombées aux mains des insurgés et conduire le combat contre le régime de la Jamahiriya arabe libyenne dirigé par Mouammar Kadhafi. Après la chute de ce régime, il conduit la transition devant mener à l'élection d'une assemblée et la rédaction d'une constitution. Son rôle s'achève le , quand il transmet le pouvoir au Congrès général national libyen issu des urnes.
Origine
Contexte initial
Après le renversement par des mouvements populaires des dirigeants de la Tunisie et de l’Égypte, ses voisins immédiats à l'ouest et à l'est, la Libye connaît à son tour, à partir de , des révoltes contre le régime de la Jamahiriya. Le , les troubles atteignent Tripoli et à la fin du mois la majeure partie de la Libye échappe à l'autorité de Mouammar Kadhafi, le dirigeant du pays depuis 1969, et se trouve sous le contrôle des forces d'opposition, comme notamment dans l'Est de la Libye, Benghazi, la seconde ville du pays et port important. Ces forces d'opposition commencent à s'organiser en un gouvernement actif.
Première tentative de former un gouvernement
Le , les principaux chefs de l'opposition, les anciens officiers militaires, les chefs tribaux, les universitaires et les hommes d'affaires tiennent une réunion dans la ville de El Beïda. Elle est présidée par l'ancien ministre de la Justice, Moustafa Abdel Jalil, qui a fait défection du gouvernement quelques jours auparavant.. Les délégués insistent sur l'importance de l'unité nationale de la Libye et confirme que Tripoli est la capitale du pays. Ils examinent les propositions de l'administration d'intérim et beaucoup de délégués demandent une intervention des Nations unies en Libye. Le drapeau hissé lors de la réunion est celui datant de la monarchie libyenne..
Le , la chaîne Al Jazeera signale que des discussions ont lieu entre des « personnalités de l'Est et de l'Ouest de la Libye » pour former un gouvernement d'intérim pour l'après-Kadhafi. Le lendemain, le processus visant à former un organe d'intérim se poursuit à Benghazi.. M. Abdel Jalil déclare que « Kadhafi portait seul la responsabilité des crimes qui avaient été commis » en Libye, il insiste aussi sur l'unité de la Libye et sur le fait que Tripoli est la capitalehttp://www.lse.co.uk/FinanceNews.asp?ArticleCode=77c8l0riig2uluz&ArticleHeadline=Ex_Libyan_minister_forms_interim_govtreport. Les efforts pour former un gouvernement d'opposition sont notamment soutenus par l'ambassadeur libyen aux États-Unis, Ali Suleiman Aujali . Le vice-ambassadeur libyen aux Nations unies, Ibrahim Omar Al Dabashi, déclare qu'il soutient « en principe » le nouveau gouvernement.
Établissement Selon l'intention de ces fondateurs, le Conseil national de transition créé le doit être « le visage politique de la révolution ». Sa mise en place est annoncée par son premier porte-parole, l'avocat spécialisé dans les droits de l'homme Abdel-Hafiz Ghoga lequel précise que le Conseil national n'est pas un gouvernement provisoire. Il ajoute que celui-ci ne contacte pas de gouvernements étrangers et ne leur demande pas d'intervenir. Il explique ensuite qu'une frappe aérienne mandatée par les Nations unies ne serait pas considérée comme une intervention étrangère.
Le , Abdelhafez Ghoqa annonce que le Conseil fusionne avec le gouvernement provisoire de l'ex-ministre de la Justice Moustafa Abdel Jalil. Ce dernier devient le président du Conseil national de transition et Abdel-Hafiz Ghoga le vice-président. Il entre officiellement en fonction le .
Un journaliste britannique d'Al Jazeera à Benghazi rapporte qu'aucun véritable gouvernement d'intérim ne sera formé avant que Tripoli ne soit sous le contrôle de l'oppositionRapporté sur la chaîne Al Jazeera English par Hoda Abdel-Hamid..
Formation d'un Comité exécutif Le , le Conseil établi un Comité exécutif pour agir en tant que gouvernement de transition pour la Libye. Mahmoud Jibril fut nommé président de ce Comité en indiquant que le CNT serait dès lors le « corps législatif », et le nouveau Comité exécutif servirait « d'organe exécutif » .
Buts et objectifs
La déclaration de fondation de Conseil national de transition établit que les principaux objectifs du Conseil sont les suivants. : assurer la sécurité du territoire national et des citoyens. coordonner les efforts nationaux pour libérer le reste de la Libye. soutenir les efforts des Conseils locaux pour travailler sur la restauration d'une vie civile normale. superviser le Conseil militaire pour assurer la réalisation de la nouvelle doctrine de la nouvelle Armée populaire libyenne dans la défense du peuple et pour protéger les frontières de la Libye. faciliter l'élection d'une assemblée constituante pour rédiger une nouvelle constitution pour le pays ; et la soumettre à un référendum. former un gouvernement de transition pour préparer la tenue d'élections libres. guider la conduite de la politique étrangère, et la régulation des relations avec les autres pays et les organisations régionales et internationales et la représentation du peuple libyen.
Dans d'autres déclarations visant à clarifier les buts de la Libye post-Kadhafi, le Conseil s'est engagé à suivre un plan en huit points pour tenir des élections libres et justes, rédiger une constitution, former des institutions civiles et politiques, défendre le pluralisme intellectuel et politique, et garantir les droits inaliénables des citoyens et la liberté de libre expression de leurs aspirations. Le Conseil a aussi souligné son rejet du racisme, de l'intolérance, de la discrimination, et du terrorisme A vision of a democratic Libya, The interim national council, The Guardian, 29 mars 2011.Statement of the TNC, released on 29 mars 2011.
De plus, l'article premier de la déclaration déclare que Tripoli est la capitale de l’État, et que l'Arabe est la langue officielle de l’État tout en garantissant les droits culturels et linguistiques des minorités ethniques ainsi que la liberté de culte des minorités religieuses.
Structure et composition
Conseil national de transition (organe législatif) Le Conseil national de transition est un organe de 31 membres qui déclare être « le seul organe légitime représentant le peuple libyen et l'État libyen ». Composé au départ de 33 membres, le nombre atteint par la suite au moins 45 avec des propositions visant à porter ses membres à 75 ou 125 .
Al Jazeera rapporte que chaque ville sous contrôle de l'opposition se voit accorder cinq sièges au Conseil et que des contacts seraient établis avec chaque nouvelle ville qui tomberait sous leur contrôle pour leur permettre de rejoindre le Conseil.
Un journaliste d'Al Jazeera anglophone à Benghazi déclara que Moustafa Abdel Jalil avait toujours un rôle de direction au sein du Conseil . Le Conseil déclara que Jalil était le chef de l'organe législatif. Le Conseil s'est réuni pour la première fois le et il a été annoncé qu'il était composé de 33 membres.. L'identité de certains membres n'a pas été révélée lors de la première réunion.
Membres Le Conseil a 45 membres dont 40 noms ont été donnés et les identités de plusieurs sont gardés secrètes pour des raisons de sécurité . +Membres connus du Conseil NomFonction(s) principale(s)Ville représentéeNotes Moustafa Abdel Jalil Président du ConseilPorte-parole Représentant de la ville d'El Beïda. Il a été secrétaire du Comité général du peuple de 2007 à 2011. Abdel-Hafiz Ghoga Vice-président du ConseilPorte-paroleReprésentant de la ville de Benghazi. Ancien président du syndicat des avocats de Benghazi. Fathi Baja Ministre des Affaires politiques Fathi Terbil Responsable de la jeunesse Militant des droits de l'homme. Omar El-Hariri Responsable des Affaires militaires Officier qui a participé au coup d'État de Mouammar Kadhafi en 1969 avant d'être emprisonné puis condamné à mort et enfin libéré. Zubiar Ahmed El-Sharif Représentant des prisonniers politiques Salwa Fawzi El-DeghaliReprésentantes des femmes et Affaires légales Abdullah Al-MayhoubRégion de Al Qubah Ahmed Al-Abbar Responsable de l'Économie Ashour BourashedReprésentant de la ville de DernaUthman MegrahiReprésentant de la région de BoutnanSuleiman FortiaReprésentants de la ville de MisrataMohamed Al-MuntasirFawzy Abdel Ali Ibrahim Bin Ghashir Abdel Megid Seif El-Nasr Ville de Sebha Hassan Ali al-Dirwai Ville de Syrte Hassan Mohammed al-Saghir Ville d'Al-Shati Farhat El-Sharshare Ville de Sorman Mustapha El-Salheen El-Huni District d'Al Djoufrah Mohamed El-Sa’eh Ali Qlma Mohamed Ali Ville de Mourzouq Abdel Naset Abu Bakr Naama Ville de Tarhounah Abdel Razeq Mukhtar Ville de Tripoli Abdel Razaq Abdel Salam Al Aradi El-Sadeeq Amr Al-Kabeer Alamin Belhaj Mohamed Nasr El-Hareezi Khaled Mohamed Nasrat Ville de Zaouïa Emad Nour El-Din Naseer Salem Qnan Ville de Nalout Khaled Ali Zakri Ville de Giado Abdullah El-Turki Ville de Zintan Ahmed Miftah Hassan El-Zouwi Ville de Koufra Othman bin Sasi Ville de Zouara Moussa El-Kouna Ville de Ubari Taher Salem Theyab Ville de Al Marj Mohamed Zein El-Abdeen Ville de Baten El Jabl Ali Al-Manea Ville de Ghadamès Idris Abu Fayed Ville de Gharyan Mubarak El-Fatmani Ville de Bani Walid
Comité exécutif La première réunion du Conseil se tient dans un lieu secret. Il se proclame « seul représentant » du pays. Le même jour, il élit en son sein un « comité de crise » afin d'accélérer les prises de décisions.
Composition de mars à août 2011 Les premiers membres du Comité exécutif ont été, jusqu'en : +Anciens membres du ComitéNomFonction(s) principale(s)Notes Mahmoud Jibril Président du ComitéChef des affaires étrangères et relations internationales Ali Al-Issawi Vice-président du Comité Ancien ambassadeur en Inde qui a démissionné en février 2011 ; il est chargé des Affaires étrangères. Ahmed Hussein Al-Darrat Responsable des Affaires intérieuresResponsable des administrations locales Mahmoud Shammam Responsable des Médias Naji Barakat Responsable de la Santé Mohammed Al-Allagi Justice et droit de l'homme Hania Al-Gumati Bien-être social Abdullah Shamia Économie Ali Al-Tarhuni Finance et pétrole Anwar Al-Faytouri Transports et communications Abulgassim Nimr Environnement Atia Lawgali Culture et communauté Abdulsalam Al-Shikhy Affaires religieuses et dotation Ahmed Al-Jehani Reconstruction et infrastructure Suliman El-Sahli Éducation
Composition depuis octobre 2011 Un nouveau cabinet a été dévoilé au début du mois d', bien que tous ses membres ne fussent pas annoncés d'un coup. Parmi les membres confirmés du nouveau comité se trouvent :
+Membres du ComitéNomFonction(s) principale(s)Notes Abdel Rahim Al-Kib Premier ministre Abdelhafez Ghoqa Vice Premier ministre Jalal al-Digheily Ministre de la Défense
Composition depuis novembre 2011