thumb|Inondations à la suite du passage de Xynthia à Sainte-Marie-de-Ré sur l'île de Ré (Charente-Maritime) thumb|Dégâts sur le Remblai des Sables-d'Olonne (Vendée) thumb|Digue partiellement détruite à La Rochelle (Charente-Maritime) La tempête Xynthia est une dépression météorologique majeure, qui s'est abattue sur une partie de l'océan Atlantique puis de l'Europe et qui a balayé une grande partie de la France entre le 27 et le . L'épisode de vents violents et l'onde de tempête, du fait de la conjonction avec de fortes marées (coefficient 102), et avec la pleine mer, ont provoqué une brutale et très forte submersion marine. Ce sont les départements littoraux qui furent le plus gravement affectés : principalement la Charente-Maritime et la Vendée ou certaines côtes furent dramatiquement inondées. Les régions françaises les plus fortement touchées sont le Poitou-Charentes, les Pays de la Loire, l'Aquitaine, la Bretagne et la Normandie.

Cette tempête a provoqué la mort de 52 personnes en France, dont 35 en Vendée (29 sur la seule commune de La Faute-sur-MerOuest-France du mercredi 3 mars 2010). De très nombreux dégâts matériels ont été constatés, et de nombreuses personnes ont été déplacées à la suite des inondationsInformation mise à jour sur Libération consulté le 28 février 2010...

En France métropolitaine, la tempête Xynthia est considérée comme une catastrophe naturelle des plus violentes et des plus meurtrières depuis les deux tempêtes de décembre 1999. Elle fut un profond traumatisme psychologique social, et a eu de nombreuses conséquences économiques, environnementales, et sur la mise en place de la prévention des risques naturels.

Les effets de l'événement en France

thumb|Dégâts et inondations à la suite du passage de Xynthia à Fouras (Charente-Maritime)

La conjonction de la tempête, de marées de fort coefficient (102) et de la pleine mer, conduit à la rupture de plusieurs digues dans plusieurs localités, ce qui entraîne de fortes inondations dans les départements de Vendée (La-Tranche-sur-Mer, L'Aiguillon-sur-Mer, La Faute-sur-Mer)Ouest France : La tempête a fait au moins 45 morts en France, de Charente-Maritime (Aytré, Fouras, Châtelaillon, BoyardvilleUn cataclysme en Oléron, La RochelleChâtelaillon-plage, Aytré, Angoulins, rescapés des eaux) ou de Gironde (Andernos, Cap-Ferret)Bassin d'Arcachon : Les rives sous les eaux.

Les îles d'Oléron, de Ré, d'Aix et Madame, sont particulièrement touchéesSud Ouest : La tempête débit l'Île de Ré en trois morceaux.

Sur Ré, les digues ayant cédé en plusieurs points, les communes de La Couarde, Saint-Clément-des-Baleines et des Portes-en-Ré sont en partie inondées, les villages de la côte nord, dotés de ports, subissent également l'intrusion de la mer, principalement à La Flotte ou l'on déplore deux décès. Deux chalands d'ostréiculteurs sont fortement endommagés, l'un à quai et l'autre retourné dans l'eau au port de Saint-Martin-de-Ré, les zones ostréicoles tant en mer qu'a terre sont partiellement détruites. Les passages reliant l'île principale aux presqu'îles de Loix et d'Ars sont noyés au Martray et dans les marais salants. Sur l'île, de nombreux dégâts matériels sont à déplorer et la ligne de côte, falaises et dunes, a nettement reculé..

La surcote atteint une valeur exceptionnelle de près de sur les côtes vendéennes et charentaises du fait de la conjonction de trois facteurs : de forts coefficients de marée (102, contre 77 au moment du passage de la tempête Martin en 1999)., l'influence du creusement dépressionnaire, agissant comme un « aspirateur » soulevant l'océan, et l'effet des vents de surface poussant la houle vers le littoral. Ainsi, entre La Rochelle et Rochefort, la voie ferrée qui longe le littoral de l'Atlantique a subi de gros dommages matériels contraignant à la fermeture totale du trafic ferroviaire pendant près de trois moisEn raison des conséquences de la Tempête Xynthia, la ligne Rochefort - La Rochelle étaient fermée à la circulation des trains du 28 février au 23 avril 2010. La SNCF et Réseau Ferré de France avaient annoncé que les dégâts sur les voies étaient très importants à plusieurs emplacements. En effet, près de 3 kilomètres de lignes étaient à reconstruire, notamment sur les communes d'Yves et d'Aytré. Les travaux ont duré sept semaines et ont occasionné la mise en place de bus de substitution entre les gares de Rochefort et La Rochelle pendant toute cette période. Le trafic ferroviaire a repris progressivement depuis le 23 avril 2010..

Par ailleurs, la tempête est également ressentie dans certains quartiers de Bordeaux (BastideLa Bastide avait les pieds dans l'eau) et de sa grande périphérie (Saint-Louis-de-MontferrandLa vague frappe à nouveau). Des phénomènes similaires, mais de moindre intensité, sont relevés dans les Côtes-d'ArmorDu vent, mais surtout beaucoup trop d'eau ! (Guingamp, Jugon-les-Lacs) et dans la Manche (Granville). Surpris par la brusque montée des eaux, plusieurs dizaines d'habitants se hissent sur les toits de leurs maisons et doivent être secourus par des hélicoptères de la protection civile..

Les dégâts matériels sont également importants dans certaines régions (toitures arrachées, éboulements, chutes d'arbres et dégâts des eaux notamment).

Le trafic est fortement perturbé sur plusieurs axes routiers et la frontière franco-espagnole provisoirement fermée, contraignant plus de 1200 routiers à passer la nuit sur des aires d'autoroutes dans les Pyrénées-Atlantiques et les Landes.. Les ponts reliant les îles de Ré et d'Oléron, mais aussi le pont d'Aquitaine à Bordeaux, sont momentanément fermés à toute circulation, au plus fort de la tempête. Le trafic ferroviaire à destination de Bordeaux, de La Rochelle, de Nantes, ou de Limoges, est également perturbé. (la ligne entre La Rochelle et Rochefort est hors service jusqu'à fin , la voie étant abimée). À Paris, de nombreux vols Air France sont annulés par mesure de précaution..

Aux Sables-d'Olonne (Vendée), le Remblai, qui était en travaux à ce moment-là, subit des dégâts considérables. Des glissements de terrain sont constatés, et le trottoir est détruit sur une longueur importante. Lors de la marée haute du (4 heures du matin), 30 à d'eau recouvraient la route. La piscine qui était au-dessous du niveau de la marée aux Sables est remplie d'eau.

À La Roche-sur-Yon (préfecture de la Vendée), les toits d'un lycée et de deux gymnases se sont envolés, de même que des préfabriqués.

Dans plusieurs régions comme en Bretagne., les dégâts proviennent également de la crue des rivières.

Le bilan humain et matériel en France

Un bilan humain lourd localement

vignette|gauche|Premier bilan de la tempête Xynthia en France Le bilan humain apparaît comme particulièrement élevé : la plupart des victimes ont péri du fait de la submersion marine. On dénombre 35 morts dans le seul département de la Vendée (dont 29 sur la commune de La Faute-sur-Mer), 12 dans le département de la Charente-Maritime., 2 en Loire-Atlantique, 2 dans les Pyrénées-Atlantiques, 1 dans le département des Hautes-Pyrénées et 1 dans l'Yonne.

Peu après la catastrophe, le bilan humain en France a été officiellement de 53 tués, mais après une enquête effectuée par l'Agence France-Presse auprès des autorités locales à la fin du mois de , ce nombre a été rectifié à 47 décès Tempête Xynthia : le bilan est de 47 morts et pas 53, Le Point, 25 juin 2010.

Des dégâts répartis sur une grande moitié ouest de la France Les premières estimations sur le coût de la tempête Xynthia pour les compagnies d'assurances françaises sont évaluées à 1 milliard d'euros, soit nettement moins que la tempête Klaus. Selon la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), la tempête Xynthia, coûterait « au minimum 1,2 milliard d'euros aux assureurs. ».. cette estimation a été portée à 1,5 milliard d'euros en (800 millions d'euros pour les conséquences du vent et 700 millions pour les inondations). Cette annonceBernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) devant les députés a été faite par les assureurs alors que l'État venait de mettre en place sa cellule d'indemnisation amiable pour les victimes de la tempête situées dans les zones noires. La FFSA a aussi rappelé que le remboursement se fera sur la base de la valeur de construction de la maison avant la tempête, et que les assureurs couvraient les aléas naturels de type catastrophes naturelles, « sauf les effets du vent ».

Les digues et quartiers inondés

Des brèches se sont formées dans les digues protégeant le littoral du marais vendéen, ou celles-ci ont été submergées, permettant à la haute mer d'envahir des terres situées sous le niveau des marées hautes de vives eauxLes cotes sur les cartes IGN indiquent généralement au-dessus du niveau moyen et le marnage est d'environ pour un coefficient maximum de 120. Dans ces conditions extrêmes, ces terres seraient donc recouvertes par d'eau sans les digues qui les protègent. Avec une surcote de , cela fait 3 mètres d'eau au cours de la tempête Xynthia. L'effet du courant a accentué les brèches rapidement, provoquant de graves inondations dans des quartiers habités et occasionnant de nombreuses victimes. Ces dernières n'ont pu trouver secours dans les étages, les maisons de la région vendéenne étant souvent construites de plain-pied avec un toit à faible pente, sans aucun étage ni grenier : la seule issue pour ceux qui ont été surpris était de parvenir à s'échapper de leur maison à temps, ou à se réfugier sur le toit.

Au matin du , une soixantaine de maisons, dans les communes les plus touchées du littoral vendéen, se trouvent noyées sous plus de deux mètres d’eauXynthia, un vent de colère, sans que les plongeurs-sauveteurs ne parviennent à les visiter pour les évacuer. Certains de ces quartiers inondés derrière les digues ne connaîtront pas de retrait des eaux avant plusieurs jours (malgré les pompages mis en place par la sécurité civile), en raison des coefficients de marée qui atteindront leur pic le plus élevé dans la journée du lundi , mais aussi à cause des précipitations qui auront repris les dimanche soir et lundi matin.

Les installations portuaires La montée des eaux a fait se décrocher les pontons d'amarrage dans plusieurs ports de plaisance (dont celui des Minimes à La Rochelle., ou encore aux Sables-d’Olonne), les faisant dériver et s’agglutiner en même temps que les bateaux accrochés sur les pontons plus près des quais, voire passer par-dessus. Dans le port de La Rochelle, on retrouve des bateaux empalés au-dessus des poteaux d'amarrage de ces pontons, les passerelles d'accès sont décrochées et tombent directement dans l’eau, certains pontons sont inutilisables. Les plus petites embarcations simplement ancrées s'agglutinent sur les berges, causant des dégâts dans les coques et les quilles.

En Vendée, les chenaux entre bassins ont parfois été endommagés, ainsi que les passerelles bitumées qui les surmontent, soulevées par la pression de l'eau et des vagues.

Le réseau électrique

Au matin du , plus d'un million de foyers sont privés d’électricité., dont dans le grand ouest ( en Vendée et autant en Charente-Maritime, dans les régions du centre et en Aquitaine.. agents sont mobilisés pour rétablir le réseau, dont de nombreux d'ERDF, filiale de distribution d'Électricité de France.

+ Nombre de foyers sans électricité : Région 28 février 2010.Poitou-Charentes et Pays de la Loire Auvergne, Centres, Limousin Sud-Ouest Est Île-de-France Rhône-Alpes et Bourgogne Manche, Mer du Nord

Les voies ferrées La voie ferrée entre Saintes et La Rochelle, partiellement posée sur une digue en bordure de mer, a été endommagée, causant des annulations de trains avant réparations, puis des retards Information erronée ou incomplète concernant tempête du 28/02/2010. Les réparations nécessiteront un mois d'interruption de circulation entre La Rochelle et Rochefort La ligne SNCF La Rochelle-Rochefort fermée un mois sur le site Web Trains..