thumb|Inscription dans un réseau d'anciennes carrières sous la rue de Lübeck. Les carrières du de Paris constituent un ensemble de petits réseaux de galeries souterraines.
Contrairement aux deux plus grands réseaux de Paris, le Grand Réseau Sud et les carrières du , celles du ne sont pas reliées par un réseau unique datant du , mais éclatées en plusieurs sous-réseaux, dont le plus grand se situe sous le quartier de Chaillot. Au total, les carrières du comportent un peu plus de de galeriesLes catacombes en quelques chiffres : « Le groupe de Passy-Chaillot - arrondissement-, formé d'un grand nombre d'exploitations séparées, comprenant environ de galeries d'inspection ». 41 rues de l'arrondissement ont leur sous-sol sous-minéAuguste Doniol, « Les carrières et le sous-sol du arrondissement », Bulletin de la Société historique d'Auteuil et de Passy, , décembre 1897, p. 275..
Histoire vignette|Coupes des carrières de Chaillot, Atlas souterrain de la ville de Paris. La rue Raynouard, qui suit une courbe de niveau se trouve ainsi à flanc de coteau. Elle est percée de nombreuses cavités - aujourd'hui caves d'immeubles - dont Patrick Saletta considère qu'elles étaient des habitations troglodytiquesPatrick Saletta, À la découverte des souterrains de Paris, Société Internationale de Diffusion et d'Éditions Scientifiques, 1990, , p.60..
Du fait des fontis causés par les vides de carrières, leur exploitation a été interdite dans Paris en 1813. L'actuel n'était alors pas intramuros et des pierres à bâtir y étaient donc toujours prélevées dans la première moitié du . Lorsque les communes d'Auteuil et Passy ont été annexées par la capitale en 1860, le règlement parisien s'y est appliqué et l'exploitation a cessé.
Celliers et abris Au Moyen Âge, les coteaux de Chaillot (qui se situaient alors hors des limites administratives de Paris) étaient plantés de vignes. Le vin que l'on y récoltait, avant d'être vendu, se trouvait entreposé dans des caves dont certaines étaient d'anciennes carrières aménagées. En effet, bien que les carrières situées sur la rive droite de la Seine soient moins humides que celles de la rive gauche, elles bénéficient d'une hygrométrie plus élevée que la surface et restent à une température de , été comme hiver.
Au , une congrégation de moines s'installe à Passy : ils sont les premiers à transformer les carrières situées sous leur domaine en cave, puis en cellier. Cette vocation de stockage de vin ne s'interrompit jamais, puisque les lieux furent encore utilisés, juste après la Seconde Guerre mondiale, par le restaurant de la tour Eiffel qui y entreposa ses bouteillesGilles Thomas et Alain Clément (dir.), Atlas du Paris souterrain, Parigramme, p.61.. Depuis 1981, l’ancien cellier accueille le musée du Vin, qui retrace l’histoire et le terroir des vins françaisMusée du Vin.
Sous l’actuelle ambassade de Turquie, au 16 avenue de Lamballe, se trouve un petit réseau de galeries datant du . Ce réseau, très modeste puisqu’il ne mesure que , présente néanmoins deux particularités. Tout d'abord, il a été construit afin d'alimenter un petit aqueduc et un réservoir qui alimentait les jardins privés du seigneur de Passy. Par la suite, ce même réseau a servi de refuge lorsque Passy a été bombardé, en 1871, puis lors d'alertes aériennes en 1918Atlas du Paris souterrain, p. 62.. Parmi les anciennes maisons du quartier, nombreuses sont celles qui ont été bâties sur des vides de carrières relativement proches de la surface. Ces vides ont été par la suite transformés en caves (on dénombrerait une trentaine de ces caves pour la seule rue de Passy), et utilisés à divers usages, notamment la défense passive pendant les périodes de conflit.
Réseau Chaillot thumb|left|upright=0.7|Vue du temple chinois reconstitué dans la carrière de Chaillot, sous le palais du Trocadéro, pour l'exposition universelle de 1900. thumb|Trace indicative d'une maçonnerie réalisée dans le réseau de Chaillot. Noter, juste en dessous, l'insolite graffiti au fusain. thumb|Cette marque, tracée au fusain, rappelle l'existence de l'ancien bassin au croisement de la rue Freycinet et de la rue de Lübeck.
Sous le quartier de Chaillot s'étend un réseau d'environ . Il abrite d'anciennes carrières en piliers tournés, dont la majeure partie, remblayée ou maçonnée, a laissé place à des galeries d'inspection. L'édification du palais du Trocadéro, en 1877, a nécessité la consolidation d'1,78 ha de souterrains par massifs de maçonnerie sous le bâtiment et par remblais sous le jardin du TrocadéroAuguste Doniol, « Les carrières et le sous-sol du arrondissement », Bulletin de la Société historique d'Auteuil et de Passy, , décembre 1897, p.277..
Ce réseau, renforcé dès le Visite du , a accueilli une partie de l'exposition universelle de 1900. L'idée d'utiliser ces carrières pour y présenter une partie de l'exposition n'est pas nouvelle : en 1889, on avait proposé d'y installer un musée géologique, où les visiteurs circuleraient dans une galerie de . Le projet avait alors été rejeté. Allégé et réduit, il a été accepté pour l'exposition de 1900. Le projet fut réalisé dès 1898 par le Comité central des houillères de France de France et l'ingénieur des mines Louis de Launay en fut le commissaire. Il consistait en deux expositions distinctes : « Le Monde souterrain » et « L'exposition minière souterraine ». Dans la première, on put admirer « une mine phénicienne du ; des tombes reconstituées, égyptienne, mycénienne, étrusque ; une mine de plomb du ; un temple chinois ; des grottes ornées d'animaux préhistoriques ; une reconstitution du lac et du gouffre de Padirac. La deuxième exposition, proximale, présentait mines et techniques minières au visiteur. »Exposition universelle 16-8. Une sorte de proto-tunnel sous la Manche avait également été construit. Il consistait en une galerie dont le mur était gravé de fausses strates inclinées. De nos jours, les boiseries de la mine de charbon et les parois gravées du tunnel sous la Manche sont encore bien visibles ; le reste a subi les ravages de l'humidité ou a été pillé. Le charbon a été récupéré pendant l'OccupationBarbara Glowczewski et al., « La Cité des cataphiles : Mission anthropologique dans les souterrains de Paris », coll. Sociologies au quotidien, Librairie des Méridiens, , 1983, p.69..
Les fondations du palais de Chaillot furent pendant quelques années utilisées par La Mexicaine De Perforation, un groupe qui y organisait chaque été des festivals de cinéma. Ces rassemblements étaient clandestins ; c'est une dénonciation anonyme qui y a mis un terme à l'été 2004Lazar Kunstmann, La culture en clandestins : l'UX, p.79. La police investit les lieux le et le réseau Chaillot, tombé dans un relatif oubli au sein du grand public depuis l'exposition universelle, reçut un coup de projecteur médiatique inattendu. Bien que, selon ses créateurs, l'endroit ne contienne qu'une quarantaine de places , l'AFP évoque une salle de Voir dépêche citée dans l'article Urban eXperiment, décrite comme mesurant dans les journaux Le MondeLa Mexicaine De Perforation fait du cinéma sous le Trocadéro et Le ParisienLes catacombes abritaient un cinéma clandestin. La découverte du cinéma clandestin entraîne son déménagement, puis les rares restes de l'endroit sont brûlés et mêlés aux détritusMorkitu. Il redevient ensuite un lieu de passage pour les cataphiles. En 2006, certains d'entre eux y construisent une sorte de comptoir fait de moellons.
Outre l'ancienne exposition universelle et l'ex-cinéma clandestin, les lieux notables des carrières de Chaillot sont : La salle Z prime. Consolidée en 1845 par de grandes arches maçonnées, elle constitue un mini-complexe où l'on trouve un puisard circulaire, un puits à échelons maçonné et divers bancs ou tables réalisés par des cataphilesSalle Z prime. Son nom fait référence à la salle Z, située sous le Val-de-Grâce dans le GRS ; La salle des Carriers. C'est l'antichambre d'un escalier en colimaçon menant à l'avenue KléberSalle des Carriers ; La galerie située sous la rue Freycinet. Plusieurs plaques de liais y rappellent l'existence d'un ancien réservoir à eau, détruit à la fin du lors du percement de la rueEnclos des Réservoirs.
Autres réseaux thumb|Carrière de la rue Bassano (planche IGC, échelle 1/1000)
D'autres réseaux, très petits, se trouvent sous le : Le réseau dit de Passy, situé sous la rue du même nom et le début de la rue de la TourVisite du réseau de Passy ; L'ancienne carrière de la rue de la Tour, exploitée à ciel ouvert jusqu'au début du , devenue souterraine du fait de l'urbanisation, qui s'étend de la rue de la Pompe à la rue CortambertAuguste Doniol, « Les carrières et le sous-sol du arrondissement », Bulletin de la Société historique d'Auteuil et de Passy, , décembre 1897, p.271 et 273.. Une ancienne carrière en piliers maçonnés sous le lycée Saint-Louis-de-GonzagueAtlas du Paris souterrain, p.61. ; Sous la rue Bassano se trouve une carrière en partie remblayée, pourvue de fronts de taille intacts. Elle n'est reliée à la surface que par un puits sans échelons et mesure une taille réduite, comme il est possible de le voir sur la planche IGC ci-contre, où se trouve cartographiée l'intégralité du réseau ; Encore plus petite est la carrière située sous le lycée Gerson, constituée d'une seule salle en piliers maçonnés. Plusieurs tags anciens, tracés à la lampe à acétylène, y sont encore visibles ; Sous la rue Cortambert, un minuscule réseau contient une unique galerie de dont la hauteur ne dépasse pas . Sous la chapelle annexe de l'église Saint-Pierre-de-Chaillot se trouve un tout petit réseau au sein duquel a été consolidée une superficie de en 1887. La profondeur du réseau est de 12,50 m et la hauteur des galeries est de 5 m. Sous le presbytère de l'église Notre-Dame-de-Grâce-de-Passy, ce sont qui ont été consolidés à la même époque. La profondeur du souterrain est de 5,50 m et la hauteur du sol au ciel de 3,30 m.
Références
Voir aussi Articles connexes Carrières souterraines de Paris Urban eXperiment
Liens externes Visite du par Géos Page consacrée à la carrière de Chaillot
16e arrondissement de Paris Catégorie:16e arrondissement de Paris