La Société d'Aix est une compagnie minière qui a exploité la houille à Liévin dans le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Fondée le , la Société d'Aix effectue plusieurs sondages et avait auparavant commencé le les travaux de creusement d'une fosse d'un diamètre de à Liévin. La production est assez satisfaisante : la société produit en 1861 et en 1862, soit un ensemble de . Mais un décret impérial institue le la concession de Liévin qui interdit de fait la Société d'Aix de poursuivre ses travaux. Elle poursuit cependant l'exploitation de sa fosse jusqu'au . C'est ce que constate, pour le regretter, un jugement du tribunal de Béthune en date du suivant, qui condamne le directeur de cette société à d'amende pour « délit d'exploitation d'une mine dont la concession a été accordée à une autre société ». S'ensuivent des procès, qui finalement donnent raison à la Compagnie des mines de Liévin. Celle-ci rachète la fosse et ses dépendances pour en 1868. La Société d'Aix paye ensuite ses créanciers et est liquidée.

Cependant, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances, et la Compagnie des mines de Liévin abandonne l'extraction à la fosse 2 en 1876, elle assure alors l'aérage pour la fosse 1 - 5. La fosse 2 est réutilisée en 1904 pour assurer l'aérage de la fosse 5 - 5 bis des mines de Liévin. Des cités-jardins sont construites autour de la fosse. C'est le seul puits de la Compagnie à ne pas avoir été détruit durant la Première Guerre mondiale. La fosse 2 cesse l'aérage des travaux des autres fosses en 1936, date à laquelle ses sont remblayés. Les installations sont ensuite démolies. Le coron construit par la Société d'Aix est détruit en 1993. Au début du , Charbonnages de France matérialise la tête de puits et y installe un exutoire de grisou, le puits est sous surveillance du BRGM.

Historique thumb|upright=1.5|alt=Carte schématique du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais indiquant les concessions et les fosses ouvertes par les différentes compagnies. La partie occidentale du bassin minier s'infléchit vers le Boulonnais où a aussi existé un bassin minier.|Dans sa partie occidentale, le bassin minier s'infléchit vers le nord en direction du bassin du Boulonnais.

Le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais a pendant longtemps été exploité uniquement dans sa partie orientale située dans le département du Nord, à l'exception du Boulonnais où le charbon est grappillé dans de petites exploitations. La Compagnie des mines d'Anzin était alors l'une des rares compagnies à exploiter avec succès la houille. Des recherches ont cependant eu lieu régulièrement dans le but de découvrir le prolongement du bassin. Ainsi, la Compagnie Wuillaume-Turner a été la première à orienter ses recherches dans le Pas-de-Calais vers 1763 - 1765, mais ses puits ont été implantés beaucoup trop au sud de la formation houillère, sur la même longitude que les mines d'Anzin.

D'autres compagnies comme celles d'Hasnon, Vicoigne, Aniche et Azincourt exploitent vers 1840 des terrains situés plus au nord, et plus à l'ouest de la concession d'Anzin. En 1846, M. Soyez découvre la houille au-delà de la concession d'Aniche et ouvre l'année suivante une fosse à Roost-Warendin et fonde la Compagnie des mines de l'Escarpelle. Il y a confirmation que le bassin minier se poursuit vers le Pas-de-Calais. En 1841, De Clercq effectue un sondage à Oignies, qui met en évidence la présence de houille. Il s'ensuit la création de la Compagnie des mines de Dourges.

Dès lors, les recherches s'intensifient et la majeure partie des compagnies du Pas-de-Calais émerge entre 1850 et 1860. Dans les environs de Liévin, la future Compagnie des mines de Lens commence à faire des sondages à partir de 1849 à Annay, puis à Lens. La future Compagnie des mines de Béthune effectue des sondages quelques kilomètres au nord de Liévin à partir de 1850. Ces deux compagnies obtiennent leur concession le , le nord de Liévin est concédé. M. Deferriez installe le un premier sondage à Liévin, au sud de la concession de Lens. Ce sondage est abandonné, par suite d'accident, à . Un deuxième sondage, 55, est commencé en juin, à l'ouest du premier. Il rencontre la houille à . Il s'ensuit la création de la Compagnie des mines de Liévin, dont la concession n'est accordée que le au détriment de la Société d'Aix.

Première Société de recherches

Par acte sous seing privé du , une société est formée à Béthune, sous l'inspiration de M. Calonne, pour la continuation des recherches qu'il a déjà entreprises, sur les territoires d'Angres et de Liévin. Cette société a pris le nom de Société d'Aix, elle est parfois également nommée Société d'Aix-Noulette en référence à la commune d'Aix-Noulette. Son siège social est à Béthune. Le capital est fixé à , représenté par de . M. Calonne fait apport à la société des travaux exécutés et d'un sondage en voie d'exécution sur Bully, et pour cet apport, il lui est alloué six actions entièrement libérées, destinées à rémunérer les personnes qui lui ont indiqué les points favorables pour les recherches.

En outre, moyennant les restants, M. Calonne entreprend l'exécution du sondage commencé, jusqu'à la découverte de la houille, ou jusqu'à au moins. La houille découverte, ou la profondeur de atteinte, une assemblée générale a décidé le parti à prendre.

Deuxième Société de recherches

Trois mois et demi après sa constitution, la société est liquidée après avoir dépensé , et est reconstituée sous une nouvelle forme, par acte des 17 et . Le but de la nouvelle société est la recherche de la houille au midi et au levant de la concession de Bully-Grenay. Le capital social est fixé à , divisé en d'une valeur nominale de chacune, mais représentant une valeur effective de seulement. ne sont soumises qu'à un versement de cent francs ; six autres à un versement de , souscrites par M. Calonne et la , complètement libérée, est attribuée au maître-sondeur Giver. Après les découvertes effectuées par les sondages, la société se transforme en société d'exploitation les 4 et ou le .

Statuts de la Société d'exploitation thumb|alt=Photographie en noir et blanc de Louis Belmontet, président de la Société d'Aix.|Louis Belmontet, président de la Société d'Aix.

La Société est purement civile. Sa dénomination est Société houillère d'Aix, et son siège social est situé à Béthune. Le capital est fixé à , divisé en de .

Il est attribué aux fondateurs, pour apport de leurs travaux et découvertes, droits d'invention… libérées. De plus, libérées sont mises à la disposition du conseil d'administration pour récompenser les services rendus. Les restantes ont à payer chacune. Il en est émis de suite , dites actions de roulement, dont 486 sont immédiatement souscrites par les comparants. La société est administrée par un conseil de cinq membres nommés par l'assemblée générale. Chaque membre doit posséder au moins quinze actions. L'assemblée générale se compose de tous les propriétaires d'au moins cinq actions. Elle nomme les administrateurs et les vérificateurs des comptes. Une publication autographiée de ces statuts, accompagnée d'une carte et d'un prospectus, a été répandue dans le public. Cette publication est considérée par l'administration des Mines comme un procédé de la société pour induire le public en erreur, et elle lui en fait un grand grief. La société prétend qu'elle est exclusivement l'œuvre d'un actionnaire qui l'a publiée sous sa responsabilité et dans son intérêt.

Le poète Louis Belmontet est à la tête de la Société d'Aix. Il est représentant du Tarn-et-Garonne au Corps législatif. Il a pu entrer au conseil d'administration de la société grâce à un article des statuts qui donne la possibilité d'attribuer des actions à titre gratuit à des personnalités pouvant être utiles à la société et à ses intérêts, douze parts sur 324 lui ont été accordées. Il a été choisi pour ses états de service bonapartistes qui sont l'opposé de ceux de Germain-Joseph Delebecque, président de la Compagnie de Liévin, qui est connu pour être un orléaniste, ce dernier a dû l'essentiel de sa carrière à la monarchie de Juillet, pour laquelle il a été un haut fonctionnaire et un candidat fidèle. Ainsi, l'opposition entre ces deux hommes est telle que chaque compagnie voit ses intérêts bien défendus.

Demande de concession

Après les découvertes faites au midi des concessions de Lens et de Bully-Grenay, les sociétés de Lens et de Liévin ont formé des demandes en concession, la première le , la seconde les , et . La Société d'Aix fait opposition à ces demandes, et forme elle-même, le , une demande de concession sur .

Toutes ces demandes, ainsi qu'une demande en extension de concession de la Compagnie de Bully-Grenay, ont été l'objet d'une longue instruction qui a été complètement défavorable à la Société d'Aix. Les rapports de l'administration des Mines établissent qu'à la fin de , la Société d'Aix a exécuté sept sondages, dont quatre sont tombés sur le terrain négatif, trois ont trouvé le terrain houiller, et deux de ces derniers seulement, 303 et 61, ont constaté la houille, elle a ouvert une fosse à au sud de la concession de Bully-Grenay, et l'a poussée jusqu'à la profondeur de et y a traversé trois veines de 70 et . Elle a, suivant sa déclaration, dépensé alors , dont pour les sondages et le reste pour la fosse.

Les mêmes rapports font ressortir l'inutilité des travaux de la Société d'Aix au point de vue de la délimitation des terrains comprenant la formation houillère à concéder. Les deux sondages positifs, 303 et 61, exécutés postérieurement à ceux des Compagnies de Lens et de Liévin, sont situés à la faible distance de 18 et de de la limite de la concession de Bully-Grenay ; ils n'ont donc rien ajouté aux connaissances acquises par les travaux des autres compagnies sur l'étendue des terrains concessibles.

Ces rapports concluent donc que la Société d'Aix est sans titre pour obtenir une portion quelconque du terrain houiller disponible. Ces conclusions sont adoptées par le Conseil général des Mines le , et par la section des travaux publics du Conseil d'État.

Au moment où l'assemblée générale de ce dernier corps allait être appelée à délibérer, les administrateurs de la Société d'Aix demandent, en , au Ministre qu'il soit procédé à une instruction supplémentaire. En même temps, une supplique, écrite par Louis Belmontet, est adressée à l'Empereur Napoléon III avec une note, dont voici quelques extraits :

Puis viennent des accusations, des attaques contre les membres de l'administration des Mines dont « les rapports sont erronés, inexacts ». Louis Belmontet accuse ainsi d'incompétence et de mauvaise foi Sens, l'ingénieur en chef du Nord, Boudousquié et l'inspecteur général Levallois.

L'instruction supplémentaire demandée a été accordée. Mais elle n'a pas été favorable à la Société d'Aix. Les divers rapports produits concluent tous au rejet de sa demande de concession. Le Conseil général des Mines adopte, le , la même conclusion, qui a été adoptée par le Conseil d'État et par le ministre. Cette décision est due, au moins en partie, au fait que Louis Belmontet a tenté d'entacher la réputation du corps des Mines.

La Société d'Aix a fait valoir un motif ingénieux en faveur de l'octroi d'une nouvelle concession :

Ce raisonnement, qui a alors été combattu par l'Administration des Mines, a trouvé, depuis 1859, une confirmation sur plusieurs points de la limite méridionale du bassin, notamment à Bully-Grenay, à Méricourt, à Drocourt, à Courcelles-lès-Lens, à Ferfay et à Auchy-au-Bois. Il est bien avéré que le terrain dévonien et le calcaire carbonifère, par l'effet d'une faille de glissement, viennent recouvrir sur ces points et sur une certaine étendue, la formation houillère, dont le dépôt est cependant postérieur à celui des formations plus anciennes de calcaire carbonifère et de terrains dévoniens.

Données financières

Indemnité réclamée à la Compagnie de Liévin